Loi de futilité de Parkinson

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Ne doit pas être confondu avec Loi de Parkinson.

La loi de futilité de Parkinson (anglais : Parkinson's law of triviality) de Cyril Northcote Parkinson (1957) affirme que les organisations donnent une importance disproportionnée à des questions futiles[1]. Il prend l'exemple d'un comité fictif discutant d’un projet de réacteur nucléaire et passant la majorité de son temps à discuter de problèmes relativement mineurs mais faciles à comprendre, comme le type de matériaux à utiliser pour l'abri à vélo du personnel, tout en négligeant la conception du réacteur lui-même, une tâche bien plus importante, compliquée et difficile.

Les éléments les plus basiques et inutiles d'un projet seraient discutés longuement, car compris par tous et donc faciles à traiter, au détriment des éléments plus importants et complexes.

Plus tard, Poul-Henning Kamp appliqua cette loi au développement des logiciels informatiques en introduisant « la couleur de l'abri à vélos » comme métaphore d'un détail futile faisant l'objet d'une attention disproportionnée[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Le concept fut présenté comme un corollaire de la loi de Parkinson[3]. Parkinson dramatise sa loi de trivialité en opposant les délibérations d'un comité sur une centrale nucléaire, avec les délibérations sur un abri à vélos. L'exemple du réacteur nucléaire est utilisé parce que c'est un projet tellement coûteux et techniquement compliqué qu'une personne quelconque ne peut pas le comprendre, et cela suppose que ceux qui travaillent à ce projet le comprennent. Même ceux qui ont des opinions bien arrêtées se taisent souvent, de peur d'apparaitre comme insuffisamment informés. D'autre part, tout le monde comprend la construction d'un abri à vélos (ou croit comprendre), de sorte que la réalisation d'un tel projet peut aboutir à des discussions sans fin, car toutes les personnes impliquées veulent ajouter leur touche personnelle au projet, et montrer ainsi qu'elles y ont contribué. En discutant de l'abri à vélo, le débat dévie vers la question de savoir si le meilleur choix de la toiture serait en aluminium, amiante, ou fer galvanisé, plutôt que de savoir si la construction d'un abri serait une bonne idée ou non.

Le concept a été repris en 1999 dans un courriel de Poul-Henning Kamp à destination de la liste de diffusion du développement de FreeBSD. Ce courriel, souvent cité, est intitulé « Un abri à vélos (n'importe quelle couleur conviendra) sur de l'herbe plus verte… »[4]. Bien que la couleur ne figurait pas dans l'argument original de Parkinson, ce concept reprenant son idée a été présenté et utilisé pour illustrer les problèmes de développement de logiciels informatiques.

Après cette reprise par Kamp, la loi de futilité a de plus en plus été désignée comme le « concept d'abri à vélo » ou bien « la couleur de l'abri à vélo » dans les publications et discours[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Cyril Northcote Parkinson, Parkinson's law, Londres, Penguin, (1re éd. 1958) (ISBN 978-0-14-118685-6, OCLC 50100347, présentation en ligne).
  2. (en) « The Bikeshed email – PHKs Bikeshed », sur phk.freebsd.dk (consulté le 16 novembre 2017).
  3. (en) Cyril Northcote Parkinson, « Parkinson's Law », sur economist.com, The Economist, .
  4. (en) Poul-Henning Kamp, « A bike shed (any colour will do) on greener grass… », .
  5. (en) « Bikeshed Effect », dans Karl Fogel, Producing open source software : how to run a successful free software project, O'Reilly, (ISBN 978-0-596-00759-1, lire en ligne), p. 135 et 261-268.

Article connexe[modifier | modifier le code]

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