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Liste des évêques et archevêques de Toulouse

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Cet article présente une liste des évêques et archevêques de Toulouse.

La carte du diocèse de Toulouse extraite des Diocèses de la province du Languedoc, par César-François Cassini, Étienne Mignot de Montigny et Jean-Rodolphe Perronet (1781, bibliothèque municipale de Montpellier).

La plus ancienne liste épiscopale du diocèse de Toulouse date de la fin du XIIIe siècle : elle est rédigée dans la marge d'un feuillet, insérée dans une glose des Coutumes de Toulouse[1]. L'auteur en est probablement Arnaud d'Arpadelle, un spécialiste du droit au service des capitouls, qui achève la rédaction du manuscrit le 18 juillet 1296[2]. La liste va de Saturnin, premier évêque de Toulouse, à Arnaud Roger de Comminges, évêque de la fin du XIIIe siècle[3].

Il semble que cette première liste épiscopale, connue du moine dominicain Bernard Gui (1261-1331), ait été utilisée lors de la rédaction, entre 1313 et 1316, d'un petit opuscule, les Nomina episcoporum Tholose (en français : « Noms des évêques de Toulouse »)[1]. Au début du XVIe siècle, une deuxième version du texte, rédigée en 1317, est utilisée par l'avocat au parlement de Toulouse et professeur de droit Nicolas Bertrand (vers 1470-1527), qui fait imprimer en 1515 son Opus de Tholosanorum Gestis (en français : « Gestes des Toulousains »)[1].

Au début du XVIe siècle, c'est Guillaume Catel (1560-1626), conseiller au parlement de Toulouse, qui écrit une « Vie des Euesques de Tolose », insérée dans des listes d'évêques de la province de Languedoc et publiée de façon posthume, en 1633, dans le livre V de ses Mémoires de l'Histoire de Languedoc[1]. L'auteur s'appuie sur la liste donnée par Bernard Gui, mais aussi sur les listes épiscopales de Jean Chenu (1559-1627), un avocat et jurisconsulte de Bourges, pour son Archiepiscoporum et episcoporum Galliae chronologica historia (en français : « Histoire chronologique des archevêques et des évêques de France »), publiée en 1621, et sur les travaux de Claude Robert (mort en 1636), qui publie en 1626 la première Gallia Christiana[4].

En 1656, dans la deuxième édition de la Gallia Christiana, les frères Scévole (1571-1660) et Louis de Sainte-Marthe (1571-1656) reprennent les travaux de Guillaume Catel[5]. De même, en 1665, Simon de Peyronet, curé de l'église Notre-Dame-du-Taur, se sert des listes de ses prédécesseurs pour la Series Tolosanorum Praesulum (en français : « Série des prélats de Toulouse »)[5].

L'Histoire générale de Languedoc, publiée entre 1730 et 1745 par les deux moines bénédictins de la congrégation de Saint-Maur Claude Devic (1660-1734) et Joseph Vaissète (1685-1756), s'appuie sur les travaux précédents en les complétant, ainsi qu'en apportant des notices plus complètes pour les biographies des évêques et des archevêques toulousains[5]. Leur travail est réutilisé par la suite, aux XIXe et XXe siècles, jusqu'en 1983, par les historiens Georges Baccrabère et Élisabeth Magnou-Nortier, qui publient dans l'Histoire des diocèses de France[5]. Enfin, l'historien Jean Cabbau révise les listes données précédemment dans une série d'articles publiés entre 1990 et 2000 dans les Mémoires de la société archéologique du Midi de la France[5].

