Ligue du LOL

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Ligue du LOL
Situation
Région France
Création 2009
Langue Français
Organisation
Effectifs Entre 20 et 40 personnes
Personnes clés Vincent Glad (fondateur)
Dépend de Facebook

La Ligue du LOL est le nom d'un groupe Facebook privé créé en 2009 par le journaliste Vincent Glad et regroupant essentiellement de jeunes hommes journalistes, communicants et publicitaires parisiens. En février 2019, certains de ses membres sont accusés de harcèlement en groupe, coordonné, parfois à connotation sexiste ou homophobe.

Leurs actes étaient la plupart du temps localisés sur Internet, sur les réseaux sociaux et en particulier Twitter. Les victimes déclarées affirment avoir été la cible d'attaques coordonnées, d'usurpations d'identité, harcelées et attaquées publiquement ou en privé, approchées parfois physiquement sur leur lieu de travail, en raison de leur sexe, genre, physique, de leur origine ethnique ou raciale réelle ou supposée, de leur appartenance politique ou religieuse réelle ou supposée, de leur orientation sexuelle réelle ou supposée, ou de leurs compétences professionnelles. Les victimes sont principalement des femmes militantes féministes, anti-grossophobie ou afroféministe. Des hommes sont la cible d'attaques homophobes. La dimension antisémite est occasionnellement présente de la part de certains des membres du groupe[1],[2].

L'affaire éclate dans les médias le , lorsque le service Checknews, vérificateur de faits de Libération, publie un article sur la Ligue du LOL[3],[4]. Une dizaine de victimes sont alors interrogées et dénoncent ces actes de harcèlement moral par certains membres du groupe et leur public sur Twitter[3]. L'affaire se ramifie progressivement et déclenche une vague de réactions non seulement sur les réseaux sociaux, mais aussi dans la sphère politique et à l'étranger, certains commentateurs parlant à cette occasion d'un « #MeToo du journalisme français ».

Les conséquences pour les personnes désignées comme auteurs des faits sont essentiellement médiatiques et professionnelles[5], les dimensions pénales étant complexes à mettre en place, d’autant plus que le délai de prescription empêche de poursuivre tous les harcèlements qui n'ont pas perduré au-delà de 2014, et qu'il est difficile de retrouver des preuves, surtout lorsque tweets et photomontages ont été supprimés par leurs auteurs. Certains membres présumés du groupe sont ainsi mis à pied, suspendus, licenciés, ou voient certains de leurs projets et collaborations interrompus. Slate et Télérama annoncent maintenir à leur poste deux journalistes membres de la ligue, après les avoir entendus et évalués non coupables de harcèlement. Des membres de la ligue affirment ne pas avoir participé à du cyber-harcèlement et ne pas avoir été au courant de tout ce dont témoignent les victimes. Certains membres reconnaissent des faits de harcèlement, qu'ils attribuent souvent à d'autres qu'eux-même, assurant avoir été des « témoins passifs ».

Historique[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Vincent Glad

La « Ligue du LOL » est le nom d'un groupe Facebook privé créé en 2009[6],[7],[8],[9] comportant à ses débuts, selon son fondateur le journaliste Vincent Glad, une quinzaine d'hommes et deux ou trois femmes[10]. La Ligue du LOL rassemble ensuite au fil des années entre 20 et 40 personnes, principalement des utilisateurs de la première heure du site Twitter en France, pour la plupart travaillant dans les secteurs du journalisme, du web, de la communication et de la publicité[11],[4],[10]. Selon Libération, le groupe compte encore une trentaine d'adhérents en 2019. D'après les membres du groupe qui s'expriment lorsque le scandale éclate en février 2019, cette page Facebook leur permettait essentiellement d'échanger des découvertes faites sur le web, des messages humoristiques et des conseils[10]. Henry Michel, qui a fait partie du groupe pendant un moment, affirme que cette page permettait surtout de blaguer, comme il n'aurait pas été possible de le faire en public, et qu'il y avait un côté « observatoire des personnages de Twitter » où l'on se moquait de certaines personnes. Henry Michel estime que par la suite, cette « observation du petit monde de Twitter s’est cristallisée sur des personnes », avec des « obsessions de certains membres du groupe »[4].

Parisiens, les membres se retrouvaient régulièrement dans des soirées, notamment au bar l'Autobus (Paris XIe)[12] où beaucoup de gens de Twitter de l'époque se regroupaient[13].

En 2010, dans un article de Slate, Vincent Glad propose une théorisation de ce qu'il considère être le LOL qui selon lui se différencie du journalisme citoyen, que les médias mainstream ont institutionnalisé en hébergeant des blogs sur leurs plateformes web maison. Selon lui, le LOL, qui se caractérise par l'ironie, est l'« inépuisable capacité créatrice du web à tout ridiculiser pour replacer les institutions (politiques, stars, médias...) à leur juste place: à l'horizontale sur le plan de l'Internet égalisateur ». Il voit dans le LOL un véritable contre-pouvoir. Il décrit les techniques utilisées, les photomontages, la création de mèmes et appelle à laisser s'exprimer cette nouvelle tendance dans les médias mainstream[14]. En 2019, Vincent Glad déclare que l'objectif de la Ligue du LOL n'était pas de « harceler des femmes » mais « seulement de s'amuser », et il ajoute: « Nous pensions que toute personne visible sur Internet, par son blog, son Twitter ou autre, méritait d'être moquée »[15].

Selon Marianne, à la fin des années 2000, il est difficile pour les jeunes journalistes de percer et d'obtenir des postes dans les grands médias. Les membres de la ligue sont des précaires pour qui Twitter, qui a été lancé en 2006 et en est encore à ses débuts, représente un « Far West » qui va leur permettre d'acquérir une notoriété et se faire repérer par les quelques rédacteurs en chef qui sont membres eux aussi du réseau social[16]. Selon TéléObs, un mode de communication prisé sur Twitter est alors « le clash, l’invective, la polémique », et les tweets de Vincent Glad, « plutôt drôles et mordants » « font école » ; Vincent Glad théorise une méthode pour se faire remarquer sur Twitter, conseillant de « s’embrouiller avec toute la communauté […] pour faire parler de soi »[17]. Fabrice Epelboin, enseignant à Sciences-Po et spécialiste du numérique, confirme : « plus tu clashes, plus ton nombre de folllowers augmente. Plus ton nombre de followers augmente, plus ton influence grandit »[16]. D'après Marianne, chaque jour, les futurs membres de la Ligue du LOL « enchaînent les bons mots, les esclandres et les moqueries plus ou moins fines ». Des amitiés se nouent alors entre ces « précaires des médias, mais aussi des blogueurs et des communicants », ce qui conduit à la naissance de la Ligue du LOL. Sur le groupe Facebook privé administré par Vincent Glad, les membres s'échangent « des bons plans, des rendez-vous d'apéro, de soirées », mais aussi des comptes Twitter « à ridiculiser ». Les rédacteurs en chef qui repèrent certains membres de la Ligue du LOL et vont leurs proposer des postes ne sont pas gênés par leur mode de communication agressif ; le journaliste indépendant Alexandre Léchenet témoigne : « se moquer, c'était valorisé. S'attaquer à des gens, c'était valorisé. (...) Le climat était globalement toxique »[16].

