Lohuec

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Lohuec
Lohuec
L'église Saint-Judoce.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Guingamp
Canton Callac
Intercommunalité Guingamp Paimpol Armor Argoat Agglomération
Maire
Mandat
Claude Lozac'h
2014-2020
Code postal 22160
Code commune 22132
Démographie
Gentilé Lohuécois, Lohuécoise
Population
municipale
262 hab. (2016 en diminution de 3,68 % par rapport à 2011)
Densité 15 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 27′ 40″ nord, 3° 31′ 14″ ouest
Altitude 210 m
Min. 184 m
Max. 314 m
Superficie 17,18 km2
Localisation

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Lohuec [lɔyɛk] est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor en région Bretagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Lohuec
Plougras Loguivy-Plougras La Chapelle-Neuve
Bolazec (Finistère) Lohuec La Chapelle-Neuve
Bolazec (Finistère) Plourac'h Calanhel

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Locuzer en 1330[1], Locuzec en 1458 et en 1477[2], Locyuzec en 1482[3], Lojuzec en 1622[4], Louzec en 1630[1], Lohuzec en 1649 et en 1654[2].

Lohuec vient du breton lok (lieu consacré) et de Saint-Juek ou Saint-Judoce ou Saint-Judec (saint breton)[2], « ermitage et de saint Judoc ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Trève de Plougras sous l'ancien régime, Lohuec est une commune trégorroise[5].

Le curé de Lohuec, Yves Julien Le Moign, signe la pétition Le Mintier et refuse le serment à la Constitution. Il fait l'objet d'un ordre d'arrestation du 5 mai 1792. Il s'exile à Jersey puis à Oviedo en Espagne.

Le 9 avril 1794, le sieur Plusquellec, prêtre de Lohuec, renonce à ses fonctions et rend ses lettres de prêtrise. L'église Saint-Judoce sert d'atelier de Salpêtre lorsque le 10 juillet 1794 un incendie la détruit en grande partie. Il faudra près de dix ans pour que la restauration commence. En 1805, elle est couverte et définitivement restaurée en 1826.

Succédant à Claude Guinement comme agent municipal de Lohuec, Pierre Péron, ancien notaire et priseur fiscal, est mis en cause pour complicité avec les chouans de Gabriel Vincent de Kergariou du Cosquer et Charles Guillaume Poens de Kerilly. Il fut suspendu de ses fonctions par le conseil départemental à la fin de l'année 1797.

Le 30 août 1799, Louis Fercoq, agent municipal de Lohuec a le courage de poursuivre avec ses soixante hommes en armes, 200 chouans commandés par Jean François Edme Le Paige de Bar. Vers midi, à Plourac'h, ceux-ci mangent dans une auberge. Ils ont enfermé le curé constitutionnel Conan dans la sacristie après lui avoir promis de l'exécuter quand ils auraient fini leur déjeuner. Fercoq sonne le tocsin. Les chouans se réfugient dans les rochers du Roc'h Hellou tout proches. Ils tirent longtemps sur les bleus qui finissent pas les déloger à la baïonnette. Les chouans emportent leurs blessés mais laissent sur le terrain 9 ou 17 morts selon les auteurs. Un grand nombre de chouans sont blessés, dont Guillaume Jean Joseph de Keranflech, dit Jupiter, qui sera opéré par le chirurgien Paradis de Rostrenen. Démoralisés certains chouans demandent l'amnistie. Il n'en restera plus que 200 dans la contrée. En représailles, Louis Fercoq sera capturé et fusillé le 18 novembre par Charles Guillaume Poëns de Kerilly.

Entre 1830 et 1851, les habitants de la commune de Lohuec se font connaître par deux fois par la chambre des députés. Ils signent en 1831 une première pétition qui demande au Roi, au nom des catholiques de France, que la France intervienne en Pologne et en 1851 une seconde pétition déposée à la chambre de députés pour que la Constitution soit entièrement révisée.