Portrait Nom Dates Notes
Saturnin
Saturninus
av. le 29 novembre 250[6]Fondateur de l'Église de Toulouse.
Martyr et saint (fêté le 29 novembre).
Honorat ou Honoré
Honoratus
ap. le 29 novembre 250[7]Personnage imaginaire[7], il aurait été le successeur de Saturnin[8]. Il est cité par la Vie de saint Firmin[9]. Il est écarté de la liste épiscopale par Louis Duchesne, en 1907, puis retiré du calendrier liturgique à la suite d'un décret de la Sacrée congrégation des rites en 1939[7].
Saint (fêté le 22 décembre)[7].
Mamertin
Mamertinus
av. et ap. le 1er août 314[10]Il assiste au concile d'Arles en 314[11].
Hilaire
Hilarius
v. 350[12]Il fait rechercher la tombe de Saturnin et élever un martyrium en son honneur[11].
Saint (fêté le 20 mai).
Rhodane ou Rhodanien
Rhodanius
av. 356[13]Il s'oppose à la politique pro-arienne de Constance II, empereur romain[14] et il est mis en difficulté au concile de Béziers[15]. Il est exilé, avec l'évêque de Poitiers, Hilaire, en Phrygie[16], où il serait mort en 358 – il ne participe d'ailleurs pas au concile de Séleucie d'Isaurie en 359[15].
Sylve
Silvius
fin du IVe siècle[17]Il commence la construction d'une basilique en remplacement du martyrium de Saturnin[18].
Saint (fêté le 31 mai).
Exupère
Exuperius
av. le 20 février 400 -
ap. 411[19]
Il achève la construction de la basilique et procède à la translation du corps de Saturnin en 402, 403 ou 406[18]. Il correspond avec le pape Innocent Ier et le moine Jérôme de Stridon[20].
Saint (fêté le 28 septembre).
Portrait Nom Dates Notes
Héracle ou Héraclien
Heraclius ou Heraclianus
av. et ap. le 10 septembre 506[21]Il assiste au concile d'Agde en 506[22].
Magnulfe
Magnulfus
av. et ap. le 23 octobre 585[21]Il s'oppose en 585 à Gondovald, prétendant au royaume d'Aquitaine entre 584 et 585, lors de la guerre de succession mérovingienne[23]. Il est expulsé de Toulouse, tandis que le siège épiscopal est promis à Sagittaire, ancien évêque de Gap (560-586)[24]. Il est rétabli à la suite de la défaite de Gondovald[24].
Wilegisile ou Willigisile
Wilegiselus ou Vuilligisilus
av. le 10 octobre 614 –
ap. le 27 septembre 626[21]
Il assiste aux conciles de Paris en 614 et de Clichy en 626[21].
Érembert
Erembertus
657 –
678[25]
Originaire de Feuillancourt (Saint-Germain-en-Laye)[24]. Il est moine de l'abbaye de Fontenelle en 649[24]. Il est désigné évêque de Toulouse par le roi des Francs Clotaire III en 657[24]. Il se retire, après une douzaine d'années, au monastère de Fontenelle[24].
Saint (fêté le 14 mai).
Germier
Germerius
av. et ap. 694 ou 695[26]Né à Angoulême[22], quoique certaines sources le disent originaire de Jérusalem[16]. Il est diacre à Jonsac, puis il aurait été évêque de Toulouse pendant 36 ans[16]. Il reçoit l'appui d'un roi mérovingien du nom de Clovis : s'il a été pensé que ce nom désignait Clovis Ier[22],[16], conquérant de l'Aquitaine wisigothique et de Toulouse en 508, il s'agirait plutôt de Clovis IV[26]. Il évangélise la vallée de la Garonne et fonde un monastère à Ox[22],[16]. Il aurait également fondé l'église Notre-Dame de la Dalbade, ou plutôt la chapelle Saint-Remi, à Toulouse. Il aurait accompli plusieurs miracles en guérissant des malades et en faisant jaillir une source d'eau vive.
Saint (fêté le 16 mai).
Éric
Arricho ou Arricius
av. le 19 mai 758 –
ap. le 27 juin 788[27]
Il assiste au concile de Narbonne de 788[28].
Mantion ou Mancion
Mantio ou Mancius
v. 820[29]
Samuel
Samuel ou Samuelis
av. et ap. le 5 avril 844[29]En 844, il obtient du roi Charles II le Chauve l'immunité pour les cathédrales Saint-Étienne et Saint-Jacques, ainsi que le prieuré Sainte-Marie et l'abbaye Saint-Sernin[28].
Salomon
Salomon ou Salomonis
av. et ap. 859 ou 860[29]
Hélisachar
Helisachar
av. le 3 novembre 862 –
ap. 863[30]
Bernon ou Bernard
Berno ou Bernardus
av. le 6 avril 883 –
ap. le 17 novembre 892[31]
Il assiste à un synode à Nîmes (in villa Portu) en novembre 886[32].
Armand
Armanus ou Armandus
av. le 31 octobre 904 –
ap. le 2 janvier 922[33]
Hugues
Hugo
av. le 1er juillet 928 –
ap. le 22 janvier 973[33]
Fils probable de Raimond (IV) et frère de Raimond (V), comtes de Toulouse[33]. Il assiste au concile d'Ausède en 937[32].
Isle
Islo ou Isolus
av. le 8 mars 974 –
ap. le 1er juin 986[33]
Raimond
Raimundus
av. le 28 juin 987 –
ap. le 1er octobre 1010[34]
Fils probable d'un comte de Toulouse[34]. Il assiste au concile de paix du Puy-en-Velay en 994[35], ainsi qu'à une assemblée provinciale tenue à La Seu d'Urgell par Ermengaud, archevêque de Narbonne, en 1007[35].
Hugues
Hugo
ap. 1010 –
av. 1030[34]
Pierre Roger
Petrus Rogerius
av. 1030 –
ap. 1031[36]
Fils probable d'un comte de Carcassonne ou de Comminges, parent de Pierre Roger (ca), comte de Carcassonne (avant 1010) et évêque de Gérone (1010-1050)[37].
Arnaud
Arnaldus
av. le 23 juin 1035 –
ap. le 13 septembre 1056[37]
Il participe à un concile tenu en 1056 à Toulouse par ordre du pape Victor II, qui y est représenté par Raimbaud de Reillanne, archevêque d'Arles et Pons de Châteaurenard, archevêque d'Aix[38],[35].
Durand de Bredon
Durandus de Bredonno
av. 1059 –
8 mai 1071[39]
Fils d'Henri, seigneur de Bredons[38]. Il est moine de Saint-Pierre de Cluny, puis abbé de Saint-Pierre de Moissac en 1048[38].
Saint (fêté le 8 mai).
Isarn de Lavaur
Isarnus
av. le 6 décembre 1071 –
7 février 1105[40]
Fils de Guillaume, seigneur de Lavaur[41]. Il est moine, puis prévôt de Saint-Sernin en 1070. Il confie le prieuré Notre-Dame de la Daurade à l'ordre de Cluny en 1077[41]. Il assiste au concile de Nîmes en 1096[42].