Accusations de harcèlement[modifier | modifier le code]

Selon TéléObs, « par mutations successives, la vanne devient moquerie. La moquerie, tacle. Et le tacle, harcèlement ». Au début les membres de la ligue « se posent en arbitres de ce qui est cool et de ce qui ne l’est pas ». Puis, peu à peu, ils se transforment en « commissaires politiques »[17]. Selon Marianne, les membres de la ligue prennent conscience que lorsqu'ils se mettent à une dizaine pour se moquer d'un même internaute, leur « force de frappe » est « colossale »[16]. Les cibles, souvent récurrentes, se retrouvent sous leur feu mais aussi celui de certains de leurs followers, des trolls qui, dans leur sillage, attaquent avec des flopées de tweets : ce sont les « raids ». Les victimes, lorsqu'elles surréagissent, font de la publicité à leurs « bourreaux ». D'après TéléObs, les cibles sont des féministes, des personnes fragiles, des personnes qui cherchent à leur plaire, ou qui les agacent, des homosexuels « exubérants », etc, et d'une manière plus générale, toute personne qui ne soit pas comme eux « jeune, blanc, homme, hétérosexuel, de gauche. Et, surtout, tellement cool »[17].

Une partie des membres de la Ligue du LOL est accusée de s'en être pris pendant plusieurs années, seuls ou en groupe, anonymement ou via leur compte public, à des dizaines d'utilisateurs de Twitter. Parmi les personnes qui se disent victime on retrouve des femmes comme Florence Porcel[11],[18],[19] (journaliste), Florence Desruol (militante UMP)[20], Capucine Piot (blogueuse), Daria Marx (militante féministe et anti-grossophobie), Nora Bouazzouni (journaliste, autrice et militante féministe), Mélanie Wanga (journaliste, militante afroféministe)[21], Lucile Bellan (journaliste)[22], Aïcha Kottman (critique, militante féministe et anti-grossophobie)[23], ainsi que des hommes comme Cyprien (vidéaste)[20], Matthias Jambon-Puillet (auteur, victime de harcèlement homophobe)[24], Thomas Messias (journaliste)[22], ou Benjamin Lancar (président des Jeunes Populaires, victime de harcèlement homophobe)[25].

Leurs témoignages montrent des souffrances psychologiques, comme celui d'Iris Gaudin, qui après avoir été invitée à rejoindre Twitter par Vincent Glad subit une avalanche de tweets « immondes » à caractère sexuel, notamment par des comptes collectifs et anonymes, dont par exemple @foutlamerde, administré en partie par Vincent Glad. Alexandre Hervaud, membre de la Ligue et ami de Vincent Glad, tweete un message où il « invite à payer une bonne bière » à Iris Gaudin, avec un lien vers une photo d’un verre de bière enfoncé dans un vagin[26],[13]. Daria Marx, autre cible, affirme que chaque fois qu'elle tweetait, elle craignait « d’être débusquée et descendue ». Le blogueur Matthias Jambon-Puillet a reçu des insultes sur lui et son travail, et un photomontage pornographique a été envoyé en son nom à des mineurs. Il raconte des souffrances psychologiques désastreuses : « J’ai pleuré, j’ai tremblé, j’ai vomi, j’ai demandé de l’aide ». Pour cela, il s'est adressé à certains membres de la ligue, Sylvain Paley, Henry Michel ou encore Clément Poursain, qui lui auraient tous dit : « Désolé de ce qui t’arrive, on sait, mais on n’y peut rien, ignore jusqu’à ce que ça passe »[27].

D'autres victimes racontent comment elles ont perdu confiance en elles-mêmes. Par exemple, Capucine Piot déclare : « A force de lire des saletés sur moi partout sur les réseaux, j’ai été convaincue que je ne valais rien »[15], Aïcha Kottmann : « Avant la Ligue du LOL, je pensais que j'écrivais bien. Après, j'ai commencé à me restreindre dans le choix des sujets, à écrire sans jamais rien publier... », et Christophe Ramel a arrêté son blog : « Plus mon blog fonctionnait, plus ils me ciblaient. Et je ne suis pas le seul à avoir remarqué cette corrélation »[28]. Outre les atteintes psychologiques, Iris Gaudin affirme que le dénigrement a eu un impact sur sa carrière : « Les piges se sont raréfiées, je me suis sentie grillée dans la profession »[26].

Une dimension antisémite est également mise en évidence, portée par certains des membres du groupe[1],[2]. Les membres de la ligue trouvent drôle d'être le plus transgressif possible, utilisant par exemple des images de croix gammées. Un membre de la ligue déclare : « Si ça s’offusque, c’est bien la preuve qu’il fallait le faire »[17].

Des signalements d'abord sans réponse[modifier | modifier le code]

Les premières alertes concernant la Ligue du LOL furent lancées par Florence Desruol à Slate et à Gilles Klein (Arrêt sur images) au début de l'année 2010, après qu'elle a reçu un message insultant de la part d'Alexandre Hervaud[12]. Gilles Klein était alors intervenu auprès de Laurent Joffrin, de Libération, employeur d'Alexandre Hervaud[29]. Ce dernier avait alors ironisé publiquement sur l'affaire en février 2010[12]. Peu après Florence Desruol appelle également Johan Hufnagel, alors rédacteur en chef de Slate, supérieur de Vincent Glad[30],[31], mais il ne donne alors aucune suite.

Une nouvelle tentative de dénonciation est faite en août 2010[12] par le biais d'une lettre qui, à l'origine, devait être adressée aux divers directeurs de rédaction. Un brouillon de cette lettre fait l'objet d'une fuite et se retrouve connue des membres du groupe, lesquels la publient sur Twitter afin de la tourner en dérision, en minimisant son importance, et, selon les dires de certains témoins, en harcelant ceux qui essaient de défendre les victimes[32],[31]. La lettre fait l'objet de discussions pendant plusieurs jours sur Twitter ainsi que d'un hashtag : #Lalettre. Mais à l'époque, probablement du fait de la faible utilisation du réseau Twitter, d'une « culture du clash » qui rendaient les utilisateurs de cette époque peu réceptifs à la notion de harcèlement et de la notoriété encore marginale de la plupart des journalistes impliqués, la lettre n'a qu'un impact modéré[31], ou provoque l'indifférence comme en témoigne entre autres un tweet d'Aurore Bergé de 2010 à propos de cette lettre où elle disait « s'en foutre » ; la députée condamne cependant en 2019 les agissements révélés, et assure par ailleurs n'avoir aucun souvenir de cette lettre 9 ans plus tard[33]. Vincent Glad répond alors au journaliste Christophe Colinet, l'un des auteurs de la lettre : « C'est un jeu, c'est du LOL, t'exagères[12] ». La lettre se retourne alors contre les accusateurs[12].

D'autres mises en cause publiques sont publiées en 2014, notamment par Valérie Rey-Robert qui tient le blog féministe Crêpe Georgette[34].

En 2016, Lucile Bellan alerte Charlotte Pudlowski, alors rédactrice en chef de Slate. Une enquête débute mais est mise en pause, faute de moyens[12]. Contacter un membre du groupe expose au fait qu'ils soient tous mis au courant, et les victimes ont peur des représailles[35].

En 2017, Boris Bastide, journaliste, pose une question au sujet de l'existence de la Ligue du LOL dès la création du service de vérification de faits de Libération, Checknews[12]. La fermeture de BuzzFeed France précipite la fin de l'enquête[36].

En mai 2018, le journaliste Alexandre Léchenet, qui intervient à l'école de journalisme de Sciences Po Paris[37], publie un billet de blog relatant sa prise de conscience par rapport à ses propres pratiques[4],[38]. Libération présente Alexandre Léchenet comme n'ayant pas fait partie de la Ligue du LOL[4], mais ce dernier s'est excusé auprès du journal Têtu d'avoir tenu des propos homophobes envers Benjamin Lancar[39]. La même année, dans le sillage de #MeToo, la journaliste Marie Kirschen se lance dans une enquête pour BuzzFeed. Elle abandonne faute de preuves[12].

