Lokono (peuple)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Photo d'Amérindiens Arawak prise au Surinam entre 1800 et 1900.

Les Lokono, également appelés Arawak ou Lokono-Arawak se nomment eux-mêmes Loko qui signifie "être humain" et Lokono au pluriel. Dans leur rapport avec les étrangers, ils se désignent comme étant des Arawak. Le nom Arawak correspond aussi à la famille linguistique qui englobe de nombreux groupes amérindiens d'Amazonie[1]dont les Palikur. Ils composent une des six tribus amérindiennes de Guyane d'origine arawak.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Arawak ou Lokono s'installent en Guyane Française au Ier siècle. Ils viennent de l'ouest après avoir migré de l'Amazonie centrale à l'Orénoque. Certains continuent leur voyage vers les Antilles au nord et les autres s'installent à l'est vers les 5 Guyanes[2],[3].L'arrivée des amérindiens Kali'na au Xe siècle venus de l'Amazone provoque quelques conflits[1]. Dès la fin du XVIIe siècle, ils tiennent un rôle capital dans la colonisation. Vivant principalement sur le littoral, ils fournissent notamment des vivres aux colons[4]. En 1596, Les Arawak dominent l'île de Cayenne mais leur faible population en comparaison à la population Kali'na les fait pratiquement disparaitre[4].

Population[modifier | modifier le code]

Guyana[modifier | modifier le code]

Au Guyana, les chiffres de 1962 indiquent que la population arawak est estimée à 5 000 personnes.

Surinam[modifier | modifier le code]

Au Surinam, elle est appréciée à 3 300 individus en 1972[1],[4].

Guyane Française[modifier | modifier le code]

Depuis le XVIIIe siècle, la Guyane Française ne comptabilisait plus d'Arawak. Les 150 individus recensés en 1958 n'y étaient installés que depuis 1951 venus du Surinam voisin principalement à la recherche d'un travail[1],[5]. En 1985, la population est repartie en 4 grandes communautés: à l'ouest à Balaté, dans la commune de Saint-Laurent-du-Maroni, à Saut Sabbat dans la commune de Mana et au centre est littoral au Larivot (au village Cécilia) et à Sainte-Rose de Lima à Matoury[4],[3] Sainte-Rose de Lima est par ailleurs considéré comme le plus grand village Arawak de Guyane avec environ 500 habitants[6].

Organisation sociale[modifier | modifier le code]

Les clans[modifier | modifier le code]

Ils ont une organisation clanique matrilinéaire et exogamique. En 1825, 27 clans sont répertoriés au Guyana, 13 sont présents au Surinam en 1962 et 7 en Guyane en 1980. Ils sont nommés Biswana, Sabayo, Maratakayu, Urasi, Kaluafudu, Yubitana et Makusi[1],[4].

Habitat[modifier | modifier le code]

Il y a très peu d'écrits concernant la structure de l'habitation Arawak traditionnel. Cependant l'observation des villages dans le pays voisin ont permis aux chercheurs de relever certaines caractéristiques. Les maisons sont regroupées par clans matrilinéaire avec un carbet central communautaire. Les maisons traditionnelles sont constituées de bois et d'un grand toit. Recouvert de feuilles de palmier timiti, le toit repose sur une charpente composée d'au moins 4 travées. Les maisons peuvent mesurer jusqu' à 7m sur 12 m pour une hauteur de 4 à 5 m. Elles ont une durée de vie d'une quinzaine d'années. L'habitat actuel a remplacé le toit de palmier en tôle. Les maisons sont fermées et cloisonnées[1].

Economie[modifier | modifier le code]

Les Lokono ont petit à petit délaissé leur mode de vie traditionnel de chasseur et pécheur au profit d'une économie salariale[4].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Pierre Grenand, « LA COMMUNAUTE ARAWAK DE SAINTE-ROSE DE LIMA (COMMUNE DE MATOURY) SITUATION ACTUELLE ET PERSPECTIVES », sur ird.fr, (consulté le )
  2. Sarah Ebion et Jacqueline, ... Zonzon, Histoire géographie Guyane : cycle 3, Hatier international, (ISBN 2-7473-0487-6 et 978-2-7473-0487-0, OCLC 470528465, lire en ligne), p.8
  3. a et b Marie-France Patte, La langue arawak de Guyane, IRD Ed, (ISBN 978-2-7099-1715-5 et 2-7099-1715-7, OCLC 800605530, lire en ligne)
  4. a b c d e et f Pierre et Françoise Grenand, « La question amérindienne en Guyane française : Les Arawak », sur ird.fr, (consulté le )
  5. Jean Hurault, « Les Indiens du littoral de la Guyane française », Les Cahiers d'Outre-Mer,‎ , pp. 145-183 (lire en ligne)
  6. David Rodoreda, « ST-ROSE DE LIMA une capitale pour les Arawak de Guyane », Une saison en Guyane,‎ , p. 103-107