Lin (pape)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Lin
Image illustrative de l’article Lin (pape)
Saint Lin
Biographie
Naissance Volterra
Décès vers 79
Rome
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat vers 67
Fin du pontificat vers 76

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Lin (en latin : Linus), mort à Rome vers 79, est une personnalité du christianisme ancien dont la tradition conservée dans les premières listes épiscopales romaines fait le premier évêque de Rome. Les éléments de sa biographie sont largement légendaires.

Suivant la tradition, Lin aurait reçu sa charge des apôtres Pierre et Paul après qu’ils aient établi l’Église chrétienne dans la capitale de l’Empire, charge qu’il aurait assurée une douzaine d'années dans une période comprise entre les années 66 et 79, avant d'être martyrisé. Au tournant du IIIe siècle naît la tradition selon laquelle l’apôtre Pierre est le premier évêque de Rome. La tradition catholique fait depuis lors de Lin le deuxième pape.

Considéré comme saint par les églises catholique et orthodoxe, il est fêté le 23 septembre. Dans l’Église romaine sa fête était autrefois de rite semi-double, avant d'être supprimée du Calendrier romain général de 1969.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Bien que les éléments biographiques le concernant soient extrêmement ténus, l’existence historique de Lin ne fait néanmoins pas de doute, sans qu’il soit toutefois possible de savoir quelles ont pu exactement être ses fonctions et rôles dans la communauté chrétienne romaine naissante[1].

Le Liber Pontificalis en fait le fils d’un certain Herculanus, le fait naître en Toscane[2]. Au IVe siècle, les Constitutions apostoliques évoquent « Linus, fils de Claudia », initiant la tradition qui lui donne pour parents l'aristocrate romaine chrétienne Claudia Rufina et son époux Pudens, parfois identifié à Aulus Pudens[3]. Enfin, une tradition locale datant du Moyen Âge le fait naître à Volterra où son culte est toujours célébré et une église lui est dédiée[4].

Irénée et Eusèbe[5] identifient Lin au compagnon de Paul de Tarse évoqué sous ce nom dans la deuxième épître à Timothée[6] lorsqu'il envoie ses salutation de Rome à ce dernier qui réside à Éphèse[1]. Une tradition légendaire en fait le rédacteur des Actes de Pierre[2].

Les sources anciennes s’accordent sur la durée de son ministère, long d'une douzaine d'années, mais pas sur les dates précises de celui-ci qui aurait pris place entre la fin des années 50 et celle des années 70[1]. Les historiens conjecturent une période comprise entre 67 et 76[7] ou encore 68 et 79[2]. Pour Eusèbe de Césarée, Lin est mort en 79, après avoir exercé le ministère épiscopal à Rome pendant douze ans, à partir de 68 (tandis que dans le Chronicon il attribue onze ans à son ministère épiscopal)[8]. Le Catalogue libérien atteste pour son épiscopat la durée de douze ans, quatre mois et douze jours de 56 à 67 ; le Liber pontificalis (n ° 2) parle de onze ans, trois mois et douze jours[8].

Le Liber Pontificalis affirme que c’est Lin qui aurait prescrit, à la demande de Pierre, que les femmes se voilent à l’église[2]. Il aurait effectué deux ordinations pour un total de quinze évêques et dix-huit prêtres[8].

Selon diverses traditions, Lin aurait subi le martyre par décapitation le 23 septembre 78, sur décret d'un consul Saturninus, ce qui lui vaut de figurer au Martyrologe romain[2]. Il aurait été enseveli le même jour au Vatican auprès de l’apôtre Pierre[8]. Il est toutefois absent du Martyrologe hieronymien[2]. La tradition orthodoxe le retient au nombre des Septante disciples[9].

Succession épiscopale[modifier | modifier le code]

« Linus », « Clet » et « Clemens» dans un manuscrit du Liber Pontificalis, XIe siècle, Bibliothèque nationale de France

Le nom de Lin comme premier successeur de Pierre apparaît déjà dans les plus anciennes listes épiscopales de Rome[8], transmises au IIe siècle par Hégésippe (vers 160) et Irénée de Lyon (vers 180), confirmées au IVe siècle par Eusèbe de Césarée[1] qui cite une liste contemporaine de l’évêque de Rome Éleuthère, mort en 189[2].