Au sujet de la faible réaction initiale et de la difficulté de faire sortir l'affaire au grand jour, la rédaction de Slate évoque l'idée qu'il était difficile pour les victimes de contacter un membre de la Ligue du LOL sans risquer d'en devenir une victime ou d'alerter ipso facto les autres membres qui auraient ainsi fait disparaître les preuves et contenus gênants[35]. Le mode de fonctionnement des rédactions de la presse numérique est aussi avancé : contraintes par le temps et par la nécessité de produire des contenus courts en quantité chaque jour, la plupart des journalistes qui auraient pu s'intéresser au sujet en amont ne pouvaient pas consacrer le temps nécessaire à la révélation d'une telle entreprise collective[35]. Aussi, le phénomène de passivité peut s'expliquer par la volonté de préserver sa propre situation et de ne pas nuire à sa propre carrière face à un groupe dominant, puisque « fréquenter les caïds des réseaux sociaux et s’attirer leurs bonnes grâces était synonyme, au moins pendant un temps, d’un potentiel "bénéfice" pour la carrière. Les dénoncer était au contraire risqué »[35]. La peur de déclencher un harcèlement, d'en réveiller un ancien, l'isolement des victimes, ou la honte d'avoir été rabaissée, ont aussi été cités comme facteurs d'étouffement du phénomène[35].

Un autre problème pour les victimes, selon Le Monde, est que le harcèlement n'est pas toujours facilement identifiable lorsqu'il ne consiste pas en injures ou menaces frontales : il peut s'agir de « piques insistantes, messages ironiques envoyés à intervalles réguliers, signes a priori anodins… dont la conjonction crée une grammaire propre aux harceleurs et à leurs victimes, que ces derniers sont parfois les seuls à comprendre »[40].

De plus, Télérama explique qu'à ses débuts Twitter fonctionnait différemment ; notamment, il ne comportait pas de fils de conversation, ses outils de recherche étaient moins performants et cela pouvait donc créer des « angles morts ». Et selon le journaliste Erwan Cario, la prise de conscience de l'existence du harcèlement sur le réseau social s’est faite « vers 2012 ou 2013, quand des personnes publient leurs mentions pour la première fois. On voit alors qu’il y a du harcèlement de masse, alors qu’avant seule la victime voyait tout, sauf si on suivait tous les harceleurs »[41].

L'éclatement de l'affaire semble avoir par ailleurs pour raison partielle le fait que certaines des anciennes personnes ciblées par le groupe avaient depuis atteint une position professionnelle suffisamment stable et protégée pour pouvoir oser parler publiquement[35]. La journaliste Léa Lejeune raconte qu'à l'époque des harcèlements, les journalistes précaires qui en étaient victimes craignaient de perdre des opportunités d'emploi, car les harceleurs avaient des postes importants dans la presse ou étaient amis avec des gens du métier influents[40].

En outre, le changement de contexte et l'inversion partielle du rapport de force à la suite des mouvements tels #MeToo ont libéré la parole des victimes[35].

Antécédents de certains membres[modifier | modifier le code]

Plusieurs membres de la Ligue du LOL se sont par ailleurs faits connaître pour des positions et tweets outranciers par le passé.

En 2011, à la suite d'un documentaire traitant des méthodes de recrutement, Baptiste Fluzin crée un site internet dans lequel il publie les coordonnées personnelles des personnes mises en cause dans le film, incitant les internautes à exprimer « la gêne, la colère ou le dégoût », en leur téléphonant ou en leur envoyant des prospectus[42]. La société GAN le met en demeure et obtient la fermeture du site en question[43]. En 2012, le même Baptiste Fluzin est successivement l'objet de deux plaintes. La première de Nathalie Kosciusko-Morizet, qu'il avait traitée de « grosse salope »[44] sur Twitter et la seconde de Jean-François Copé, traité quant à lui de « fils de pute »[45]. Nathalie Kosciusko-Morizet abandonne finalement sa plainte, mais le parquet condamne pour autant l'auteur des faits à 150  d'amende et 1  de dommages et intérêts[46]. En 2013 il est condamné pour diffamation, puis jugé une seconde fois en 2014 pour d'autres faits de diffamation[47].

Révélation de l'affaire[modifier | modifier le code]

Un article déclencheur[modifier | modifier le code]

Vincent Glad répond à une interview dans Le vent se lève le 3 février 2019 concernant le traitement médiatique selon lui condescendant réservé aux Gilets Jaunes[48]. Le 5 février 2019, Thomas Messias parle sur Twitter d'un « journaliste modèle qui joue les exemples après s'être bien amusé au sein de meutes de harceleurs de féministes ». Il vise Vincent Glad, qui est salué depuis quelques semaines pour son analyse du traitement médiatique des Gilets jaunes[35]. Alexandre Hervaud lui répond publiquement. Il affirme que Thomas Messias ne « digère » pas que Vincent Glad puisse avoir « vraiment changé ». Cette réponse entraîne une réaction de la journaliste Iris KV, qui cite alors le nom du groupe la Ligue du LOL : « Changer c’est bien. S’excuser auprès des personnes que vous avez harcelées, ce serait mieux. Mon fil s’adresse à tous les membres de la Ligue du Lol de l’époque, qui s’en prenaient aux féministes, aux neuroatypiques, etc. Vous avez peut-être oublié, mais les personnes à qui vous avez fait du mal ont une meilleure mémoire »[49]. Plusieurs victimes présumées se saisissent de l'occasion et commencent à témoigner. Un certain « Jean », qui se révèle par la suite être Boris Bastide, journaliste chez Slate entre 2015 et 2017[12], contacte CheckNews[35].

Robin Andraca de Libération en parle à Alexandre Hervaud puis à Vincent Glad, issus de la même rédaction et contacte des victimes présumées. Robin Andraca déclare avoir « progressivement découvert toute la difficulté du sujet vu que certains comptes avaient été « nettoyés » et des tweets supprimés »[50].

Le 8 février 2019, CheckNews répond à la question par un article sur la Ligue du LOL signé par Robin Andraca.

Afflux de nombreux témoignages[modifier | modifier le code]

L'article de CheckNews contient des témoignages de victimes, et suite à la parution de cet article, de nombreux autres témoignages affluent[51]. Selon les témoignages des victimes rapportés par CheckNews dans l'article du 8 février 2019, les membres du groupe avaient des comptes influents, et l'impact de leurs messages prenait donc des proportions importantes. Certaines victimes travaillant dans le milieu du journalisme n'osaient pas se défendre par crainte de répercussions sur leur carrière[3],[4],[24],[21],[52],[53]. Les modalités d'action de certains membres du groupe comprenaient des canulars téléphoniques enregistrés et diffusés publiquement[19], des faux mails, des montages photographiques et vidéo, des insultes[54],[55] des comptes Twitter anonymes visant à diffuser certains de ces montages, comme le compte nommé « @foutlamerde » cogéré par Vincent Glad[56], un archivage des photos individuelles intimes et leur réutilisation associée de moqueries, voire des visites physiques sur le lieu de travail des victimes[57]. Louise, une victime, accuse un membre de la ligue de lui avoir « saisi les seins » lors d'une soirée[54]. D'autres comptes anonymes collectifs comme « Languedeuxpute » ou « jesuisunesalope » ont été utilisés[58]. Les montages photographiques peuvent parfois devenir de véritables gimmicks de bureau, à l'exemple de Benjamin Lancar, moqué pour son homosexualité supposée via - entre autres - une tapette à mouche recouverte d'une photo du jeune homme politique. Il est à l'époque à la tête des Jeunes Populaires et est désigné par des membres de la Ligue comme la « tapette Lancar », comme le révèle Tétu, cette tapette apparaît sur plusieurs photographies de membres de la Ligue du Lol prises au bureau[25]. Les propos antisémites et montages photographiques tournant en dérision le port de l'étoile jaune occupent une certaine place dans les modalités d'action supposées d'une partie du groupe, comme Guillaume Livolsi, Renaud Loubert-Aledo, Stephen des Aulnois, notamment à l'encontre de plusieurs blogueurs et journalistes de confession juive[2].

