Liste de la noblesse corse

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La noblesse corse se distingue de celles du continent par les nombreuses évolutions de sa définition, liées aux particularités de la culture et de l'histoire insulaire. À l'époque contemporaine, elle n'a pas exercé de rôle prépondérant en lien avec son statut et son acceptation est sujette à des variations selon les époques, les régions et les personnes.

Traits généraux[modifier | modifier le code]

À l'instar de ce qui se fit sur le continent, la première apparition de la noblesse en Corse peut être datée du temps de Charlemagne. Ainsi, de nombreuses familles se réclament du mythique Ugo Colonna, comte de Corse, envoyé par l'Empereur pour délivrer l'île du joug des maures. Une noblesse féodale se mit en place au XIIe siècle, comme relais entre la république de Pise et les populations insulaires. Au XIVe siècle, se produisit une grande jacquerie, menée par un moine semi-mythique, Sambocucciu d'Alando, qui chassa les seigneurs de l'en deçà-des-monts (Haute-Corse) et fit appel aux génois. La "terre de la commune" (Terra del comune : Gênes) naquit alors, dominée néanmoins par une pseudo-noblesse féodale, celle des caporali, ou caporaux, ancêtres des chefs de clan. Plus tard, ces familles dites caporalices, revendiqueront leur filiation avec un "Caporal" (capurale), notable villageois ou régional, élu au Moyen Âge pour jouer un rôle d'intercession et de protection, voir famille Giacobbi.

Divers fiefs perdurèrent cependant, dans le Cap corse et dans l'au-delà-des monts (Corse-du-Sud ou Terre des Seigneurs). À cette époque du Moyen Âge, divers féodaux corses tentèrent en vain d'établir leur pouvoir sur toute l'île en profitant des conflits répétés entre Gênes, puissance alors souveraine de l'île et ses différents voisins, notamment le royaume d'Aragon[1].

La victoire définitive de Gênes, contre les seigneurs insulaires mais surtout contre les nations rivales, en 1565, sonne le glas des prétentions des féodaux et caporaux. Durant la période de domination directe de l'île par Gênes, la superbe république va progressivement éliminer cette classe sociale. Les fiefs, bien que respectés, diminuent en nombre. Dans le même temps, Gênes ne reconnait comme nobles que les membres de son propre patriciat, sans pour autant y inscrire de familles insulaires mais elle distribue largement les récompenses, dites benemerenza qui peuvent, d'une certaine manière être assimilées à une marque de noblesse, étant donné que leurs receveurs reçoivent les privilèges du port d'arme et d'exemption de la taille, faveurs caractéristiques de la noblesse partout ailleurs en Europe. Néanmoins, le très grand nombre de receveurs, un tiers des familles de la notabilité insulaire limite ce sentiment aristocratique. L'institution des Nobles XII et Nobles VI, réservées aux insulaires semblent un critère plus satisfaisant pour définir la noblesse corse à l'époque génoise, bien qu'aucune preuve de noblesse ne soit demandée pour être membre de ces institutions. À cela, il faut encore rajouter que certaines familles corses sont alors anoblies par des puissances étrangères, à Venise, à Parme, en Espagne, en France avec les Ornano[2].

À Gênes, succède, dans la majeure partie de l'île, un gouvernement autonome corse. Si l'on excepte l'épisode éphémère du roi Théodore, qui distribue titres de comte et de marquis, cette période de quarante ans est surtout portée par l'esprit des Lumières et la redécouverte de l'âme citoyenne, profondément égalitaire, notamment durant le généralat de Pasquale Paoli. Durant ces années, la maison du riche est ouverte au pauvre mais néanmoins, les quelques familles féodales persistantes et la notabilité des présides restent, globalement, favorables à Gênes ou à la France.

La conquête de l'île (1768-1769) change la donne. Il est de première importance de recréer en Corse le deuxième ordre et de façonner la société insulaire sur le modèle français, projet que la monarchie réclamait à Gênes depuis de très nombreuses années déjà, comme sauvegarde de ses différentes missions de pacification.

