Lionel Royer

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Lionel Royer
Lionel Royer photo.jpg

Portrait de Lionel Royer
paru dans Nos peintres et sculpteurs, graveurs, dessinateurs en 1897.

Naissance
Décès
Nom de naissance
Lionel-Noël Royer
Nationalité
Activité
Maître
Distinctions
Prix de Rome en peinture de 1882
Œuvres réputées

Lionel Royer[1], né le à Château-du-Loir et mort le à Neuilly-sur-Seine, est un peintre français.

Il est notamment l'auteur des grandes scènes de la Vie de Jeanne d’Arc à la basilique du Bois-Chenu à Domrémy, ainsi que du tableau Vercingétorix jette ses armes aux pieds de Jules César.

Biographie et œuvre[modifier | modifier le code]

Vercingétorix jette ses armes aux pieds de César (1899), musée Crozatier au Puy-en-Velay.

Engagé volontaire à moins de 18 ans dans les Volontaires de l’Ouest, il fait la guerre de 1870 et participe notamment à la bataille de Loigny le 2 décembre 1870 avec le général La Contrie. Celui-ci, ayant remarqué qu’il dessine bien, lui fait offrir une bourse d'étude à l'École des beaux-arts de Paris. Il y est élève d’Alexandre Cabanel et de William Bouguereau.

Il expose au Salon à partir de 1874 où il obtient une médaille de 3e classe en 1884 et une médaille de 2e classe en 1896. Il obtient le second premier grand prix de Rome en peinture de 1882 et une médaille de bronze à l'exposition universelle de 1900[2].

Il devient ensuite un portraitiste réputé et surtout un peintre d’histoire.

Ses œuvres les plus connues sont Vercingétorix jette ses armes aux pieds de César (1899, musée Crozatier au Puy-en-Velay) et la décoration de la basilique de Domrémy dédiée à Jeanne d’Arc.

À la une des suppléments illustrés de journaux de l’époque, il fut le commentateur de son temps, notamment lorsqu’il peignit Dreyfus dans sa prison ou Auguste Comte et ses trois muses.

En souvenir de sa participation à la bataille de Loigny, il donne deux tableaux à la nouvelle église reconstruite de ce village, l’un représentant la messe entendue par les Volontaires de l’Ouest avant de partir à la bataille et le second dépeignant la nuit d’agonie du général de Sonis sur le champ de bataille.

En 1897, il fait don à la Société historique et archéologique du Maine – dont il est membre comme le fut également Albert Maignan – des dix maquettes aquarellées représentant la Vie de Jeanne d’Arc, exécutées au dixième et présentées en 1893 au concours des verrières de la cathédrale d'Orléans, qu’il ne réalisera pas.

« Les scènes de batailles à Orléans devant la forteresse des Tourelles ou à Compiègne offrent à Royer, peintre d'histoire, de donner sa mesure à composer l’enchevêtrement des corps vêtus de cuirasses et des jeux de lances. Pour susciter l’émotion, l’allégorie et le merveilleux viennent en aide à l’histoire. (…) Lionel Royer s’appuie sur les lieux historiques, cités avec précision. (…) Jeanne, en avant et isolée, est l’instrument qui suggère à la sphère politique et religieuse une possible réconciliation. (…) Par la synthèse évocatrice qu’il réalise et le sentiment qu’il introduit dans ce cycle, le peintre laisse le jugement aux idées de chacun[3]. »

— Chantal Bouchon, Revue Historique et Archéologique du Maine.

Lionel Royer reprend cette iconographie johannique (assisté de Charles Lorin de Chartres comme maître-verrier) à la basilique de Domrémy. Dans la verrière du Dépôt de l’épée de Fierbois par un ange, le visage de Xaintrailles porte les traits de l'architecte Paul Sédille.

« Quoique empreints d’historicisme dans les personnages aux réminiscences raphaélesques et presque ingresques, ces verrières ont une connotation d’appel à la revanche, dans ce lieu de Domrémy si chargé de symbole[3]. »

— Chantal Bouchon, Revue Historique et Archéologique du Maine.

