Linda Nochlin

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Linda Nochlin
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Biographie
Naissance
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 86 ans)
Nom de naissance
Linda WeinbergVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Membre de
Distinctions
Liste détaillée
Bourse Guggenheim ()
Women's Caucus for Art Lifetime Achievement Award (en) ()
Distinguished Service to the Visual Arts Award (d) ()
Docteure honoris causa de l'université Harvard‎ ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales

Linda Nochlin, née Linda Natalie Weinberg[1], est une féministe, enseignante et chercheuse en histoire de l'art américaine, née le à Brooklyn (New York) et morte le . C'est une spécialiste de Gustave Courbet, du courant pictural réaliste en France. Mais elle est également notoire pour avoir porté un nouveau regard sur la place des femmes dans l'histoire de l'art occidental.

Biographie[modifier | modifier le code]

Linda Nochlin naît le 30 janvier 1931 à Brooklyn[2]. Elle est la fille unique d'Elka Heller et de Jules Weinberg[3]. En 1951, elle obtient un baccalauréat en philosophie, avec une mineure en études grecques et en histoire de l'art, au collège Vassar. Elle est titulaire d'une maîtrise en littérature anglaise du 17e siècle (1952) de l'université Columbia et d'un doctorat (1963) en histoire de l'art de l'université de New York. Sa thèse, sous la direction de Robert Goldwater, porte sur Gustave Courbet et le réalisme[4],[5]. En 1953, elle et Philip H. Nochlin, un assistant professeur de philosophie au college Vassar, se marient et ont une fille[1]. Philip H. Nochlin décède en 1960. En 1968, elle se remarie avec Richard Pommer (1930-1992), un historien de l'architecture, avec qui elle aura une deuxième fille[3].

Elle enseigne l’histoire de l'art au collège Vassar, puis à l'université de la ville de New York et, enfin, au New York University Institute of Fine Arts de 1980 à 1990[2]. Elle enseigne aussi l’histoire de l’art et les sciences humaines à l’université Yale de 1989 à 1992[4].

Ses recherches sur Gustave Courbet et le courant réaliste font l’objet d’un ouvrage intitulé Realism and Tradition in Art. Sources et Documents, 1848-1990, publié en 1966 par Horst Waldemar Janson. Elle participe en 1988 à l'organisation d'une exposition intitulée « Courbet Reconsidered » pour le Brooklyn Museum où est exposé le tableau Origine du monde[2],[6].

Elle est également particulièrement connue pour son article « Pourquoi n'y a-t-il pas eu de grandes artistes femmes ? »[7], en janvier 1971 dans Artnews, qui lance une nouvelle branche de l'histoire de l'art : l'histoire et la place des femmes dans l'art. Elle s'y interroge en effet sur ce culte voué à des peintres comme Michel-Ange, tandis que des femmes comme Sofonisba Anguissola, Artemisia Gentileschi, Élisabeth-Louise Vigée Le Brun, Barbara Leigh Smith Bodichon, Rosa Bonheur, Angelica Kauffmann, Vanessa Bell, Marie Bashkirtseff, Cecilia Beaux, Hannah Höch, Hilma af Klint, Suzanne Valadon, Harriet Backer ou encore Gwen John, passent totalement inaperçues[4]. Elle est ainsi à l'origine d'une intense polémique autour de cette question : « Pourquoi n'y a-t-il pas eu de grandes femmes artistes ? », sous-tendue par un présupposé radical et ironique qu'elle exprimait ainsi : « puisque l'histoire de l'art a été écrite par des hommes ». De façon plus générale, elle démontre que « l’injustice est plus profonde encore, découlant du système éducationnel et institutionnel du monde de l’art, de la vision du réel s'enracinant dans la tradition dominante, blanche, masculine et occidentale »[8]. En , elle présente, avec Ann Sutherland Harris, au musée d'art du comté de Los Angeles l'exposition Women Artists: 1550-1950[9].

Elle décède le [2],[4],[8].

Ouvrages (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Linda Nochlin (trad. Oristelle Bonis), Femmes, art et pouvoir, Nîmes, Jacqueline Chambon, 1993 [1988], 251 p. (ISBN 2877110869)
  • Linda Nochlin (trad. Oristelle Bonis), Les politiques de la vision. Art, société et politique au XIXe siècle, Nîmes, Jacqueline Chambon, 1995 [1989], 279 p. (ISBN 2877111245)
  • (en) Linda Nochlin, Misère: the Visual Representation of Misery in the 19th Century, New York, Thames & hudson, , 176 p. (ISBN 978-0-500-23969-8)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Linda Nochlin, Trailblazing Feminist Art Historian, Dies at 86 – ARTnews.com », sur www.artnews.com (consulté le 14 mai 2020)
  2. a b c et d Emmanuelle Lequeux, « Décès de Linda Nochlin, pionnière de l’histoire de l’art féministe », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. a et b (en) « Linda Nochlin obituary », sur The Guardian, (consulté le 14 mai 2020)
  4. a b c et d Caroline Dubois, « Décès de l’historienne de l’art Linda Nochlin », Connaissance des arts,‎ (lire en ligne)
  5. (en) Andrew Russeth, « Linda Nochlin, Trailblazing Feminist Art Historian, Dies at 86 », Artnews,‎ (n=http://www.artnews.com/2017/10/29/linda-nochlin-trailblazing-feminist-art-historian-dies-at-86/)
  6. (en) « Review/Art: A Wealth of Masterworks, Old and New; At Brooklyn Museum, The Sumptuous World Of Gustave Courbet », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  7. Linda Nochlin, Femmes, Art et pouvoir, et autres essais, Paris, Jacqueline Chambon,
  8. a et b Ingrid Luquet-Gad, « Pourquoi n'y a-t-il pas eu de grandes artistes femmes ? », Les Inrocks,‎ (lire en ligne)
  9. Carole Blumenfeld et Eric Biétry-Rivierre, « Non, les artistes femmes n'ont pas été rares », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  10. (en) « Book of Members 1780-2017 », sur Académie américaine des arts et des sciences (consulté le 29 mai 2019).
  11. (en) « The Distinguished Service to the Visual Arts Award », sur Art Table (consulté le 29 mai 2019).
  12. (en) « Honorary Degrees », sur Université Harvard (consulté le 27 mai 2019).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]