Ligne de la bifurcation de Neuville à Cergy-Préfecture

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Ligne de Cergy
Ligne de la bifurcation de Neuville à Cergy-Préfecture
La gare de Cergy-le-Haut, ouverte en 1994, terminus de la ligne de Cergy
La gare de Cergy-le-Haut, ouverte en 1994, terminus de la ligne de Cergy
Pays Drapeau de la France France
Historique
Mise en service 1979 – 1994
Concessionnaires SNCF (1976 – 1997)
RFF (1997 – 2014)
SNCF (depuis 2015)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 326 000
Longueur 12 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification

25 kV – 50 Hz

Nombre de voies Double voie
Signalisation BAL
Trafic
Propriétaire SNCF
Exploitant(s) SNCF
Trafic (RER)(A), TransilienLigne L du Transilien à certaines heures
Schéma de la ligne

La ligne de la bifurcation de Neuville à Cergy-Préfecture, parfois plus simplement dite ligne de Cergy est une ligne ferroviaire du Val-d'Oise, en Île-de-France, d'une longueur de douze kilomètres. Elle constitue la ligne no 326000 du réseau ferré national.

Elle constitue un débranchement mis en service le de la ligne d'Achères à Pontoise, destiné à desservir la ville de Cergy et le nouveau centre administratif du Val-d'Oise. D'abord prolongée à Cergy-Saint-Christophe le , elle atteint finalement Cergy-le-Haut le .

La ligne est desservie par les trains du réseau Transilien Paris-Saint-Lazare (ligne L) et, depuis le , par ceux de la ligne A du RER.

Histoire[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

Création de la ligne[modifier | modifier le code]

La desserte de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise en construction se révélait insatisfaisante, le nouveau centre administratif du Val-d'Oise ne possédant aucune ligne ferrée. Une liaison Cergy - La Défense en dix minutes par l'aérotrain de Bertin est envisagée en 1971, mais les difficultés de mise au point et d'insertion provoquent son abandon en 1974. Une solution ferroviaire classique est alors de nouveau étudiée. Une liaison Paris-Saint-Lazare - Cergy par création de divers raccordements et débranchement d'un nouveau tronçon à Neuville-sur-Oise est décidé et déclaré d'utilité publique par décret le 26 avril 1976[1]. La ligne est mise en service le et connaît un succès immédiat. Elle est en correspondance avec la ligne A du RER à la gare de Nanterre-Université[2].

Une première extension[modifier | modifier le code]

Le schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme (SDAU) de 1976 prévoit le prolongement de la ligne de Cergy en forme de crosse afin d'accompagner l'urbanisation de la ville nouvelle, pour à terme former une boucle longeant à distance le cours de l'Oise et se raccorder en amont de la bifurcation de Neuville[3].

La gare de Cergy-Saint-Christophe avec ses deux horloges.

Cette extension est déclaré d'utilité publique par décret le 7 juillet 1982[4]

L'urbanisation de Cergy provoque une première extension de la ligne de quatre kilomètres, mise en chantier en 1983. Le tronçon à double voie est établi en tranchée couverte dans le prolongement de la gare de Cergy-Préfecture, et se poursuit en tranchée ouverte afin d'en limiter les nuisances sonores et d'en faciliter l'insertion. Apte à 120 km/h et en rampe de 33,5 mm/m, il atteint la nouvelle gare de Cergy-Saint-Christophe, dont le bâtiment voyageurs, édifié au-dessus des voies, fait l'objet d'une grande recherche architecturale avec ses deux horloges monumentales devenues célèbres. La gare comprend deux voies à quai de 225 m de longueur, les voies s'achevant en arrière-gare par deux tiroirs de garage. L'ensemble est placé sous la dépendance d'un petit poste d'aiguillage tout relais à transit souple (PRS), destiné à télécommander celui de Cergy-Préfecture.