L'affaire éclate[modifier | modifier le code]

Plusieurs membres du groupe publient des mots d'excuses à la suite de ces révélations. Parmi eux figurent notamment David Doucet (rédacteur en chef aux Inrockuptibles)[59], Henry Michel (podcasteur[11],[60]), Alexandre Hervaud (chef du service web à Libération)[61], ou encore Stephen des Aulnois (rédacteur en chef du Tag Parfait)[3]. L'affaire franchit rapidement les limites des réseaux sociaux et est fortement relayée par la presse généraliste et traverse les frontières de l'hexagone[62],[63],[64],[65].

Libération fait sa une sur les révélations le , titrant que cette affaire « pourrait être le déclencheur d’une remise en question profonde et collective sur le sexisme et l’entre-soi qui gangrènent le milieu »[66]. L'affaire est reprise par la presse à l'étranger, notamment par le New York Times, CNN[réf. nécessaire], The Guardian, BuzzFeed, le Daily Mail qui parle d'un « #MeToo des médias », et le site féministe américain Jezebel qui décrit le groupe comme « fait pour les sales types »[67].

Selon L'Express, « les membres du groupe se défendent »[3]. Vincent Glad et Alexandre Hervaud affirment que la Ligue du LOL n'avait pas d'« obsession anti-féministe », ils se moquaient « de tout, et de tout le monde »[3],[4]. Ils expliquent également que c'était une époque où il était de « bon ton de faire de l'humour noir »[68]. Alexandre Hervaud affirme qu'il n'y a pas eu de « plan com' coordonné » ou « d'échange d'éléments de langage » entre eux[3].

Dans une interview à Mediapart, Vincent Glad estime n'avoir harcelé personne et ne pas être responsable des « membres les plus radicaux »[69]. Alexandre Hervaud affirme en privé à son supérieur hiérarchique Laurent Joffrin ne pas être l'auteur des « harcèlements qui ont choqué tout le monde »[70].

Par ailleurs, plusieurs enquêtes montrent une ambiance de harcèlement généralisé dans la rédactions des Inrockuptibles où deux mises à pied ont eu lieu[71],[72].

Dans l'émission du podcast de Nouvelles écoutes, Quoi de meuf ?, Clémentine Gallot interviewe trois victimes qui expliquent ce que des membres de la Ligue du LOL leur ont fait subir[73].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Mises à pied, suspensions provisoires et cessations de collaboration[modifier | modifier le code]

Le 11 février, Alexandre Hervaud et Vincent Glad sont mis à pied à titre conservatoire, dans le cadre d'une enquête interne à Libération suite aux débuts de l'affaire[61]. Ils seront licenciés le 4 mars 2019, au motif que « les faits rendus publics » lors de l'éclatement de l'affaire témoignent de « dommages graves à plusieurs personnes » et « se situent à l’exact opposé des valeurs que le journal défend depuis sa fondation » induisant « un trouble grave et caractérisé pour Libération »[74]. Il en va de même aux Inrockuptibles où David Doucet (rédacteur en chef web), et François-Luc Doyez (rédacteur en chef web adjoint), mis à pied le 12 février, seront finalement licenciés fin février notamment sur motif qu'ils ont nui à l'image du magazine[75],[59],[76],[77].

Brain Magazine annonce également cesser sa collaboration avec Vincent Glad[59] et le site de podcasts Nouvelles écoutes la sienne avec Guilhem Malissen, qui animait Bouffons dont la production a par ailleurs été momentanément suspendue[78]. Publicis Consultants, employeur de Renaud Loubert-Aledo en tant que strategist depuis 2011 annonce le même jour que ce dernier a été mis à pied à titre conservatoire[78]. Stephen des Aulnois annonce son retrait du Tag Parfait qu'il décide de mettre en pause[78]. Le même jour, Guillaume Ledit est mis à pied par son employeur Usbek & Rica[79] qui annonce également arrêter « toute collaboration » avec Renaud Loubert-Aledo[76]. Le 12 février Sylvain Paley, décrit comme membre fondateur[76], propose de quitter la société Qualiter, qui elle-même désire qu'il parte. Qualiter annonce arrêter l'émission Studio 404 à laquelle il participait[76],[80]. Deux salariés de la Mairie de Paris, Gautier Gevrey et Julien Verkest, soupçonnés d'avoir proféré des propos antisémites[2] et d'appartenir à la Ligue du LOL sont convoqués par leur direction[81]. Le service communication de la mairie indique qu'« à ce stade » ils n'ont pas eu connaissance de faits de harcèlement, bien que le pseudo de « @woumpah » (pseudonyme du directeur artistique Gautier Gevrey) ait été relevé dans plusieurs tweets[82] ; cependant, la rédaction de Médiapart révèle par la suite qu'ils auraient mis en œuvre plusieurs montages et campagnes d'insultes invitant la victime, qualifiée de « pute de merde de dégénérée », à se mutiler le sexe « avec une scie sauteuse », le message se concluant par « Je t’encule avec une tribu ethnique eurabienne »[2]. Les deux employés de la mairie de Paris se livraient régulièrement à des propos relatifs aux juifs avec un autre membre de la ligue, Renaud Loubert-Aledo[2]. Le journaliste Alexandre Léchenet est exclu de l'équipe d'enseignement de l'école de journalisme de Sciences Po Paris, même s'il ne faisait pas partie de la ligue, pour avoir avoué en 2018 s'être livré à la même époque à des actes de harcèlement du même type[83]. Le podcast Riviera Détente d'Henry Michel est stoppé[84]. Le 19 février 2019, Julien Verkest et Gautier Gevrey, sont suspendus à titre conservatoire[85] le temps que la Mairie de Paris décide de saisir le conseil de discipline pour recueillir son avis et décider de la sanction qu'elle souhaite leur appliquer[86],[87],[88].

Inversement, Christophe Carron, rédacteur en chef chez Slate, est maintenu à son poste, sa proposition de démission ayant été refusée. Le directeur général du site, Marc Sillam, affirme ne rien avoir vu au sujet de Christophe Carron dans les nombreux témoignages des victimes qui puisse justifier une action et rajoute que Christophe Carron n'a harcelé ou insulté personne. Par ailleurs, avant le début de l'affaire en février 2019, Christophe Carron a discuté à plusieurs reprises avec une journaliste de Slate, victime de la ligue du LOL, et ils ont pu échanger leurs points de vue. Télérama annonce que sa direction a convoqué Olivier Tesquet, que ce dernier a déclaré ne pas avoir pratiqué de harcèlements, et que la direction est convaincue après cet entretien que la participation d'Olivier Tesquet à la Ligue du LOL a été « passive »[89].

