Liste de tragédies grecques antiques

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Détail d’une statuette d'Euripide, auteur de dix-huit des trente-deux tragédies grecques qui nous sont parvenues

Cet article propose une liste des tragédies grecques (complètes ou non), principalement issues des tragiques Euripide, Eschyle et Sophocle.

Tragédies d'Eschyle[modifier | modifier le code]

Tragédies complètes[modifier | modifier le code]

Titre
Auteur
Date Personnages

Chœur et Coryphée

Résumé
Les Perses
Eschyle
  • Atossa (femme de Darius, mère de Xerxès, simplement appelée "la Reine")
  • Darius (défunt roi des Perses sous forme d'Ombre)
  • Xerxès (fils de Darius, roi des Perses)
  • Un Messager

Chœur de conseillers du roi

Le drame raconte le retour de Xerxès à Suse après les défaites de Salamine et de Platées. Le drame, dans les Perses, ne repose pas sur l'agencement des péripéties et des événements ; ceux-ci sont déjà passés, et on les raconte, ou à venir, et on les prédit ; au reste, le spectateur les connaît déjà et toute l'émotion réside en l'attente angoissée de la catastrophe. Nulle œuvre, à part peut-être les Sept contre Thèbes, ne reflète mieux l'union des deux éléments constitutifs de la tragédie grecque : la déploration lyrique et la narration épique ; le récit du messager d'une part, la prophétie de Darius de l'autre sont les points culminants qui émergent du crescendo choral. Le songe d'Atossa, reine et mère de Xerxès, et son dialogue avec le chœur préparent l'arrivée du messager. Ainsi l'émotion dramatique est obtenue non par un agencement des péripéties, mais par la création d'un climat continu d'attente et d'angoisse, se résolvant en une déploration du malheur consommé.
Les Sept contre Thèbes
Eschyle
467 av. J.-C.

Chœur de femmes de Thèbes

La tragédie raconte la guerre des sept chefs, qui trouve son origine dans la lutte qui oppose Étéocle et Polynice, les frères d'Antigone, après la mort de leur père, Œdipe, pour la possession du royaume de Thèbes. Polynice arrive avec une armée argienne pour reprendre le trône à son frère. En effet, les deux frères s'étaient mis d'accord pour occuper à tour de rôle le trône, mais Étéocle, son tour fini, avait refusé de laisser sa place. Les assaillants, répartis en sept groupes, chacun dirigé par un grand chef attaquent chacun une porte de la ville. Étéocle choisit un champion thébain pour faire face à chacun d'eux. Le dernier groupe est mené par Polynice, et Étéocle qui connaît l'imprécation d'Œdipe et sait qu'il va mourir de la main de son frère et le tuer lui-même s'il va le combattre, décide tout de même de le faire, pour le bien de la cité.

La cité est sauvée, les deux frères s’entre-tuent et Étéocle se voit offrir une sépulture par les dignitaires de la ville alors que Polynice, déclaré traître à son pays, ne doit en avoir aucune. Créon décide que le cadavre de ce dernier sera laissé au soleil afin de montrer l'exemple aux opposants de Thèbes. Il fait surveiller le corps et promet la mise à mort de quiconque offrira une sépulture au corps. Antigone, sa sœur, décide seule de lui donner un tombeau décent.

Les Suppliantes
Eschyle
464-

Chœur de Danaïdes et de leurs suivantes

Danaos est le descendant à la troisième génération d'Épaphos, fils d'Io, né en Égypte après que sa mère a repris forme humaine. Danaos, selon la tradition, régnait en Libye, son frère Égyptos sur l'Égypte. Égyptos avait cinquante fils qui devaient épouser les filles de Danaos mais celles-ci, redoutant ce mariage, s'enfuirent avec leur père. Au moment où s'ouvre la tragédie des Suppliantes, elles abordent au pays d'Argos, berceau de leur race, et demandent l'hospitalité et la protection du roi du pays, qu'Eschyle nomme Pélasge, contre les Égyptiades qui les poursuivent. Le roi, après avoir consulté son peuple, y consent et repousse la demande d'extradition brutalement présentée par un héraut égyptien. La tragédie s'achève sur l'hymne de reconnaissance des Danaïdes, malgré la menace de guerre qui plane sur le pays.
L’Orestie (trilogie):