Le 10 juin 1944, en représailles d'une action menée localement par la Résistance, PierreLucas et Pierre Thepault sont arrêtés par les Allemands à leur domicile. Les Allemands venaient de la direction de Callac lorsqu'ils ont été stoppés par des arbres abattus sur la D 28 au lieu-dit Louscoat Izellan par les résistants. Les Allemands ont fait dégager la route par les habitants mais ont arrêté en représailles les deux hommes précités avant de reprendre leur route vers Morlaix. Pierre-Marie Le Gac, instituteur de Bolazec et membre actif de la résistance est tué pendant l'embuscade.

Le 17 août 1944, Le commandant de section de Pierre Allanic, adjudant de gendarmerie, lui accorde une permission de deux jours pour se rendre dans sa famille repliée à Lohuec. Ne le voyant pas rentrer à l’issue de sa permission, il envoie un motocycliste pour se renseigner à son sujet. Ce dernier apprend que l’adjudant a été arrêté par un groupe de F.T.P. dans la région de Callac. Transporté au château de Kerauroux en Ploujean, près de Morlaix, il y est enfermé avec un agent de police nommé Tervier. À l’annonce de cette nouvelle, le commandant de section se rend au château à moto et rencontre le chef de groupe qui finit par reconnaître qu’Allanic qui « semblait vouloir s’évader » avait été abattu à la mitraillette au bord de sa tombe qu’il avait dû creuser lui-même. Le capitaine retrouve effectivement dans le parc du château le tumulus de terre fraîche. Le 20 août, le chef de section, capitaine de gendarmerie, vient à Lohuec avec une section de F.F.I. en armes, un drapeau et un clairon. Il fait rassembler la population pour assister à l’inhumation de l’adjudant avec les honneurs militaires. D’après les gendarmes ayant servi sous ses ordres, Pierre Allanic jouissait de la considération générale. Le capitaine Belloc, quelques années plus tard, obtient la réhabilitation de l’adjudant Allanic [6].


