Lise Sarfati

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sarfati.
image illustrant une photographe image illustrant français
Cet article est une ébauche concernant une photographe française.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?). Pour plus d’informations, voyez le projet associé.

Consultez la liste des tâches à accomplir en page de discussion.

Lise Sarfati
Defaut 2.svg
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (58 ans)
OranVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Site web
Distinction

Lise Sarfati est une photographe française.

Le corps, son rapport à l'espace et la relation au vide sont au centre de sa recherche artistique. Le choix méticuleux de ses personnages (qui s'apparente à la manière dont le cinéaste Robert Bresson choisissait ses modèles), la spontanéité du sujet, photographié dans son environnement réel, cette authenticité construite[1] sont également au cœur de la démarche de l'artiste.

Elle vit et travaille aujourd'hui aux États-Unis où elle a déjà réalisé six séries majeures.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lise Sarfati est née à Oran le 12 avril 1958 et a grandi à Nice. Elle a fait ses études à la Sorbonne dont elle est diplômée d'une maîtrise de russe en 1979[2]. Son sujet de mémoire portait sur la photographie russe des années vingt[3].

Autodidacte, Lise Sarfati explique qu'elle a appris la photographie seule avec des livres[2]. C'est d'ailleurs à l'âge de quinze ans que sa mère lui offre la monographie de Diane Arbus aux éditions du Chêne[2].

Elle a d'abord travaillé un an à Aix-en-Provence dans une galerie spécialisée dans la photographie, avant d'être engagée par l'Académie des Beaux-Arts de Paris pour réaliser les photographies des œuvres pour les catalogues d'exposition.

Fascinée par la Russie et les périodes révolutionnaires, elle s'y installe en 1989 avec la volonté de vivre les bouleversements qui traversent le pays à cette époque. Elle y résidera une dizaine d'années, lors desquelles elle réalisera un travail photographique[4] basé sur une recherche personnelle dont le résultat s'apparentera à la photographie documentaire bien qu'elle n'y empruntera pas les codes classiques[1].

À son retour de Russie, Lise Sarfati ne souhaite pas revenir vivre en France car l'architecture en Europe domine et écrase le personnage, elle ne voulait pas se retrouver dans ce déséquilibre.

Depuis 2003, elle vit et travaille aux États-Unis[5] où la perception de l'espace est pour elle comparable à celle en Russie.

Lise Sarfati est représentée aux États-Unis par la galerie Yossi Milo[6], New York et par la Rose Gallery[7], Santa Monica, CA.

Œuvres[modifier | modifier le code]

C'est à treize ans que Lise Sarfati réalise ses premières photographies avec un appareil 6x6 emprunté à sa sœur. À cette époque elle accompagne sa mère qui rendait visite à de vieilles dames dans leurs appartements niçois. Lise Sarfati racontera que la vision de ces femmes avait quelque chose d'angoissant. Les photographier lui permettait alors de transformer ces visites en un jeu. Elle prenait tout d'abord un portrait de ces femmes, puis photographiait ensuite leurs appartements[2].

Suivra un travail photographique dont le sujet était la Promenade des Anglais à Nice.

Post Factum

En 1996, quelques jours après la mort de Marguerite Duras, Lise Sarfati réalisera des photographies (post mortem) de l'appartement de la défunte[8]. Ces images dans lesquelles apparaissent un lit défait, un robinet qui fuit, une fenêtre entrouverte, sont empreintes du souvenir récent de la personne qui y vivait, comme si elle venait juste de s'absenter[9].

