Liste des animaux les plus mortels pour l'homme

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Diagramme en barres sur les animaux les plus mortels
Animal Nombre de morts humaines par an
Moustiques
1 000 000
Hommes
475 000
Serpents
50 000
Chiens
25 000
Une Anophèle femelle, moustique hématophage qui sert de vecteur au Plasmodium, parasite qu'elle porte dans sa salive. Elle transmet le paludisme, première maladie parasitaire mortelle dans le monde.

La liste des animaux les plus mortels pour l'homme dans le monde tord le cou aux préjugés et aux croyances populaires en raison de la mauvaise réputation historique dont souffrent certaines espèces animales (requins, serpents, ours, crocodiles, lions, piranhas) alors que d'autres tuent des personnes pour défendre leur territoire (chiens, autruches, hippopotames, hyménoptères), par autodéfense (éléphants, buffles, bisons), par accident (collision entre une voiture et des grands mammifères) ou par comportement trophique (parasites se développant aux dépens d'un autre organisme), mais ont la réputation usurpée d'être moins dangereuses[1]. Ainsi, sur environ 3 000 espèces de moustiques connues, moins d'une centaine, dites anophèles, transmettent la malaria mais sont responsables, dans les années 1990, de 400 à 900 millions de cas de fièvres, et entre 700 000 et 2,7 millions de morts par an[2]. Les maladies transmises par ces insectes touchent plusieurs centaines de millions de personnes par an (moustiques Aedes, vecteurs de maladies infectieuses mortelles telles que le chikungunya, la dengue, la fièvre jaune, l'infection à virus Zika, moustiques Culex responsables de l'encéphalite japonaise et de la fièvre du Nil occidental), handicapant et tuant surtout les plus vulnérables (enfants, femmes enceintes, personnes âgées), ce qui fait de ces animaux les plus mortels pour l'homme[3].

Liste comparative[modifier | modifier le code]

Différentes listes ont été établies selon des critères et des définitions variables, si bien qu'elles peuvent donner des résultats quelque peu différents.

Source : CNET[4] Source : Business Insider[5] Source : BBC News[6]
Animal Morts humaines par an Animal Morts humaines par an Animal Morts humaines par an
1 Moustiques 1 000 000[N 1] Moustiques 750 000 Moustiques 725 000
2 Hommes (meurtres uniquement) 475 000 Hommes 437 000 Serpents 50 000
3 Serpents 50 000[N 2] Serpents 100 000 Chiens 25 000
4 Chiens 25 000[N 3] Chiens 35 000 Mouches tsé-tsé 10 000
5 Mouches tsé-tsé 10 000[N 4] Escargots d'eau douce > 20 000 Crocodiles 1 000
6 Réduves 10 000[N 5] Réduves 12 000 Hippopotames 500[N 6]
7 Escargots d'eau douce 10 000[N 7] Mouches tsé-tsé 10 000
8 Scorpions 3 250[N 8] Ascaris 4 500
9 Ascaris 2 500[N 9] Crocodiles 1 000
10 Cestodes 2 000[N 10] Cestodes 700

Autres données sur les animaux mortels[modifier | modifier le code]

Carte montrant la distribution géographique approximative des serpents dans le monde.
Carte montrant la morbidité liée aux morsures de serpents dans le monde.

Le manque de données sur les maladies tropicales négligées touchant les populations des zones rurales de pays à faibles revenus, entraîne une sous-estimation du poids de ces maladies. Ainsi, selon l'OMS, les géohelminthiases (en) transmises par des espèces de nématodes (principalement Ascaris lumbricoides, Trichuris trichiura, Necator americanus et Ancylostoma duodenale) et les schistosomiases infectent en 2004 près de 3,7 milliards de personnes et tuent annuellement 135 000 personnes (dont 60 000 par l'Ascaris)[7]. Toujours selon l'OMS, les pathologies à transmission vectorielle (dont le paludisme) représentent plus de 17 % des maladies infectieuses et provoquent plus de 1 million de morts chaque année[8]

Les serpents causeraient environ 50 000 décès annuels mais ce nombre est probablement sous-estimé. En effet, les statistiques de l'OMS à travers son étude sur la mortalité mondiale (The Global Burden of Disease, 2010), donnent 47 000 morts en 2010 alors que déjà pour l'Inde, le taux de mortalité dû à des morsures de serpents est de 46 000 morts par an[9].