Agamemnon (I), Les Choéphores (II) et Les Euménides (III)
Eschyle

458 av. J.-C. I - Agamemnon

Chœur de vieillards d'Argos

-

II - Les Choéphores

  • Oreste (fils d'Agamemnon et de Clytemnestre)
  • Electre (sœur d'Oreste)
  • Clytemnestre (veuve d'Agamemnon, amante d'Égisthe)
  • Egisthe (fils de Thyeste, cousin germain d'Agamemnon, amant de Clytemnestre)
  • Pylade (fils de Strophios, roi de Phocide et d'Anaxibia)
  • Un Serviteur
  • La Nourrice
  • Un Esclave

Chœur de captives

-

III - Les Euménides

  • La Pythie (Prêtresse et interprète d'Apollon à Delphes)
  • Apollon (fils de Zeus et de Létô, dieu du soleil)
  • Oreste (fils d'Agamemnon)
  • Clytemnestre (défunte, sous forme d'Ombre)
  • Athéna (fille de Zeus, déesse de la sagesse)
  • Les juges Athéniens (personnages muets)

Chœur des Erinyes

Résumé à compléter
Prométhée enchaîné
Eschyle
Inconnue

Chœur des Océanides

Après le soulèvement de Zeus contre son père Cronos, et la guerre qui s'ensuivit, Zeus assoit sa puissance et réduit à néant tous ses opposants. Prométhée, le "prévoyant" (qui connaît l'avenir), avait d'abord conseillé sans succès aux Titans d'utiliser la ruse, sachant que seule celle-ci amènerait la victoire avant de s'allier à Zeus. Lorsque ce dernier décide d'abolir la race humaine afin d'en fonder une nouvelle, seul Prométhée s'y oppose et donne aux hommes le feu (symbole de la connaissance). Sur ordre de Zeus, il est alors enchaîné, par Héphaïstos à un rocher aux confins de la Terre. Océan apparaît alors, qui lui promet d'intercéder en sa faveur auprès de Zeus. Prométhée révèle que sa punition ne durera pas éternellement, qu'il sera délivré par un descendant d'Io (Héraclès) et que Zeus sera renversé. Prométhée ne peut en dire plus car il doit garder le secret connu de lui seul, sous peine que Zeus ne puisse se soustraire à son destin. Hermès intervient alors, au nom de Zeus, pour demander à Prométhée de livrer son secret, sans quoi il sera torturé. Prométhée ne cède pas car il sait que Zeus ne peut le faire mourir. Il est condamné à être torturé par un aigle qui lui dévorera éternellement le foie, celui-ci se régénérant sans cesse.

Tragédies fragmentaires[modifier | modifier le code]

Titre
Auteur
Date Personnages

Chœur et Coryphée

Résumé
Les Myrmidons
Eschyle
Ve siècle av. J.-C. Inconnus Un fragment de ce texte décrit un navire et parle d'un « cheval-coq couleur de feu[1] ». Ces fragments sont connus grâce à Aristophane, qui raille Eschyle pour avoir parlé de l'hippalectryon.

« La figure d'un hippalectryon est ici sur le navire de Protésilaos : on peut voir le travail laborieux effectué sur les peintures (...) »

Un autre fragment, de cette tragédie, est cité par Plutarque :

« Eh quoi ! Pour la pureté de mes cuisses tu n'as que du mépris ! De mes nombreux baisers est-ce donc là le prix [2]? »

Les Néréides
Eschyle
Inconnue Inconnus Cette pièce est tirée des chants XVIII, XIX et XXII de l’Iliade, on y suit les filles de Nérée, le dieu de la mer, qui se lamentent sur la mort de Patrocle. Dans cette œuvre un messager dit comment Achille, peut-être réconcilié avec Agamemnon et les Grecs, tua Hector.
Les Phrygiens, ou La Rançon d’Hector.
Eschyle
Inconnue