D'après Irénée, Lin aurait reçu la charge d’épiscope (en grec episkopê) des apôtres Pierre et Paul eux-mêmes[10],[8] après qu’ils eurent établi l’Église chrétienne dans la capitale de l’Empire, et l'identifie avec la personne homonyme mentionnée dans 2 Timothée 4, 21. Eusèbe de Césarée réaffirme cette identification[11], et déclare à plusieurs reprises que Lin était le premier successeur de Pierre[8]. Cependant, Tertullien (vers 200) et les auteurs postérieurs n’évoquent plus que Pierre pour lui confier cette charge[2]. Au tournant du IIIe siècle naît la tradition selon laquelle l’apôtre Pierre est le premier évêque de Rome[2]. Une tradition existait en outre selon laquelle le premier successeur de Pierre aurait été Clément, faisant de Lin et de son successeur Clet des sortes d'évêques coadjuteurs de l'apôtre, une tradition connue de Ruffin d'Aquilée au IVe siècle[4].

Lieux nommés d'après Lin[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d John Norman Davidson Kelly (trad. Colette Friedlander), Dictionnaire des Papes [« The Oxford Dictionary of Popes »], Brepols, coll. « Petits dictionnaires bleus », (1re éd. 1986) (ISBN 2-503-50377-2), p. 4-5
  2. a b c d e f g h et i Jean-Marie Salamito, « Lin », dans Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire historique de la Papauté, Fayard, (ISBN 9782213025377), p. 1053
  3. Constitutions apostoliques, (en) livre VII, 46, 6.
  4. a et b (it) Francesco Scorza Barcellona, « Lino, santo », dans Enciclopedia dei Papi, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, (lire en ligne)
  5. Eusèbe de Césarée, Histoire Ecclésiastique, vol. Tome I (Livres I-IV), Paris, Cerf, coll. « Sources Chrétiennes » (no SC 31), , 221 p. (ISBN 978-2-204-06751-5, OCLC 16128725), Livre III, II. : « Après le martyre de Pierre et de Paul, Lin, le premier, obtint l'épiscopat de l'Église de Rome. En écrivant de Rome à Timothée, Paul fait mention de lui dans la salutation à la fin de l'épître (II Tim. 4, 21) ».
  6. 2Tim IV. 21 : «Tâche de venir avant l'hiver. Eubulus, Pudens, Linus, Claudia et tous les frères et sœurs te saluent ».
  7. Thomas Tanase, Histoire de la Papauté en Occident, Paris, Éditions Gallimard, , p. 566.
  8. a b c d e f et g Santo Lino, Enciclopedia dei Papi (2000).
  9. Jacques-Paul Migne, Patrologia Graeca, vol. XCII, Paris, , p. 521-524, 543-545, 1061-1065
  10. Adversus haereses, III, III, 3 : « Après que les apôtres Pierre et Paul eurent fondé et organisé l'Église (à Rome), ils conférèrent à Lin l'exercice de la charge épiscopale ».
  11. Historia ecclesiastica III, 2; 4, 8.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Ekkart Sauser, « LINUS, Papst », dans Biographisch-bibliographisches Kirchenlexikon, t. V, Herzberg, , col. 98-100
  • John Norman Davidson Kelly (trad. Colette Friedlander), Dictionnaire des Papes [« The Oxford Dictionary of Popes »], Brepols, coll. « Petits dictionnaires bleus », (1re éd. 1986) (ISBN 2-503-50377-2), p. 4-5
  • Jean-Marie Salamito, « Lin », dans Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire historique de la Papauté, Fayard, (ISBN 9782213025377), p. 1053
  • (it) Francesco Scorza Barcellona, « Lino, santo », dans Enciclopedia dei Papi, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :