Link Wray

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Link Wray
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Link Wray en concert à Seattle en 2005.

Informations générales
Nom de naissance Fred Lincoln Wray Jr.
Naissance
Dunn (États-Unis)
Décès (76 ans)
Copenhague (Danemark)
Activité principale chanteur, guitariste, compositeur
Années actives 1956-2005
Labels Epic, Swan, Polydor, Virgin

Link Wray est un guitariste et chanteur de rock américain né le 2 mai 1929 à Dunn, en Caroline du Nord, et mort le 5 novembre 2005 à Copenhague[1].

Il rencontre ses premiers succès à la fin des années 1950, se démarquant à l'époque par son blues rock violent et amplifié d'une distorsion excessive, démocratisant également l'utilisation du power chord (notamment grâce à l'instrumental Rumble, sorti en 1958)[2],[3].
Musicien relativement méconnu du grand public, il demeure une influence majeure pour ses contemporains[2],[4],[5] et ouvrit la voie aux courants musicaux associés aux années 1970 (punk, heavy metal)[3].

« Je cherchais quelque chose que Chet Atkins n'avait encore jamais joué - qu'aucun de tous ces rois du Jazz n'avaient jamais joué [...]. J'étais en quête de mon propre son »

— Link Wray, 2002, [6]

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Fred Lincoln « Link » Wray Jr nait en 1929 à Dunn (Caroline du Nord). Il grandit dans des quartiers défavorisés, où une population majoritairement noire fait régulièrement face aux répressions racistes du Ku Klux Klan[7]. Il est le second fils de Lillie M. Norris et Fred Lincoln Wray, un couple de prêtres d'origine Shawnees, une tribu indienne à laquelle il rendra hommage dans des chansons comme Geronimo, Apache, Comanche, ou encore Days Before Custer[2][8]. Sa mère, handicapée, failli mourir à la césarienne qu'on lui pratiqua à sa naissance (il en gardera aussi des séquelles assez lourdes)[9], et lui reste très chère. Il l'accompagnera régulièrement lors de séances de prédications publiques qui lui laisseront un souvenir fort : « Moi et [mes deux frères] jouions des chansons pendant qu'elle parlait. C'était sidérant, vraiment, très puissant. Je sentais qu'il y avait quelque chose de spécial au fond d'elle [...]. C'était notre Dieu »[7]

À l'âge de 8 ans, il fait la connaissance de Hambone, un orphelin noir vivant dans un cirque établit non loin de sa maison : « J'étais assis sous le porche. Mon père avait acheté à mon frère Ray une guitare Maybelle [...], mais Ray préférait sortir et faire du vélo [...] donc je l'ai empruntée. Elle n'était même pas accordée, je ne savais pas ce que je faisais, et voilà que débarque ce type qui me dit de le laisser faire. Il l'a prise, l'a accordée, a sorti un bottleneck et commencé à chanter du blues. Je suis tombé amoureux de cette musique »[7]. Link multiplie les visites à son nouvel ami et apprend les bases de la guitare, essayant sans relâche de se mesurer à ses idoles[2],[7] : Chet Atkins, Grady Martin, Ray Charles, Tal Farlow, Hank Williams... mais son jeu reste trop lent à son goût, et il commence à s'intéresser au travail du son[10]. On peut noter qu'un épisode de rubéole lui laissera des séquelles auditives[7], d'où le jeu puissant qu'il développera par la suite.

En 1943, la famille Wray fuient la misère et s'installent à Portsmouth, en Virginie, sous l'impulsion du père de Link qui s'est fait recruter sur un chantier naval[9]. La fratrie Wray y travaillera aussi un temps, et formera deux groupes de musique : country, initié par Vernon (l'ainé) et Doug, et jazz, par Link et Ray. Dans le même temps, Link intégrera les Phelps Brothers, stars locales, et commencera à se faire les dents du scène[9],[7].

En 1951, il est mobilisé dans l'armée américaine et s'envole pour la Corée et l'Allemagne durant deux ans. Atteint de la tuberculose, il y laissera un poumon quelques années après son retour, en 1956[8].

Bien loin de se décourager, il se concentre d'avantage sur son jeu de guitare[9], et s'équipe d'une Gibson Les Paul dès 1953. Epaulé de ses 3 frères, il forme alors son premier vrai groupe, "Lucky Wray and the Palomino Ranch Hands", lesquels se construiront rapidement une renommée locale qui leur vaudra plusieurs concerts à travers le pays[9].

