Lithopédion

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Le lithopédion est un fœtus issu d'une grossesse extra-utérine non arrivée à terme qui est mort sans avoir été expulsé et sans avoir été diagnostiqué.

Il s'ensuit une calcification et une tolérance pouvant dépasser un demi-siècle.

Les cas de lithopédion sont très rares et surviennent aujourd'hui dans un milieu socioculturel défavorisé non suivi médicalement.

Exemples[modifier | modifier le code]

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L'enfant pétrifié de Sens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Enfant pétrifié de Sens.

Un cas célèbre est celui de l'enfant pétrifié de Sens (1582) ou celui d'une femme du XVIIe siècle dont l'état de grossesse a perduré 25 ans et ayant livré après sa mort à l'autopsie (en 1678) un lithopédion décrit par des médecins de l'époque[1], mais il n'est pas le cas le plus ancien connu. Ainsi, un lithopédion trouvé par les archéologues aurait environ 3 100 ans[2].

L'enfant pétrifié de Leinzell[modifier | modifier le code]

L'enfant pétrifié de Leinzell, dessin de W. Kieser, 1854

L'enfant pétrifié de Leinzell aurait dû naitre en 1674[3]. Sa mère, Anna Mullern (ou Müller), subit ses contractions pendant sept semaines sans que l'enfant pût venir au monde. Malgré ce bébé pétrifié qu'elle continua de garder en elle, elle accoucha encore par la suite d'un fils et d'une fille. Elle chargea le médecin du lieu, le Dr Wohnliche, ainsi que le barbier-chirurgien Knauffen (ou Knaus) de Heubach d'ouvrir son corps après sa mort et d'en extraire l'enfant[4]. Cependant la femme survécut à son médecin et atteignit 91 ans, selon l'Université de Tübingen[3], et 94 selon Bondeson[5], si bien que le barbier-chirurgien l'autopsia sans assistance médicale. C'est seulement après qu'un lithopedion bien conservé se fut montré que l'on appela le médecin, Johann Georg Steigerthal, qui rédigea la première description et fit le dessin de l'enfant pétrifié de Leinzell. Contrairement à l'enfant pétrifié de Sens celui d'Anna Mullern (ou Müller) a été conservé et se trouve maintenant à Tübingen.

Cas modernes[modifier | modifier le code]

En 2002, une marocaine de 75 ans[6] qui souffrait de douleurs abdominales découvre qu'elle a en elle un fœtus fossilisé vieux de 46 ans[7], de même pour une sud-africaine de 80 ans venue consulter pour une sévère douleur abdominale, et qui portait en fait un lithopédion depuis 40 ans[8].

En 2009, Huang Yijun, une chinoise de 92 ans, originaire de la province de Huangjiaotan dans le sud de la Chine, était enceinte depuis 1948. Cette femme chinoise se plaignait de douleurs au ventre de plus en plus fortes, elle est donc allée voir son médecin qui lui a fait une radio et a constaté qu'elle était enceinte depuis 61 ans[9].

En 2013, lors d'une radiographie abdominale, une Colombienne de 84 ans s'est découverte enceinte depuis 40 ans d'un foetus âgé de 32 semaines[10],[11].

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Il est aujourd'hui repéré par échographie, puis confirmé par la radiographie[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. H Stofft, « Un lithopédion en 1678 », Histoire des sciences médicales, vol. 20, no 3,‎ , p. 267-285 (résumé)
  2. (en) BM Rothschild, C Rothschild et LC Bement, « Three-millennium antiquity of the lithokelyphos variety of lithopedion », American journal of obstetrics, vol. 169, no 1,‎ , p. 140-141 (2 ref.) (ISSN 0002-9378, résumé)
  3. a et b (de) « Steinkind von Leinzell »
  4. Le nom de la mère, comme celui du barbier, nous ont été transmis sous des formes différentes. Bondeson, qui utilise les formes Mullern et Knauffen, a probablement été trompé par l'écriture penchée et la Kurrentschrift. Dans les archives locales de Gmünd et dans un article de presse, on trouve à peu près le nom de Müller ; en outre l'article de presse appelle le barbier Knaus. Sur l'âge de la femme et sur le sexe des deux enfants nés ensuite les indications diffèrent.
  5. (en) J. Bondeson. The earliest known case of a lithopaedion. In: Journal of the Royal Society of Medicine. Volume 89, Numéro 1, Janvier 1996, p. 13–18, (ISSN 0141-0768). PMID 8709075. PMC 1295635.
  6. Elle s'appelait Zahra Aboutalib à en croire un grand nombre de sites comme celui de Doctor's Review
  7. « Grossesse la plus longue »
  8. (en) N Lachman, KS Satyapal, JM Kalideen et T.R. Moodley, « Lithopedion: a case report », Clin. Anat., no 14,‎ , p. 52–54 (DOI <52::AID-CA1009>3.0.CO;2-H 10.1002/1098-2353(200101)14:1<52::AID-CA1009>3.0.CO;2-H, résumé)
  9. « Une femme de 92 ans donne naissance à un bébé pétrifié », sur chine-informations.com,‎
  10. (es) « Mujer descubrió luego de 40 años que estaba embarazada », sur eltiempo.com, El Tiempo,‎
  11. « Un foetus de 40 ans retrouvé dans une femme âgée de 84 ans », sur Le Figaro,‎
  12. (en) Charles J. Fagan, Melvyn H. Schreiber, Eugenio G. Amparo,, « LithopedionStone Baby », Arch Surg., vol. 115, no 6,‎ , p. 764-766. (DOI 10.1001/archsurg.1980.01380060062018, résumé)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • RD N'Gbesso, A Coulibaly, G Quenum, AM N'Goan (1998) « Une étiologie rare de calcifications abdominales: le lithopédion » J Radiol.
  • (en) R. Passini, R. Knobel, M. A. Parpinelli, B. G. Pereira, E. Amaral, F. G. de Castro Surita, C. R. de Araújo Lett. « Calcified abdominal pregnancy with eighteen years of evolution: case report » São Paulo medical journal = Revista paulista de medicina. Vol. 118, Numéro 6, Novembre 2000, p. 192–194, (ISSN 1516-3180). PMID 11120551.
  • (en) J. A. Perper: Time of Death and Changes after Death. Part 1: Anatomical Considerations. In: W. U. Spitz, D. J. Spitz (Éd.): Spitz and Fisher’s Medicolegal Investigation of Death. Guideline for the Application of Pathology to Crime Investigations. Charles C. Thomas, Springfield, Illinois, 2006, p. 118.
  • (de) H.P. Schmitt, W. Rosendahl. Das Heidelberger Lithopädion („Foetus Ossei") – zur Mumifizierung eines menschlichen Fötus in der Bauchhöhle durch Verknöcherung. In: A. Wieczorek, W. Rosendahl, H. Wiegand (Éd.): Mumien und Museen. Mannheimer Geschichtsblätter, Numéro spécial 2, Heidelberg 2009, p. 135-138.