Lionel de Marmier

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Lionel de Marmier
Description de cette image, également commentée ci-après
Lionel de Marmier près de son Potez à Villacoublay en 1927
Naissance
Bellegarde-en-Marche (France)
Décès (à 47 ans)
En vol
Nationalité Drapeau de la France Française
Pays de résidence France
Profession
Activité principale
Pilote d'avions
Autres activités

Compléments

Drapeau de la France France libre : Personnalité de la France libre

Alexandre Léonel Pierre, dit Lionel, de Marmier est un pilote militaire et civil, également pilote automobile, officier français, né à Bellegarde-en-Marche, dans le département de la Creuse dans l'actuelle Nouvelle Aquitaine, le , à 22 heures au no 1 de la rue Notre-Dame[1], et décédé le dans un accident aérien entre Alger et la France.

Résistant, figure des Forces aériennes françaises libres, fondateur, le , de la prestigieuse unité Groupe de bombardement Lorraine, il est avant tout l'organisateur des lignes aériennes militaires reliant, de 1941 à 1944, le Moyen-Orient et les territoires d'Afrique rattachés à la France libre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né du marquis François-Raynald de Marmier (dynastie comtoise du château de Ray-sur-Saône en Haute-Saône) et d'une mère creusoise, Marie-Adèle Picaud, il a deux frères et une sœur. Son père, officier dans l’infanterie, est tué au front le . Ses frères servent brillamment dans l’aviation. L’un, François, l'aîné, a le pied arraché au cours d’un combat aérien en 1915, l'autre, René, est tué lors d'un combat aérien en 1916.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lionel de Marmier est mobilisé en 1916, à l'âge de 18 ans, pour servir dans l'aviation. Il atteint le rang d'As de la Première Guerre mondiale avec six victoires aériennes homologuées, plus trois non homologuées. Il est affecté successivement aux escadrilles 112e, 176e et 81e. Il a partagé avec son ami Fernand Chavannes l'un des rares SPAD S.XII, avion embarquant un canon.

L’Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Dès 1923, il dispute plus qu'honorablement plusieurs courses automobiles. Il termine ainsi troisième du Grand Prix du M.C.F. en sur le tout nouvel autodrome de Linas-Montlhéry avec une Salmson VAL[2], puis en 1925 il gagne le premier Prix Icare à Montlhéry devant son équipier Georges Casse, finit deuxième de la Course des 1500 du Meeting de L'Aéro Club de Montlhéry encore, et quatrième du Junior Car Club "200" de Brooklands, le tout sur cyclecar/voiturette Salmson VAL[3]. Il remporte enfin en 1927 le Grand Prix de l'Ouverture pour cyclecars à bord d'une Salmson Grand Prix, en s'imposant dans deux des trois épreuves combinées[4]. Il participe encore à deux reprises aux 24 Heures du Mans, en 1926 (Salmson type DZ 1.2L) et 1927 (Salmson type Grand sport 1.1L), ainsi qu'à quelques courses en Grande-Bretagne, en Belgique (24 Heures de Spa 1926 avec Jacques Edouard Ledure[5]), et en Espagne.

D' au , il est également pilote d'essai chez Nieuport, pilote de ligne à la Compagnie Franco-roumaine de Navigation Aérienne, puis pilote d'essai chez Potez. Il œuvre aussi à l’Aéropostale de 1930 à 1933.

En 1934, Lionel de Marmier est nommé inspecteur des lignes puis est affecté comme chef pilote d'essais à la direction générale d'Air France, chargé de la réception des nouveaux matériels. De 1936 à 1938, il prend une part active à la Guerre d'Espagne, aux côtés des Républicains espagnols, pour lesquels il transporte du personnel et livre du matériel et des vivres.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Mobilisé en septembre 1939 dans le groupe aérien des transports militaires, en tant que commandant de réserve de l'Armée de l'air, Lionel de Marmier refuse cette affectation et désire reprendre dans la chasse le poste qu'il occupait en 1918. Sur Caudron C.714, il remporte deux nouvelles victoires aériennes, en abattant deux avions allemands au-dessus de Villacoublay, puis une troisième quelques jours plus tard à Étampes. Refusant l'armistice, il passe en Angleterre le . Il est le premier officier supérieur de l'armée de l'air à rallier les Forces françaises libres.