Judiciarisation[modifier | modifier le code]

Le 11 février 2019, un collectif d'une quinzaine d'avocats annonce étudier la possibilité de poursuites judiciaires à l'encontre des membres de la ligue. Deux obstacles sont à surmonter. D'une part, il n'est pas facile de rassembler des preuves, surtout si les tweets ou photomontages ont été supprimés par leurs auteurs. Et les victimes n'ont pas forcément gardé des traces du harcèlement. Par exemple, l'une déclare avoir fait du ménage dans ses dossiers, pour « aller de l'avant ». D'autre part, la ligue semble avoir œuvré plutôt entre 2009 et 2013 et le délai de prescription complique la tâche. Le délit de cyberharcèlement date de 2014, doublant la peine encourue par rapport à un « simple » harcèlement, et le délai de prescription, d'abord de trois ans dans la loi de 2014, est porté à six ans en 2017. A priori, les faits déjà prescrits au moment du vote de cette loi en 2017, c’est-à-dire ceux avant 2014, ne peuvent être poursuivis. Mais c'est le dernier acte de cyberharcèlement qui compte pour le démarrage du délai de prescription, et il est donc possible en 2019 de poursuivre pénalement pour des faits anciens si par exemple le cyberharcèlement a continué après 2017, ou bien si un vieux tweet de harcèlement a été retweeté récemment, la Cour de cassation considérant qu'il s'agit d'une republication faisant recommencer le délai de prescription à zéro[90],[40],[91],[92],[93].

Le 20 mai 2019, alors qu'aucune plainte n'a encore été déposée contre la Ligue du LOL, l'association féministe « Prenons la une » adresse un signalement au procureur de Paris pour qu'il ouvre une enquête. L'association souhaite que « la suppression de nombreux messages sur les réseaux sociaux, à la suite de la révélation de l’affaire, soit étudiée, afin de savoir si cela constitue une nouvelle infraction d’entrave à la saisine de la justice ». Selon l'association, une enquête permettrait de « récupérer un certain nombre d'éléments qui ont été effacés ». L'association SOS racisme avait déjà adressé au parquet un signalement similaire en février 2019. « Prenons la une » appelle la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, et la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, à demander également l'ouverture d'une enquête[94],[95].

Un phénomène loin d'être isolé[modifier | modifier le code]

Au sein des rédactions web[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, des enquêtes de presse sont alors publiées, démontrant qu'un phénomène sexiste a été découvert au sein de Vice France en 2017 au sein d'un groupe privé nommé Les Darons et du HuffPost en 2018 dans un fil de discussions Radio Bière Foot[96], et qui présentent les mêmes caractéristiques : les femmes sont discriminées, l'ambiance est malsaine, voire violente. Certains hommes se regroupent sur des canaux de discussion Slack privés, où ils utilisent des expressions insultantes vis-à-vis des femmes et parfois des homosexuels, et se transmettent des informations confidentielles concernant des femmes. Dans les deux cas, des salariées découvrent le contenu de ces conversations par hasard, sur un écran laissé ouvert par l'utilisateur. Elles sont profondément choquées. Ces affaires débouchent sur deux licenciements à Vice France (Sébastien C. et Rodolphe B.) et trois au HuffPost[97],[98]. L'affaire permet aussi de mettre en lumière d'autres groupes comme « Ultim-hate » alimenté par d'anciens élèves de l’École de Journalisme de Grenoble[99],[100],[101] ou des cas dans l'Éducation nationale[102].

Marie Maurisse du journal le Temps souligne des problèmes similaires, quoique de moindre ampleur en Suisse, et le lancement d'une enquête de Tamedia via la plateforme mediatoo[103] proposant de recueillir des témoignages anonymes[96].

Le 5 avril 2019, dans la lignée des révélations sur Vice et Le HuffPost, les journalistes David Perrotin et Paul Aveline révèlent l'existence d'un autre « boys club » au sein de la rédaction du site internet d'information de France Info[104]. L'enquête journalistique fait notamment état du licenciement pour faute grave d'un journaliste, Nicolas E., accusé d'agressions sexuelles (Il lui est reproché d’avoir embrassé de force une apprentie journaliste de la rédaction à la sortie d’un bar)[104], ainsi que de la mise à pied du rédacteur en chef et de son adjoint. Une vingtaine de salariés et anciens de la rédaction ont été interrogés par les journalistes de Libération entre le mois de février et d'avril 2019, dans la lignée des révélations sur la Ligue du LOL[104], permettant de faire état d'un groupe « dont certains ont dénigré et harcelé des femmes sur les réseaux sociaux »[104]. Selon Libération, une enquête interne menée par Célia Mériguet au cours des semaines suivant directement les révélations de la Ligue du LOL, aurait permis d'exhumer la répétition de ces comportements au sein de la rédaction, visant spécifiquement les femmes, souvent dans des situations de contrats précaires et temporaires au sein de la rédaction, débutantes ou en formation. Deux des personnes visées et accusées par ces femmes, Thibaud V. et Bastien H., étaient par ailleurs des cadres, proches collaborateurs de Célia Mériguet[104], les victimes présumées faisant état des difficultés à dénoncer ces faits : « ce sont des gens qui comptent dans le métier : ils sont chefs, résume un journaliste. On ne peut pas les attaquer aussi facilement, encore moins lorsqu’on est stagiaire ou apprenti »[104]. Les modes opératoires de ce petit groupe reposaient sur la quête d'informations privées sur les apprenties et stagiaires, via les réseaux sociaux, afin de les affubler dans un premier de surnoms collectifs, tel « petites meufs »[104], devenant progressivement systématique : « cela désigne toutes les stagiaires ou apprenties qui passent par la rédaction et qui sont jugées "draguables". »[104]. Slack est ici aussi utilisé comme une plateforme de communication entre membre de ce club, qui y échangent et envoient des GIFs à caractère pornographique à leurs victimes[104]. Outre le sexisme, le racisme latent des trois principaux journalistes accusés est aussi dénoncé par certaines anciennes stagiaires, ces dernières étant affublées de surnoms géographiques en fonction de leurs origines présumées (Pointe-à-Pitre, Pyongyang)[104].

Dans les écoles de journalisme[modifier | modifier le code]

L'affaire fait également rebondir des accusations de 2017 contre Hugo Clément et Martin Weill, également issus de l'ESJ Lille. La journaliste Nassira El Moaddem les accusait de harcèlement et de canulars téléphoniques. L'ex duo de Quotidien aurait surnommé la journaliste « la zoubida ». La journaliste diffuse d'autres témoignages[Quoi ?], obligeant le directeur de l'école à s'expliquer[105].

Réactions politiques[modifier | modifier le code]

Plusieurs figures politiques, notamment Mounir Mahjoubi et Marlène Schiappa, réagissent à l'affaire, qui suit de quelques jours le procès intenté en diffamation par Denis Baupin et ayant mis en lumière le sexisme qui traverse le milieu politique. La secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations déclare apporter son « soutien » et sa « solidarité » aux victimes et propose d'allonger le délai de prescription en matière de cyberharcèlement[106],[107].

Mounir Mahjoubi participe le 15 février 2019 à une édition spéciale de l'émission Je t'aime, etc. animée par Daphné Bürki, à laquelle Vincent Glad, convié également, refuse de participer. Daphné Burki révèle au cours de l'émission avoir également été harcelée et reçu des menaces de mort en 2012 sans toutefois désigner dans quel contexte ni par qui. À l'époque, elle était une collègue de Vincent Glad et ce dernier avait encouragé la jeune journaliste à ne pas porter plainte, assurant qu'il était normal de croiser des trolls sur internet[108],[109].

L'affaire prolonge la question du pseudonymat et de l'anonymat sur Internet[110],[111],[112],[113],[114],[115], bien que certains membres du groupe, notamment Vincent Glad ou Alexandre Hervaud, ont aussi procédé à des actes présumés sous leurs véritables identités.