En 1955, ils partent enregistrer leurs premières chansons à Washington, dont le rockabilly I Sez Baby, mais Link reste insatisfait de ses performances vocales[9],[11]. Dans le même temps, il se désintéresse progressivement de ses influences premières[7] et commence à se pencher sur l'élaboration d'une musique plus "lourde" qui lui permettrait de s'exprimer pleinement.

Rumble et Link Wray and the Raymen[modifier | modifier le code]

De retour à Portsmouth, Link continue les concerts avec son jeune frère Doug. Devant un public composé principalement de « marins ivres », il commence à durcir son jeu : « J'ai commencé à sortir mon épingle du jeu; Doug jouait plus vite, [...] on reprenait des standards country dans un style plus agressif, j'imagine qu'on aurait pu appeler ça du rock'n'roll, on ne le savait seulement pas à l'époque ». La tuberculose gagne cependant du terrain, et Link est opéré en urgence, ce après quoi il restera en observation pendant près d'un an. Durant cette période creuse, Doug est amené à jouer pour Elvis Presley, encore inconnu du public.
Link est témoin de ses débuts et se fascine pour cette nouvelle musique dont le jeune talent deviendra une icône.[7]

En janvier 1958, Link est remis sur les rails et se retrouve lui et son groupe en Virginie, dans un show local pour lequel ils devaient initialement reprendre un titre populaire du moment, The Stroll. Sorti de l'hôpital quelques mois plus tôt et avec un poumon en moins, Link ne connait pas ce titre, et ne peut chanter, il improvise alors un riff calé sur un rythme de Doug. Dans la confusion, Ray plaque un des micros contre l'amplificateur de Link. La puissance délivrée étant trop importante pour le matériel de l'époque, le groupe obtient un son extrêmement saturé : c'est la naissance de Rumble, pièce de 3 accords que Link prétend être issue d'une rencontre avec Dieu lors de son séjour à l'hôpital.[7]

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

  • 1960 : Link Wray & the Wraymen
  • 1962 : Great Guitar Hits by Link Wray
  • 1963 : Jack the Ripper
  • 1964 : Sings and Plays Guitar
  • 1971 : Link Wray
  • 1971 : Mordicai Jones
  • 1972 : Be What You Want To
  • 1973 : Beans and Fatback
  • 1974 : The Link Wray Rumble
  • 1975 : Stuck in Gear
  • 1977 : Robert Gordon with Link Wray (avec Robert Gordon)
  • 1978 : Fresh Fish Special (avec Robert Gordon)
  • 1979 : Bullshot
  • 1979 : Live at the Paradiso
  • 1990 : Apache
  • 1990 : Wild Side of the City Lights
  • 1993 : Indian Child
  • 1997 : Shadowman
  • 1997 : Walking Down a Street Called Love
  • 2000 : Barbed Wire

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Link Wray et Chris Whitley court-circuités, Libération, Philippe Garnier, 26 novembre 2005.
  2. a, b, c et d Un article consacré, au site CBCmusic.com, daté au 29/02/2012. On peut y lire des témoignages de Pete Townshend, Jimmy Page ou encore Lenny Kravitz le citant comme une influence majeure.
  3. a et b Un article du Washington Post consacré à la mort de l'artiste, disponible ici (22/05/2005)
  4. Un extrait du documentaire It Might Get Loud, où Jimmy Page explique l'impact du morceau Rumble sur son jeu de guitare, visible sur YouTube.com
  5. Une interview, publiée au site EarOfNewt.com et datée au 03/07/1997
  6. Un article consacré, au site Vartiety.com, daté au 22/09/2005
  7. a, b, c, d, e, f, g, h et i Une biographie complète, au site Furious.com (2006)
  8. a et b Une page consacré à l'artiste, au site IMDb.com (consultée le 02/05/2015)
  9. a, b, c, d, e et f Une page consacrée à l'artiste, au site Rockabillyhall.com
  10. « Nous avons déménagé en Virginie quand j'avais 13 ans, et j'essayais de jouer comme tous ces joueurs de country, mais sans succès, je n'arrivais à me débrouiller avec ce son "clean". Au lieu d'essayer d'imiter la finesse de Chet Atkins, j'ai crée mon propre "tonnerre" ("rumble" en anglais)», EarOfNewt.com
  11. L'enregistrement de I Sez baby, disponible sur YouTube

Liens externes[modifier | modifier le code]