Amiel Raimond du Puy
Amelius, Amelianus ou Amelius Raimundus
av. le 20 mars 1105 –
22 avril 1139[40]
Frère de Pierre Raimond, seigneur du Puy, beau-frère de Pons de Melgueil, abbé de Saint-Pierre de Cluny (1109-1122), et probable parent de Raimond du Puy, grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il est abbé de Saint-Volusien de Foix et prieur de Saint-Antonin de Frédelas vers 1100.
Raimond de Lautrec
Raimundus de Lautre ou de Lautreco
av. le 25 mai 1140 –
10 avril 1163[43]
Frère d'Isarn II, Guillaume Jourdain et Pierre, vicomtes de Saint-Antonin. Il est abbé de Saint-Antonin de Frédelas en 1139.
Bernard Bonhomme
Bernardus Bonus Homo
av. le 30 avril 1163 –
8 mars 1164[43]
Prévôt du chapitre cathédral de Saint-Étienne en 1136.
Géraud de La Barthe
Geraldus, Giraldus ou Girardus de Barta
av. le 29 août 1164 –
ap. le 29 décembre 1170[44]
Fils d'Arnaud d'Esparros, vicomte de La Barthe, et de Comtors d'Aure. Il est archidiacre de Sainte-Marie d'Auch. Il participe à l'assemblée de Lombers en 1165, qui oppose des cathares à des prélats catholiques du Midi. Il est archevêque d'Auch en 1170, et légat du pape Alexandre III en 1174, 1175 et 1178. Il participe à la troisième croisade aux côtés de Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine, en 1190, et meurt en Orient le 24 août 1191.
Hugues d'Avignonet
Ugo de Avinione
av. le 19 mars 1173 –
16 avril 1175[45]
Il est moine, puis abbé de Saint-Sernin en 1140.
Bertrand de Villemur
Bertrandus
av. le 27 avril 1176 –
ap. le 1er février 1179[46]
Originaire de Villemur-sur-Tarn. Il est prieur de Saint-Sauveur de Camon.
Fulcrand
Fulcrandus
av. le 30 octobre 1179 –
7 ou 28 septembre 1200[47]
Fils probable d'un comte de Melgueil. Archidiacre de Saint-Pierre de Maguelone, puis évêque de Lodève (949-1006). Le chroniqueur Guillaume de Puylaurens laisse de lui le portrait d'un évêque pieux aux mœurs simples[9].
Raimond de Rabastens
Raimundus de Rabastens
av. le 8 février 1202 –
ap. le 23 septembre 1205[48]
Parent probable de Pelfort et Pierre Raimond, co-seigneurs de Rabastens. Il est archidiacre de Saint-Caprais d'Agen.
Foulques ou Folquet de Marseille
Fulco ou Fulquetus Massiliensis ou de Massilia
6 novembre 1205 –
25 décembre 1231[49]
Fils d'un marchand de Gênes, probablement de la famille de Anfossi. Il est marchand et bourgeois de Marseille, troubadour à la cour de Raimond Geoffroi Barral, vicomte de Marseille, de Raimond V, comte de Toulouse, et de Raimond Roger, comte de Foix. Il est moine, puis abbé de Sainte-Marie du Thoronet en 1204. Il est élu évêque de Toulouse. Bienheureux (fêté le 25 décembre).
Raimond du Fauga
Raimundus de Falgario ou de Miramonte
12 mars 1232 –
19 octobre 1270[50]
Né à Miremont, frère d'Arnaud, seigneur du Fauga, et de Guillaume, seigneur de Venerque et de Vernet. Il est moine dominicain, compagnon de Dominique de Guzmán, prieur du couvent de Montpellier, puis prieur provincial de Provence.
Bertrand de l'Isle-Jourdain
Bertrandus de Insula
v. le 20 octobre 1270 –
31 janvier 1286[51]
Fils de Bernard II, seigneur de L'Isle-Jourdain, et d'Indie, fille naturelle de Raimond V, comte de Toulouse. Chanoine du chapitre cathédral de Saint-Étienne, prévôt en 1255, chapelain du pape en 1259.
Hugues Mascaron
Hugo Mascaroni, Mascaronis ou Mascharo
av. le 19 mars 1286 –
2 décembre 1296[52]
Frère d'Arnaud Mascaron, chanoine du chapitre cathédral de Saint-Étienne. Il est lui-même chanoine du chapitre cathédral de Saint-Étienne, puis abbé de Sainte-Marie de Lombez en 1262, prieur de Saint-Jacques de Muret en 1270. Il est élu évêque de Toulouse par le chapitre cathédral.
Louis d'Anjou ou de Toulouse
Ludovicus
29 décembre 1296 –
19 août 1297[53]
Fils cadet de Charles II, comte d'Anjou et de Provence, roi de Sicile et de Jérusalem. Il est nommé archevêque de Lyon par le pape Célestin V en 1294. Le pape Boniface VIII annule sa nomination en 1295. Il devient moine franciscain à Rome le 23 décembre 1296 et il est nommé et consacré évêque de Toulouse le 29 du même mois.
Saint (fêté le 19 août).
Arnaud Roger de Comminges
Arnaldus Rogerii de Convenis
av. le 25 octobre 1297 –
3 octobre 1298[54]
Fils cadet de Bernard VI, comte de Comminges. Il est chanoine du chapitre cathédral de Saint-Étienne, prévôt en 1291. Il est élu évêque de Toulouse et confirmé, avec dispense d'âge, par le pape Boniface VIII. Il est consacré à Rome le 16 décembre, mais meurt à Orvieto, sans avoir pu prendre possession de son siège.
Pierre de La Chapelle-Taillefert
Petrus de Capella
25 octobre 1298 –
15 décembre 1305[55]
Né à La Chapelle-Taillefert, il est fils de chevalier. Il est prévôt du chapitre de la collégiale Saint-Étienne d'Eymoutiers et chanoine du chapitre cathédral de Notre-Dame de Paris. Il est également conseiller et aumônier du roi de France Philippe IV le Bel. Il est nommé évêque de Carcassonne par le pape Nicolas IV en 1291 et transféré à Toulouse par le pape Boniface VIII. Il est créé cardinal-prêtre de Saint-Vital par le pape Clément V en 1305, puis cardinal-évêque de Palestrina en 1306.
Gaillard de Preyssac
Galhardus de Preyssaco
25 décembre 1305 –
25 juin 1317[56]
Neveu de Bertrand de Got, évêque de Comminges (1295-1299), archevêque de Bordeaux (1299-1305), puis pape sous le nom de Clément V (1305-1314). Il est prieur de Saint-Caprais d'Agen et chapelain du pape. Il est nommé évêque de Toulouse par Clément V et en est déchargé par le pape Jean XXII.