Lionel de Marmier forme un premier groupe de combat, le . Appelé G.C.1 (Groupe de combat no 1), il est formé de 4 escadrilles. Le Général de Gaulle, le , lui confie la charge de convaincre les autorités de Dakar, au Sénégal, que l'Afrique occidentale française doit rejoindre la France libre et continuer le combat contre les forces de l'Axe. L'opération de Dakar ayant échoué, le groupe de combat no 1, baptisé « Menace », débarque à Douala (Cameroun) le . Lionel de Marmier rencontre alors celui qui deviendra le maréchal Leclerc, et qui vient de rallier le Cameroun à la France Libre. Du 1er au , le Groupe de combat no 1 assure des missions de mitraillage et de bombardement contre les points fortifiés de Libreville (malgré un télégramme officiel venant lui interdire au dernier moment cette opération) et de Port-Gentil. Le Gabon se rallie enfin à la France Libre. Les avions du Groupe de combat no 1, regroupés à Fort-Lamy avec ceux de trois escadrilles du groupe TOPIC, forment le G.R.B.1 (Groupe réservé de bombardement no 1) à partir du . Le , Lionel de Marmier est nommé chef d'état major des Forces françaises libres au Moyen-Orient.

En , Lionel de Marmier crée une base de départ à l'oasis de Ounianga-Kébir d'où partent les missions de bombardement des positions italiennes de Koufra, les 2, 5 et , appuyant ainsi la marche de Leclerc. Le Lieutenant-colonel de Marmier est désigné par le Général de Gaulle, le , pour organiser les unités de chasse et de bombardement situées au Moyen-Orient. À cet effet, il est nommé Adjoint Air du général Catroux au Caire. Le Général de Gaulle désirant regrouper tout le personnel disséminé dans les unités britanniques sous la cocarde française, Lionel de Marmier replie le personnel et le matériel du Groupe réservé de bombardement no 1 à Damas, le . Le , il fonde alors le Groupe « Lorraine » (le G.R.B.1 devient le Groupe de bombardement no 1 « Lorraine », G.B. Lorraine). Au printemps 1941, malgré le désir de Lionel de Marmier de commander une unité engagée, le Général de Gaulle lui confie la tâche très importante d'organiser les lignes aériennes militaires françaises (LAM), avec l'objectif de relier le Moyen-Orient aux territoires présents en Afrique-Équatoriale française et en Afrique-Occidentale française, rattachés à la France libre. En dépit des difficultés et du manques de matériel et de personnel, les lignes aériennes militaires commencent à fonctionner dès la fin 1941. Ce système de transport prend alors une importance considérable, par le transport de personnels, de matériels et de vivres qu'il permet. Lionel de Marmier en est nommé directeur en 1943.

Le , Lionel de Marmier avait été nommé colonel et, en 1943, il recevait à Alger les félicitations du Général de Gaulle. Le , le gouvernement de Vichy le fait condamner à mort, à la dégradation militaire et à la confiscation de tous ses biens par le tribunal maritime permanent de Toulon, pour crime de trahison. À la Libération, il atterrit en France et accompagne le Général de Gaulle à Paris. Lors de la descente des Champs-Élysées, le protocole le place au même rang que les généraux. Du au , il fait partie de la mission Paris-Moscou qui préparera le pacte Franco-Russe entre Staline et de Gaulle.

Le , Lionel de Marmier trouve la mort en plein ciel et disparaît en mer, à l'âge de 47 ans, dans l'avion bimoteur Lockheed Lodestar qui le ramenait d'Alger en France. Les circonstances de l'accident n'ont jamais été élucidées.

Après sa mort, Lionel de Marmier sera promu général de brigade aérienne à titre rétroactif.

Air Mémorial Creusois consacre à son souvenir une exposition permanente constituée d’objets personnels confiés par sa famille. Dans sa ville, une plaque est apposée sur sa maison natale et le stade municipal porte son nom.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Début de l'aviation dans la Creuse

Liens externes[modifier | modifier le code]