Lobby pro-israélien

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

L'expression lobby pro-israélien désigne les groupes de pression et d'influence pro-israéliens.

Le terme est particulièrement utilisé dans la rhétorique anti-israélienne, antisioniste et parfois antisémite.

Utilisation du terme[modifier | modifier le code]

Selon William Safire, le terme « lobby israélien » est entré en usage en anglais dans les années 1970 et, tout comme le terme « lobby chinois », porte « la connotation péjorative de manipulation ». Il écrit également que les partisans d'Israël mesurent le degré d'animosité perçue envers l'État juif par le terme choisi pour désigner le lobby: « lobby pro-Israël » utilisé par ceux qui ont la plus légère opposition, suivi par « lobby israélien », le terme « lobby juif » étant employé par ceux qui ont les opinions anti-israéliennes les plus extrêmes[1].

Aux États-Unis, selon Walt et Mearsheimer, « Utiliser le terme 'lobby israélien' est en soi quelque peu trompeur [...] On pourrait plus exactement le qualifier de 'communauté pro-israélienne' » car ce n'est pas le lobby d'un pays étranger, il est composé d'Américains. Cependant, justifiant leur utilisation du terme, ils écrivent « parce que de nombreux groupes clés font du lobbying, et parce que le terme « lobby israélien » est utilisé dans le langage courant (avec des étiquettes telles comme « lobby agricole », « lobby des assurances », « lobby des armes » et autres lobbies ethniques), nous avons choisi de l'utiliser ici. »[2].

En France, dans son livre Les groupes pro-israéliens en France: une typologie, le chercheur Marc Hecker pose également la question de la pertinence de l’expression « lobby pro-israélien »[3].

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Plusieurs groupes de pression pro-israéliens existent aux États-Unis. Certains sont issues de la communauté juive, d'autres de communautés chrétiennes[4].

La question de l'importance du lobby pro-israélien aux États-Unis fait régulièrement l'objet d'articles et d'analyses géopolitiques[5],[6].

En 2006, la publication d'un article[7], puis d'un livre[8] de John Mearsheimer et Stephen Walt a suscité une controverse sur le poids de ce lobby sur la politique des États-Unis au Moyen-Orient. La thèse que le commentateur Noam Chomsky privilégie est que les intérêts stratégico-économiques de l'État et du monde des affaires dirigent davantage la politique étrangère des États-Unis que le lobby pro-israélien[9].

Selon la thèse développée par Mearsheimer et Walt (2007), le lobby pro-israélien a aussi pour objectif d’orienter l’opinion du public des États-Unis, en faveur d'une position de soutien et d'intérêt à Israël[2]. Cependant pour ceux-ci, il est important de faire la nuance : il est faux de croire que le lobby pro-israélien contrôle les médias, bien au contraire. Si le lobby déploie autant d’effort afin d’orienter le discours des grands médias, c’est justement parce qu’il n’en a pas le contrôle [2]. Le lobby s’emploie donc à diffuser sa vision au travers les grands médias américains, afin d’influencer le discours public et par le fait même, les décisions politiques gouvernementales. Le lobby bénéficie du soutien d’un bon nombre de chroniqueurs et des rédacteurs en chef parmi les quotidiens les plus lus, dont le Washington Post et le New York Times [2].

Christians United for Israel[modifier | modifier le code]

Christians United for Israel est la plus grande organisation pro-israélienne aux États-Unis avec 7,1 millions de membres.

L'AIPAC[modifier | modifier le code]

Né en 1951 aux États-Unis, l'AIPAC ou « American Israel Public Affairs Committee » est un groupe de pression visant à soutenir Israël. L'AIPAC travaille avec les démocrates, républicains et indépendants pour adopter des politiques publiques qui améliorent la relation américano-israélienne[10].

Le JINSA[modifier | modifier le code]

Né en 1976 aux États-Unis, le JINSA ou « Jewish Institute for National Security Affairs » est un groupe formé d'hommes politiques et de généraux américains favorable au rapprochement d'Israël et des États-Unis et proche du néoconservatisme. On trouve parmi ses membres et sympathisants l'ancien administrateur américain de l'Irak Jay Garner et des proches du président George W. Bush comme Richard Perle et Dick Cheney.

J street[modifier | modifier le code]

J Street, lobby pour la résolution du conflit israélo-palestinien, établit en 2008 en concurrence de l'AIPAC.

En France[modifier | modifier le code]

Le CRIF et la LICRA sont parfois qualifiés par des militants pro-palestiniens ou des commentateurs français de « lobby pro-israélien »[réf. nécessaire]. Sur le site de son think tank IRIS, Pascal Boniface n'hésite pas à parler de « prêche partial pro-israélien » pour critiquer le livre 100 mots pour se comprendre, contre le racisme et l’antisémitisme édité par la LICRA, toutefois il s'interroge sur la pertinence du terme de « lobby » concernant la critique du CRIF[11],[12].

En Suisse[modifier | modifier le code]

En 2011, la CICAD est mise en cause par Dominique Ziegler dans une tribune d'opinion publiée dans le journal le Courrier[13], où il affirme que cette organisation est un lobby pro-israélien. La CICAD réagit en accusant Ziegler « d'être enfermé dans une idéologie haineuse envers Israël et d'instrumentaliser le conflit israélo-palestinien »[14]. La même année, Hani Ramadan critique à son tour l'organisation. [15],[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) William Safire, Safire's Political Dictionary, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-534334-2, lire en ligne)
  2. a b c et d John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, Le Lobby pro-Israélien et la politique étrangère américaine, Abel-Hovelacque, Paris, la découverte/poche.
  3. « Les groupes pro-israéliens en France : une typologie », sur cairn.info, (consulté le 18 mars 2018)
  4. Par exemple les millénaristes, mentionnés dans Ibrahim Warde, « Il ne peut y avoir de paix avant l’avènement du Messie », Le Monde diplomatique, septembre 2002
  5. Serge Halimi, Le poids du lobby pro-israélien aux États-Unis, Le Monde diplomatique, août 1989.
  6. Serge Halimi, Aux Etats-Unis, M. Ariel Sharon n’a que des amis, Le Monde diplomatique, juillet 2003
  7. John Mearsheimer, Stephen Walt, The Israel Lobby, London Review of Books, 23 mars 2006.
  8. John Mearsheimer et Stephen Walt (trad. de l'anglais par N. Guilhot, L. Manceau, N. Marzouki, M. Saint-Upéry), Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine [« The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy »], Paris, La Découverte, coll. « Poche », (1re éd. 2007), 504 p., Poche (ISBN 978-2-7071-5701-0)
  9. Noam Chomsky, The Israel Lobby?, mars 2006, traduction en français
  10. www.aipac.org/
  11. « La Licra, son livre contre le racisme et l’antisémitisme: un prêche partial pro-israélien », sur iris-france.org, (consulté le 18 mars 2018)
  12. « Le CRIF, un lobby? », sur iris-france.org, (consulté le 18 mars 2018)
  13. Dominique Ziegler, Manœuvre perverse, 19 octobre 2011, le Courrier
  14. [1]Basse attaque contre la CICAD[2]
  15. la CICAD ne se démarque pas de ce qu'il appelle les « crimes commis par le gouvernement israélien » selon Hani Ramadan, Lutter contre la violence sioniste et condamner l’antisémitisme, 10 novembre 2011, Le Temps (la copie web est en accès limité)
  16. Texte de l'article sur le blog de Hani Ramadan

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • [vidéo] Marije Meerman, Amérique : le lobby pro-israélien, 2007