Ligue contre la violence routière

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Ligue contre la violence routière
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique association loi de 1901
Fondation
Fondation 1983
Fondateur Geneviève Jurgensen
Identité
Siège Paris (France)
Site web violenceroutiere.org

La Ligue contre la violence routière est une association loi de 1901 fondée en 1983. Elle a pour objectif d'améliorer la sécurité routière en France, de défendre les victimes de la route, d’interpeller les autorités (gouvernement, élus, préfets) et de centrer le débat public sur la sécurité routière.

L'association prend régulièrement part au débat public via les médias ou des interventions locales. En 2005, la Ligue contre la violence routière devient un des 51 membres du Conseil national de la sécurité routière.

Historique[modifier | modifier le code]

L'association est créée par Geneviève Jurgensen en mai 1983. Trois ans auparavant, le 30 avril 1980, elle a perdu ses deux filles âgées de 4 et 7 ans dans un accident de la circulation[1].

Elle interpelle les hommes politiques sur un thème qu'ils ne jugeaient, à l'époque, pas très populaire[2], et mobilise par des pétitions[3]. Vingt ans après sa création, le projet de loi de lutte contre la violence routière de février 2003, impulsé par Jacques Chirac nouvellement réélu président de la République française, reprend en partie à son compte un des objectifs de l’association : mettre fin à ce qu'elle considère être une relative impunité due à une certaine tolérance des forces de police, de la gendarmerie et des juges vis-à-vis des conducteurs en infraction[4]. Jean-Pierre Raffarin, premier ministre, déclare qu’on ne peut plus parler de l’insécurité routière avec « des mots qui mentent mais avec les vrais mots, les mots de violence, de délinquance, les mots, quelquefois, d’assassinat. ». « Nous avons enfin réussi à faire de la délinquance routière une délinquance ordinaire dans l'esprit des gens. » se réjouit alors Geneviève Jurgensen[5].

La présidente de l'association est, depuis 2002, Chantal Perrichon. En 2005, un représentant de la Ligue contre la violence routière devient un des 51 membres du Conseil national de la sécurité routière[6]. Elle y prend des positions tranchées sur la législation, se positionnant contre l'inflation des règlementations et pour une meilleure iutilisation des dispositifs législatifs existants[7].

Positions[modifier | modifier le code]

La Ligue contre la violence routière utilise un langage direct pour parler de l'impact des accidents sur les victimes et leurs proches. Elle est à l'origine de nombreuses évolutions : baisse du taux d'alcool autorisé, introduction du permis à points ou obligation du siège bébé[8]. Elle a changé également la façon d’aborder la sécurité routière dans les médias en exprimant le point de vue des victimes de la route, au-delà des avis des spécialistes de l’automobile[9]. Elle aborde la problématique de la sécurité routière sous l'angle des victimes d'accidents[10].

La LCVR est régulièrement accusée d'utiliser des arguments plus idéologiques que scientifiques. L'utilisation d'une formule affirmant que réduire la vitesse de 1%, c'est diminuer la mortalité de 4%[11] est par exemple contestée par une étude financée par la Ligue de défense des conducteurs[12],[13].

L'association fait l'objet de campagnes de dénigrement et de menaces, en particulier à l'encontre de sa présidente[14].

Références[modifier | modifier le code]

  1. François de Closets, Le divorce français : Les élites contre le peuple, le peuple contre les élites, à qui la faute ?, Fayard, , 352 p. (ISBN 978-2-213-63632-0), « Routes, les morts sans importance », p. 190
  2. Claude Got, La violence routière : des mensonges qui tuent, Éditions Tec&Doc Lavoisier, , 162 p. (ISBN 978-2-7430-1086-7, lire en ligne)
  3. « Accidents : la Ligue contre la violence routière a lancé un appel signé par une centaine de personnalités », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. François de Closets, Le divorce français : Les élites contre le peuple, le peuple contre les élites, à qui la faute ?, Fayard, , 352 p. (ISBN 978-2-213-63632-0), « Routes, les morts sans importance », p. 199
  5. Marie Cousin, « Les Français jouent la prudence », L'Express,‎ (lire en ligne)
  6. Décret du 13 avril 2005 portant nomination du président et des membres du Conseil national de la sécurité routière - Journal officiel de la République française n°88 du 15 avril 2005
  7. AFP, « Zéro alcoolémie au volant: la Ligue contre la violence routière est contre », Le Point,‎ (lire en ligne)
  8. Alexandre Devecchio, « «Il ne faut pas réduire l’une des parties au rôle d’accusé» », Libération,‎ (lire en ligne)
  9. Dominique Marchetti (dir.) et Matthieu Grossetête, Communication et médiatisation de l’État, La politique invisible, Presses universitaires de Grenoble, , 197 p. (lire en ligne), « L’État conducteur, La circulation de la « sécurité routière » dans les journaux télévisés français », p. 37.
  10. François de Closets, Le divorce français : Les élites contre le peuple, le peuple contre les élites, à qui la faute ?, Fayard, , 352 p. (ISBN 978-2-213-63632-0), « Routes, les morts sans importance », p. 191
  11. Chantal Perrichon, « Editorial », Pondération, no 97,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  12. « Analyse critique des études sur la vitesse utilisées par la sécurité routière », sur Ligue de Défense des Conducteurs, "Relation entre vitesse et mortalité routière: la fin du mensonge",
  13. « Les opposants aux limitations de vitesse dégainent leurs chiffres », 20 Minutes,‎ (lire en ligne)
  14. Yves Montuelle, « La présidente de la Ligue contre la violence routière menacée de mort », L'Express,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]