Durant les quelques années qui s'écoulèrent entre la conquête de l'île et la Révolution française, vont être reconnues comme nobles, plus de quatre-vingts familles. Dans un premier temps, tout noble est invité à se faire connaître auprès du gouvernement royal de l'île, en apportant la preuve de ses quatre quartiers de noblesse. Or la noblesse n'existant pas, ou limitée à un tout petit nombre de familles d'extraction féodale, ces preuves, comme la vérification française ne sont pas de la plus extrême rigueur. Les familles qui se présentent sont ainsi les maisons d'extraction patricienne génoise, issues des présides ou place-fortes du littoral et par conséquent demeurées fidèles à Gênes, les maisons féodales et surtout un certain nombre de maisons prétendument nobles, commerçantes, militaires, propriétaires terriens, considérées comme seigneurs en leurs domaines. Sont évidemment récompensées les familles du parti français, officiers du régiment Royal-Corse comme les Abbatucci de Zicavo, les Fabiani de Santa-Reparata-di-Balagna dont trois officiers combattent du côté de la France à Pontenuovo, les Zerbi ou les Boccheciampe d'Oletta, mais aussi des ralliées de la dernière heure, comme les Bonaparte. D'autres familles sont sèchement refusées, parce que leurs justifications sont plus ou moins valables, mais aussi parce qu'elles ont servi le mouvement national et parfois même fourni des officiers corses dans la lutte contre la France. D'autres familles encore ne se présentent même pas.

Ainsi, la noblesse française d'Ancien Régime en Corse, au sens strict, ne comprend que ces quelque quatre-vingts familles auxquelles ils convient d'ajouter les familles anoblies sous l'Empire et la Restauration.

Familles féodales corses[modifier | modifier le code]

  • Marquis de Massa, de la lignée des Obertinghi, premiers marquis de Corse ;
  • De Leca (vaincue par Gênes au XVe siècle) ;
  • Della Rocca (vaincue par Gênes au XVe siècle) ;
  • D'Ornano (En Cinarca, une branche passe en France, avec Alphonse d'Ornano, 1548-1610, marêchal de France) ;
  • Bozzi (Cinarca), la seigneurie de Taravo disparaît progressivement à partir de 1615 ; Comte
  • Istria (Cinarca) ;
  • Avogari de Gentile (Sud du Cap Corse), seigneurs de Canari (Haute-Corse) et de Brando (Haute-Corse) ;
  • Guelfucci (cortenais - voir site du nom), de Guelf de Forence, 1300 à 1400, Tralonca, Sermanu, Alandu, etc. Bonfiglio Guelfucci, créateur de l'Université de Corse en 1765.
  • Da Mare (Nord du Cap Corse), seigneur de Rogliano de 1249 à 1523[2]comte de Corse de 1434 à 1439 et Seigneur de Capraia
  • Negroni (Cap Corse), succède par mariage à la famille Da Mare à la tête du fief de Rogliano, annexé en 1592 par les génois d'Augustin Doria, gouverneur de Corse ; devient les De Mari par la suite
  • Delle Suere (ou Delle Suare), seigneurs de Cagnano, dépouillés de leurs terres par les Da Furiani et les Peverelli au XIe siècle, puis passant aux mains des Avogari en 1197 ;
  • Da Furiani, seigneur de Furiani seulement. Mais en 1072, avec l'aide du marquis de Massa (lignée des Obertenghi), ils chassent d'Orto et du Lota les Delle Suere ;
  • Peverelli, seigneurs d'Olcani à La Chiappella (Cap Corse) jusqu'en 1082. Ravagé par Pise en 1167, leur fief est pris par les Avogari de Gentile en 1197. En 1246, Agostino Peverelli vend ses droits sur le Cap Corse à Ansaldo da Mare ;
  • de Peretti, de Levie, issue de Peretto, lui-même descendant des Cinarchesi et cousin de Rinuccio Della Rocca
  • Da Pietrabugno, seigneurs de Ville seulement ;
  • De Bagnaia, riches commerçants promus seigneurs en 1130. Grâce à Pise, ils obtiennent l'administration d'Orto, de la Marana, des Costiere. Au XIIIe siècle ils seront en conflit avec les seigneurs voisins ;
  • De Pino, originaire de la pieve de Pino au centre de la Balagne. Les « Pinaschi », vassaux des marquis de Massa, étaient seigneurs du XIe siècle au XIIIe siècle, possesseurs de plusieurs castra[Note 1] ;
  • Cortinco, dits « Cortinchi (central et bas) ;
  • Famille De Lasso, dits « Laschesi » ou « Aschesi », seigneurs en Balagne, possesseurs du Castello Sant'Angelo et de Furiani.

Familles corses de noblesse génoise[modifier | modifier le code]

  • Cuneo : Arrêt du Conseil Supérieur de la Corse du 9 avril 1771, établissant la filiation depuis Francesco Cuneo, noble Génois, né à Ajaccio en 1585.
  • Defranchi ou De franchi, cette famille a donné plusieurs Doges à la République ligure
Gerolamo De Franchi Toso : 21 octobre 1581 - 21 octobre 1583
Pietro (Sacco) De Franchi : 26 février 1603 - 27 février 1605
Giacomo (Toso) De Franchi : 1er août 1648 - 1er août 1650
Gerolamo De Franchi : 8 septembre 1652 - 8 septembre 1654
Federico De Franchi : 7 juin 1701 - 7 juin 1703
Cesare De Franchi : 8 octobre 1721 - 8 octobre 1723

Les branches cadettes, encore représentées aujourd'hui dans plusieurs villages de l'île, sont issues des nombreux officiers et administrateurs ayant fait souche sur place (dont on retrouve notamment la trace au travers du "guide des sources de l'histoire de la Corse dans les archives génoises" Antoine-Marie GRAZIANI).