Chœur de Troyens

Dans cette pièce, Achille s’asseoit en silence pour pleurer sur le corps de Patrocle après une brève discussion avec Hermès. Celui-ci apporte alors au Roi de Troie Priam, qui réussit à vaincre Achille et la rançon du corps de son fils dans un spectaculaire coup de théâtre. Une échelle est portée sur scène et le corps d’Hector est placé dans un plateau et de l’or dans l’autre. La danse dynamique du Chœur des Troyens quand ils entrent avec Priam est rapportée par Aristophane.
Niobé
Eschyle
Inconnue

Chœur inconnu

Niobé restait immobile et muette pendant plusieurs scènes. C'était probablement sa nourrice qui décrivait l'attitude de la malheureuse en dialoguant avec le chœur.

Tragédies de Sophocle[modifier | modifier le code]

Tragédies complètes[modifier | modifier le code]

Titre
Auteur
Date Personnages

Chœur et Coryphée

Résumé
Ajax
Sophocle
  • Athéna (fille de Zeus, déesse de la sagesse)
  • Ulysse (fils de Laërte, roi d'Ithaque)
  • Ajax (fils de Télamon, chef des Salaminiens)
  • Tecmesse (fille de Téleutas, captive et compagne d'Ajax)
  • Un Messager
  • Teucros (frère d'Ajax)
  • Ménélas (fils d'Atrée,frère d'Agamemnon, roi de Lacédémone)
  • Agamemnon (fils d'Atrée, roi d'Argos et de Mycènes)

Chœur de matelots Salaminiens

Le drame relate l'épisode de la folie d'Ajax : le guerrier a massacré le bétail de l'armée en croyant assassiner les chefs Atrides. Devant le chœur des marins de Salamine, Ajax revenu à ses esprits, désespéré, refuse la consolation de sa compagne Tecmesse, exhorte son fils Eurysaquès à l'honneur et annonce qu'il va se purifier. Il se suicide sur la scène même, seulement caché par un buisson. Ses proches constatant sa mort se lamentent, et Agamemnon accepte sur les supplications de Teucros la sépulture d'Ajax.
Antigone
Sophocle
442 av. J.-C.

Chœur de vieillards thébains

Pour avoir enterré son frère rebelle Polynice, tué dans sa lutte avec son frère Étéocle, Antigone qui a enfreint le décret de Créon doit être punie de mort. Le tyran refuse de revenir sur sa décision malgré les lamentations du chœur des vieillards de Thèbes et les supplications de son propre fils Hémon, fiancé d'Antigone. Seuls les présages de Tirésias le font changer d'avis, mais il est trop tard : Antigone s'est suicidée. Hémon l'imite bientôt, suivi d'Eurydice, la femme de Créon.
Les Trachiniennes
Sophocle
Inconnue
  • Déjanire (fille d'Œnné, femme d'Héraclès)
  • La nourrice
  • Hyllos (fils d'Héraclès et de Déjanire)
  • Un messager
  • Lichas (compagnon d'Héraclès)
  • Héraclès (fils de Zeus et d'Alcmène, époux de Déjanire)
  • Un vieillard

Chœur de Trachiniennes

La pièce a pour sujet la mort d'Héraclès. Sa femme Déjanire, prévenue par son fils Hyllos du retour d'Héraclès, mais inquiète de voir ce dernier séduit par la jeune Iole, elle fait envoyer par Hyllos une tunique trempée dans le sang du centaure Nessos. Pensant ainsi se garantir l'attachement d'Héraclès elle tue en fait ce dernier. Apprenant l'événement, elle se suicide alors que son époux arrive à Trachis et, entendant de la bouche d'Hyllos la nouvelle de cette mort, ce dernier comprend qu'il meurt par la ruse d'un mort, Nessos, comme l'avait prédit un oracle.
Œdipe roi
Sophocle
Antérieure à 425 av. J.-C.
  • Œdipe (roi de Thèbes)
  • Le prêtre de Zeus
  • Créon (fils de Ménécée, frère de Jocaste)
  • Tirésias (devin)
  • Jocaste (veuve de Laïos, femme d'Œdipe)
  • Un Corinthien
  • Un Serviteur de Laïos
  • Un Messager