Le prolongement est ouvert le et desservi depuis Paris Saint-Lazare, à raison d'un train toutes les 15 minutes aux heures de pointe et toutes les 30 minutes aux heures creuses, après 35 minutes de trajet. La fréquentation de la nouvelle gare est d'emblée excellente. La réouverture de la gare de Conflans-Fin-d'Oise, sur la ligne d'Achères à Pontoise, intervient en parallèle, et permet aux trains Paris - Cergy de donner correspondance à ceux de la ligne de Paris-Saint-Lazare à Mantes-Station par Conflans-Sainte-Honorine[5].

L'interconnexion ouest[modifier | modifier le code]

Le schéma directeur est révisé en 1976 et réaffirme l'importance des villes nouvelles et de la desserte par le RER. L'interconnexion ouest, c'est-à-dire la desserte de la ligne de Cergy par la ligne A du RER, est déclarée d'utilité publique en avril 1984. Elle a pour objectif principal de relier la ville nouvelle de Cergy-Pontoise au quartier d'affaires de La Défense, et de favoriser une meilleure diffusion des voyageurs dans Paris. La nouvelle liaison nécessite la création de voies de raccordement et de travaux de capacité sur l'axe Paris - Mantes-la-Jolie (groupe V de Paris-Saint-Lazare).

Un nouveau tronçon, pour l'essentiel en viaduc, constitue la ligne de Nanterre-Université à Sartrouville. Il est réalisé entre la gare de Nanterre-Préfecture, remodelant l'amorce du débranchement abandonné de la ligne A du RER vers Montesson, et la ligne de Paris-Saint-Lazare au Havre à Houilles, avec une traversée de la Seine. Cette dernière voit sa capacité augmentée par la pose d'une quatrième voie entre Sartrouville et Maisons-Laffitte. Parallèlement, un faisceau de remisage pour les rames RATP est établi sur le triage d'Achères. L'interconnexion est ouverte au public le .

La desserte de Cergy-le-Haut[modifier | modifier le code]

L'urbanisation des quartiers hauts de Cergy au début des années 1990, destinés à accueillir à terme 35 000 habitants, provoque un deuxième allongement de la ligne de Cergy. Un prolongement de 2 400 mètres à double voie, en tranchée couverte afin de limiter les nuisances sonores pour les riverains, est mis en chantier. La ligne est en rampe de 25 mm/m, puis 6 et 9,5 mm/m. Un bâtiment voyageurs est établi sur dalle à l'image de la gare précédente et trois voies à quai sont aménagées, prolongées par des tiroirs de manœuvre en arrière-gare. En conséquence du prolongement, la jonction croisée située en aval des quais de Cergy - Saint-Christophe devenue inutile est déposée. Un nouveau poste d'aiguillage à relais à commande informatique (PRCI), télécommandé depuis Cergy - Saint-Christophe, est mis en service le [6].

Le court prolongement de Cergy-Saint-Christophe à Cergy-le-Haut est ouvert le [7],[8].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Tracé[modifier | modifier le code]

Ligne de la bifurcation de Neuville à Cergy-Préfecture
Schéma de la ligne
LSTR
27,265
28,265
Ligne d'Achères à Pontoise vers Achères
LSTRq ABZrf
Ligne d'Achères à Pontoise vers Pontoise
BHF
29,800 Neuville-Université
WASSERq WBRÜCKE WASSERq
30,244 Pont sur l'Oise (210 m)
TUNNELa
32,005 Tranchée couverte de Cergy-Préfecture (2550 m)
tBHF
32,830 Cergy-Préfecture
TUNNELe
BHF
36,665 Cergy-Saint-Christophe
TUNNELa
38,202 Tranchée couverte de Cergy-le-Haut (460 m)
tBHF
38,434 Cergy-le-Haut (102 m)
TUNNELe
ENDEe
39,090 Voies de garage

La ligne de la bifurcation de Neuville à Cergy-Préfecture[9] se débranche de la ligne d'Achères à Pontoise au sud de la commune de Neuville-sur-Oise, les deux voies se séparant de part et d'autre. Après la gare de Neuville-Université, la ligne se poursuit vers le nord et franchit l'Oise par un long viaduc en béton. Après avoir longé la rive droite de la rivière, en talus, elle s'incurve vers le nord-ouest et plonge en souterrain sur un kilomètre avant d'atteindre la gare de Cergy-Préfecture. Après un kilomètre et demi, la ligne retrouve l'air libre et se dirige en tranchée vers le quartier Saint-Christophe, desservi par la gare de Cergy-Saint-Christophe. Elle atteint son terminus un kilomètre plus loin à la gare de Cergy-le-Haut, tracé qui s'achève par des voies de garage.

