Liste des classes de sous-marins russes et soviétiques

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Les sous-marins de la marine soviétique puis de la marine russe ont été conçus avec des numéros de projet par le complexe militaro-industriel russe, et ont parfois reçu un nom. Durant la guerre froide, les nations de l'OTAN ont appelé ces navires selon leurs codes OTAN, d'après des rapports de renseignement.

Les codes OTAN utilisaient la tradition britannique (puis américaine) de nommer les sous-marins avec une lettre de l'alphabet indiquant la classe, puis un numéro de série de cette classe. Les noms utilisent les codes de l'alphabet phonétique de l'OTAN. Pour des raisons de sécurité, les numéros de coque des sous-marins soviétiques n'étaient pas attribués dans l'ordre.

La plupart des sous-marins russes et soviétiques n'avaient pas de nom individuel, mais seulement un numéro et un préfixe composé de lettre identifiant le type de navire, au-delà de la classe. Ces lettres incluaient :

  • К (K) — крейсерская (kreyserskaya, « croiseur »)
  • ТК (TK) — тяжелая крейсерская (tyazholaya kreyserskaya, « croiseur lourd »)
  • Б (B) — большая (bolshaya, « grand »)
  • С (S) — средняя (srednyaja, « moyen »)
  • М (M) — малая (malaya, « petit »)

Ces préfixes pouvaient avoir un C (S) ajouté à la fin, pour специальная (spetsialnaya) et signifiant « conçu pour des missions spéciales. »

Construction et développement[modifier | modifier le code]

Construction du Som.

Au XXe siècle, 1 109 sous-marins ont été construits par la Russie/URSS, soit 19 % du total mondial, dont 51 avant la révolution russe, 206 entre 1917 et 1941, 56 pendant la Grande Guerre Patriotique, 734 après la fin de la seconde guerre mondiale dont 250 à propulsion nucléaire navale[1].

L'origine remonte au , lorsque le Ministère de la Marine de Russie assigna à trois officiers la tâche de concevoir un sous-marin de combat pour la marine impériale russe : les lieutenants M.N. Beklemishev et I.S. Goryounov, ainsi que l'architecte naval I.G. Boubnov, employé du ministère aux Chantiers navals de la Baltique où la construction du vaisseau devait avoir lieu.

Le 3 mai de la même année, les trois hommes soumettaient le résultat de leurs études au Ministère de la Marine. La proposition fut acceptée en juillet et le Chantier Naval de la Baltique reçu l'ordre de construire le torpilleur no 113 (qui fut plus tard renommé « sous-marin de combat Dauphin (en) »). Boubnov fut nommé à la tête de la Commission de Construction des Sous-marins, laquelle devint, après de multiples renommages et transformations, le « Bureau Central d'Étude et d'Ingénierie Maritime Roubine ».

La construction du Dauphin s'acheva en 1903 et son succès fut le tremplin pour la création de nouveaux types de sous-marins, plus récents et plus avancés. En 1918, 73 sous-marins des classes Kasatka, Minoga, Akoula, Mordj et Vepr avaient rejoint la Marine russe, et quatre de plus de la nouvelle classe Major-Général Boubnov étaient en construction. 32 de ces sous-marins avaient été conçus par Ivan Boubnov qui fut promu major-général du Corps d'Architecture navale et professeur émérite de l’Académie de marine Nikolaïev.

Le 26 juin 1904, en secret, la Russie impériale acheta son premier sous-marin de combat connu sous le nom de Madame, une conception de l'américain d'origine allemande Isaac Rice (en) (1850-1915) de la Compagnie Générale Dynamic Electric Boat dont il fut le fondateur (1899). À l'origine ce sous-marin fut construit sous la direction du britannique Arthur Leopold Busch (en) comme le torpilleur américain Fulton. Il s'agissait d'un prototype connu sous le nom de la classe Adler. Le 14 octobre 1904, le Som fut officiellement mis en service au large de la côte est de Vladivostok. La Russie le renomma Som (Silure). Ce premier sous-marin russe ne put entrer en service actif au cours de la guerre russo-japonaise, la cause fut le retard de l'expédition des torpilles commandées à l'origine dans l'Empire Allemand au début de 1905.

L'un des principaux concepteurs de ces engins depuis est le bureau d'étude Rubin descendant du « Bureau Central d'Étude et d'Ingénierie Maritime Roubine ».

Durant la guerre froide, quatre chantiers navals fabriquaient les sous-marins à propulsion nucléaire.