Archevêques

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Portrait Nom Dates Notes
Jean-Raymond de Comminges
Johannes Raimundus
(vers 1285 – 20 novembre 1348)[57]
15 octobre 1317 –
18 décembre 1327
Fils cadet de Bernard VII, comte de Comminges.
Il est chanoine du chapitre cathédral de Saint-Just de Narbonne. Il est élu évêque de Maguelone en 1309 et assiste au concile de Vienne entre 1311 et 1312. Il est nommé archevêque de Toulouse par le pape Jean XXII en 1317. Il érige l'église de L'Isle-Jourdain en collégiale en 1318[58]. Il est créé cardinal-prêtre par le pape Jean XXII au titre de Saint-Vital en 1327, puis cardinal-évêque de Porto en 1329[58]. Il fonde par son testament un couvent des chanoinesses régulières de saint Augustin, dit de Saint-Pantaléon[57].
Guillaume de Laudun
Guillelmus de Lauduno
(vers 1280 – 28 juin 1352)[59]
18 décembre 1327 –
1345
Fils de Guillaume II, seigneur de Laudun.
Il est moine dominicain et maître du palais apostolique. Il est élu archevêque de Vienne en 1321, et abbé de Saint-Barnard de Romans, puis archevêque de Toulouse en 1327. Il combat le moine franciscain Bernard Délicieux et réunit un synode provincial qui le fait condamner le 8 décembre 1319. Il participe à la réformation de l'université de Toulouse et en publie les nouveaux statuts le 21 juin 1329[57]. Devenu aveugle, il se démet de son archevêché en 1345 et se retire au couvent des dominicains d'Avignon[60].
Raymond de Canillac
Raimundus de Canilhaco
(vers 1300 – 20 juin 1373)
28 mars 1345 –
17 décembre 1350
Né à Canilhac, il est le fils de Guillaume de Canillac et d'une sœur du cardinal Bertrand de Deaux.
Il fait des études de droit à l'université de Montpellier[59]. Il est chanoine régulier, puis prévôt du chapitre cathédral de Saint-Pierre de Maguelone en 1333[59] et abbé commendataire de Sainte-Foy de Conques vers 1340. Il est nommé archevêque de Toulouse par le pape Clément VI en 1345, cardinal-prêtre au titre de Sainte-Croix-de-Jérusalem en 1350, puis de Palestrina en 1361[59]. Il échoue à se faire élire au conclave de 1362, mais devient un proche du nouveau pape, Urbain V.
Étienne Aldebrand ou de Chamberet
Stephanus
(né un 26 mars – 25 mars 1361)[61]
22 décembre 1350 –
25 mars 1361
Il est moine à l'abbaye Saint-Alyre de Clermont, puis prieur de Thuret, abbé de Saint-Pierre de Montier-la-Celle avant 1323, abbé-évêque du Mont-Cassin de 1343 à 1345, évêque de Saint-Pons de 1345 à 1348, puis archevêque d'Arles de 1348 à 1350. Il est également camérier du pape. Il est nommé archevêque de Toulouse par le pape Clément VI en 1350[59].
Geoffroi de Vayrols
Gaffredus ou Gaufredus
(mort le 10 mars 1376)[62]
10 avril 1361 –
10 mars 1376[62]
Issu d'une famille noble de Cahors.
Il est nommé évêque de Lausanne en 1342, puis évêque de Carpentras en 1347, évêque de Carcassonne en 1358, et enfin archevêque de Toulouse par le pape Innocent VI en 1361. Il installe à Toulouse les moines de l'ordre des Trinitaires en 1362 et approuve l'établissement d'un couvent de religieuses dominicaines en 1373[63]. Il réunit un concile à Lavaur en 1368[61].
Jean de Cardaillac
Johannes de Cardalhaco
(vers 1313 – 7 octobre 1390)[64]
1378 –
7 octobre 1390[64]
Issu de la famille de Cardaillac.
Il enseigne le droit à l'université de Toulouse. Il est nommé évêque d'Orense en 1351, du Puy en 1361, puis archevêque de Braga la même année. Il est enfin désigné comme patriarche latin d'Alexandrie par le pape Grégoire XI. Il est nommé archevêque de Toulouse par le pape Urbain VI en 1378 et confirmé par son rival, Clément VII, le 7 juillet 1379[62].
François de Conzié
Franciscus de Conziaco
(vers 1346 – 31 décembre 1432)[65]
25 octobre 1390 –
27 septembre 1391[66]
Fils de Pierre III de Conzié, il est élevé à la cour d'Amédée VI, comte de Savoie.
Il est chanoine de Notre-Dame de Chartres et auditeur de la Rote. Il est nommé évêque de Grenoble, où il succède à son cousin, Rodolphe de Chissé, de 1380 à 1388, puis archevêque d'Arles de 1388 à 1390, et archevêque de Toulouse en 1390, avant d'être transféré à Narbonne l'année suivante. Il fait également carrière à la cour d'Avignon : il est camérier en 1383, vicaire général d'Avignon en 1391 et gouverneur des États pontificaux en 1411.
Pierre de Saint-Martial
Petrus Sancti Martialis
(mort le 12 novembre 1401)
23 octobre 1391 –
12 novembre 1401[67]
Fils de Guy de Saint-Martial, et frère de Jean de Saint-Martial, un proche de Guy de Pesteils, et d'Hugues, prieur commanditaire de la chartreuse de Bonpas et cardinal-diacre de Sainte-Marie in Portico de 1361 à 1403.
Il est nommé évêque de Rieux en 1359, puis de Carcassonne en 1372, et enfin archevêque de Toulouse en 1391[66].
Vital de Castelmourou
Vitalis de Castro Maurono
(mort le 1er août 1410)
1401–
1402[68]
Originaire de Castelmaurou, près de Toulouse[68].
Il étudie, puis enseigne le droit à l'université de Toulouse[68]. Il est également chanoine régulier, puis prévôt du chapitre cathédral de Saint-Étienne. Il est élu à l'unanimité archevêque de Toulouse par le même chapitre en 1401, et confirmé par Pierre Aimery, archevêque de Bourges, le 5 mai 1402[68].
Pierre Ravat
Petrus Ravat
(mort entre le 22 mars et le 5 juin 1417)
1402–
1408[68]
Né à Pamiers.
Il est chancelier de l'université et du diocèse de Toulouse. Dans le contexte du Grand Schisme, il est nommé référendaire du pape Benoît XIII et il entre à la curie d'Avignon. Il est désigné comme évêque de Saint-Pons-de-Thomières en 1398. L'élection de Vital de Castelmourou à Toulouse ayant été rejetée par le pape Benoît XIII, il est nommé archevêque de Toulouse en 1402[68]. Il est créé cardinal-prêtre de Santo Stefano al Monte Celio par Benoît XIII le 22 septembre 1408, et il l'accompagne dans son refuge à Perpignan.
Vital de Castelmourou
Vitalis de Castro Maurono
(mort le 1er août 1410)
29 juillet 1409 –
1er août 1410[68]
En 1408, après la proclamation de neutralité des deux obédiences par le roi Charles VI, Pierre Ravat est expulsé de Toulouse[68]. Vital de Castelmaurou est rétabli sur son siège le 29 juillet 1409 à la suite du concile de Pise. Il est confirmé par le nouveau pape, Alexandre V[68].
Dominique de Flourence
Dominicus
(mort le 17 mars 1422)
14 septembre 1410 –
17 mars 1422[69]
Issu d'une famille italienne établie à Toulouse depuis le XIVe siècle.
Il est moine dominicain et abbé du couvent d'Albi[70]. Il est nommé évêque d'Albi de 1379 à 1382, de Saint-Pons-de-Thomières de 1382 à 1392, puis encore d'Albi de 1392, 1393 ou 1397 à 1410. Il assiste au concile de Pise en 1409. Il est finalement nommé archevêque de Toulouse par le pape Jean XXIII en 1410. Il assiste au concile de Constance en 1414[69]. Il confirme la fondation à Toulouse du collège de Maguelone en 1418 et du collège de Mirepoix en 1420[70]. Il est nommé président du premier parlement de Toulouse en 1420[69].
Denis du Moulin
Dionysius
(1380 – 15 septembre 1447)
10 mars 1423 –
10 juin 1439[71]
Fils de Jean du Moulin, seigneur de Fontenay et frère de Pierre du Moulin. Il est chanoine des chapitres cathédraux de Notre-Dame de Reims, Notre-Dame d'Embrun, Notre-Dame de Chartres et Sainte-Cécile d'Albi, et chantre de la Saint-Maurice de Vienne[69]. Il est élu archevêque de Toulouse par le chapitre cathédral de Saint-Étienne en 1423. Il est aussi conseiller du roi Charles VII, accomplit plusieurs ambassades à son service, et assiste à la proclamation de la Pragmatique Sanction à Bourges en 1438[72]. Il est nommé évêque de Paris et patriarche d'Antioche en 1439. Il soutient l'antipape Félix V, qui le crée cardinal en 1440.
Pierre du Moulin
Petrus
(mort le 3 octobre 1451)
10 juin 1439 –
3 octobre 1451[72]
Frère de Denis du Moulin. Il est juge d'appeaux et maître des requêtes, puis garde du sceau et vice-chancelier pour le roi en Languedoc. Après la nomination de son frère comme évêque de Paris en 1439, il lui succède sur le siège de Toulouse après confirmation du pape Eugène IV[72]. Il fait agrandir le palais archiépiscopal[73] et fait remanier la façade occidentale de la cathédrale Saint-Étienne, en faisant construire le portail de style gothique flamboyant.
Bernard du Rosier ou de Rosergue
Bernardus de Rosergio
(vers 1400 – 18 mars 1474)
3 janvier 1452 –
18 mars 1474[74]
Fils d'Arnaud de Rosergue, capitoul. Il est chanoine du chapitre cathédral de Saint-Étienne, puis archidiacre, chancelier et prévôt[73]. Il est aussi professeur de droit à l'université et référendaire apostolique[73]. Il est nommé évêque de Bazas en 1447, puis de Montauban en 1451[73]. Il est élu archevêque de Toulouse par le chapitre cathédral et confirmé par le pape Nicolas V en 1452[75]. Il agrandit le palais archiépiscopal et, dans la cathédrale Saint-Étienne, il fait construire l'orgue et la chapelle Notre-Dame-des-Brassières[74].
Pierre du Lion
Petrus
(mort le 30 janvier 1491)[76]
5 avril 1475 –
11 février 1491[77]
Fils d'Espan III du Lion, seigneur de Viane et de Villeségur, gouverneur des bois et forêts du Béarn, et frère de Gaston du Lion, seigneur de Besaudun, vicomte de l'Isle et de Canet, et sénéchal de Toulouse[77]. Il est abbé commendataire de Sainte-Marie de Sorèze. Il est nommé archevêque de Toulouse par le pape Sixte IV en 1475[77].