Ouvrages d’art[modifier | modifier le code]

Le viaduc biais sur l'Oise, long de 602 mètres, et la tranchée couverte de Cergy-Préfecture constituent les deux principaux ouvrages d'art de la ligne.

Équipement[modifier | modifier le code]

La ligne est électrifiée comme tout le réseau Saint-Lazare en 25 kV-50 Hz monophasé[10], équipée du block automatique lumineux[11], du contrôle de vitesse par balises (KVB)[12] et d'une liaison radio sol-train sans transmission de données avec identification[13].

Vitesses limites[modifier | modifier le code]

Les vitesses limites de la ligne en 2012 pour les automotrices et les trains V 120, en sens impair, sont indiquées dans le tableau ci-dessous ; toutefois, certaines catégories de trains, comme les trains de marchandises, sont soumis à des vitesses limites plus faibles[14].

De À Limite
Bifurcation de Neuville Cergy-Préfecture 100
Cergy-Préfecture Cergy-le-Haut 90

Exploitation[modifier | modifier le code]

La ligne est exploitée actuellement par la SNCF sous le label Transilien.

Le nombre de voyageurs quotidiens se situe entre 4 830 et 21 240 selon les points d'arrêt. Le plus important d'entre eux est la gare de Cergy-Préfecture, qui accueille 21 240 voyageurs par jour. La gare de Cergy-le-Haut en accueille chaque jour 10 080 et celle de Cergy-Saint-Christophe 9 390. Enfin, la gare de Neuville-Université voit transiter 4 830 voyageurs par jour[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Décret du 26 avril 1976 portant déclaration d'utilité publique des travaux de construction d'une voie ferrée destinée à la desserte de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise », Journal officiel de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale,‎ , p. 2612 - 2613 (lire en ligne).
  2. Jean Tricoire, le RER, le réseau francilien, p. 64
  3. Bernard Collardey, Les Trains de Banlieue, p. 207
  4. « Décret du 7 juillet 1982 déclarant d'utilité publique la réalisation de la section Cergy-Préfecture–Puiseux-Pontoise de la ligne ferroviaire de voyageurs desservant la ville nouvelle de Cergy-Pontoise », Journal officiel de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale,‎ , p. 2182 (lire en ligne).
  5. Bernard Collardey, Les Trains de Banlieue, p. 208
  6. Bernard Collardey, Les Trains de Banlieue, p. 240
  7. Bernard Collardey, Les Trains de Banlieue, p. 239
  8. Jean Tricoire, op. cit., p. 66
  9. Carte détaillée du réseau express régional
  10. [PDF] RFF - Carte des lignes électrifiées
  11. [PDF] RFF - Carte des modes d’espacement des trains
  12. [PDF] RFF - Carte des lignes équipées de contrôle de vitesses
  13. [PDF] RFF - Cartes des lignes équipées de liaisons avec les trains
  14. Renseignements techniques SNCF/RFF - RT 3007 Paris-Saint-Lazare - Nanterre-Préfecture - Cergy le Haut - Poissy - Nanterre-Université - Rueil-Malmaison.
  15. [PDF] Présentation SNCF/RATP au Comité de ligne du RER A, 25 juin 2009. Consulté le 1er août 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bruno Carrière, Les trains de banlieue, t. I, Éditions La Vie du Rail, , 303 p. (ISBN 2902808666),
  • Bernard Collardey, Les trains de banlieue, t. II, Éditions La Vie du Rail, , 335 p. (ISBN 2902808763),
  • Jean Tricoire, Le réseau francilien : Le RER, Éditions RATP, , 144 p..

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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