Acta est

De ces années passées en Russie, il en sortira un portrait très personnel de ce pays présenté dans un ouvrage intitulé Acta Est (acta est fabula : la pièce est jouée) publié en 2000 aux éditions Phaidon[10]. Ce premier livre de l'artiste est un montage de quarante-six photographies, quarante-six coupes d'une Russie post-soviétique. La première partie du livre présente des paysages urbains déserts, souvent jugés à tort de lieux délabrés. Il s'agit en réalité de véritable lieux d'existence dans lesquels des gens vivent, de tels lieux étant très répandus à cette époque en Russie. Volontairement les figures humaines n'apparaissent pas avant la vingt-sixième scène, ce qui permet à Lise Sarfati de "camper le décor"[11] avant d'y intégrer progressivement ses personnages. Les photographies ayant été réalisées à Norilsk où il fait jour la nuit, il a donc été possible de photographier tard le soir lorsque les rues sont vides. Néanmoins la trace du corps dans ces espaces (graffitis, tables usagées...), la présence humaine est omniprésente dans cette Russie qui avait réduit l'homme à l'état de marchandise[12]. Dans la seconde partie du livre, Lise Sarfati fait intervenir les personnes importantes qu'elle a rencontrées, les deux frères mineurs détenus, Volodia l'enfant qui mange sa deuxième ou troisième banane, Alexandra le transsexuel dont l'histoire hantera la fin de ce récit photographique.

Rough, Cold and Close : a Russian Poem

Série de photographies de scènes d'intérieur, d'immeubles, paysages et personnages rencontrés lorsque l'artiste vécue en Russie. Auxquelles se mélangent également des portraits de jeunes homosexuels[13]. Réalisée à Moscou, Saint-Petersbourg et Vologda dans le nord du pays.

The New Life

L'une des séries majeures de la photographe Lise Sarfati s'intitule The New lifeLa Vie nouvelle (2003), publiée en 2005 chez Twin Palms Publisher. L'artiste a parcouru les États-Unis, de Berkley à Austin en passant par Portland, la Nouvelle-Orléans ou encore Los Angeles pour réaliser des portraits d'adolescents issus de la classe moyenne américaine, seuls dans leur environnement. L'artiste insiste cependant sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une série sur les adolescents aux États-Unis, mais sur l'idée du vide. Du questionnement face au vide[1]. Elle saisit le décalage entre le sujet et le monde qui l'entoure, métaphore du sentiment de décalage et de flottement propre à la période de l'adolescence[14]. Lise Sarfati choisit ses personnages très précisément pour ce qu'ils sont, ce qu'ils dégagent, leurs émotions, ce qu'ils cherchent à exprimer et les vibrations qu'ils dégagent. Ce choix méticuleux lui permet de ne pas créer de mise en scène, de laisser ces personnages évoluer naturellement dans leur univers, de s'y perdre et de saisir photographiquement cette instant où l'émotion humaine est intacte[1].

Austin, Texas

Cette série de photographies de mode produite en 2008 pour Fashion Magazine et publiée par l'agence Magnum Photos marque un nouveau tournant dans l'œuvre de Lise Sarfati. Lorsqu'on lui a proposé ce projet, elle ne sera pas séduite d'emblée. Et c'est précisément le fait que cela lui pose un problème qui l'intéressera. Elle avait constaté que le vêtement dominait généralement l'image dans une photographie de mode. Elle a donc eu envie de réaliser une série où le vêtement serait parfaitement intégré à l'image, où le personnage et son environnement redeviendraient central. Elle dira de cette série qu'elle est la plus simple qu'elle ait jamais réalisée : des scènes de vie banale, d'une fille de la classe moyenne dans une ville moyenne américaine, Austin, Texas.

She

On Hollywood

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

2016

Oh Man, Centro Italiano per la Fotografia, Turin, Italie

2014

Post-Factum, musée d'art du comté de Los Angeles (LACMA), Los Angeles, CA, États-Unis

2012

On Hollywood, Yossi Milo Gallery, New York, États-Unis

SHE, Brancolini Grimaldi Londres, Royaume-Uni

On Hollywood, Rose Gallery, Santa Monica, CA, États-Unis.

SHE, Rose Gallery, Santa Monica, CA, États-Unis.