Autres conséquences[modifier | modifier le code]

Selon L'Internaute, après l'éclatement de l'affaire, une traque des anciens membres de la Ligue du LOL est lancée : une liste de 33 noms est publiée sur la plateforme Pastebin ; sur le réseau social Twitter, ils sont « interpellés » et lorsqu'ils font du ménage sur leurs comptes, le nombre de messages qu'ils suppriment est décompté[116]. France Info relaie le témoignage anonyme d'un ancien membre de la ligue qui affirme avoir reçu « une centaine » de messages de menaces en moins d'une semaine. Il ajoute qu'il n'avait pas eu connaissance de méfaits de la ligue quelques années plus tôt : pour lui, tout devait rester privé, dans le groupe Facebook. Et il déclare : « J'ai l'impression que ça vire au lynchage »[12]. Selon L'Internaute, des « appels au calme » sont lancés pour éviter « qu'une meute laisse la place à une autre »[116]. La journaliste Léa Lejeune, ancienne cible de la ligue, déclare qu'elle ne souhaite pas que les anciens membres soient « harcelés à leur tour comme ils le sont aujourd’hui. Quand on est passé par là, on n’a pas envie de le souhaiter aux autres »[117].

Jean-Marc Manach, journaliste spécialisé selon Arrêt sur images sur les questions de surveillance et de vie privée sur internet, déplore que « depuis que la liste des membres de la Ligue du LOL a fuité, tous font l’objet de ce qui relève bel et bien de « (cyber)harcèlement » , quand bien même aucune accusation circonstanciée n’ait été relevée à leurs sujets, comme le déplorait récemment Mediapart »[118],[119]. Selon Mediapart, il y a « l’épineux problème de ceux qui ont été membres de la Ligue du LOL mais qui ne sont, pour l’heure, pas accusés de harcèlement à proprement parler ». Et Mediapart relaie la déclaration de l'ancien membre de la ligue Olivier Tesquet : « La liste de “membres présumés” partagée anonymement sur le site Pastebin a contribué à aplanir les responsabilités, laissant croire qu’un groupe Facebook était une société secrète à l’intérieur de laquelle chacun est comptable des actions de tous les autres »[120].

Analyse[modifier | modifier le code]

Un « boys' club » fondé sur la cooptation sexiste ?[modifier | modifier le code]

Arièle Bonte, journaliste à RTL, fait le rapprochement avec la culture des « Boys' clubs » chez les anglo-saxons : « La Ligue du LOL est un cas d'école de ce que les Anglo-Saxons appellent un « Boys' Club », soit un groupe d'hommes qui oppriment les autres pour asseoir leur autorité et gravir les échelons en toute impunité »[121].

Selon Isabelle Collet, informaticienne et enseignante chercheuse à l'Université de Genève et spécialisée dans les questions de discrimination des femmes en science et en informatique[122], les « Boys' Clubs » sont, aux États-Unis, des fraternités « instituées, et reconnues comme étant nécessaires à la bonne tenue des études ». Ces fraternités fonctionnent par cooptation, ce qui fait un point commun avec la Ligue du LOL. Marlène Coulomb-Gully, professeure d'université spécialiste de la communication et des médias, affirme que le sexisme n'est pas l'apanage des « Boys' Clubs » : une enquête concernant l'humour dans les médias montre par exemple que dans les matinales radio, 71 % des chroniques présentent des ressorts sexistes, comme des stéréotypes attribués aux femmes : hystériques, sottes, sensibles, fragiles, émotives, etc.

En outre, selon Isabelle Collet, la Ligue du LOL n'est pas comparable à des groupes « masculinistes » qui théorisent leur haine des femmes, ou des groupes « suprémacistes blancs » qui théorisent leur haine du non-blanc : les membres de la Ligue du LOL sont des « machistes ordinaires qui n’ont probablement pas conscience de leur machisme », et qui trouvent « drôle de se moquer des faibles parce que c’est facile et que ça donne du pouvoir ». Pour cette universitaire, en ce qui concerne le cyberharcèlement de la Ligue du LOL, les membres n'avaient pas conscience, ou ne voulaient pas avoir conscience, de la nocivité de ce qu’ils faisaient, « parce que chacun fait, individuellement une toute petite chose mais s’ils sont dix à faire continuellement cette chose-là, ça devient monstrueux. » Le journaliste de 20 Minutes qui interviewe Isabelle Collet, conclut en écrivant : « En somme, c’est la cour d’école qui s’est transportée sur Twitter... Sauf qu’à la place d’ados de 14 ans, on trouve des journalistes de plus de 30 ans[123]. » Selon Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale, le web favorise les comportements violents car l'agresseur n'est pas « témoin visuel des réactions de souffrance de sa victime ». De plus, interrogé sur l'« effet de meute », Laurent Bègue répond que le fait d'être dans un groupe désinhibe à agresser autrui, et il estime que dans le cas de la Ligue du LOL, « chaque membre aura contribué, par son action ou son assentiment muet à certains moments, à renforcer la dynamique malveillante »[124].

Le Monde, reprenant une analyse de Amnesty International, parle de Twitter comme du « terrain de jeu privilégié des harceleurs », citant notamment le GamerGate (durant lequel des femmes du secteur du jeux vidéo ont été harcelées), #UnBonJuif ou les attaques coordonnées émanant de forums du site jeuxvideo.com[125].

Selon Libération, la ligue est composée quasi exclusivement d'hommes hétérosexuels blancs, car « l’homme de banlieue » est jugé trop viril, donc en dehors des standards de la masculinité contemporaine, qui se caractérise par le contrôle de soi, et une hétérosexualité qui ne s'expose pas de façon trop voyante[126].

Une stratégie d'exclusion professionnelle ?[modifier | modifier le code]

Pour Aude Lorriaux, porte-parole de « Prenons la Une »[127], une association pour défendre les journalistes harcelées, cette affaire révèle une logique de construction du sexisme qui cherche à exclure les femmes d'un champ professionnel, ici le journalisme. Les conséquences de ces harcèlement présumés sont nombreuses et touchent à plusieurs niveaux les victimes : certaines des cibles n'ont pas pu supporter le harcèlement et se sont retirées des réseaux sociaux, alors qu'y être présentes faisait déjà partie du métier et constituait un réservoir d'opportunités professionnelles dont elles auraient été privées.

Selon Slate, les victimes de cyber-harcèlement subissent des atteintes physiques ou psychologiques : « maux de ventre, incapacité à dormir, tremblements, rythme cardiaque accéléré, épuisement, baisse du moral voire dépression, difficultés voire incapacité à travailler, peur d’ouvrir sa boîte mail, peur de consulter les réseaux sociaux, etc. »[35]. Certaines cibles déclarent avoir connu une forte baisse de confiance en elles, développant des questionnements handicapants face à leurs capacités et leurs compétences professionnelles[128]. Dans le même registre, mais du côté des harceleurs, Ingrid Riocreux soulève la question des aspects psychologiques individuels dans l’exercice de la domination : « Quand, en une phrase malveillante, on peut salir l’image de quelqu’un, sinon ruiner sa vie professionnelle ou familiale, comment ne pas prendre goût à cette puissance de destruction ? »[117].

Partageant ces analyses, 900 journalistes endossent une tribune appelant à élargir la réflexion, estimant que la Ligue du LOL n'est pas une exception, que l'affaire n'est que la partie le plus visible d'un « sexisme systémique » et d'« une domination masculine fondée sur la cooptation et l’entre-soi entre hommes, blancs et hétérosexuels »[129] qui se retrouverait, selon eux, dans l'ensemble de la société française.

Pour l’anthropologue Mélanie Gourarier, citée par Libération, la Ligue du LOL est un cas d'école qui bat en brèche l'idée que Twitter serait un lieu sans hiérarchies : « c’est tout le contraire, les jeux de pouvoir y sont peut-être d’autant plus forts que tout est fait comme s'il n’y en avait pas ». Libération estime que derrière le « culte de la moquerie, une solidarité masculine s’organise », et que ceux qui en bénéficient en tirent des bénéfices sociaux et professionnels. D'après Mélanie Gourarier, « on interprète cette affaire comme une "anomalie" dans le parcours de ces jeunes journalistes et communicants », qui plaident eux-mêmes pour une erreur de jeunesse, mais pourtant, s'ils sont désormais dans les positions qu'ils occupent, c'est grâce à cette Ligue du LOL qu'ils ont utilisée comme un « mécanisme d'exclusion »[126].