Période moderne

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Portrait Nom Dates Notes
Pierre du Rosier ou de Rosergue
Petrus de Rosergio
(mort le 31 mai 1514)
11 février 1491 –
28 avril 1500
Neveu de Bernard du Rosier (ou de Rosergue).
Il est chanoine de Saint-Étienne et abbé de Montoulieu, puis prévôt de Saint-Étienne. Il est élu archevêque de Toulouse le 11 février 1491 par une majorité des chanoines du chapitre cathédral, mais son élection est contestée par Hector de Bourbon, pourvu par le pape Innocent VIII. Il obtient la confirmation de Guillaume de Cambrai, archevêque de Bourges, et de Georges d'Amboise, archevêque de Narbonne en mars 1493, et il entre en possession de son bénéfice le 23 septembre 1493. Il est cependant débouté par le parlement de Bordeaux en 1494. Il résigne son droit à l'élection toulousaine le 28 avril 1500 et obtient en échange le siège d'évêque de Lavaur, qui lui est cédé par Hector de Bourbon[76].
Hector de Bourbon
Hector de Borbonis
(mort en 1502)
18 février 1491 –
1502[78]
Fils naturel de Jean II, duc de Bourbon[77].
Il est nommé archevêque de Toulouse par le pape Innocent VIII, malgré l'élection, une semaine plus tôt, de Pierre de Rosergue. Il est admnistrateur de l'évêché de Lavaur en 1494. Il est nommé chancelier du Bourbonnais en 1500[77].
Jean d'Orléans-Longueville
Johannes de Aurelianensis
(26 avril 1492[79] – 24 septembre 1533)
17 mars 1503 –
24 septembre 1533[80]
Fils de François d'Orléans, duc de Longueville, comte de Dunois et de Tancarville[79].
Il est nommé, malgré sa jeunesse, archevêque de Toulouse avec, comme vicaire général, Antoine de La Haye-Passavant[79]. Il est ordonné prêtre le 15 juin 1516[79]. Il réforme, à la demande des capitouls, le couvent des Augustins en 1520[80]. Il est élu par le chapitre cathédral de Sainte-Croix évêque d'Orléans en 1521, et obtient confirmation du pape Léon X de conserver l'archevêché de Toulouse[81]. Il est créé cardinal-prêtre au titre de Santo Martino ai Monti par le pape Clément VII en 1533[81]. Il fait achever partiellement les travaux de la cathédrale Saint-Étienne en reliant la nef raimondine et le chœur par le pilier qui porte son nom, et en élevant la sacristie[81].
Gabriel de Gramont
Gabriel Acrimontis
(1486 – 26 mars 1534)[82]
17 octobre 1533 –
26 mars 1534[83]
Fils de Roger de Gramont, seigneur de Bidache[81], et frère de Charles de Gramont, évêque de Pamiers (1514-1515), de Couserans (1515-1523) et d'Aire (1523-1530), et archevêque de Bordeaux (1530-1544).
Il est nommé évêque de Couserans, en remplacement de son frère, en 1523[81], puis transféré à l'évêché de Tarbes en 1524[81]. Il est également maître des suppliques, et mène pour François Ier des ambassades en Espagne en 1525, en Angleterre en 1526 et à Rome en 1527[82]. Il est élu archevêque de Bordeaux et confirmé par le pape Clément VII en 1529[81], mais il en cède le siège à son frère l'année suivante. Il est également créé cardinal-prêtre au titre de Sainte-Cécile-du-Trastevere en 1530 et nommé évêque de Poitiers en 1532[81]. Il est finalement nommé archevêque de Toulouse.
Odet de Coligny
Odetus Coligniaci
(10 juillet 1517 – 21 mars 1571)
29 avril 1534 –
20 octobre 1550[84]
Fils de Gaspard de Coligny, maréchal de France, et de Louise de Montmorency[82], et frère de Gaspard de Coligny et de François d'Andelot.
Il est créé, malgré sa jeunesse, mais avec le soutien de son oncle, le connétable Anne de Montmorency, et du roi François Ier, cardinal-diacre au titre des Saints-Serge et Bacchus, par le pape Clément VII, en 1533[82]. Il est nommé – sans être ordonné évêque, ni même prêtre – archevêque de Toulouse en 1534[82], mais aussi évêque de Beauvais en 1535, et abbé commendataire de Saint-Lucien de Beauvais en 1537. Il est un des favoris de la cour, vivant entre Paris et Bresles. Il échange avec Antoine Sanguin le siège d'archevêque de Toulouse pour celui d'abbé de Saint-Benoît de Fleury en 1550[82].
Antoine Sanguin de Meudon
Antonius Sanguinis
(1493 – 25 novembre 1559)
20 octobre 1550 –
25 novembre 1559[84]
Fils cadet d'Antoine Sanguin, seigneur de Meudon, maître des eaux et forêts de France, Champagne et Brie.
Il est évêque d'Orléans en 1533[85] et abbé commendataire de Saint-Benoît de Fleury en 1535[85], puis et des Vaux-de-Cernay en 1543. Il est créé cardinal-prêtre au titre de Santa Maria in Portico par le pape Paul III en 1539, puis au titre de San Crisogono en 1547. Il est également grand aumônier de France de 1543 à 1547. Il échange avec Odet de Coligny l'abbaye Saint-Benoît de Fleury pour l'archevêché de Toulouse en 1550, mais n'obtient la confirmation du pape Jules III que le 10 novembre 1553[85].
Odet de Coligny
Odetus Coligniaci
(10 juillet 1517 – 21 mars 1571)
26 novembre 1559 –
31 août 1562[84]
À la mort d'Antoine Sanguin, il récupère le siège d'archevêque de Toulouse[82]. Il est para ailleurs abbé commendataire depuis Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Ferrières en 1557, et de Notre-Dame de Grandchamp, Notre-Dame de Quincy et Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay en 1560. Il échange avec Georges d'Armagnac le siège d'archevêque de Toulouse contre celui d'abbé commendataire de Sainte-Foy de Conques et Notre-Dame de Belleperche en 1562[82]. Il obtient l'approbation du roi François Ier le 17 avril 1562.
Mais, s'il s'oppose d'abord au protestantisme, ses deux frères se sont convertis entre 1555 et 1560. Il participe au colloque de Poissy en 1561, se convertit probablement peu après et est excommunié par le pape Pie IV en 1563. Dans le contexte des guerres de Religion, il adhère officiellement au parti huguenot en 1567. Il s'exile en Angleterre, où il meurt, peut-être empoisonné.
Georges d'Armagnac
Georgius Armaniaci
(1500 – 10 juillet 1585)[86]
31 août 1562 –
6 janvier 1577 ou 15 octobre 1582[86]
Fils de Pierre d'Armagnac, comte de l'Isle-Jourdain et vicomte de Gimoès, fils naturel de Charles Ier d'Armagnac[85] légitimé par le roi Louis XII en 1502.