Plus d'un million de personnes sont piquées chaque année par un scorpion, le nombre de morts s’élevant à un peu plus de 3 000[10], mais les données sont très vraisemblablement sous-estimées car les piqûres sont loin d'être toutes inventoriées et les décès surviennent souvent en dehors de toute prise en charge médicale[11].

Les éléphants sont responsables de 600 morts annuelles en attaquant à coups de défense ou en piétinant leurs victimes[12].

Malgré sa réputation de mangeur d'hommes, le lion tue une centaine d'hommes chaque année, soit cinq fois moins que l'hippopotame et dix fois moins que le crocodile[13].

Une dizaine de morts attribuées aux araignées dangereuses (certaines veuves noires, l’Atrax robustus présent en Australie, et les « araignées-bananes » du genre Phoneutria au Brésil) sont recensées annuellement[14].

Les requins (essentiellement le Grand requin blanc et le requin bouledogue) et les loups sont responsables chacun d'environ dix morts recensées chaque année dans le monde[15].

Les méduses au sens large provoquent 15 à 30 fois plus de morts humaines chaque année (principalement les cuboméduses et en premier lieu la Chironex) que toutes celles issues d'attaques non provoquées de requins dans le monde[16].

Contrairement à une idée reçue, les attaques mortelles d'ours sont rares et sont plus le fait de la prédation d'ours anthropophages que d'ourses défendant ses petits : elles sont en moyenne d'une par an au cours du XXe siècle, deux par an au cours du XXIe siècle, cette augmentation étant liée à l'accroissement de la population humaine et des activités de plein air[17],[18].