  • Arrighi (Speloncato / Spiluncatu), attestation de noblesse du 18 janvier 1575[3] ;
  • Doria devenue d'Oria[4] ;
  • Galliano[4] ;
  • Morgana (Piedicroce)[2] ;
  • Salimeri[5] ;
  • Suzzarelli[6] ;

Familles caporalices[modifier | modifier le code]

Ce phénomène mérite sans doute d'être mieux cerné, puisqu'aux caporaux "historiques", s'ajouteraient toutes les familles, très nombreuses, qui ont occupé le poste de "caporal" dans leur village, jusqu'à la Révolution française.

Plusieurs ouvrages présentent une liste des grandes familles caporalices, notamment :

- l'armorial de Colonna de Cesari Rocca, p XIV (préface) qui ne mentionne que "les plus illustres", sous-entendant qu'il omet "les moins illustres" (parmi lesquelles, étrangement, les Casabianca ou della Casabianca ! ), et précisant qu'elles prenaient généralement le nom de leur village d'origine, sans toutefois en être toujours seigneurs : dalla Campana, da Campocasso, da Casta, da Chiatra, dalla Corbaja (coquille : sans doute "Corbara"), dalla Crocicchia, del Lobio, da Matra, dal Olmo, d'Omessa, d'Ortale, de Pancheraccia, dalla Pastoreccia, de Petricaggio, da Piobetta, da Prune, da Sant'Antonino ;

- Fernand Ettori, dans La Maison de la Rocca, esquisse une liste presque identique, parmi les familles corses non cinarchese, non génoises (p. 166–168) : caporaux de Campocasso, de la Casabianca, de Casta, de Chiatra, de Corbara, de Gaggio, de Matra, d'Omessa, de Pancheraccia, de Pastoreccia de Rostino, de Sant'Antonino, de la Venzolasca.

La noblesse théodorienne[modifier | modifier le code]

Longtemps négligés, les titres conférés par l'éphémère roi Théodore (1736) sont désormais considérés de manière plus objective, en partant du principe que le baron westphalien fut un monarque acclamé par les principaux notables de l'Île et, de la sorte, légitime.

Divers ouvrages recensent les titres conférés à ses compagnons et dignitaires du régime: marquis, comtes, chevaliers. Là encore, Colonna de Cesari Rocca avait posé les bases tout en reconnaissant que les documents authentiques font souvent défaut et que le souvenir même des titres reçus s'est même perdu dans certaines des familles qui en ont bénéficié :

- marquis : d'Ornano, Giafferi, Matra, Paoli, Rafaelli, Silva ;

- comtes : Ambrosi (Castineta), Arrighi, Casabianca, Colonna-Bozzi,Contri, Costa, Durazzo, Fabiani, Fernandi, Gafforio, Giappiconi, Giuliani, Lancelloti, Lucioni-Casacolli, Mari, Natali, Paoli, Peraldi, Puillicio, Quilici, Susini, Taglio, Tomasini, Tortora ;

- chevaliers : Cuttoli, Guagno, Petralba, Seravalle.

F. Demartini (introduction de Michel Vergé-Franceschi à l'Armorial corse) s'est avancé plus loin en prenant réellement au sérieux cet épisode du point de vue du droit nobiliaire. François Antoine Mariani, dans "Les Malaspina de Speloncato", affirme qu'Antoine Marc Malaspina aurait lui aussi bénéficié d'un titre de comte[7].

Dans son ouvrage intitulé "Paoli un Corse des Lumières", Michel Vergé-Franceschi dresse en annexe une liste des personnalités théodoriennes où il mentionne de nombreux titres concédés par Théodore qui allonge un peu la liste ci-dessus.

Liste des familles reconnues nobles ou anoblies par la couronne de France[modifier | modifier le code]

Familles reconnues nobles par le Conseil Supérieur de la Corse (« RNF »)[8]. (NB : nombre de ces familles adoptèrent très vite la pratique française de la particule qui est indiquée ci-dessous entre parenthèses ; placée devant le patronyme, elle est alors bien une « particule nobiliaire » ; si son utilisation semble n'avoir pas fait l'objet d'abus, notamment dans les branches restées hors de la RNF, son absence n'est quant à elle pas nécessairement un signe d'exclusion).