Chœur de vieillards thébains

À Thèbes ravagé par la peste, Œdipe devenu roi cherche à connaître l'identité du meurtrier de Laïos, cause de la malédiction. Le devin Tirésias, sollicité, apprend la terrible vérité à Œdipe, meurtrier de son père et époux de sa mère Jocaste, mais celui-ci n'y voit qu'une injure inspirée par Créon. Des révélations successives viennent pourtant étayer la révélation, et Œdipe doit admettre qu'en tentant de déjouer l'oracle, il n'a fait que l'accomplir. La pièce s'achève sur le suicide de Jocaste et l'apparition d'Œdipe mutilé après s'être crevé les yeux, le visage ensanglanté, réclamant l'exil car il veut mourir.
Électre
Sophocle
Inconnue
  • Le Précepteur
  • Oreste (fils d'Agamemnon et de Clytemnestre)
  • Electre (sœur d'Oreste)
  • Chrysotémis (sœur d'Électre)
  • Clytemnestre (fille de Tyndare, veuve d'Agamemnon)
  • Egisthe (fils de Thyeste, cousin germain d'Agamemnon, amant de Clytemnestre)

Chœur de jeunes femmes de Mycènes

Reprenant le thème des Choéphores d'Eschyle (et conservant le chœur de jeunes femmes), la pièce décrit le retour à Mycènes d'Oreste, vengeur de son père Agamemnon. Il y retrouve sa sœur Électre, qui attend son retour avec un désespoir grandissant et envisage d'accomplir elle-même la vengeance. La scène de reconnaissance intervient dans le dernier épisode et le meurtre de Clytemnestre, puis celui d'Égisthe, sont accomplis en exodos.
Philoctète
Sophocle
409 av. J.-C.

Chœur de marins Achéens

Chargé par Ulysse de ramener à Troie Philoctète, blessé et abandonné jadis par Ulysse et les Atrides sur une île déserte, et son arc, le jeune Néoptolème, fils d'Achille, est confronté à un choix moral délicat. Sa mission est indispensable selon l'oracle, mais le jeune homme ne peut se résoudre à trahir le malheureux. Néoptolème rend l'arc après l'avoir volé, et tente de procéder par la persuasion honnête ; mais Philoctète entêté refuse de le suivre et de pardonner aux Atrides, bien qu'il lui fût garanti que sa blessure serait soignée à Troie. C'est l'apparition d'Héraclès qui vient sauver la situation et faire changer Philoctète d'avis.
Œdipe à Colone
Sophocle
Jouée posthume en

Chœur de vieillards attiques

La pièce décrit l'arrivée d'Œdipe, réprouvé, aveugle et maudit, à Colone, près d'Athènes. Rejeté, ne pouvant compter que sur ses filles Antigone et Ismène, il s'efforce de se disculper des crimes dont on l'accuse. Œdipe doit aussi défendre sa liberté face à ses fils : Créon, envoyé par Étéocle, vient pour se saisir de lui et de ses filles, mais l'aide précieuse de Thésée, roi d'Athènes, les sauve. Puis c'est Polynice qui vient quémander son soutien pour la guerre des sept qui se prépare. Rejetant ses fils, Œdipe se prépare à mourir : accompagné de Thésée, il disparaît en un lieu secret en promettant sa protection à Athènes. À l'appel des dieux, le maudit est élevé au rang des héros.

Tragédies fragmentaires[modifier | modifier le code]

Titre
Auteur
Date Personnages

Chœur et Coryphée

Résumé
Les Limiers
Sophocle
Antérieure à

Chœur de satyres

Les fragments retrouvés racontent Hermès enfant, faisant de la musique pour la première fois, et les satyres l’écoutant avec étonnement. Il reprend directement le sujet de l’Hymne homérique à Hermès.

Tragédies d'Euripide[modifier | modifier le code]

Tragédies complètes[modifier | modifier le code]

Titre
Auteur
Date Personnages

Chœur et Coryphée

Résumé
Alceste
Euripide
438 av. J.-C.