En France, selon les chiffres du ministère de la Santé, les piqûres d'hyménoptères (abeilles, guêpes et frelons) causent une quinzaine de morts par an (soit plus que le nombre de morts causées par les requins dans le monde), principalement des personnes allergiques[19], ces insectes tuant en moyenne 400 personnes dans le monde[20]. Certains grands mammifères (sangliers, chevreuils, cerfs) peuvent causer indirectement la mort, notamment lors de collisions avec des automobilistes ou quand ceux-ci manœuvrent brusquement pour les éviter[19]. Aux États-Unis, les collisions de voitures avec les chevreuils (en) sont à l'origine de 200 morts par an[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le paludisme, la filariose la fièvre jaune, la dengue sont les principales maladies humaines transmises par la piqûre d'insecte vecteur.
  2. Ils tuent l'homme par morsure (serpents venimeux) ou, plus exceptionnellement par constriction (serpents constricteurs). C'est l'Inde qui paie le plus lourd tribut, enregistrant en 2005 46 000 morts dues au « Big four (en) » (cobra indien, vipère de Russell, Échide carénée, Bongare indien).
  3. Le virus de la rage transmis par le « meilleur ami de l'homme » infecté en phase d'excrétion salivaire par morsure, griffure ou léchage d'une plaie ou d'une muqueuse, provoque une encéphalite incurable et mortelle une fois les premiers symptômes déclarés.
  4. Mouche porteuse d'un virus qui transmet la trypanosomiase africaine, plus connue sous le nom de maladie du sommeil.
  5. En anglais, cet animal porte le nom d'« assassin bug » (insecte assassin). Ce n’est pas sa piqûre qui est dangereuse, mais ses déjections. Une fois piqué, l'homme se gratte et favorise la pénétration de parasites vecteurs de maladies, notamment la maladie de Chagas.
  6. Les hippopotames amphibies sont très agressifs envers l'Homme, qu'ils attaquent parfois qu'ils soient en bateau ou sur terre, communément sans aucune provocation apparente. Ils ont la réputation d’être un des animaux les plus dangereux d’Afrique. Cf (en) « Dangerous Encounters: Undercover Hippo », National Geographic Channel (consulté le 4 novembre 2008)
  7. Ces parasites transmettent un ver hématophage, le schistosome, à l'origine d'une maladie tropicale mortelle appelée bilharziose ou fièvre de l'escargot.
  8. Le venin scorpionique est principalement neurotoxique et celui de quelques espèces, en particulier de la famille Buthidae, peut être mortel pour l'homme.
  9. Ce nématode est responsable d'une parasitose intestinale humaine mortelle, l'ascaridiose.
  10. La cysticercose est l'infestation parasitaire par les larves de ténia et qui, dans sa forme neurologique, peut s'avérer fatale.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Charles K. Levy, A field guide to dangerous animals of North America, including Central America, Stephen Greene Press, , p. 9.
  2. (en) Joel G. Breman, « Ears of the hippopotamus: manifestations, determinants, and estimates of the malaria burden », The American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, vol. 6, nos 1-2,‎ , p. 1-11 (DOI 0.4269/ajtmh.2001.64.1, lire en ligne).
  3. (en) Frances Spray, Mary TeSelle, Mosquitoes in the Classroom, Kendall/Hunt Publishing Company, , p. 87.
  4. (en) Jessica Learish, « The 24 deadliest animals on Earth, ranked », sur cnet.com, (consulté le 24 mars 2019)
  5. (en) Lydia Ramsey, « These are the world's deadliest animals », Business Insider, (consulté le 24 mars 2019)
  6. (en) « What are the world's deadliest animals? », BBC News, (consulté le 24 mars 2019)
  7. « Schistosomiase et géohelminthiases : prévention et Lutte », Rapport d’un Comité d’experts de l’OMS, Genève, 2004, p.3
  8. Clotilde Cadu, « On meurt de 2,4 causes en moyenne... et autres stats étonnantes sur la grande Faucheuse », sur marianne.net, .
  9. (en) David A Warrell, José María Gutiérrez, Juan J Calvete, David J Williams, « New approaches & technologies of venomics to meet the challenge of human envenoming by snakebites in India », The Indian Journal of Medical Research, vol. 138, no 1,‎ , p. 38-59
  10. Chippaux JP, Goyffon M, Epidemiology of scorpionism: a global appraisal, Acta Trop, 2008 ; 107:71-9
  11. Mills EJ, Ford N, Research into scorpion stings, BMJ, 2011 ; 342:c7369
  12. « Top 10 deadliest animals on the planet », sur telegraph.co.uk, .
  13. « L'animal le plus dangereux pour l'homme n'a pas de dent ! », sur ouest-france.fr, .
  14. Christine Rollard, Portraits d'araignées, Éditions Quae, (lire en ligne), p. 20
  15. Jean-Christophe Guéguen, Biodiversité et évolution du monde animal. Une brève histoire des animaux, EDP Sciences, (lire en ligne), p. 232.
  16. (en) Peter J. Fenner et John A. Williams, « Worldwide deaths and severe envenomations from jellyfish stings », The Australian Medical Journal, vol. 165,‎ , p. 658-666 (PMID 8985452)
  17. (en) Stephen Herrero Andrew Higgins James E. Cardoza Laura I. Hajduk Tom S. Smith, « Fatal attacks by American black bear on people: 1900–2009 », The Journal of Wildlife Management, vol. 75, no 3,‎ , p. 596-603 (DOI 10.1002/jwmg.72).
  18. (en) Janet Vorwald Dohner, The Encyclopedia of Animal Predators, , p. 118-119.
  19. a et b Judith Duportail, « Les animaux qui font le plus de morts », sur lefigaro.fr, .
  20. (en) Donald R. Hoffman, « Allergy to bee venom: in vitro diagnosis and identification and isolation of allergens », Cutaneous medicine for the practitioner, vol. 19, no 6,‎ , p. 763-767.
  21. (en) William F Allan & Joann K Wells, « Characteristics of Vehicle-Animal Crashes in Which Vehicle Occupants Are Killed », Traffic Injury Prevention, vol. 6, no 1,‎ , p. 56–59.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Matt Roper, World's Deadliest Animals, Summersdale Publishers, , 96 p. (lire en ligne)
  • (en) Claire Henry, The World's Deadliest Animals, The Rosen Publishing Group, , 32 p. (lire en ligne)
  • (en) Sean Price, The World's Deadliest Animals, Capstone, , 32 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]