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1793 1795 Pierre Thepaut   Agent municipal
1795 1797 Claude Guinement   Agent municipal
1797 1797 Pierre Péron   Agent municipal suspendu pour cause de complicité avec les chouans
1797 1798 Yves Le Roc'h   Agent municipal
1798 1799 Louis Fercoq   Administrateur temporaire
1799 1800 François Cornec   Administrateur provisoire
1800 1813 Guillaume Lèron    
1813 1830 Henry Le Goff    
1830 1852 Guillaume Lerron    
1852 1881 Jean Barbier    
1881 1905 Louis Conan    
mars 2001 En cours Claude Lozac'h DVG Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
7468158491 0606109079681 1001 075
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
9741 0311 3851 1061 1251 0461 0791 1131 031
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 0471 1131 1251 0511 016948842775663
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
568493453372298259272274271
2016 - - - - - - - -
262--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Annie Ebrel chanteuse, originaire de la commune.
  • Pierre-Marie Derrien, né le 24 juin 1912 à Lohuec et fusillé le 23 octobre 1943 au Mont-Valérien à Suresnes.Il effectua son service militaire à Brest comme pompier dans la Marine. Boucher sur les marchés, demeurant à Champigny-sur-Marne, Pierre Derrien était un des responsables du parti communiste clandestin dans cette commune. Résistant FTP, il fut arrêté sur le marché de Champigny, à son stand, par la police française le 23 juillet 1943 sur dénonciation d’un membre de son réseau, pour activité de franc-tireur. Selon l’attestation du colonel Scolari, le 7 février 1958, il fut torturé. Il fut incarcéré à la Santé puis à Fresnes, jugé et condamné à la peine de mort le 15 octobre 1943 par le tribunal militaire allemand du Gross Paris Abt B. Il a été fusillé le 23 octobre 1943 au Mont-Valérien, il avait trente et un ans. D'abord inhumé au cimetière parisien d'Ivry-sur-Seine, il fut réinhumé à Champigny le 2 décembre 1944 au cours d’une cérémonie solennelle organisée par la municipalité. Il fut homologué au grade de sous-lieutenant FFI le 17 août 1946 et obtint le titre d’interné-résistant en octobre 1958. Son nom a été gravé sur la cloche du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien à Suresnes. Une rue et un lycée de Champigny-sur-Marne portent son nom.
  • Joseph Kerhervé, né le 6 juin 1904 à Lohuec et déclaré mort en déportation à Auschwitz le 15 août 1942. Dans les années 1930, il travaille comme « journalier » à l'Usine à gaz de Paris, située au Landy, à Saint-Denis. Militant communiste et syndical, il est secrétaire du groupe syndical du Landy. En mai 1938, il est membre du conseil d’administration du syndicat CGT du Gaz de Paris (section ouvriers). Au début de l'occupation, il est l’un des responsables du syndicat clandestin de l’usine du Landy. Le 16 avril 1941, Joseph Kerhervé est arrêté pour avoir distribué des tracts à Sarcelles au mois de février précédent et réalisé des collectes en faveur des communistes victimes de la répression allemande et vichyste. Entre fin avril et fin juin 1942, Joseph Kerhervé est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l'armée allemande. Le 8 juillet 1942, Joseph Kerhervé est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45702. Son nom est inscrit sur le Monument aux morts de Pierrefitte-sur-Seine, situé dans le cimetière communal. La mention « Mort en déportation » est apposée sur son acte de décès (J.O. du 9-12-1994).
  • Valentin Tydou, né le 11 juin 1926 à Lohuec et fusillé le 13 juin 1944 au bois de Boudan à Plestan. Arrêté le 12 juin 1944 à Callac (22) lors des opérations de ratissage réalisées par les Allemands contre la base Samwest à Duault (22), il est Torturé à la Gestapo de Callac (22) puis transporté avec 30 autres hommes dans deux camions et fusillé au bois de Boudan à Plestan (22). À titre posthume, il est décoré de la médaille militaire de la Croix de guerre et de la Médaille de la Résistance. Son nom est gravé dans le vitrail nord mis en place en 1947 de l'église Saint-Maudez de Duault.
  • Henri Péron, né à Lohuec vers 1761 de Henri Péron et Françoise Creff. Ordonné prêtre le 20 décembre 1783 (G.195). Il Prend possession d’un canonicat à Tonquédec en 1786, et de la chapellenie Sainte-Anne de Plestin en mai 1789. Il était alors curé à Lannion. À Lanrodec comme curé/vicaire d’octobre 1789 à mai 1792. Il Refuse le serment et rejoint la chouannerie. « N’exerce plus maintenant…Ce prêtre est accusé d’avoir suivi les bandes de chouans ; d’avoir commandé l’assassinat de Domalain, officier municipal de Lanrodec, et d’avoir trempé dans l’assassinat de L'abbé constitutionnel Julien Le Bivic de Pont-Melvez en février 1796 » (Boullé II). Il était le frère de Pierre Péron, agent municipal de Lohuec démis de ses fonctions en 1797 pour complicité de chouannerie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Office Public de la Langue Bretonne, « Kerofis »
  2. a b et c infobretagne.com, « Étymologie et Histoire de Motreff »
  3. Archives des Côtes d’Armor, 1E 1752
  4. Archives des Côtes d’Armor, 1E 1750
  5. a et b Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor, Flohic Editions, pages 114-115.
  6. La gendarmerie sous l'occupation Claude Cazals, 1994, éditions La Musse, http://www.force-publique.net/sources/Livres/Cazals/Gie-et-Lib-Cazals.html
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  9. « Allée couverte de kernescop », notice no PA00089313, base Mérimée, ministère français de la Culture

Liens externes[modifier | modifier le code]

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