Chœur de vieillards de Phères

Admète a reçu la visite d'Apollon. Celui-ci avait été puni par Zeus et devait subir un an de servitude chez un mortel. C'est Apollon qui prononce le prologue. Pour remercier Admète, Apollon lui fait don de la vie éternelle, mais il s'agit d'un cadeau empoisonné, car à chaque fois que viendra le moment de sa mort, Admète devra se trouver un remplaçant, qui acceptera de mourir, afin d'envoyer à Hadès l'âme due. Au cours de la pièce, Admète va donc successivement demander ce sacrifice à ses parents, puis à son épouse Alceste. Seule cette dernière accepte d'offrir sa vie pour lui. Elle lui demande en retour de ne plus regarder aucune femme, et de lui promettre de ne jamais se remarier, ce qu'il fit. Alors que le palais est en deuil, Héraclès, entre deux travaux, vient y chercher l'hospitalité. Voyant le palais endeuillé, il craint de déranger et demande qui est pleuré. Admète lui ment, lui disant qu'il s'agit d'une femme sans importance, et qu'il peut donc séjourner au palais. Apprenant par la suite la vérité, Héraclès descendra aux Enfers attendre la mort pour récupérer Alceste et la rendre à son mari.
Médée
Euripide

Chœur de femmes de Corinthe

Au début de la pièce, le pédagogue des enfants de Médée et leur nourrice discutent du remariage de Jason avec la fille du roi Créon, Créuse. Médée paraît et laisse éclater sa colère. Elle cherche une manière de punir son mari. Le roi Créon la chasse alors en exil avec ses enfants, mais, supplié par Médée, il lui accorde cependant un délai d'une journée avant son départ. Médée décide d'employer ce laps de temps à tuer Créon et sa fille Créuse. Jason entre ensuite en scène, ce qui provoque une scène de dispute avec Médée. Après cela, Médée promet au roi Égée, en voyage, de l'aider à avoir des enfants, s'il l'héberge quand elle aura quitté le royaume de Créon. Il accepte, ce qui lève les dernières hésitations de Médée à commettre son crime. Devant Jason, elle confie à ses enfants un diadème et un voile empoisonnés, destinés à tuer la fille de Créon, en disant à Jason qu'il s'agit de présents visant à amadouer la princesse afin que ses enfants échappent à l'exil. Un messager vient annoncer à Médée la mort de la princesse, mais aussi de Créon. Médée tue ses enfants en coulisses. Jason rentre, craignant pour ses fils, mais il est déjà trop tard. Médée, montée sur un char tiré par des dragons, lui refuse de toucher les cadavres de leurs enfants et part pour la terre d'Égée, laissant Jason seul avec sa douleur.
Les Héraclides
Euripide
430 av. J.-C.

Chœur de vieillards athéniens

L’intrigue se déroule à Marathon, ville proche d'Athènes, qu’Alcmène, les enfants d'Héraclès, Iolas, (ancien compagnon du héros) rejoignent après la mort du héros, persécutés qu’ils sont par Eurysthée, roi de Mycènes qui les traque. Les fils d’Héraclès, parents éloignés des deux fils de Thésée, Démophon (actuel roi d'Athènes), et Acnuius, sont venus en cette ville pour implorer leur secours. Trouvant asile dans un temple voué à Zeus, ils se voient opposés à Coprée, l’un des envoyés d'Eurysthée qui tente de les arracher de force à l’autel. Désireux de respecter les dieux ainsi que les liens qui l’unissent aux enfants d’Héraclès Démophon repousse les troupes Argiennes, malgré la menace d’une guerre imminente avec Eurysthée, resté sur les frontières d’Alcathos en attendant le retour de son héraut. Démophon réunit les oracles et apprend que le succès de ses armées ne sera assuré qu’à condition d’immoler à la fille de Déméter, Perséphone, une vierge née d’un illustre père. Le roi de Marathon refuse de sacrifier sa fille. Les Héraclides sont donc contraints à l’exil une fois encore. Macaria, fille d’Héraclès jusqu’alors restée dans le temple, se propose de mourir, avançant que si les hommes de Démophon sont prêts à mourir pour leur cause, il y va de son honneur de mettre dans la balance sa propre vie pour sauver celle de ses frères et des siens. La guerre éclate, conformément aux oracles, ce sont les troupes de Démophon qui sortent vainqueurs de la guerre, Eurysthée est capturé par Iolas. Poussée par la vengeance, et contre la tradition d’Athènes voulant que l’on laisse partir un homme pris vivant sur le champ de bataille, Alcmène militera néanmoins pour faire mourir Eurysthée, ce dont Hyllos sera chargé.