Il est, à la cour, proche de Charles d'Alençon et de Marguerite d'Angoulême, ainsi que du connétable Anne de Montmorency[85]. Il est évêque de Rodez de 1529 à 1561[82], administrateur de Vabres de 1536 à 1547[85], archevêque de Tours de 1548 à 1551, et administrateur de Lescar de 1555 à 1556[85]. De plus, il est créé cardinal-prêtre au titre de San Lorenzo in Lucina par le pape Paul III en 1544[87]. Enfin, il est abbé commendataire de Saint-Ambroix de Bourges, de Notre-Dame de la Roë, d'Aubrac en 1546[85], de Sainte-Foy de Conques en 1556, et de l'Notre-Dame de Lagrasse en 1572. Il échange avec Odet de Coligny la commande de Sainte-Foy de Conques et Notre-Dame de Belleperche pour le siège de Toulouse en 1562[85]. Il est par ailleurs ambassadeur de François Ier à Venise de 1536 à 1539[87] et à Rome de 1540 à 1545[87], mais aussi lieutenant général du roi de Navarre de 1547 à 1549, de 1554 à 1557 et de 1559 à 1560, lieutenant général du roi de France en Languedoc en 1552, 1557 et 1560. Il participe aux dernières guerres d'Italie et aux premières guerres de Religion aux côtés de son cousin, Blaise de Monluc. Il devient archevêque d'Avignon en 1577[88].
Paul de Foix
Paulus Fuxi
(1528 – 12 mai 1584)[88]
6 janvier 1577 ou 13 décembre 1582 –
12 mai 1584
Fils de Jean de Foix-Caraman, comte de Caraman, seigneur de Navailles et de Saint-Félix.
Il est nommé conseiller-clerc au parlement de Paris en 1547[88]. Il appartient au cercle des moyenneurs, favorable à un rapprochement entre catholiques et protestants, et il est arrêté pour cette position en 1559 sur ordre du roi Henri II. Il est libéré à la suite de la nomination de Michel de L'Hospital et il est ambassadeur en Angleterre de 1561 à 1565, puis à Venise, en Savoie, à Mantoue, à Florence et Rome[89]. Il devient membre du conseil privé du roi Charles IX en en 1566. Il est nommé archevêque de Toulouse en 1577, à la suite de la démission de Georges d'Armagnac[88], mais il doit attendre pour obtenir une reconnaissance du pape Grégoire XIII le 13 décembre 1582[88].
François de Joyeuse
Franciscus de Gioiosa
(24 juin 1562 – 23 août 1615)
4 novembre 1588 –
1er décembre 1604
Fils de Guillaume VI, duc de Joyeuse et frère d'Anne, Henri et Antoine Scipion chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et grand prieur de Toulouse.
Il est élu archevêque de Narbonne en 1582[90]. Il est créé cardinal-prêtre au titre de San Silvestro in Capite par le pape Grégoire XIII, puis de la Santissima Trinita al Monte Pincio par le pape Sixte V en 1587. Il est transféré à l'archevêché de Toulouse en 1588. Il y soutient l'action de la Ligue, avant de se rallier au roi Henri IV en 1593 et de travailler à l'absolution du roi par le pape Clément VIII en 1595. Il est créé cardinal-prêtre au titre de San Pietro in Vincoli en 1594, puis cardinal-évêque au titre de Sabina le 24 mars 1604. Il est élu archevêque de Rouen la même année[91] et il est remplacé à Toulouse par son vicaire général Nicolas Gilles[91].
Louis de Nogaret de La Valette d'Épernon
Ludovicus Nogaretus
(8 février 1593 – 28 septembre 1639)[92]
26 août 1613 –
17 mai 1627
Fils puîné de Jean Louis de Nogaret de La Valette (1554-1642), duc d'Épernon[91].
Il est abbé de Grandselve en 1599, de Saint-Victor de Marseille, Saint-Victor de Metz, Saint-Sernin, Saint-Melaine de Rennes, Sainte-Marie de Lagrasse, Berdoues et Notre-Dame du Gard, et Saint-Memmie de Châlons, et prieur de Saint-Martin-des-Champs[91]. Il devient aumônier de Louis XIII. Il est créé cardinal-diacre de Saint-Adrien-du-Forum par le pape Paul V en 1621[91]. Il encourage l'installation à Toulouse des couvents des carmélites en 1616, des tertiaires en 1620, des bénédictins réformés de Saint-Maur à la Daurade en 1622, des feuillants en 1623[93]. Il cède son siège à Charles de Montchal en 1627[93].
Charles de Montchal
Carolus de Montchal
(1589 – 22 août 1651)
17 mai 1627 –
22 août 1651[94]
Fils d'Antoine de Montchal[93].
Il est principal du collège d'Autun, à Paris. Il est également chanoine de Saint-Pierre d'Angoulême, abbé de Saint-Amant-de-Boixe et de Saint-Sauveur-le-Vicomte en 1628[93]. Il reçoit l'archevêché de Toulouse par cession de Louis de Nogaret en 1627[93]. Il fonde à Toulouse un séminaire dans l'église Saint-Pierre-des-Cuisines[95] et une maison de secours pour les pauvres à Saint-Joseph de la Grave[95]. Il encourage l'installation des visitandines à Toulouse, des ursulines à Grenade et des franciscains du tiers-ordre à L'Isle-Jourdain[96]. Il participe aux assemblées du clergé en 1635 et en 1645[95].
Pierre de Marca
Petrus
(24 janvier 1594 – 29 juin 1662)[97]
27 mai 1652 –
5 juin 1662
Né à Gan[98], fils de Jacques de Marca.
Il est président du parlement de Navarre, du conseil de Pau en 1621, intendant en Béarn de 1631 à 1638, et maître des requêtes en 1639[99]. Veuf, il devient ecclésiastique[99] et évêque de Couserans en 1642, puis archevêque de Toulouse en 1652. Il participe, entre 1656 et 1660, aux négociations qui fixent la frontière entre la France et l'Espagne[100]. Il reçoit le siège d'archevêque de Paris, le 26 février 1662, mais meurt avant d'en avoir pris possession[101].
Charles-François d'Anglure de Bourlemont1er juillet 1662 –
25 novembre 1669
Fils de Claude, marquis de Sy et comte de Bourlemont, et frère de Louis, archevêque de Bordeaux, abbé commendataire de Saint-Pierre au Mont et conseiller d'État.
Il est désigné comme archevêque de Toulouse par le roi Louis XIV[102].
Pierre de Bonzi10 décembre 1669 –
12 mars 1674
Joseph de Montpezat de Carbon21 novembre 1674 –
17 juin 1687
Fils de Jean-Antoine de Montpezat de Carbon, seigneur de Toueilles et de Salies-en-Comminges, et sénéchal du Nébouzan.
Il est abbé de Notre-Dame d'Homblières en 1661, puis élu évêque de Saint-Papoul en 1664, à la suite de son frère Jean de Montpezat de Carbon, devenu archevêque de Bourges. Il est élu archevêque de Toulouse en 1674. Il se préoccupe de discipline ecclésiastique et convoque un synode de Toulouse en 1677. Il est également abbé de Sainte-Marie de Planselve en 1685.
Jean-Baptiste-Michel Colbert de Saint-Pouange15 août 1687 –
11 juillet 1710
René François de Beauvau du Rivau27 juillet 1713 –
1719
Henri de Nesmond16 novembre 1719 –
27 mai 1727
Jean Louis de Berton des Balbes de Crillon30 juillet 1727 –
30 août 1739
Charles de La Roche-Aymon
(17 février 1697 – 27 octobre 1777)
10 janvier 1740 –
18 décembre 1752
François de Crussol d'Uzès
(24 janvier 1702 – 30 avril 1758)
15 août 1753 –
30 avril 1758
Arthur Richard Dillon
(14 septembre 1721 – 5 juillet 1806)
14 mai 1758 –
25 février 1763
Étienne-Charles de Loménie de Brienne
(9 octobre 1727 – 19 février 1794)
30 janvier 1763 –
8 mars 1788
François de Fontanges
(8 mars 1744 – 26 janvier 1806)
30 mars 1788 –
5 novembre 1801