Autres facteurs explicatifs : humour outrancier et dissonance cognitive[modifier | modifier le code]

Selon Slate, la présence de l'acronyme « LOL » dans le nom de ce groupe en dit long, et dans les excuses présentées, certains membres citent l'humour : « c’était pour rire »[130]. Pour Libération, les membres de la ligue sont des « faux apôtres du cool revendiqué » et ont fait une compétition interne pour être celui qui produirait la « meilleure vanne », « le plus cynique, le plus corrosif » dictant la norme[130]. D'après Benjamin Taupin, chercheur, le « maniement de l’humour sexiste » fait partie des « aptitudes spécifiques » qui permettent d'avoir du pouvoir et occuper une place de dominant[126]. L'universitaire Martine Delvaux affirme que les femmes harcelées ont eu peur à un moment ou un autre : « Les menaces en ligne peuvent se transformer en agressions physiques : c'est impossible de distinguer entre de vraies menaces et des formes innocentes d'humour. C'est ce qu'on appelle le continuum de la violence »[131]. BFM TV explique que « tout trait d'humour n'est pas harcèlement, même si certains traits ne sont pas compris/appréciés », mais que l'humour devient harcèlement lorsqu'il entraîne chez la personne visée « une dégradation des conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mental » comme le dit la loi sur le harcèlement[15].

Benjamin Taupin, maître de conférences au Conservatoire national des arts et métiers et chercheur au LIRSA, relève que les entreprises au sein desquelles les principaux membres de la Ligue exercent leurs activités professionnelles présenteraient de fortes similitudes organisationnelles (hiérarchie et canaux de communication plus informels, structures organiques, autorité décentralisée, peu de niveaux hiérarchiques, coordination par ajustement mutuel, ambiance qualifiée de plus « cool »). Au-delà du paradoxe entre ce type d’organisation et les procédés dominateurs dont les membres de la Ligue auraient fait usage dans un contexte professionnel, Benjamin Taupin soulève que : « Ces éléments conduisent à questionner l’idée, souvent admise à tort, selon laquelle la suppression des rapports hiérarchiques permettrait la remise en cause des processus de domination »[132].

De son côté, Causeur évoque le côté paradoxalement moralisateur de plusieurs membres[133], qui se prolongerait jusque dans leurs excuses, citant notamment Olivier Tesquet affirmant que « ce sont les femmes et les racisés qui en font les frais. Chaque homme devrait se saisir de ce moment pour y réfléchir. »[134]. Il est à noter cependant la profonde différence de contexte entre l'époque même où ces harcèlements ont culminé et celle de leur révélation, postérieure à de vastes campagnes médiatiques de sensibilisation concernant le harcèlement sexuel et sexiste et le féminisme, comme #MeToo ou #BalanceTonPorc ayant partiellement contribué à faire évoluer les comportements sur les réseaux sociaux[135],[9]. Aurélien Breeden parle d'ailleurs d'une libération récente de la parole, notamment en France où les deux mouvements avaient rencontré des résistances et « avait été accueilli avec scepticisme »[135]. Une des victimes déclarées, Léa Lejeune, dans une interview donnée au New York Times, insiste sur la dimension de contexte ayant mené à cette révélation, affirmant que #MeToo a causé de profonds changements : « It’s similar to #MeToo, in the sense that victims speaking out are finally being heard »[9].

L'enseignante et essayiste Ingrid Riocreux note que les journalistes incriminés n’exercent pas à Minute, au Figaro ou à Famille chrétienne, mais uniquement dans ce qu'elle appelle le « camp progressiste », et que leurs agissements ont été contraire aux principes qu'ils revendiquent[117].

Stéphane Benoit-Godet, rédacteur en chef du Temps (Genève, Suisse) reprend à son tour l'idée d'un paradoxe entre axiologie politique des médias et des milieux dans lesquels les journalistes incriminés évoluaient : « [ils] ne travaillaient pas pour la presse d’extrême droite mais pour des titres considérés comme étant à gauche et branchés. » et les propos et comportements critiqués, loin des valeurs prônées par les courants politiques ayant leur sympathie, réelle ou supposée[136]. De la même façon, Paris Match met en avant un article dans lequel Vincent Glad donnait des conseils contre le harcèlement en ligne[137]. De son côté, Alexandre Hervaud avait déjà écrit contre les propos de Mehdi Meklat et ses « tweets haineux »[138] ou sur les anciens tweets déplacés de James Gunn[139]. Guilhem Malissen de son côté avait participé à plusieurs soirées de Prenons la une, association féministe pour la visibilité des femmes dans les médias, où étaient présentes plusieurs victimes présumées[35].

La jalousie pourrait aussi être la cause de certains harcèlements[140],[141].

Un club non réductible au harcèlement[modifier | modifier le code]

D'après Jean-Marc Manach, journaliste spécialisé selon Arrêt sur images sur les questions de surveillance et de vie privée sur internet, il existait certainement des harceleurs au sein de la Ligue du LOL. Mais, selon lui, après l'éclatement de l'affaire, la trentaine de membres connus de la ligue ont été « tous qualifiés de harceleurs », même si pour la plupart d'entre eux il n'existe aucun témoignage montrant qu'ils l'auraient été. Jean-Marc Manach affirme qu'être associé à la Ligue du LOL fait que « vous êtes l'incarnation de mal », alors que, selon lui, cette ligue ne peut être « réduit à du harcèlement » : il s'agissait d'un groupe d'amis qui a fait aussi preuve d'une créativité sans lien avec le harcèlement. Pour le journaliste Rafik Djoumi, aucun des membres n'a adhéré à la Ligue du LOL « dans le but de faire du harcèlement », mais un « mécanisme » s'est mis en place où les membres se sont « encouragés les uns les autres à s'en prendre à des cibles données », avec finalement une grande violence ressentie par les cibles concernées, même si cela n'était pas le « but de l'opération ». Jean-Marc Manach déplore aussi la façon dont les journalistes ont couvert l'affaire de la Ligue du LOL. Notamment, il note qu'aucun journaliste ayant enquêté sur David Doucet n'a mentionné le contexte dans lequel il avait fait son canular à Florence Porcel. David Doucet avait fait ce canular après avoir été invité dans une émission en tant que « gentil troll » et Florence Porcel faisait partie de l'équipe réalisatrice de cette émission. Florence Porcel estime que David Doucet n'a pas participé au harcèlement qui a précédé son canular[119],[118].

Témoignages et réponses des membres de la Ligue[modifier | modifier le code]

Dès la révélation de l'affaire, un certain nombre d'acteurs présumés de la Ligue pointés du doigts formulent des excuses publiques par le biais de diverses publications sur les réseaux sociaux. Certains membres acceptent de répondre aux demandes d'interviews, d'autres non. Selon BFM TV, certains membres cités par les victimes affirment ne pas avoir participé aux « lynchages collectifs », et ne pas avoir su jusqu'où certains membres étaient allés avant que les victimes ne témoignent lors de la révélation de l'affaire en février 2019[10]. D'après L'Express, d'autres membres se désignent comme des « témoins passifs » des actes décrits par les victimes mais affirment ne pas avoir participé à du cyber-harcèlement ; d'autres reconnaissent avoir réalisé des canulars plus ou moins élaborés[3]. Selon une enquête de Numerama, il existe un point commun entre les excuses présentées par les membres aux victimes : les membres affirment majoritairement n'être « pas restés longtemps » dans la Ligue du LOL et parlent de « certains membres toxiques », sans désigner personne comme étant le membre le plus actif ou « toxique »[20]. D'après Le Parisien, la plupart des membres de la ligue ayant présenté des excuses mettent en avant leur « silence coupable », plutôt que leurs propres agissements. À ce propos, Le Parisien cite Vincent Glad : « J’ai laissé faire les membres les plus radicaux qui dépassaient très clairement l’humour pour verser dans le harcèlement ». Et le journal signale que le seul membre qui assume sa responsabilité pénale est Renaud Loubert-Aledo : « J’ai eu dix ans pour m’excuser, je ne l’ai pas fait, je suis prêt aujourd’hui, par conséquent, à accepter la force de loi »[90]. D'après une enquête de France Info basée sur les témoignages de victimes et d'anciens membres, la Ligue du LOL a été créée au départ « pour s'amuser », puis s'est transformée en une « machine à humilier », entre autres des personnes ayant un propos féministe[142].

