Loi des rendements décroissants

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La loi des rendements décroissants, exprimée pour la première fois par David Ricardo, part d'un principe simple : on commence d'abord par porter son effort là où il est le plus rentable, et on n'exploite le reste que si cela se révèle vraiment nécessaire. Là où elle s'applique, la loi des rendements décroissants en production est, avec la loi d'utilité décroissante pour le consommateur en matière de consommation, un composant essentiel du mécanisme d'équilibre connu sous le nom de loi de l'offre et de la demande. Lorsque l'équilibre n'est plus assuré automatiquement parce qu'une des deux lois ne s'applique plus dans un domaine ou temporairement, on entre dans un système cyclique de crises économiques.

Ce concept de rendement décroissant s'accorde bien avec l'idée malthusienne selon laquelle plus la population augmente, plus les ressources disponibles par habitant se réduisent.

Ricardo a en fait largement repris et amélioré la formulation de cette loi, qui fut en réalité énoncée pour la première fois par Turgot en 1768, en ces termes : « En accordant(...) que, dans l’état de la bonne culture ordinaire, les avances rapportent 250 %, il est plus que probable qu’en augmentant par degré les avances,(...) chaque augmentation serait de moins en moins fructueuse. »

Le rendement de la terre est inversement proportionnel à la population[modifier | modifier le code]

Écrit en 1817 et publié en 1821, dans ses Principes de l'économie politique et de l'impôt, David Ricardo donne l'exemple suivant de la loi des rendements décroissants :

« Il n'y a pas de rente au départ quand les pionniers arrivent dans une contrée fertile où la terre est abondante et que seule une portion congrue est nécessaire pour nourrir la population, ou d'ailleurs que seule une portion congrue peut être cultivée avec les capitaux dont dispose la population. En effet, personne n'est disposé à payer pour un bien en quantité abondante, non-approprié et, par conséquent, à la disposition de tout un chacun qui veut l'utiliser. (…)
Si la terre était en quantité illimitée et de qualité identique partout, aucun fermage, aucun loyer ne pourrait être exigé pour son usage à moins qu'elle ne soit ni illimitée ni uniforme auquel cas, et sous la pression de la population croissante, les terres de qualité inférieure ou moins bien situées commencent à être exploitées. À mesure que la demande croît, les terres de qualité inférieure sont exploitées, une rente est immédiatement appliquée aux terres de bonne qualité et la valeur de cette rente est proportionnelle aux différences de rendement de ces deux portions de terrain.
Quand une terre de qualité encore inférieure est mise en exploitation, une rente est immédiatement appliquée aux terres de la seconde qualité et celle-ci est également proportionnelle aux différences de productivité de ces deux terres. Par contre-coup, la rente des terres de qualité supérieure va elle aussi augmenter parce qu'elle doit être supérieure à celle de la terre de qualité intermédiaire du montant égal à la différence de quantité de capital et de travail (pour l'exploiter). Avec chaque accroissement de la population, qui contraint un pays à exploiter des terres de qualité inférieure afin d'augmenter la production alimentaire, la rente sur les terres fertiles va croître. »

On pourrait abréger en ces termes : un fermier qui s'installe a le choix entre payer une rente élevée au propriétaire d'une bonne terre ou investir capitaux et main d'œuvre pour la mise en culture de terres de mauvaise qualité mais encore en jachère. Dans les deux cas, le coût est élevé et il s'élève à mesure que la pression démographique s'accroît. Autrement dit : En raison de la population, la rareté augmente ; et en raison de la rareté, les coûts augmentent.

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