La rapidité des constructions des sous-marins nucléaires (12 à 18 mois pour la 1re et la 2e génération) s'est faite au détriment de la qualité. De 1967 à 1990, les Soviétiques ont compté 340 fuites sur les circuits primaires et « perdu » 7 sous-marins nucléaires. La première génération de SNLE était ainsi surnommée « le faiseur de veuves ». En 1992, les autorités ont confirmé la perte d'au moins 20 sous-marins de tous types en temps de paix.

Jusqu'aux années 1970, les sous-marins soviétiques étaient plus bruyants que leurs homologues de l'ouest et moins fiables, les dernières classes produites dans les années 1980 corrigent en partie ces défauts.

Les records de vitesse et de plongée pour des sous-marins de combat sont détenus par des bateaux soviétiques ayant une coque en titane. Un bateau nommé successivement K-18/K-162 puis K-222 (code OTAN : classe Papa) à obtenu lors de ces essais le record officiel avec 44,7 nœuds (82,78 km/h) le 18 décembre 1970 et à atteint de manière non-officielle 44,85 nœuds (83,06 km/h) le 30 mars 1971[3] et le record de plongée est atteint par le K-278 Komsomolets le 4 août 1984 avec une immersion à 1 027 m [4]. Les six SNLE du projet 941 « Akula » (code OTAN : Classe Typhoon) mis en service entre 1981 et 1989 sont les plus imposants au monde avec un déplacement en surface d'environ 23 000 t[5].

Russie impériale[modifier | modifier le code]


Projet
Dauphin 1
Som
Kasatka
Minoga 1
Akula 1
Karp
Kaïman
Krab 1
Morj
Bars
Narval

Sous-marins conventionnels[modifier | modifier le code]

Sous-marins d'attaque[modifier | modifier le code]

Un sous-marin projet 611 devenu un navire-musée à Amsterdam en 2012.
Projet Code OTAN
611, AB611 Zulu
613 Whiskey
615 Quebec
633 Romeo
641 Foxtrot
641Б Cом (Som, poisson-chat) Tango
690 Кефаль (Kefal', mulet) Classe Bravo (en)
877, 877Э, 877ЭКМ, 877В, 877ЛПМБ, 877ЭК Paltus (turbot) Kilo
636, 636М Kilo amélioré
677 Лада (Lada, harmonie)
1650 Амур (le fleuve Amour)
865 Пиранья (en) (Piran'ya, piranha) Losos

Sous-marins lanceurs de missiles de croisière[modifier | modifier le code]

Projet Code OTAN
P613 Whiskey cylindre unique
644 Whiskey deux cylindres
665 Whiskey Long Bin
651 (en) Juliett

Sous-marins lanceurs d'engins[modifier | modifier le code]

Projet Code OTAN
629, 609, 601, 605, 619 Golf

Sous-marins auxiliaires[modifier | modifier le code]

Projet Code OTAN
940 Ленок (Lenok, saumon) India
1710 Макрель (Makrel', maquereau) Belouga
1840 Lima

À propulsion nucléaire[modifier | modifier le code]

Sous-marins d'attaque[modifier | modifier le code]

Première génération[modifier | modifier le code]

Projet Code OTAN
627 Кит, 645 Кит-ЖМТ (Kit, baleine) November

Seconde génération[modifier | modifier le code]

Projet Code OTAN
671, 671B, 671K, 671R Ёрш (Yorsh, grémille) Victor I
671RT Victor II
671RTM et RTMK Щука (Shchuka, brochet) Victor III

Troisième génération[modifier | modifier le code]

Un Alfa en surface en 1983.
Projet Code OTAN
705, 705K Лира (Lyra, Lyre) Alfa
945 Барракуда (Barrakouda, barracuda) Sierra I
945A Кондор (Kondor, condor) Sierra II
945Б Марс (Mars, Mars (mythologie)) Sierra III
685 Плавник (Plavnik, aileron) Mike
971 Щука-Б (Shchouka-B, brochet) Akula[6]

Quatrième génération[modifier | modifier le code]

Projet Code OTAN
885 Ясень (Iassen, frêne) Iassen

Sous-marins lanceurs de missiles de croisière[modifier | modifier le code]

Première génération[modifier | modifier le code]

Projet Code OTAN
659 Echo I
675 Echo II

Seconde génération[modifier | modifier le code]

Le Papa, le sous-marin le plus rapide du monde, en patrouille le 1er octobre 1985.
Projet Code OTAN
661 Анчар Papa
667AT Груша (Grusha, poire) Yankee Notch
667M Андромеда (Andromeda, Andromède) Yankee Sidecar
670 Скат (Skat, raie) Charlie I
670M Скат-М (Skat-M, raie) Charlie II
06704 Чайка-Б (Chaika-B, goéland) Charlie