Devant le pardon qui lui était offert par Athènes, Eurysthée leur révèle un oracle d’Apollon. Il se propose alors d’être pour la ville un hôte protecteur à condition d’être enterré à Pellène, devant le temple de Minerve, lorsque les descendants d’Héraclès, oubliant leurs bienfaits, viendront attaquer la ville.

Hippolyte
Euripide
428 av. J.-C.

Chœur de femmes de Trézène

Le coryphée annonce l'arrivée de Phèdre. S’appuyant sur sa vieille nourrice, Phèdre, dévorée par un mal mystérieux, s’avance pour voir la lumière du jour. Elle se met à délirer, voulant être dans les montagnes, poursuivre les animaux et conduire un char dans le stade consacré à Artémis. Elle demande ensuite à la nourrice de lui couvrir le visage d’un voile et s’enferme dans le palais.Le chœur interroge en vain la nourrice, qui n'a rien deviné.

Le nom d’Hippolyte échappe à la nourrice et Phèdre réagit très brusquement. La nourrice croit d’abord que sa maîtresse hait en lui le fils d’une autre femme. Mais Phèdre finit par lui avouer son amour. Devant le désir de mourir que manifeste sa maîtresse, la nourrice, qui s’était d’abord scandalisée, va révéler la passion de Phèdre à Hippolyte. Le jeune homme éclate en invectives. Phèdre décide alors de perdre Hippolyte et se pend.

Thésée revient et trouve dans les mains de Phèdre morte des tablettes qui accusent son fils de viol, raison de son suicide. Hippolyte se justifie et se retire en exil, maudit par son père et voué à la vengeance de Poséidon. Un serviteur apprend à Thésée qu’un monstre marin a causé la perte de son fils. Artémis apparaît lorsqu’on apporte Hippolyte agonisant. Elle révèle la vérité à Thésée et promet à Hippolyte de le venger sur un des favoris d’Aphrodite. Hippolyte meurt après avoir pardonné à son père, qui s’apprête à lui rendre les derniers honneurs.

Andromaque
Euripide
426 av. J.-C.

Chœur de femmes de Phthie

Au début de la pièce Andromaque, assise près de l'autel de Thétis, pleure: de princesse, elle est devenue esclave en Épire ; mariée au Grec Néoptolème, elle demeure dévouée à son défunt mari troyen, Hector. Il lui a fallu se séparer de son fils Molossos, menacé par Hermione (la deuxième épouse de Néoptolème). En effet, stérile, Hermione attribue son malheur aux tours de magie d'Andromaque, dont elle veut se venger. Andromaque a donc éloigné son fils, pour que ni Hermione, ni Ménélas (le père de Hermione, venu la soutenir) ne puissent attenter à la vie du seul héritier au trône. Elle choisit de se cacher dans le temple, dans l'espoir que cet endroit sacré la protège contre ses ennemis. Cependant Ménélas arrive, lui annonce qu'il a trouvé son fils, et qu'il le tient captif. Hermione veut la tuer. Andromaque se rend à leur pouvoir, et se laisse emmener. Elle est sauvée par l'intervention du sage Pélée, père d'Achille et grand-père de Néoptolème, qui s'en prend à Ménélas, roi de Sparte, époux d'Hélène, et responsable du déclenchement de la guerre contre Troie, dans laquelle Achille a trouvé la mort ; Pélée adopte ainsi le parti de l'esclave étrangère contre le roi et la princesse de Sparte.

Oreste arrive inopinément, et emmène Hermione dont il est amoureux, et qui lui avait été promise avant que Néoptolème ne la réclame. Il a organisé l'assassinat de Néoptolème à Delphes. Un messager annonce au vieux Pelée la mort de son petit-fils. Thétis, la déesse qui avait eu Pélée pour amant (elle est la mère d'Achille) apparaît et promet à Pélée une forme d'immortalité.

Hécube
Euripide
424 av. J.-C.

Chœur de captives troyennes

Hécube, épouse de Priam, roi de Troie, à la prise de la ville par les Grecs, n'évite la mort que pour tomber dans l'esclavage avec ses filles Cassandre et Polyxène. Dans le partage des richesses et des esclaves, Polyxène et elle font partie du lot attribué à Ulysse, tandis que Cassandre revient à Agamemnon. En attendant d'être amenée en Grèce, Hécube est « parquée », avec les autres esclaves sur le rivage et se lamente sur son sort. Une esclave va découvrir le corps égorgé de Polydore, dernier fils d'Hécube que celle-ci croyait sain et sauf car confié avec un grand trésor à Polymestor, roi des Thraces. Hécube espère donc se venger de ce roi, voleur de leur fortune et meurtrier de son fils. Polymestor n'a même pas donné de sépulture à son hôte, acte insupportable pour les Grecs.

Sa fille Polyxène est demandée en sacrifice par le fantôme d'Achille sorti de son tombeau. Ulysse vient la réclamer à sa mère qui le supplie de lui laisser sa fille, seul et dernier réconfort. Achille était tombé amoureux de Polyxène avant la prise de Troie et l'ayant dûment demandée en mariage, il s'apprêtait à l'épouser, quand Pâris, lâchement, le tua en lui tirant une flèche dans le talon. Hécube, de plus en plus seule, presque tous ses enfants tués, attire Polymestor et ses deux fils dans un guet-apens. Elle fait aveugler Polymestor et égorge de ses propres mains les deux petits. Devant Agamemnon, elle plaide sa cause faisant même appel à l'amour d'Agamemnon pour sa fille Cassandre. Il lui donne raison contre Polymestor. La boucle aurait ainsi bouclée si les dieux n'étaient pas intervenus. Polymestor, désormais aveugle, prophétise à l'instar de Tirésias qu'Agamemnon ne vivra pas longtemps dans sa patrie retrouvée et qu'Hécube sera métamorphosée en chienne.

La Folie d'Héraclès
Euripide
416 av. J.-C.

Chœur de vieillards de Thèbes

Héraclès est absent de Thèbes : descendu aux Enfers pour y capturer le chien Cerbère et accomplir ainsi le dernier des travaux ordonnés par Eurysthée, il n'en est pas revenu, et on le croit mort. Pendant son absence, le tyran Lycos a tué le régent Créon et s'est emparé du trône de Thèbes. Depuis lors, il fait régner la terreur, et menace de tuer les enfants d'Héraclès, les Héraclides, ainsi que son épouse Mégara et son beau-père Amphitryon (époux d'Alcmène). Héraclès revient juste à temps et tue Lycos. Mais au moment où les Thébains se réjouissent, Iris, la messagère des dieux, vient annoncer que le courroux d'Héra contre Héraclès n'est pas terminé : elle va le frapper de folie et l'amener à tuer ses propres enfants. La déesse de la folie, Lyssa, sème le trouble dans l'esprit d'Héraclès, et celui-ci tue ses enfants ainsi que Mégara. Lorsqu'Héraclès reprend ses esprits, il est accablé de chagrin, et seuls les discours de son ami Thésée le convainquent de ne pas se donner la mort.
Les Suppliantes
Euripide
423 av. J.-C.

Chœur de mères d'Argos

La pièce se déroule devant le temple de Déméter à Eleusis, Éthra (mère du roi Athénien Thésée) est sollicitée par des mères de guerriers d'Argos morts pendant la bataille des Sept Chefs contre Thèbes privés de sépultures par décret de Créon. Adraste, roi d'Argos qui avait autorisé l'expédition, est présent et se lamente avec les mères en pleurs. Il demande de l'aide à Thésée qui commence par refuser mais poussé par sa mère accepte finalement sous réserve de l'acceptation de l'intervention par les citoyens athéniens et part pour Athènes.

