Loi de Conway

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La loi de Conway est un adage attribué à Melvin Conway (en), qui a introduit cette notion en 1967[1]. Conway s'est vu attribuer cette loi par les participants du Symposium national de 1968 sur la programmation modulaire[2]. Cette loi dit que :

« les organisations qui définissent des systèmes ... sont contraintes de les produire sous des designs qui sont des copies de la structure de communication de leur organisation. »

— M. Conway[3]

Même si elle est parfois prise avec humour, la loi de Conway est entendue comme une observation sociologique valide. Elle s'appuie sur le fait que pour fonctionner, un composant logiciel qui a de multiples auteurs leur nécessite de communiquer fréquemment. C'est ainsi que la structure des interfaces logicielles d'un système seront le reflet des limites sociales de l'organisation qui l'a produit, au travers desquelles la communication est plus difficile.

Variantes[modifier | modifier le code]

Eric S Raymond, un avocat open source qui a co-fondé Open Source Initiative, a repris la loi de Conway dans l'ouvrage The New Hacker's Dictionary, qui s'appuie sur le Jargon File qu'il maintenait depuis des années. L'organisation du logiciel et l'organisation de l'équipe projet sont congruentes, dit-il. À partir d'un résumé d'un des exemples de l'article de Conway, Raymond a écrit que « si vous avez quatre équipes travaillant sur un compilateur, vous aurez un compilateur à quatre étapes »[4],[5].

James O. Coplien et Neil B. Harrison ont établi que « si les services d'une organisation (e.g. les équipes, les départements, ou encore ses subdivisions) ne reflètent pas strictement les parties essentielles du produit, ou si les relations entre les services ne reflètent pas les relations entre les parties, le projet aura des problèmes... Ainsi : prenez garde à rendre compatible votre organisation avec l'architecture de votre produit »[6].

L'impact de la loi de Conway peut être relevée dans le design des sites web d'entreprises. Nigel Bevan, expert en rentabilité, a établi que « Les organisations produisent souvent des sites web dont le contenu et la structure reflète les intérêts de l'organisation plutôt que les besoins de l'utilisateur du site »[7]. Un effet similaire peut être retrouvé lorsque les sites web mettent en œuvre un design par comité.

La version de Bill Corcoran est : « La structure d'un problème reflète la structure de l'organisation qui l'a créé ».

Preuves[modifier | modifier le code]

Une preuve de la loi de Conway a été publiée par une équipe du MIT et par des chercheurs du Harvard Business School, qui ont trouvé une « preuve solide pour appuyer [ce qui pour eux est équivalent à] l'hypothèse d'un effet miroir », et que des « différences significatives dans la modularité [du produit] » sont « cohérentes avec le fait que des équipes distribuées ont tendance à développer des produits plus modulaires »[8].

D'autres cas d'études sur ou autour de la loi de Conway ont été conduites par Nagappan, Murphy et Basili de l'Université du Maryland en collaboration avec Microsoft[9], et par Syeed et Hammouda à l'Université des techologies de Tampere, en Finlande[10].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.melconway.com/Home/Conways_Law.html
  2. Yourdon, E. N., and Constantine, L. L. Structured Design (Prentice Hall, 1978), p. 400
  3. « {{{1}}} »
  4. (en) Eric S. Raymond, The New Hacker's Dictionary - 3rd Edition, (ISBN 978-0-262-68092-9)
  5. Eric S. Raymond, « Conway's Law » (consulté le 18 juin 2012)
  6. (en) Coplien and Harrison, Organizational Patterns of Agile Software Development, (ISBN 978-0-13-146740-8)
  7. « Usability Issues in Web Site Design » [PDF] (consulté le 30 mars 2015)
  8. « Exploring the Duality between Product and Organizational Architectures : A Test of the "Mirroring" Hypothesis » [PDF], Hbs.edu (consulté le 15 janvier 2015)
  9. Nachiappan Nagappan, Brendan Murphy & Victor Basili, 2008, The Influence of Organizational Structure On Software Quality: An Empirical Case Study, ACM TechReport MSR-TR-2008-11, [1], 9 mars 2015.
  10. M. M. Mahbubul Syeed & Imed Hammouda, 2013, Socio-technical Congruence in OSS Projects: Exploring Conway’s Law in FreeBSD, In Open Source Software: Quality Verification, Part I (Etiel Petrinja, Giancarlo Succi, Nabil El Ioini & Alberto Sillitti, Eds.

Further reading[modifier | modifier le code]

  • Alan MacCormack, John Rusnak & Carliss Baldwin, 2012, Exploring the Duality between Product and Organizational Architectures: A Test of the 'Mirroring' Hypothesis, Research Policy 41 :1309–1324 [earlier Harvard Business School Working Paper 08-039],[2]
  • Lise Hvatum & Allan Kelly, Eds., What do I think about Conway's Law now? Conclusions of a EuroPLoP 2005 Focus Group, European Conference on Pattern Languages of Programs, Kloster Irsee, Allemagne, 16 janvier 2006, [3]