Selon L'Express, « les membres du groupe se défendent », tant sur le mode de fonctionnement de la Ligue que sur le contenu idéologique sous-jacent à ses pratiques. Vincent Glad et Alexandre Hervaud affirment que la Ligue du LOL n'avait pas d'« obsession anti-féministe », ils se moquaient « de tout, et de tout le monde »[3],[4], voulant réfuter l'idée d'un tropisme misogyne, grossophobe ou homophobe dans leurs cibles et thèmes privilégiés. Ils expliquent également que c'était une époque où il était de « bon ton de faire de l'humour noir »[68].

Vincent Glad[modifier | modifier le code]

Vincent Glad reconnaît que la Ligue du LOL était influente et que si les membres critiquaient quelqu'un, cela pouvait vraiment « prendre beaucoup d'ampleur ». Il estime donc légitime que certaines personnes se soient senties harcelées, mais soutient qu'il y aurait aussi une part de « fantasme » et que la ligue a été rendue « responsable de tous les malheurs d'internet ». Il déclare : « à l’époque, j’en prenais plein la gueule aussi. On se disait que c’était un grand jeu. [...] C’était du trolling, on trouvait ça cool. Aujourd’hui, on considérerait ça comme du harcèlement. »[4]. Il affirme que les membres de la ligue n'avaient pas conscience à cette époque, vers 2011-2012, de bloquer avec leurs blagues l'expression naissante d'une parole féministe qui leur paraissait alors ridicule : « Aujourd'hui, je suis horrifié de voir circuler un de mes tweets de 2013 où je plaisantais sur la culture du viol. J'ai honte. »[3]

Alexandre Hervaud[modifier | modifier le code]

En 2009, Alexandre Hervaud déclarait à propos de Twitter : « il y a moins de langue de bois… et c’est plus facile de s’interpeller entre journaliste, de se dire des petites blagues, sur les travaux d’un tel ou d’un tel »[143]. D'après le témoignage anonyme d'un membre de la ligue, la page Facebook privée de la Ligue du LOL servait par exemple à se donner des rendez-vous pour sortir le soir, ou bien à demander aux autres de venir « liker » ou commenter un article publié par un membre, mais parmi les liens partagés, certains articles étaient signalés avec l'objectif très clair de dénigrer leurs auteurs[142].

Alexandre Hervaud affirme qu'il n'y a pas eu de « plan com' coordonné » ou « d'échange d'éléments de langage » entre eux[3]. Licencié par Libération le 4 mars 2019, alors qu'il avait été mis à pied en attentant les résultats de l'enquête interne[144],[145], Hervaud dénonce le 4 mai 2019 via Twitter « une couverture médiatique aussi affligeante qu'à charge » de l'affaire, ses tweets étant repris dans un article de Florian Guadalupe sur PureMédias le 9 mai 2019. Selon lui, le groupe de la Ligue du LOL n'a pas été fondé pour harceler. Il affirme notamment que la fonctionnalité de créer des groupes dans Facebook n'a existé qu'à partir d'octobre 2010, alors que certains faits de harcèlement remontent à 2009, et que cette année 2009 a vu aussi la création de faux comptes twitter « trollesques ». Il déclare : le groupe Ligue du LOL « n'a jamais harcelé personne. Une minorité de ses membres, sans doute, et ce déjà bien avant sa création ». Il affirme aussi avoir été licencié uniquement pour des raisons d'image, l'enquête interne n'ayant rien révélé selon lui au sujet d'actes de harcèlement de son fait[146].

Stephen Des Aulnois[modifier | modifier le code]

Stephen Des Aulnois se repent d'avoir fait un photo-montage pornographique en ajoutant la tête de la victime sur le corps d'une actrice de films pour adulte. Checknews lui demandant si ce type d'initiative était encouragé par la Ligue du LOL, il répond qu'il a agi seul, dans son coin, qu'il était venu « titiller de manière bête » une personne qui l'agaçait[4]. Un membre de la ligue qui témoigne anonymement déclare cependant : « on se retrouvait autour de la moquerie de certaines personnes ». Il explique que les membres de la ligue pouvaient agir seuls, ou bien réagir à plusieurs « à la nouvelle publication d'une 'cible' habituelle ». Cependant, ce membre anonyme affirme qu'il n'existait aucune action coordonnée entre les quelques 30 membres du groupe[142].

Stephen Des Aulnois affirme qu'il n'agissait pas dans le but de faire mal et que les membres de la Ligue du LOL ne se rendaient pas compte des conséquences[4]. Slate estime que les membres de la ligue ont tenté de minimiser la gravité de leurs actes et qu'ils avaient conscience d'agir pour nuire. Ils présentent ainsi leurs comportements comme des « gamineries », mais Éric Debarbieux, sociologue spécialiste de la violence scolaire, déclare : « Cette ligne de défense de la ligue du LOL me frappe car elle est similaire à celle utilisée par des élèves. « On ne se rendait pas compte que c'était du harcèlement », disent les membres... Mais, passé 6-7 ans, cette excuse ne tient plus ! »[147],[148].

Membres connus du groupe[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause. Considérez son contenu avec précaution. Améliorez-le ou discutez-en. (février 2019)
Motif avancé : En février 2019, une intense et soudaine campagne médiatique révèle les noms de certains membres du groupe de la Ligue du LOL. Certains d'entre eux sont accusés par d'anciennes victimes alléguées, d'être à l'origine d'un phénomène de harcèlement de groupe, et les témoignages des accusatrices et accusateurs sont repris dans la presse nationale française. L'Obs qui relaie des noms de certains membres présumés de la ligue, affirme : « On ne connaît pas à ce stade leurs rôles respectifs au sein du groupe la Ligue du LOL »[149]. En réaction aux différentes accusations portées contre leurs journalistes, plusieurs rédactions effectuent des mises à pied, notamment à Libération. Leur présence ci-dessous ne préjuge en rien d’une quelconque culpabilité.

Victimes déclarées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Étoiles jaunes et croix gammées. La « ligue du LOL » : un harcèlement volontiers antisémite », sur L'Express (consulté le 15 février 2019)
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  187. J'ai subi des raids de la Ligue du LOL et ça a pesé sur ma carrière, Slate
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  191. Victimes de la Ligue du LOL : des témoignages qui "tordent le bide", France Inter
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  193. Affaire "Ligue du LOL" : le crash des journalistes "caïds de Twitter",, Marianne

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Bérengère Stassin, « La « ligue du LOL », une affaire de cyberharcèlement choquante, mais hélas classique », The Conversation,‎ (lire en ligne)
  • A.D., « «Ligue du LOL»: Une enquête montre l’ampleur du sexisme et des violences sexuelles dans les médias », 20 minutes,‎ (lire en ligne)