Thésée revient décidé à intervenir et demande à un héraut de se rendre à Thèbes pour demander la restitution des corps, et de prévenir les Thébains qu'en cas de refus Thésée sera le jour suivant devant la ville avec l'armée d'Athènes. Avant que le héraut ne puisse partir, un héraut de Créon arrive de Thèbes et s'entretient avec Thésée en le mettant en garde de prendre part à un conflit qui ne le regarde pas et refuse son ultimatum. Thésée part pour Thèbes avec son armée mais sans Adraste pour ne pas créer d’ambiguïté entre le motif de son attaque (la récupération des corps) et la tentative d'invasion d'Argos pendant la guerre des Sept Chefs.

Un messager Argien, ex-prisonnier des Thébains libéré par Thésée vient annoncer la victoire et la magnanimité de Thésée qui a retenu ses hommes pour éviter le sac de la ville.

Thésée revient avec les corps des guerriers qui sont brûlés ensembles (afin d'épargner aux mères la vision des corps mutilés de leurs fils) sauf Capaneus qui, ayant été foudroyé par Zeus reçoit une sépulture particulière. Sa femme, Evadné se suicide en montant sur le bûcher de son mari malgré l'intervention de son père Iphis qui tente de la raisonner.

Au moment du départ d'Iphis, les orphelins des guerriers amènent les cendres de leurs pères à leurs grand-mères avec des promesses de vengeances. Les Argiens reconnaissent à Thésée qu'ils ont une dette envers Athènes mais Athéna qui considère que cela ne suffit pas apparaît sur le toit du temple et demande à Thésée d'exiger la promesse qu'Adraste n'attaquera jamais Athènes. Enfin, Athéna annonce aux enfants qu'ils vengeront leurs pères et feront le sac de la ville de Thèbes.

Tragédies fragmentaires[modifier | modifier le code]

Titre
Auteur
Date Personnages

Chœur et Coryphée

Résumé
Égée
Euripide
430 av. J.-C.

Chœur probablement composé de citoyens athéniens

Égée est une tragédie perdue dont dix-huit fragments ont été identifiés par la critique moderne. On compte à ce jour un total de 27 vers au moins partiellement connus. La pièce se déroule probablement dans le palais d’Égée à Athènes, même si, Plutarque situerait l'action au Delphinion. Dans une reconstitution assez hasardeuse, l'ouvrage édité par Gustav Adolf Seeck, lui-même éditeur, considère que la fin de la pièce aurait lieu à Trézène.
Bellérophon

Euripide

Inconnue

Chœur probablement composé de paysans Lycéens

Bellérophon qui semble avoir tout perdu (sa femme, sa fille et son statut ; peut-être à la suite de l'histoire de Sthénébée), vit seul avec son père Glaucos et Pégase sur une terre inculte. Il exprime là sa profonde mélancolie et son pessimisme quant au sort du monde, sa conclusion étant que les dieux n'existent pas. À la suite de quelque nouvel outrage, il se décide pour l'action et monte Pégase dans l'objectif d'atteindre l'Olympe. Les motifs de cette ascension nous demeurent inconnus et la critique actuelle hésite entre deux options : il voulait s'assurer de l'inexistence des dieux (perspective intéressante d'un point de vue philosophique : Bellérophon serait l'homme moderne se libérant de toute entrave divine) ou une simple volonté de vengeance vis-à-vis de ceux qui l'ont tant fait souffrir. Quoi qu'il en soit, Pégase chute avec son cavalier qui est amené sur la scène mortellement blessé, allongé sur une litière. S'étant excusé de son défi insensé, il meurt.


Tragédies issues d'autres auteurs[modifier | modifier le code]

Tragédies complètes[modifier | modifier le code]

Tragédies fragmentaires[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Perdrizet 1904, p. 7-30
  2. extrait des Œuvres morales, Dialogue sur l'Amour : p.17 aux Éditions des Mille et unes nuits.