Ligue contre la violence routière

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Ligue contre la violence routière
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique association loi de 1901
Fondation
Fondation 1983
Fondateur Geneviève Jurgensen
Identité
Siège Paris (France)
Président Chantal Perrichon
Site web violenceroutiere.org

La Ligue contre la violence routière est une association loi de 1901 fondée en 1983. Elle a pour objectif d'améliorer la sécurité routière en France.

L'association prend régulièrement part au débat public via les médias ou des interventions locales.

Elle est actuellement membre du Conseil national de la sécurité routière[1].

Historique[modifier | modifier le code]

En 1979 est créée l'Association des familles des victimes des accidents de la circulation (AFVAC) avec un double objectif : d'une part aider les victimes de la route dans leurs démarches administratives et judiciaires, d'autre part sensibiliser l'opinion publique et les pouvoirs publics[2]. Les membres de l'association étant surtout des victimes de la route ou leurs proches, son action se concentre sur son premier objectif. Ses dirigeants décident de créer une seconde association, ouverte à un plus large public pour développer l'action de sensibilisation. La Ligue contre la violence routière est créée en 1983 par quatre membres de l'AFVAC, mères d'enfants tués dans des accidents de la route : Annick Brétagnol, Francine Cicurel, Geneviève Jurgensen et Odile Lesage[3].

En 1994 Ghislaine Leverrier succède à Geneviève Jurgensen à la présidence de l'association[4]. Philippe Laville assure à son tour cette fonction de 1998 à 2002[5], poste qu'occupe depuis Chantal Perrichon[6].

En 2005, la Ligue contre la violence routière devient membre du Conseil national de la sécurité routière (CNSR) pour une durée de trois ans[7]. Elle est organisée en une fédération d'associations départementales[8].

En 2015, l'association publie un ouvrage intitulé Objectif zéro accident pour partager les connaissances acquises depuis sa création[9].

Actions[modifier | modifier le code]

La Ligue contre la violence routière est à l'origine d'évolutions en matière de sécurité routière : baisse du taux d'alcool autorisé, introduction du permis à points et obligation du siège bébé[10],[11]. Elle a changé également la façon d’aborder la sécurité routière dans les médias en exprimant le point de vue des victimes de la route, au-delà des avis des spécialistes de l’automobile[12]. Elle aborde la problématique de la sécurité routière sous l'angle des victimes d'accidents[13] auxquelles elle apporte par ailleurs un accompagnement jusque devant les tribunaux[14].

Elle interpelle les hommes politiques et mobilise par des pétitions[15]. Vingt ans après sa création, le projet de loi de lutte contre la violence routière de , impulsé par Jacques Chirac nouvellement réélu président de la République française, reprend en partie à son compte un des objectifs de l’association : mettre fin à ce qu'elle considère être une relative impunité due à une certaine tolérance des forces de police, de la gendarmerie et des juges vis-à-vis des conducteurs en infraction[16]. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, déclare qu’on ne peut plus parler de l’insécurité routière avec « des mots qui mentent mais avec les vrais mots, les mots de violence, de délinquance, les mots, quelquefois, d’assassinat ». « Nous avons enfin réussi à faire de la délinquance routière une délinquance ordinaire dans l'esprit des gens » se réjouit alors Geneviève Jurgensen[17].

La Ligue contre la violence routière demande de longue date une réduction de 10 km/h des limites de vitesse sur l'ensemble du réseau national[18].

L'association adopte des prises de positions écocitoyennes en matière d'automobile. Elle milite en faveur des « transports doux » et établit un classement annuel de la « voiture citoyenne », respectueuse de ses occupants, des autres usagers et de l'environnement[19]. La voiture citoyenne souhaitée par la Ligue contre la violence routière devra être conçue pour respecter les limites de vitesse[20].

La Ligue contre la violence routière milite pour la généralisation du Lavia, limiteur de vitesse qui pourrait rendre les radars inutiles s'il était utilisé dans sa version la plus contraignante, le mode régulateur, qui impose au conducteur le respect des limitations de vitesse[21],[22].

Au sein du CNSR, l'association prend des positions tranchées sur la législation, se positionnant contre l'inflation des réglementations, notamment sur l'alcoolémie au volant, et pour une meilleure utilisation des dispositifs législatifs existants[23].

En , la présidente de la Ligue contre la violence routière est invitée à Matignon à une réunion sur les moyens de mettre fin à l'augmentation continue de la mortalité routière depuis 2013 ; les conseillers du Premier ministre préconisent de limiter la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires[6]. Une loi instaurant la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes à double sens sans terre-plein central est adoptée et entre en vigueur à partir de . En janvier de l'année suivante, la Ligue contre la violence routière prend position contre l'idée d'un abandon ou d'un infléchissement de cette mesure[24].