Évêque constitutionnel

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Le 12 juillet 1790, au début de la Révolution française, l'Assemblée nationale constituante adopte par décret le constitution civile du clergé et donne une nouvelle organisation à l'Église de France. À Toulouse, l'archevêque, François de Fontanges, refuse de prêter serment à la constitution civile du clergé et il est démis de ses fonctions comme réfractaire.

Portrait Nom Dates Notes
Hyacinthe Sermet
(8 avril 1732 – 24 août 1808)
28 mars 1791 –
octobre 1801
Il est moine au couvent des carmes déchaux. Il est désigné évêque constitutionnel de Haute-Garonne. Il démissionne en 1801.

Archevêques

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En 1801, le concordat est conclu entre Napoléon Bonaparte, Premier consul de la République, et Pie VII. L'évêque constitutionnel de Haute-Garonne, Hyacinthe Sermet, et l'archevêque de Toulouse, François de Fontanges, sont appelés tous les deux à démissionner, ce qui est fait, pour le premier, en octobre, et pour le second en novembre 1801.

Portrait Nom Dates Notes
Claude Primat
(26 juillet 1747 – 10 octobre 1816)
29 avril 1802 –
10 octobre 1816
François de Bovet
(21 mars 1745 – 6 avril 1838)
9 septembre 1817 –
1er avril 1820
Anne-Antoine-Jules de Clermont-Tonnerre
(1er janvier 1749 – 21 février 1830)
28 août 1820 –
6 octobre 1822

Le 6 octobre 1822, par la bulle Paternae caritatis, l'archevêque de Toulouse est autorisé à relever le titre d'archevêque de Narbonne[N 1].

Portrait Nom Dates Notes
Anne-Antoine-Jules de Clermont-Tonnerre
(1er janvier 1749 – 21 février 1830)
6 octobre 1822 –
21 février 1830
Paul d'Astros
(15 octobre 1772 – 29 septembre 1851)
5 juillet 1830 –
29 septembre 1851
Jean-Marie Mioland
(26 octobre 1788 – 16 juillet 1859)
29 septembre 1851 –
16 juillet 1859
Florian Desprez
(14 avril 1807 – 21 janvier 1895)
26 septembre 1859 –
21 janvier 1895
François-Désiré Mathieu
(27 mai 1839 – 26 octobre 1908)
25 juin 1896 –
27 novembre 1899
Jean-Augustin Germain
(12 février 1839 – 1er juin 1928)
27 mars 1900 –
1er juin 1928
Jules Saliège
(24 février 1870 – 4 novembre 1956)
6 décembre 1928 –
16 janvier 1935

Le 16 janvier 1935, l'archevêque de Toulouse et de Narbonne est autorisé à relever les titres d'évêques de Comminges et de Rieux[N 2].