  • Abbatucci (Zevaco / Zicavu), le 21 décembre 1776.
  • Albertini (U Pedipartinu d'Orezza), le 18 septembre 1775.
  • Angelis (de) (Bastia), le 27 avril 1772.
  • Antoni (Ersa), le 2 avril 1772.
  • Arrighi de Casanova, (Corte / Corti), les 4 février 1783, 14 septembre 1783 et 8 juin 1787.
  • Avogari de Gentile (Capicorsu), le 13 septembre 1771.
  • Bacciochi (Adorno de) (Ajaccio / Aiacciu), les 27 février 1771, 30 avril 1771 et 7 juin 1780.
  • Belgodere di Bagnaja (Belgudé), le 27 avril 1772.
  • Benedetti (Vicu), noblesse de grâce.
  • Benielli (Ajaccio / Aiacciu), le 18 février 1772.
  • Bianconi (Calvi/Calenzana/Montegrosso), le 15 janvier 1773. Noblesse de grâce
  • Biguglia (Bastia), noblesse avouée, septembre 1776.
  • Boccheciampe (de) (Oletta), noblesse reconnue, les 3 juin 1784 et le 13 septembre 1784 (également titre de baron avec érection de terre, par décret du 3 août 1799 de la couronne de Naples).
  • Boerio (de) (Bastia), le 26 avril 1783.
  • Buonaparte (Ajaccio / Aiacciu), le 13 septembre 1771.
  • Bustoro (Bastia), le 18 février 1772.
  • Buttafuoco (U Viscuvatu), les 22 février 1771 et 14 mars 1771.
  • Caraccioli (Morsiglia / Mursiglia), le 8 mai 1772[9].
  • Caraffa (de) (Bastia), le 17 février 1774.
  • Cardi (Olmeta, Olcani, Ogliastru), le 12 juillet 1771.
  • Casabianca (de) (A Casabianca), les 4 juin 1771, 14 juin 1771 et 27 avril 1772.
  • Casalta (A Casalta), le 11 mars 1774.
  • Castelli (de) (Bastia), le 10 novembre 1775.
  • Cattaneo (Calvi), le 3 mars 1774.
  • Colonna d'Anfriani (Montemaggiore / Montemaio), le 21 mai 1772.
  • Colonna di Bozzi (Grussetu), les 23 décembre 1773 et 13 décembre 1775.
  • Colonna Ceccaldi (Evisa), le 21 février 1772.
  • Colonna de Cesari Rocca (Quenza, Porto Vecchio / Porti Vechju), les 17 mars 1772, 29 novembre 1774 et 12 mars 1777.
  • Colonna d'Istria (Suddacarù, Bicchisgià), le 20 décembre 1773.
  • Colonna d'Ornano (Santa Maria Sicchè), les 13 avril 1771 et 22 décembre 1775.
  • Corsi (de) (Talasani), le 5 mai 1772.
  • Costa (Castellana di Moriani), le 27 février 1772.
  • Costa (?), le 14 décembre 1776.
  • Cuneo (Ajaccio / Aiacciu) le 9 avril 1771, établissant la filiation depuis Francesco Cuneo, noble Génois, né à Ajaccio en 1585.
  • Cuneo d'Ornano (Ajaccio / Aiacciu), le 9 avril 1771.
  • Cuttoli de Coti (de)(Curtichjatu), le 11 avril 1774.
  • Dangelo (Bastia), le 27 avril 1772.
  • Filette (de) (Ambruzio), le 21 avril 1771 (et titre de comte attribué par Theodore de Neuhoff au chevalier Pierre de Filette de Ambruzio)
  • Doria (Bonifacio, Bastia), le 12 mai 1785.
  • Ettori (Tavagna), le 21 mai 1772.
  • Fabiani (de) (Santa-Reparata-di-Balagna / Santa Riparata di Balagna), le 29 avril 1774 (et titre de comte attribué en 1736 par Théodore de Neuhoff au général Simon Fabiani).
  • Farinole (Bastia), le 17 septembre 1781.
  • Ficarella (Brandu), le 13 août 1787.
  • Follacci (Bastergà), le 21 mai 1772.
  • Fozzani (Fuzzà), le 7 avril 1772
  • Fozzani Bernardini (Fuzzà), le 29 mars 1784.
  • Fozzani Durazzo (Fuzzà, Campumoru), le 12 mai 1772 (et titre de comte attribué en 1736 par Théodore de Neuhoff au général Michele Angelo Durazzo della Rocca).
  • Fozzani Tomasi Carabelli (Fuzzà), le 28 décembre 1778.
  • Fratani de Vezzani (Vezzani), maintenue en 1773.
  • Fraticelli (?), le 17 mai 1774.
  • Frediani (A Penta di Casinca), le 10 avril 1772.