2011

The New Life, Magnum Gallery Paris, France.

2009

Lise Sarfati-Austin, Texas- Fotografins Hus, Stockholm, Suède

Lise Sarfati-Austin, Texas – Brancolini Grimaldi Galleria, Rome

2008

Lise Sarfati, Recent works, Le loft Sévigné, Paris, France

Rough, Cold and Close : A Russian Poem, Yossi Milo Gallery, New York, États-Unis

Lise Sarfati, Austin, Texas - Fashion Magazine, Maison Rouge, Paris, France

Lise Sarfati, Galleria Carla Sozzani, Milan, Italie

The New Life, Centre National de l’Audiovisuel, Dudelange, Luxembourg

The New Life, Center of Contemporary Art « Vinzavod » for the Seventh International Month of Photography “Photobiennale’’ Moscow, Russie

2007

The New Life, FOAM Amsterdam, Pays-Bas

The New Life, Aberdeen Art Gallery, Aberdeen, Écosse

2006

The New Life, UC Riverside California Museum of Photography, États-Unis

La Vie Nouvelle Lise Sarfati, Rencontres Internationales d’Arles

The New Life, Rose Gallery, Santa Monica, CA, États-Unis

Lise Sarfati Retrospective Nicolaj Center of Contemporary Art, Copenhague, Danemark

2005

The New Life, Yossi Milo Gallery, New York, États-Unis

La Vie Nouvelle, Museo de San Telmo, San Sebastien, Espagne

Lise Sarfati American series, The Photographer’s gallery London, Royaume-Uni

2004

Retrospective, Russian series, The New Life, Domus Artium Centro del Arte Salamanca, Espagne

2002

Russian Series, Maison Européenne de la Photographie, Paris, France

Post Factum, Rencontres Internationales de la Photographie, Arles, France

1997

Lise Sarfati, Prix Niepce, Musée Nicephore Niepce, Chalon-sur-Saône, France

1996

Lise Sarfati, Prix Niepce, Centre national de la photographie, Paris, France

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Rémi Coignet, « Une conversation avec Lise Sarfati », sur Des livres et des photos (consulté le 6 mars 2016)
  2. a, b, c et d (fr) « Lise Sarfati, Elizabeth Avedon - L'Œil de la photographie », sur L'Œil de la photographie (consulté le 5 mars 2016)
  3. « Planches contact le nouveau rendez-vous photographique de Deauville », sur facondepenser.com,‎
  4. « ARTIST STATEMENT FRENCH », sur LISE SARFATI (consulté le 5 mars 2016)
  5. « ARTIST STATEMENT », sur LISE SARFATI (consulté le 5 mars 2016)
  6. JK Keller, www.c71123.com, « Yossi Milo Gallery - Artists - Lise Sarfati », sur www.yossimilo.com (consulté le 6 mars 2016)
  7. « Lise Sarfati », sur ROSEGALLERY (consulté le 6 mars 2016)
  8. « Women In Photography - Lise Sarfati », sur womenphotographers.weebly.com (consulté le 6 mars 2016)
  9. « Lise Sarfati: Post-Factum | LACMA », sur www.lacma.org (consulté le 6 mars 2016)
  10. « Lise Sarfati : Acta Est | Photography | Phaidon Store », sur Phaidon (consulté le 5 mars 2016)
  11. Rémi Coignet, « Une conversation avec Lise Sarfati », sur Des livres et des photos (consulté le 5 mars 2016)
  12. « Sarfati, l'empreinte russe », sur Libération.fr (consulté le 6 mars 2016)
  13. JK Keller, www.c71123.com, « Yossi Milo Gallery - Exhibitions - Lise Sarfati », sur www.yossimilo.com (consulté le 6 mars 2016)
  14. Exposition de la série La Vie Nouvelle à la Magnum Gallery, à Paris

Liens externes[modifier | modifier le code]