Les associations départementales de la Ligue mènent régulièrement des actions de sensibilisation auprès de différents publics[25].

Menaces[modifier | modifier le code]

Le , la Ligue contre la violence routière dépose plainte à Paris pour des menaces de mort et des insultes sur internet à l'encontre de sa présidente Chantal Perrichon[26],[27],[28]. Les menaces et le harcèlement reprennent en 2018 après l'instauration de la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes nationales[29].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le CNSR en bref », sur Conseil national de la sécurité routière (consulté le ).
  2. « Association des Familles de Victimes des Accidents de la Circulation », sur UNAF - Union nationale des associations familiales, (consulté le ).
  3. Michel Brétagnol, « Avant la Ligue, l’AFVAC », Pondération, Ligue contre la violence routière, no 78,‎ .
  4. « Des familles seules avec leur détresse », sur Clicanoo.re, (consulté le ).
  5. « Arrêtons le massacre » (version du 5 novembre 2015 sur l'Internet Archive), sur La Dépêche du Midi, .
  6. a et b Nicolas Prissette, « L’histoire secrète des 80 km/h », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  7. Décret du 13 avril 2005 portant nomination du président et des membres du Conseil national de la sécurité routière.
  8. Délégation à la sécurité et à la circulation routières (DSCR), Accidentologie et réparation des préjudices en sécurité routière, (lire en ligne [PDF]), p. 3.
  9. Bibliothèque nationale de France, Notice bibliographique Objectif zéro accident (lire en ligne).
  10. Alexandre Devecchio, « « Il ne faut pas réduire l’une des parties au rôle d’accusé » », Libération,‎ (lire en ligne).
  11. « Geneviève Jürgensen : « Une question de morale » », Les Échos,‎ (lire en ligne).
  12. Dominique Marchetti (dir.) et Matthieu Grossetête, Communication et médiatisation de l’État, La politique invisible, Presses universitaires de Grenoble, , 197 p. (lire en ligne), « L’État conducteur, La circulation de la « sécurité routière » dans les journaux télévisés français », p. 37.
  13. François de Closets, Le divorce français : Les élites contre le peuple, le peuple contre les élites, à qui la faute ?, Paris, Fayard, , 352 p. (ISBN 978-2-213-63632-0), « Routes, les morts sans importance », p. 191.
  14. Florence Pitard, « Il a tué au volant, il se bat pour la sécurité routière », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  15. « Accidents : la Ligue contre la violence routière a lancé un appel signé par une centaine de personnalités », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  16. François de Closets, Le divorce français : Les élites contre le peuple, le peuple contre les élites, à qui la faute ?, Paris, Fayard, , 352 p. (ISBN 978-2-213-63632-0), « Routes, les morts sans importance », p. 199.
  17. Marie Cousin, « Les Français jouent la prudence », L'Express,‎ (lire en ligne).
  18. Aurélie Barthly, « Nouvelles mesures de la Sécurité Routière : la vitesse toujours en ligne de mire », sur Caradisiac, .
  19. « Ligue contre la violence routière - classement de la voiture citoyenne », Challenges,‎ (lire en ligne).
  20. « Volvo et Saab favorables à la voiture bridée », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  21. « Radars. Ligue contre la violence routière : elle veut la généralisation du Lavia », sur Le Télégramme, (consulté le ).
  22. « Lavia, limiteur de vitesse pas encore adopté à l'efficacité contestée », Le Point,‎ (lire en ligne).
  23. AFP, « Zéro alcoolémie au volant : la Ligue contre la violence routière est contre », Le Point,‎ (lire en ligne).
  24. « Sécurité routière : la limitation à 80 km/h modulée ? », sur France Info, .
  25. « Les bons conseils de la Ligue contre la violence routière », sur Midi libre (consulté le ).
  26. Yves Montuelle, « La présidente de la Ligue contre la violence routière menacée de mort », L'Express,‎ (lire en ligne).
  27. « Menaces de mort contre la Ligue contre la violence routière », sur RTL, .
  28. Rafaele Rivais (journaliste du Monde), « Sanction pénale contre l’auteur d’insultes à la présidente de la Ligue contre la violence routière », sur blog.lemonde.fr, (consulté le ).
  29. « Chantal Perrichon, victime de la « haine des réseaux asociaux » », la Croix, .

Lien externe[modifier | modifier le code]