  • Gaffori (de) (Corte), comte en 1736 par Théodore de Neuhoff, noblesse annoncée.
  • Galloni d'Istria (Ulmetu), le 20 mai 1775.
  • Gautier d'Urbino (Aleria). Originaire de Normandie. elle reçoit inféodation perpétuelle du territoire de l'étang d'Urbinu, dans la juridiction d'Aleria, par arrêt du Conseil d'État et lettres-patentes du 18 avril 1789, enregistrées au Conseil Supérieur de la Corse le 8 janvier 1790.
  • Gentile (de) (Ajaccio / Aiacciu), le 22 juin 1787.
  • Gentile (de) (Nonza), le 27 mars 1776.
  • Gentile (de)(Rogliano / Ruglianu), le 28 mars 1774.
  • Gentile (Calcatoghju), le 16 décembre 1774.
  • Giacomoni (de) (Sainte Lucie de Tallano / Santa Lucia di Tallà), le 29 avril 1778.
  • Giafferi (don Luiggi), marquis en 1736 par Théodore de Neuhoff ainsi que toute sa descendance garçon fille pendant 1 000 ans
  • Giubega (de) (Calvi), le 19 janvier 1774.
  • Giudicelli (Montemaggiore,Occi,Olmi-Capella) issue d'après la tradition d'un comte Giudicello de Calvi . Qualification de nobilissimi dans les actes paroissiaux .
  • Luiggi (Crucien Joseph) le 20 juillet 1828 comte d'Avignon marié à Marie Louise de Maisonblanche, dont quatre fils et une fille (arrière arrière petite fille non légitime de Louis XIV)[réf. nécessaire].
  • Marengo (Bastia, originaire de Gênes), le 27 septembre 1787 ("comte d'Algo" dans certains actes).
  • Mari (de) (Tagliu di Tavagna), le 22 mai 1772.
  • Massei (Sisco / Siscu), le 2 avril 1772.
  • Matra (de) (Matra), le 25 novembre 1776.
  • Mattei (Centuri), le 15 novembre 1787.
  • Monti Rossi (de) (Palasca), le 8 mai 1788.
  • Morelli (Bastia), le 3 décembre 1771.
  • Morlas (de) (Bastia), le 22 mai 1772.
  • Morati (de) (Murato / Muratu), le 18 février 1772.
  • Murato: voir Sistrières.
  • Negroni (de)(Ruglianu), le 22 juin 1778.
  • Ornano (Santa Maria Sicchè), le 12 mars 1772.
  • Ortoli (d') (Sartène / Sartè), le 21 mai 1772.
  • Peretti (de) (Livia), le 28 avril 1772.
  • Pernice (A Penta du Casinca), le 1er mars 1774.
  • Petriconi (de) (Soriu), le 5 février 1774.
  • Pianelli (Olmeto / Ulmetu), le 22 novembre 1771.
  • Pietri (Prunu), le 27 avril 1772.
  • Pietri (de) (Sartène / Sartè), le 21 mai 1772.
  • Poggi (San Martinu di Lota), le 27 avril 1772.
  • Poli (Cervioni), le 7 avril 1775.
  • Ponte (Ajaccio / Aiacciu), le 8 août 1771.
  • Pozzo di Borgo (Aiacciu), le 9 juin 1774.
  • Pozzo di Borgo (de) (Alata), le 15 septembre 1774.
  • Pruno (Ampugnani), le 9 mai 1774.
  • Questa (de)(Calvi), le 18 mars 1774.
  • Ristori (?), noblesse avouée, le 12 décembre 1785.
  • Rocca Serra (Porto Vecchio/Portivechju), le 14 janvier 1772.
  • Rocca Serra (Sartène / Sartè) le 27 avril 1772, (Cargiaca/Carghjaca) le 5 juin 1772, (Levie/Livia) le 21 octobre 1774.
  • Rossi (Bastia), les 1er février 1776 et 6 mars 1776.
  • Rossi (Ajaccio / Aiacciu), le 13 décembre 1771.
  • Salineri (Bonifacio), le 19 avril 1782.
  • Sansonetti (de)(Lugu di Venacu, Bastia), le 27 août 1771.
  • Santini (Bastia), le 10 avril 1771.
  • Sistrières-Murato, vicomte de Murato le 22 avril 1776.
  • Susini (de)(Sartène / Sartè), le 12 mars 1772.
  • Susini (Ajaccio / Aiacciu), les 2 mai 1780 et 19 décembre 1780.
  • Suzzarelli (Bonifacio), le 9 septembre 1786.
  • Tomei (Luri), le 19 septembre 1776.
  • Varese (Bastia), le 24 janvier 1772.
  • Zerbi (de) (Saint Florent / San Fiurenzu), le 8 août 1771[10].