Il eut deux filles et un fils. Celui-ci, engagé dans la prêtrise, fut gazé pendant la première Guerre mondiale et mourut peu après. Les deux filles de Royer ont laissé des descendants, l’une en France, l’autre en Belgique.

Lionel Royer est enterré à Fontenay-aux-Roses.

Vercingétorix jette ses armes aux pieds de César[modifier | modifier le code]

Ce tableau a été très largement diffusé pendant un siècle par les manuels d'histoire français.

La représentation qu'il donne de la reddition de Vercingétorix est, selon les historiens modernes, invraisemblable et anachronique[4]. Elle procède sans doute d'une traduction inexacte d'un passage de la Guerre des Gaules de César[5] ; elle reprend par ailleurs des images populaires du XIXe siècle antérieures d'une trentaine d'années.

Les historiens soulignent notamment le fait que Vercingétorix ne s'est certainement pas présenté en armes devant César au moment de sa reddition (il aurait été massacré par la garde romaine). Le cheval est à l'époque une monture romaine, les Gaulois utilisant plutôt des poneys (plus petits). Le tableau traduit surtout une volonté d'héroïser le personnage de Vercingétorix.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Bataille d'Auvours, le 10 janvier 1871 (1874), Le Mans, musée de Tessé.

Œuvres non localisées[modifier | modifier le code]

  • Cupidon et Psyché, 1893, exposé à Chicago lors de la World's Columbian Exhibition de 1893[réf. nécessaire]

Illustration[modifier | modifier le code]

  • Alfred Dreyfus dans sa cellule avant la déportation à l'île du Diable, 1895, illustration pour Le Petit Journal illustré, no 218, 20 janvier 1895

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Peindre l’Histoire - Lionel Royer », in Revue Historique et Archéologique du Maine, Le Mans, 1998 (reproduction des dix scènes de la Vie de Jeanne d’Arc par Lionel Royer : Domrémy, Vaucouleurs, Chinon, Orléans, Reims, Compiègne, Rouen).
  • Chantal Bouchon, « Verrières de Jeanne d’Arc - Participation des artistes manceaux aux Concours d'Orléans à la fin du XIXe siècle : Eugène Hucher, Albert Maignan, Lionel Royer », in Revue Historique et Archéologique du Maine, Le Mans, 1998, 3e série t. 18, t. CXLIX de la Collection, p. 241-256.
  • Jean-François Luneau, Félix Gaudin : peintre-verrier et mosaïste, Clermont Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, 2006, 621 p., (ISBN 978-2-8451-6284-6), p. 406-407.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né « Lionel-Noël Royer ».
  2. « Félix Gaudin, peintre-verrier et mosaïste, 1851-1930 Par Jean-François Luneau (p. 406) », sur books.google.fr
  3. a et b Peindre l’Histoire - Lionel Royer, in Revue Historique et Archéologique du Maine, Le Mans, 1998
  4. Documentaire de Jérôme Prieur, Vercingétorix, DVD Arte Editions, 2012 ; le tableau est analysé dans les trois épisodes
  5. Christian Goudineau dans le documentaire de Jérôme Prieur, Vercingétorix, épisode 1, DVD Arte Editions, 2012
  6. « Lionel Royer sur le site du musée Muséum », sur museum.cg05.fr
  7. « Diane surprise », notice no 000PE009968, base Joconde, ministère français de la Culture
  8. « Bataille d'Auvours, le 10 janvier 1871 », notice no 000PE009877, base Joconde, ministère français de la Culture
  9. « Mauresque », notice no 000PE014426, base Joconde, ministère français de la Culture
  10. « Daphné changée en laurier », notice no 00160017326, base Joconde, ministère français de la Culture
  11. (fr)[PDF]« BASILIQUE-CATHÉDRALE Marie-Reine-du-Monde et Saint-Jacques-le-Majeur », sur www.cathedralecatholiquedemontreal.org
  12. « Le Chœur de la cathédrale du Mans », notice no 000PE009892, base Joconde, ministère français de la Culture
  13. « Vercingétorix jette ses armes aux pieds de César », notice no 000PE031497, base Joconde, ministère français de la Culture
  14. « Le musée Crozatier - Les collections », sur www.mairie-le-puy-en-velay.fr

Liens externes[modifier | modifier le code]

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