Portrait Nom Dates Notes
Jules Saliège
(24 février 1870 – 4 novembre 1956)
16 janvier 1935 –
4 novembre 1956
Gabriel-Marie Garrone
(12 octobre 1901 – 15 janvier 1994)
5 novembre 1956 –
5 mars 1966
Jean Guyot
(7 juillet 1905 – 1er août 1988)
28 avril 1966 –
16 novembre 1978
André Collini
(18 novembre 1921 – 10 novembre 2003)
16 novembre 1978 –
3 décembre 1996
Émile Marcus
(né le 29 juin 1930)
3 décembre 1996 –
14 juin 2006

Le 14 juin 2006, le titre d'archevêque de Narbonne est cédé à l'évêque de Carcassonne. L'archevêque de Toulouse conserve les titres d'évêque de Comminges et de Rieux.

Portrait Nom Dates Notes
Émile Marcus
(né le 29 juin 1930)
14 juin 2006 –
11 juillet 2006
Robert Le Gall
(né le 26 février 1946)
11 juillet 2006 –
9 décembre 2021
Guy de Kerimel
(né le 7 août 1953)
depuis le 9 décembre 2021

Évêques auxiliaires

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L'archevêque est également aidé d'évêques auxiliaires :

Notes et références

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  1. À la suite du Concordat de 1801, le siège archiépiscopal de Narbonne avait été supprimé et le territoire de son diocèse partagé entre le diocèse de Carcassonne, qui couvrait les départements de l'Aude et des Pyrénées-Orientales, et le diocèse de Montpellier, qui couvrait les départements de l'Hérault et du Tarn.
  2. À la suite du Concordat de 1801, les sièges épiscopaux de Comminges et de Rieux avaient été supprimés. Le territoire du diocèse de Comminges avait été partagé entre le diocèse de Toulouse, qui couvrait les départements de Haute-Garonne et d'Ariège, et le diocèse de Bayonne, qui couvrait les départements des Basses et des Hautes-Pyrénées.

Références

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  1. 1 2 3 4 Cabau 1999, p. 123.
  2. Henri Gilles, Les coutumes de Toulouse (1286) et leur premier commentaire (1296), Toulouse, Académie de Législation, , p. 164-167.
  3. Cabau 1999, p. 125.
  4. Cabau 1999, p. 123-124.
  5. 1 2 3 4 5 Cabau 1999, p. 124.
  6. Cabau 1999, p. 129.
  7. 1 2 3 4 Cabau 1999, p. 131.
  8. GC, col. 4.
  9. 1 2 GC, col. 20.
  10. Cabau 1999, p. 132.
  11. 1 2 GC, col. 4.
  12. Cabau 1999, p. 132-133.
  13. Cabau 1999, p. 133.
  14. Henri Crouzel, « Un résistant toulousain à la politique pro-arienne de l'empereur romain Constance II : l'évêque Rhodanius », Bulletin de littérature ecclésiastique, t. 77, no 3, , p. 173-190 (lire en ligne).
  15. 1 2 GC, col. 5.
  16. 1 2 3 4 5 HGL, p. 351.
  17. Cabau 1999, p. 134.
  18. 1 2 GC, col. 5.
  19. Cabau 1999, p. 134-135.
  20. GC, col. 5-6.
  21. 1 2 3 4 Cabau 1999, p. 136.
  22. 1 2 3 4 GC, col. 7.
  23. GC, col. 7-8.
  24. 1 2 3 4 5 6 GC, col. 8.
  25. Cabau 1999, p. 137.
  26. 1 2 Cabau 1999, p. 138.
  27. Cabau 1999, p. 140.
  28. 1 2 GC, col. 9.
  29. 1 2 3 Cabau 1999, p. 141.
  30. Cabau 1999, p. 141-142.
  31. Cabau 1999, p. 142.
  32. 1 2 GC, col. 10.
  33. 1 2 3 4 Cabau 1999, p. 143.
  34. 1 2 3 Cabau 1999, p. 144.
  35. 1 2 3 HGL, p. 352.
  36. Cabau 1999, p. 144-145.
  37. 1 2 Cabau 1999, p. 145.
  38. 1 2 3 GC, col. 12.
  39. Cabau 1999, p. 146.
  40. 1 2 Cabau 1999, p. 147.
  41. 1 2 GC, col. 13.
  42. GC, col. 14.
  43. 1 2 Cabau 1999, p. 148.
  44. Cabau 1999, p. 149.
  45. Cabau 1999, p. 150.
  46. Cabau 1999, p. 151.
  47. Cabau 1999, p. 152.
  48. Cabau 1999, p. 153.
  49. Cabau 1999, p. 154-155.
  50. Cabau 1999, p. 156.
  51. Cabau 1999, p. 157-158.
  52. Cabau 1999, p. 158-159.
  53. Cabau 1999, p. 159.
  54. Cabau 1999, p. 160.
  55. Cabau 1999, p. 160-161.
  56. Cabau 1999, p. 162.
  57. 1 2 3 GC, col. 39.
  58. 1 2 GC, col. 38.
  59. 1 2 3 4 5 GC, col. 40.
  60. GC, col. 39-40.
  61. 1 2 GC, col. 41.
  62. 1 2 3 GC, col. 42.
  63. GC, col. 41-42.
  64. 1 2 GC, col. 43.
  65. GC, col. 44.
  66. 1 2 GC, col. 46.
  67. GC, col. 46-47.
  68. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 GC, col. 47.
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Bibliographie

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  • [GC] (la) Gallia Christiana, t. 13 : Provinces de Toulouse (Lavaur, Montauban, Mirepoix, Pamiers, Rieux, Lombez et Saint-Papoul) et de Trêves (Metz, Nancy, Saint-Dié, Toul et Verdun), (lire en ligne).
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  • Patrice Cabau, « Les évêques de Toulouse (IIIe – XIVe siècles) et les lieux de leur sépulture », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. 59, , p. 123-162 (lire en ligne).
  • Patrice Cabau, « Les évêques de Toulouse (IIIe – XIVe siècles) et les lieux de leur sépulture 2e partie », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. 60, , p. 115-118 (lire en ligne).
  • Patrice Cabau, « Chronologie des évêques de Toulouse Xe siècle », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. 50, , p. 85-99.
  • Patrice Cabau, « Chronologie des évêques de Toulouse. XIe siècle », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. 51, , p. 111-142.

Articles connexes

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Liens externes

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