Premier Empire[modifier | modifier le code]

  • Arrighi de Casanova, (Corte / Corti), baron d'Empire.
  • Arrighi de Casanova, (Corte / Corti), duc de Padoue et de l'Empire.
  • Campi (Aiacciu): lettres patentes enregistrées au Sénat le 16 décembre 1810, conférant le titre de baron au général Toussaint Campi.
  • Ferri-Pisani (Bocognano / Bucugnà): comte de Saint Anastase (Royaume de Naples); comte de l'Empire.
  • Mariani (Corte) : baron de l'Empire selon les uns (Demartini); fait baron par le roi de Westphalie selon d'autres (Orticoni).
  • Orsatelli (Cassano): famille du général-baron Eugène.

Second Empire[modifier | modifier le code]

  • Benedetti (Bastia), comte : 1869.
  • Ramolino de Coll'Alto, anoblissement par lettres : comte 1870, Corse[11]

Les sgio[modifier | modifier le code]

Le XIXe siècle est le temps d'un renouvellement des élites insulaires. On peut les nommer les noblesse, car bien des anciennes familles en font évidemment partie et les nouvelles imitent leur comportement. En fait il s'agit désormais d'une notabilité liée à la puissance électorale et toujours foncière. L'hérédité des charges politiques reste la règle. Les membres de cette catégorie sont appelés "sgio", appellation dérivé de l'italien "signor" signifiant "seigneur", il s'agit plutôt d'un "Monsieur" très déférent, traduction que donnent la plupart des linguistes actuels mais qui n'est pas satisfaisante. Monsieur en effet est banalisé dans l'usage actuel alors qu'en présence d'un Sgio, le villageois, berger ou tenancier utilisait le vocatif (O Sgio Natale...), mettait bas la coiffure et, bien sûr, vouvoyait. On pourrait le traduire par l'anglais Sir ou un "Maître" particulièrement déférent. Dans une conversation l'usage était de laisser tre passi (3 pas) entre le supérieur et l'inférieur. Certains sgio avaient de gros chiens dressés à faire respecter la distance.

Son acception est variée : au sens large, il désigne la classe des propriétaires terriens qui emploient les paysans sur leurs terres. Au sud, terre des seigneurs, ce mot se teinte d'une connotation quasi féodale, dans l'esprit du clan et les sgio sont très peu nombreux. Au nord, terre du commun, il désigne une grande partie des adultes hommes de la première classe sociale. Ce terme est ainsi attribué automatiquement aux magistrats, médecins "U sgio duttore", aux hommes politiques locaux ou régionaux (les maires notamment), à certains prêtres " U sgio piuvanu" et enfin, aux personnes envers qui on est profondément redevables. Néanmoins le titre était, dans les faits, quasi héréditaire et était alors suivi du prénom, " U sgio Michele". Seuls quelques hommes, vieillards ou serviteurs particulièrement appréciés, pouvaient substituer au vocatif "O sgio Matteu" un "O cumpa", presque démocratique. L'épouse et la mère d'un sgio avaient le titre correspondant de signora : "A signora Paulina".

C'est le caractère ouvert et presque spontané de cette appellation qui fait qu'on ne peut le définir comme un titre de noblesse au sens juridique. L'appellation de sgio n'est plus donnée aux notables depuis le début des années 1960, phénomène lié aux évolutions de la société rurale insulaire mais aussi à la régression de la langue corse.
De nos jours, cette notabilité presque aristocratique sans titulature perdure dans les diverses lignées d'hommes politiques corses qui dominent la politique insulaire, parfois depuis le Second Empire ou la 3e République[1].

Autres [8][modifier | modifier le code]

Un grand nombre d'autres familles corses peuvent s'enorgueillir de la noblesse. Cette liste contient les noms de quelques familles de caporaux et de gentilshommes corses n'ayant pas été reconnues nobles par la monarchie française entre 1769 et 1789. Certaines familles illustres, qui avaient lutté pour la liberté, contre le roi de France et aux côtés de Pasquale Paoli, ne daignèrent pas même se présenter aux recensements des nobles par l'administration française. D'autres ne se présentèrent pas croyant que le statut de l'île allait encore évoluer (il existait en Corse à côté des partis "nationaux" et "pro-français", un parti "impérial", un parti "papal" ou encore un parti "espagnol"). Enfin, certaines se présentèrent et furent refusées. Cette question de la reconnaissance de la noblesse est une question complexe dans une île où les origines nobiliaires des familles sont multiples.

  • Agostini (branche de Scata) issuent des Nobles et Patriciens de Pise, descendants par les femmes des "Cortinchi" de Lumito et héritiers de leurs titres et possessions. Reconnu noble dès le XIIIe siècle, puis déchu de leur noblesse par Napoléon III à cause de leur orléanisme convaincu.
  • Baccielieri (ou Baccialieri) (Ville di Parasu). Issue du seigneur Ghjuseppu Maria Baccialieri, de Ville di Balagna, qui aurait été reconnu noble par un acte des Protecteurs de l'Office de Saint Georges, du 8 février 1454.
  • Battistini (Bastia). Acte de reconnaissance de noblesse par les magistrats de Bastia du 18 novembre 1727.
  • Biadelli (Bastia), mention est faite de cette famille depuis la fondation de la ville.
  • Bonavita (Bastia).
  • de Brunelli (Calvi).
  • Carbuccia (de) (Bastia), Originaire de Carbuccia, prés d'Aiacciu. Fixée à Bastia depuis 1500 environ, avec Oraziu Carbuccia.
  • Carli (Spiluncatu). Originaire de Lucques. Etablie en Corse au XVIe siècle. Décret de 1684 créant Caporaux Ambrughju Carli et ses descendants.
  • Casanova de Pioghjula (ou Pioggiola), famille d'origine romaine dont la reconnaissance de noblesse est datée du 9 janvier 1454.
  • Casanova d'Arraciani (Pruprià).
  • Defendini (Prunelli), le 20 janvier 1707. (Titre de Noblesse Princière)[réf. nécessaire].
  • Filippi, (Quenza), Porti Vechju. Issue de Filippo di Quenza, exécuteur testamentaire de Rinucciu della Rocca (1510). Actes de reconnaissance de noblesse datant de 1561.
  • Filippini (Corti), originaire de Sardaigne.
  • Flach et Flach-Malaspina (Calvi).
  • Forcioli-Conti (Ajaccio) Issue de la Maison Bozzi. Actes notariés de 1604 à 1614. Elle tire son nom de la tour et du village de Furciolu.
  • Lanfranchi (de) (Livia), dans la région de l'Alta-Rocca. Le Capitano Lanfranco delle Vie bénéficie d'une reconnaissance de noblesse le 25/05/1592 et est exempté de taille tout comme son fils Orazio. Orazio est Noble Six en 1585, élu orateur du Delà des Monts. Il obtient confirmation de la benemerenza familiale (pour lui et ses fils Lanfranco, Cesare et Aurelio et pour son frère Pietro) le quitus pour son action comme orateur du Delà des Monts, du Sénat de Gènes le 12.9.1592. Son fils, Simon Francesco, époux de Constanza Musso, obtient le brevet de chevalier du Saint-Sépulcre délivré à Jérusalem le 24.10.1630[12]. Les Lanfranchi de Livia sont inscrits sur le " Registri feudi e famiglie nobili" [13]
  • Malaspina (Belgodere, Speloncato, Monticello, etc), maison considérée comme issue de l'illustre famille Malaspina appartenant aux Obertenghi qui régna sur la Toscane puis sur la Lunégiane[14].
  • Orticoni (Monticello, Santa-Reparata-di-Balagna).
  • Padovani (Santa-Reparata-di-Balagna)[15].
  • Paganelli (Cervioni e Mucchiettu), du puissant clan des Cottoni, originaire de Florence, elle joua un rôle important dans les premières années de la révolution corse. Elle était membre du parti pro-génois.
  • Paganelli-Zicavo (Zicavo).
  • Pasquali résidant à Scata, Branche cadette des Pasquali de Florence Grand Patricien de cette ville
  • Tardi (Bastia, Tallone, Venzolasca).
  • Vincenti (de) (Santa-Reparata-di-Balagna), agrégée à la noblesse de Lucques par lettres patentes du 3 décembre 1835.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. . Le terme castrum est utilisé dans le sens que lui donnent les textes médiévaux relatifs à la Corse, c'est-à-dire à la fois de fortification isolée et/ou d'habitat fortifié associé à un château, dont Ortifusci et Mutula - Daniel Istria

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b La tragique histoire des corses, Dom Jean-Baptiste Gaï, Ed. S.A.P.R.A.
  2. a, b et c La corse génoise, Économie, Société, culture, Antoine-Marie Graziani, Ed. Alain Piazzola
  3. Suivant François Antoine Mariani, "Speloncato de A à Z", p 12, 3e édition, septembre 2006 - travail accessible en ligne
  4. a et b Selon l'intendant Chardon, "Il n'y a que deux familles nobles à Bonifacio : la Maison Doria et la Maison de Galiano (toutes deux d'origine génoise) formant en tout huit gentilshommes" (en 1769)
  5. Originaire de Savone, reconnue noble en France en 1782.
  6. Famille de corsaires génois, reconnue noble en France en 1788. Antoine Marie Suzzarelli fut député à la Convention en 1793.
  7. Ouvrage en ligne, p 12, qui cite notamment une lettre du roi Théodore adressée au "Très cher comte Malaspina" [1]. Cette distinction n'est pas surprenante, d'autant plus que ce personnage était cousin germain du général-comte Simon Fabiani
  8. a et b Armorial Corse de François Demartini; Nouvel Armorial de Corse de Jean-Christophe Orticoni, Armorial de Corse de Colonna de Cesari Rocca
  9. Acte de RNF publié in Jacques Meurgey: Les barons Mariani et leurs alliances, Imprimerie Daupeley-Gouverneur, Nogent-le-Rotrou, 1933. Rattachement invoqué aux princes napolitains du même nom
  10. Ours-Jean Caporossi, d'après l'armorial de Corse
  11. Familles subsistantes de l'ancienne noblesse française (L à Z).
  12. "Armorial de la Corse", Tome 1, p. 374-375, De François Demartini Préface de Michel Vergé-Franceschi, Ed Alain Piazzola
  13. (A.S.G Liasse 1313. 1561-1662)
  14. Cf. ouvrages de référence in bibliographie : François Demartini, Colonna de Cesari Rocca, Orticoni. Voir aussi, en ligne : http://www.tonton-pixel.org/fm/Les-Malaspina-de-Speloncato-eBook.pdf
  15. Colonna de Cesari Rocca : Armorial corse, pp 60-61, qui mentionne une origine lombarde et la possession d'un château féodal à Santa Reparata.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux sur l'histoire de la Corse où il est fait état de questions relatives à la noblesse et aux familles notables ou influentes:

  • Michel Vergé-Francesci (préface d'E. Le Roy Ladurie), Histoire de Corse, 2 tomes, édition Le Félin / Kiron, 2007
  • La Réunion définitive de la Corse aux États de la Commune de Gênes, Gênes, 1900.
  • Recherches sur la Corse au Moyen Âge. Les origines de la rivalité des Pisans et des Génois, Gênes, 1901.
  • Histoire de la Corse écrite pour la première fois d’après les sources originales, éd. Jouve, Paris 1908.
  • Histoire de Corse, en collaboration avec Louis Villat, Paris, 1916.
  • Mémoires du Sébastien Costa, grand chancelier du roi Théodore
  • Correspondance de Pascal Paoli (5 tomes parus à ce jour)
  • Evelyne Luciani, Louis Belgodere, Dominique Taddei : Trois prêtres balanins au cœur de la révolution corse - Erasmo Orticoni, Gregorio Salvini, Bonfigliuolo Guelfucci, éd. Alain Piazzola, 2006.

NB : les références bibliographiques complètes seront introduites sous peu

Ouvrages consacrés à la noblesse corse

    • Pierre-Paul Raoul Colonna de Cesari Rocca : Armorial corse, éd. Jouve, Paris, 1892; rééd. Jeanne Laffitte, Marseille, 1987 (le premier ouvrage sur les sujets, écrit sur la base de contributions des familles; marqué par son époque, très succinct mais généralement fiable).
    • François Demartini : "Armorial de la Corse", éd Piazzola, Ajaccio 2003 (est devenu l'ouvrage de référence, son auteur ayant sillonné toute la Corse durant des années et ayant non seulement relevé le plus grand nombre possible de blasons, mais aussi consulté un grand nombre d'archives privées et publiques; il a aussi recueilli les traditions familiales et témoignages divers; la magistrale introduction de Michel Vergé-Franceschi constitue sans doute désormais "la" référence à toute présentation du sujet).
    • Jean-Christophe Orticoni : "Nouvel Armorial corse" (plus précis sur certaines familles mais nécessite parfois de revenir aux sources primaires).
    • Michel Vergé-Franceschi : Le Cap corse, généalogies et destins, éd Alain Piazzola, 2006 (une mine de renseignements sur la plupart des familles nobles et notables du Cap).
    • Daniel Istria : Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse : du XIe siècle au XIVe siècle, Éditions Alain Piazzola, Ajaccio 2005.
    • Jacques Meurgey: Les barons Mariani et leurs alliances, Imprimerie Daupeley-Gouverneur, Nogent-le-Rotrou, 1933 (un grand classique et même l'un des ouvrages fondateurs en dépit de ses insuffisances liées à l'époque où il a été élaboré) (consacré aux Mariani, mais aussi aux Arrighi de Casanova, Boerio, Caraccioli dont l'acte de RNF est publié, etc)