Troisième génération[modifier | modifier le code]

Projet Code OTAN
949 Гранит (Granit, granite) Oscar I
949A Антей (Antey, Antée) Oscar II

Sous-marins lanceurs d'engins - SNLE[modifier | modifier le code]

Тяжёлые ракетные подводные крейсеры стратегического назначения abrégé en ТРПКСН, littéralement « croiseur sous-marin lourd lanceur d'engins »

Première génération[modifier | modifier le code]

Projet Code OTAN
658, 701 Hotel
  • Le K-19 de la classe Hotel (projet 658) est le premier sous-marin à propulsion nucléaire de l'Union soviétique à être équipé de missiles balistiques ; il est entré en service le 30 avril 1961. Son armement était composé de trois R-13 (en) (code OTAN : SS-N-4 Sark) d'une portée d'environ 600 km.

Seconde génération[modifier | modifier le code]

Projet Code OTAN
667A Навага, 667AУ Налим (Navaga; Nalim, burbot) Yankee I
667AM Навага-М (Navaga-M) Yankee II
Classe Delta, comprenant :
667Б Мурена (Murenaanguille) Delta I
667БД Мурена-М (Murena-Manguille) Delta II
667БДР Кальмар (Kal'marcalmar) Delta III
667БДРМ Дельфин (Del'findauphin) Delta IV
  • Projet 667BDR Kalmar classe Delta-III : construit à 14 exemplaires à partir de 1976, 4 sont en service et devraient être retirés d'ici quelques années. Il peut transporter 16 missiles SS-N-18. 3 lots de ces missiles emportant 3 ogives seraient disponibles emportant un total 196 ogives. Le K-535 Iouri Dolgorouki en essais en 2010. Il s'agit du premier bateau de la classe Boreï.
  • Projet 667BDRM Del'fin classe Delta-IV : version améliorée du Projet 667BDR. L'URSS en a construit 7, dont 6 sont en service. Depuis 1999, ils sont en travaux de remise à niveau. Deux sont en chantier en 2010 donc 4 sont opérationnels. Ils peuvent transporter 16 missiles SS-N-23 emportant 4 ogives soit un total de 384 ogives emportées pour les 4 sous-marins.

Troisième génération[modifier | modifier le code]

Un Akula en surface. Ces sous-marins mit en service dans les années 1980 restent, en 2017, les plus grands construit.
Projet Code OTAN
941 Акула (Akularequin) Typhoon (l'OTAN utilise « Akula » pour parler du Shchuka-B)
  • Projet 941 Akula classe Typhoon : il peut transporter 20 missiles SS-N-20. À sa mise en service, il était le plus silencieux des sous-marins soviétiques et reste le plus grand au monde. Sur un total de six construits, un seul est encore en service et sert de banc d'essai à une nouvelle génération de missiles balistiques, le 3M14 SS-N-30 (3M14 Boulava) et deux sont en réserve, et seront peut-être démantelés comme les trois déjà retirés du service.

Quatrième génération[modifier | modifier le code]

Projet Code OTAN
955 Борей (Borei) Borei
  • Project 955 classe Boreï : fin 2014, trois sous-marins sont en service alors que la Marine de guerre russe prévoit la mise en chantier de deux bâtiments supplémentaires. Cette classe devrait comprendre un total de 8 navires d'ici 2020 et remplacera les éléments des générations précédentes qui seront retirés en 2018. Ils doivent emporter 16 R-30 Boulava.

Sous-marins auxiliaires[modifier | modifier le code]

Projet Code OTAN
1910 Кашалот (Kashalot, cachalot) Uniform
977.4 Аксон (Akson) Yankee Pod
978 Yankee Stretch
ARS-600

Notes et références[modifier | modifier le code]

1 Seul exemplaire

  1. Claude Huan, « URSS-Russie Toujours plus... », Marines et forces navales, no 14H,‎ , p. 53 (ISSN 0998-8475)
  2. (en) Submarines: general information, Warfare.Ru
  3. (ru) < « K-18/K-162/K-222 », sur http://www.deepstorm.ru (consulté le 21 mars 2017).
  4. (ru) Alexey Matveev, « Оборона укрепляется на уровне штабов », sur http://vpk-news.ru/,‎ (consulté le 21 avril 2017).
  5. « La marine russe conserve un dernier SNLE du type Typhoon< », (consulté le 21 mars 2017).
  6. Note : le nom soviétique du « Typhoon » est Akula. Le K-335 n'est pas considéré comme un SNA de 4e génération

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]