Lili Brik

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Lili Brik
1928 LYuB editing film.jpg
Lili Brik en 1928.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 86 ans)
PeredelkinoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Лили Уриевна КаганVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Institut d'architecture de Moscou (en)
Cours féminin supérieur (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Fratrie
Conjoints
Vasily Abgarovich Katanyan (d)
Ossip Brik (de à )
Vitaly Primakov (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata

Lili Brik (en russe : Лиля Юрьевна Брик, Lilia Iourievna Brik), née le 30 octobre 1891 ( dans le calendrier grégorien) à Moscou, nom de naissance Kagan (Каган), et morte le est actrice et membre du mouvement d'avant-garde russe. Muse de Vladimir Maïakovski, elle fait publier et diffuser l’œuvre du poète. Son image est associée à l'affiche publicitaire de 1924 réalisé par Alexandre Rodtchenko pour la maison d'édition Gosizdat.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lilya Yurevna Kagan née en 1891 à Moscou est la fille d'un avocat juif et d'une professeure de musique. Lili et sa sœur Elsa reçoivent une éducation classique. Elles apprennent le piano, le français et l'allemand. Lili étudie l'architecture à Moscou, se forme au ballet et au théâtre. Elle écrit également de la poésie[1].

Elle épouse en 1912 Ossip Brik écrivain de l'avant-garde russe, critique littéraire et éditeur audacieux. En 1915, le couple Lili et Ossip Brik reçoivent dans leur appartement à Saint-Pétersbourg de nombreux artistes, cinéastes et écrivains faisant partie de la nouvelle génération d'artistes révolutionnaires russes. La sœur cadette de Lili, Elsa âgée de 19 ans y introduit le poète Vladimir Maïakovski, installé à Moscou[1]. Ossip Brik conquis, édite aussitôt ses poèmes qui le rendent rapidement célèbre. Lili devient la muse de Maïakovski. Ils décident alors de ne jamais se séparer et forment un trio non conventionnel. Dans les années 1920, le trio voyage à Berlin et Paris où il retrouve la sœur de Lili, Elsa Triolet qui a épousé Louis Aragon. En 1928, le régime soviétique renforce les contrôles et la répression stalinienne se fait pressante.

Lili Brik et Vladimir Maïakovski

Maïakovski se suicide au printemps 1930, d'une balle dans le cœur. La même année, Lili Brik divorce et épouse un général stalinien Vitali Primakov. Lili Brik rassemble les écrits de Maïakovski pour les faire publier, en 1935. La répression stalinienne se fait de plus en plus forte. Lili Brik et Vitali Primakov font partie de la liste établie par Staline des personnes soupçonnées d'être partisanes de Léon Trotsky. Vitali Primakov est arrêté et exécuté en 1937[2]. Lili Brik aurait été épargnée par Staline lui-même[3].

En1938, elle devient la compagne de l'écrivain Vassili Katanian et le couple installé à Moscou passe la plupart de son temps à diffuser l'œuvre de Maïakovski.

En 1955, Lili Brik obtient l'autorisation de voyager et de rendre visite à sa sœur Elsa à Paris. En1978, elle se suicide à l'âge de 87 ans, après une chute qui devait la laisser invalide pour le restant de ses jours[2].

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Dans les années 1920, Lilya Brik réalise un documentaire sur les fermes collectives juives en Russie Jews On the Land, une parodie sur le cinéma bourgeois intitulé The Glass Eye[2].

En 1923, elle fonde avec Serge Tretiakov, le journal LEF pour Leftist Front of Arts, qui devient la revue du constructiviste russe.

Liili Brik pose pour Alexandre Rodtchenko qui avait abandonné la peinture et la sculpture pour la photographie. Alexandre Rodchenko intègre les portraits de Lili Brik dans des photomontages pour des affiches, des brochures et des publications. Un des images marquantes est la photo qui illustre le poème Pro Eto de Maïakovski, en 1923. Lili Brik pose les yeux écarquillés, le regard fixe. Une autre affiche connue est celle réalisée pour l'éditeur soviétique, Gosizdat, en 1924, Lili Brik la bouche ouverte crie LIVRES![3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arcadi Vaksberg, Lili Brik : portrait d'une séductrice, Paris : Albin Michel, 1999
  • Lettres à Lili Brik (1917-1930), trad. Andrée Robel, Claude Frioux, Paris : Gallimard Poche, 1999
  • Лиля Брик - Эльза Триоле: Неизданная переписка (1921-1970), Москва : Эллис Лак, 2000
Lili Brik - Elsa Triolet : Correspondance inédite (1921-1970), Moscou : Ellis Lak, 2000
Lili Brik - Elsa Triolet : Correspondance 1921 - 1970, traduit du russe sous la direction de Léon Robel, NRF Gallimard, 2000

Références culturelles[modifier | modifier le code]

  • Franz Ferdinand fait référence à l'affiche d'Alexandre Rodtchenko pour la pochette d'album You Could Have It So Much Better[3].
  • Le chanteur Raphael fait référence à Lili Brik dans « Le vent de l'hiver ».
  • Le groupe de rock français Noir Désir fait référence à Lili Brik dans sa chanson « À l'arrière des taxis ».
  • Le rappeur Dooz kawa dans son dernier titre "le temps des assassins" fait référence à Brik et Maïakovski

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en-GB) Sue Steward, « Lilya Brik: a very Soviet siren », The Telegraph,‎ (ISSN 0307-1235, lire en ligne)
  2. a, b et c « THE GIRL IN RODCHENKO'S POSTER », sur nzagainstthecurrent.blogspot.fr, (consulté le 29 avril 2018)
  3. a, b et c (en-GB) « Rodchenko's revolution: a socialist with true vision », The Independent,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]