Ligne de Saint-Cyr à Surdon

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Ligne de
Saint-Cyr à Surdon
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Carte de la ligne
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La ligne à La Queue-les-Yvelines, au PK 46,398 (PN n° 15).
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Dreux
Historique
Mise en service 1858 – 1867
Électrification 1972 – 1984
Concessionnaires Ouest (1855 – 1908)
État (Non concédée) (1909 – 1937)
SNCF (1938 – 1997)
RFF (1997 – 2014)
SNCF (depuis 2015)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 395 000
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification

1500 V continu
de Saint-Cyr à Plaisir
25 kV – 50 Hz
de Plaisir à Dreux

Nombre de voies Double voie
Signalisation BAL jusqu'à Dreux,
BAPR de Dreux à Surdon
Trafic
Propriétaire SNCF
Exploitant(s) SNCF
Trafic TransilienLigne N du Transilien de Paris à Dreux
Grandes lignes
Fret SNCF
Schéma de la ligne

La ligne de Saint-Cyr à Surdon est une ligne du réseau ferré national français à écartement standard et double voie. Elle est empruntée par les trains de la relation de Paris-Montparnasse à Granville et par ceux de la ligne N du Transilien de la branche de Paris à Dreux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette liaison a été mise en service en plusieurs étapes[1].

Date d'ouverture Destinations Observations
Saint-Cyr à Dreux Embranchement de la ligne de Paris-Montparnasse à Brest
Dreux à L'Aigle
L'Aigle à Surdon Raccordement à la ligne du Mans à Mézidon

Les 2 février et 6 avril 1855 est signé une convention entre le ministre des Travaux publics et les compagnie des chemin de fer de Paris à Saint-Germain, de Paris à Rouen, de Rouen au Havre, de l'Ouest, de Paris à Caen et à Cherbourg. Cette convention organise la fusion de ces compagnies au sein de la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest. En outre, elle concède à titre définitif à la compagnie « un embranchement sur la ligne de Mézidon au Mans, à partir d'un point soit de la ligne de Paris à Caen, soit de la ligne de l'Ouest[2] ». Cette convention est approuvée par décret impérial le 7 avril 1855[3].

Créant une nouvelle liaison entre les chemins de fer de Paris à Rennes au sud et de Paris à Cherbourg au nord, elle dessert le sud agricole de la Normandie, restée jusqu'alors à l'écart des dessertes ferroviaires. La ligne traverse une région relativement vallonnée, formée de plateaux calcaires entaillés par des rivières. La traversée de ses vallées successives confère à la ligne un profil en dent de scie. En 1860, les travaux sont lancés en plusieurs points ; ils sont ralentis en 1862 par l'étude de la traversée difficile de la ville de L'Aigle, étalée dans la vallée de la Risle. La ligne atteint Dreux en , puis L'Aigle en et enfin Surdon en . Une seconde ligne d'Argentan à Granville par Flers et Vire, concédée par le même décret du , complète la précédente.

Bifurcation de Bois-Gazé à Saint-Cyr-l'École, à gauche vers la gare de Saint-Cyr, à droite (pour les trains de fret seulement) vers la gare de Saint-Quentin-en-Yvelines.
Bifurcation de Bois-Gazé à Saint-Cyr-l'École, à gauche vers la gare de Saint-Cyr, à droite (pour les trains de fret seulement) vers la gare de Saint-Quentin-en-Yvelines.
La ligne à Méré, au passage à niveau n° 13 (PK 43,548).
La ligne à Méré, au passage à niveau n° 13 (PK 43,548).

Le premier tronçon de Saint-Cyr à Dreux (59 kilomètres) est mis en service le . Quatre services quotidiens assurent la liaison avec Paris en deux heures quarante minutes[4]. Au départ de Saint-Cyr-l'École, le tracé est établi sur d'importants remblais de 146 000 et 216 000 m3, sur une longueur de six kilomètres, puis se rapproche de la vallée de la Mauldre. Il traverse plus loin la vallée de la Vesgre par un remblai de 224 000 m3 et de quinze mètres de hauteur. Peu avant Dreux, la ligne franchit la vallée de l'Eure par un viaduc en maçonnerie de dix-sept mètres de haut, formé de cinq arches de quinze mètres d'ouverture, prolongé par un remblai de quatorze à quinze mètres de haut et constitué de 278 000 m3 de terre[4].

Le second tronçon de la ligne relie Dreux à L'Aigle, distantes de soixante kilomètres. Après Dreux, la ligne se poursuit, sans sinuosités notables mais avec un profil accidenté, sur le plateau calcaire argileux. Elle coupe les vallées de l'Avre, de l'Iton puis de la Risle (ou Rille). Les travaux, démarrés en 1862, rencontrent quelques difficultés, avec une suspension de plusieurs mois à la suite d'un désaccord sur la dimension à donner à deux ouvrages franchissant des chemins vicinaux, et sont ralentis par des retards de mise à disposition des terrains, les propriétaires en interdisant l'accès avant les décisions du jury d'expropriation. L'édification des bâtiments des stations débute en 1864. Le tronçon est mis en service le 1er octobre 1866 : quatre omnibus quotidiens atteignent L'Aigle en quatre heures quinze minutes[5].

Le troisième tronçon relie L'Aigle à Surdon, sur quarante-et-un kilomètres. Il côtoie et traverse plusieurs fois la Risle, franchit le faîte des Authieux par des tranchées et descend vers la vallée de l'Orne. La ligne approche le village de Surdon, et se joint trois kilomètres plus loin à la ligne du Mans à Mézidon, où une gare de correspondance est prévue, sans ouverture au service voyageurs. Les travaux de terrassements ainsi que les ouvrages d'art sont adjugés dès avril 1864 et sont rapidement engagés. Mais leur avancée est là encore perturbée par des retards dans la mise à disposition des terrains. Ces travaux s'achèvent en 1866 et la pose des voies ainsi que la construction des gares est engagée[6]. Ce tronçon est ouvert le 5 août 1867 : les trains en provenance de Paris-Montparnasse atteignent Argentan au bout d'un voyage de 197 kilomètres durant six heures environ.

La ligne connaît une rapide hausse de fréquentation, en particulier grâce aux correspondances assurées vers Le Mans et Mézidon, trafic en partie gagné sur les lignes de Paris-Montparnasse à Brest et de Mantes-la-Jolie à Cherbourg. Dès 1868, ce trafic nécessite l'agrandissement des gares de marchandises et des dépôts des machines. Du 1er janvier 1860 au 31 décembre 1867, la Compagnie dépense 58 millions de francs à la construction de la ligne[6]. L'ouverture de la ligne d'Argentan à Granville par étapes entre 1866 et 1870 permet aux trains de relier Paris à Granville en passant par la ligne de Saint-Cyr à Surdon.

La ligne de la Belle Époque à nos jours[modifier | modifier le code]

Les caténaires 25 kV 50 Hz, à Méré.
Les caténaires 25 kV 50 Hz, à Méré.

Le déclenchement de la guerre franco-prussienne de 1870 perturbe rapidement la ligne : dès le 18 septembre, le service est interrompu entre Saint-Cyr et Dreux, puis entre Saint-Cyr et Nonancourt le 21 et sur toute la ligne enfin le 12 janvier 1871. Les circulations reprennent progressivement[7].

L'électrification a été réalisée en :

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Tracé[modifier | modifier le code]

Profil[modifier | modifier le code]

Le train nettoyeur de voie au travail, au passage à niveau n°7.
Le train nettoyeur de voie au travail, au passage à niveau n°7.
La ligne à Saint-Germain-de-la-Grange, au passage à niveau n° 7.
La ligne à Saint-Germain-de-la-Grange, au passage à niveau n° 7.

Équipement[modifier | modifier le code]

La liaison, à double voie sur la totalité du parcours lors de sa construction, est électrifiée par caténaire et alimentée en courant continu (1500 volts) de Saint-Cyr à Plaisir - Grignon et en courant alternatif 25 kV 50 Hz de Plaisir - Grignon à Dreux. En matière de signalisation, la liaison est équipée du block automatique lumineux (BAL) de Saint-Cyr à Dreux ainsi que du block automatique à permissivité restreinte (BAPR) de Dreux à Surdon.

Vitesses limites[modifier | modifier le code]

Les vitesses limites de la ligne en 2012 pour les autorails X 72500, les trains V 160 ainsi que les automotrices de type Z 2N (jusqu'à Dreux), en sens impair, sont indiquées dans le tableau ci-dessous ; toutefois, les trains de certaines catégories, comme les trains de marchandises, sont soumis à des vitesses limites plus faibles[8].

De À Limite X 72500 Limite V 160
Saint-Cyr (bif. de Bois Gazé) Dreux 140 140
Dreux Pancarte km 88,0 130 120
Pancarte km 88,0 Pancarte km 97,3 140 130
Pancarte km 97,3 Verneuil-sur-Avre 150 140
Verneuil-sur-Avre L'Aigle 160 160
L'Aigle Pancarte km 168,4 160 150
Pancarte km 168,4 Surdon 160 140

Desserte[modifier | modifier le code]

Ci-dessous sont listées les gares desservies régulièrement, les services qui les desservent.

Gare Département Localisation km Services
Saint-Cyr Yvelines (78) 48° 47′ 56″ Nord 2° 04′ 25″ Est / 48.799002, 2.073562 (Gare de Saint-Cyr) 21 Ligne N du Transilien, Ligne U du Transilien et Ligne C du RER
Fontenay-le-Fleury Yvelines (78) 48° 48′ 27″ Nord 2° 02′ 27″ Est / 48.807379, 2.040702 (Gare de Fontenay-le-Fleury) 24 Ligne N du Transilien
Villepreux - Les Clayes Yvelines (78) 48° 49′ 26″ Nord 1° 59′ 34″ Est / 48.823849, 1.992902 (Gare de Villepreux - Les Clayes) 28 Ligne N du Transilien
Plaisir - Les Clayes Yvelines (78) 48° 49′ 51″ Nord 1° 57′ 36″ Est / 48.830796, 1.960008 (Gare de Plaisir - Les Clayes) 31 Ligne N du Transilien
Plaisir - Grignon Yvelines (78) 48° 49′ 55″ Nord 1° 56′ 36″ Est / 48.83183, 1.943338 (Gare de Plaisir - Grignon) 32 Ligne N du Transilien
Villiers - Neauphle - Pontchartrain Yvelines (78) 48° 48′ 55″ Nord 1° 52′ 38″ Est / 48.815407, 1.87731 (Gare de Villiers - Neauphle - Pontchartrain) 39 Ligne N du Transilien
Montfort–l'Amaury - Méré Yvelines (78) 48° 48′ 09″ Nord 1° 48′ 56″ Est / 48.802596, 1.815497 (Gare de Montfort-l'Amaury - Méré) 44 Ligne N du Transilien
Garancières - La Queue Yvelines (78) 48° 48′ 38″ Nord 1° 45′ 53″ Est / 48.810566, 1.764721 (Gare de Garancières - La Queue) 48 Ligne N du Transilien
Orgerus - Béhoust Yvelines (78) 48° 49′ 36″ Nord 1° 42′ 11″ Est / 48.826733, 1.702926 (Gare d'Orgerus - Béhoust) 53 Ligne N du Transilien
Tacoignières - Richebourg Yvelines (78) 48° 49′ 46″ Nord 1° 40′ 08″ Est / 48.829538, 1.66894 (Gare de Tacoignières - Richebourg) 56 Ligne N du Transilien
Houdan Yvelines (78) 48° 47′ 45″ Nord 1° 36′ 10″ Est / 48.795919, 1.602771 (Gare de Houdan) 62 Ligne N du Transilien
Marchezais - Broué Eure-et-Loir (28) 48° 46′ 06″ Nord 1° 30′ 49″ Est / 48.768439, 1.51349 (Gare de Marchezais - Broué) 69 Ligne N du Transilien
Dreux Eure-et-Loir (28) 48° 43′ 53″ Nord 1° 22′ 13″ Est / 48.731384, 1.37019 (Gare de Dreux) 81 Intercités Normandie, TER Basse-Normandie, TER Haute-Normandie,
Ligne N du Transilien et TER Centre-Val de Loire
Saint-Germain - Saint-Rémy Eure (27) 48° 45′ 33″ Nord 1° 15′ 23″ Est / 48.759071, 1.25629 (Gare de Saint-Germain - Saint-Rémy) 90 TER Basse-Normandie et TER Haute-Normandie
Nonancourt Eure (27) 48° 46′ 33″ Nord 1° 11′ 35″ Est / 48.77571, 1.192965 (Gare de Nonancourt) 96 TER Basse-Normandie et TER Haute-Normandie
Tillières Eure (27) 48° 45′ 39″ Nord 1° 03′ 16″ Est / 48.760754, 1.054558 (Gare de Tillières) 105 TER Basse-Normandie et TER Haute-Normandie
Verneuil-sur-Avre Eure (27) 48° 44′ 34″ Nord 0° 55′ 45″ Est / 48.742672, 0.929162 (Gare de Verneuil-sur-Avre) 117 Intercités Normandie, TER Basse-Normandie et TER Haute-Normandie
Bourth Eure (27) 48° 45′ 57″ Nord 0° 48′ 17″ Est / 48.765839, 0.804719 (Gare de Bourth) 126 TER Basse-Normandie et TER Haute-Normandie
L'Aigle Orne (61) 48° 45′ 59″ Nord 0° 37′ 12″ Est / 48.766325, 0.620062 (Gare de L'Aigle) 141 Intercités Normandie, TER Haute-Normandie et TER Basse-Normandie
Rai - Aube Orne (61) 48° 44′ 37″ Nord 0° 33′ 11″ Est / 48.743624, 0.553106 (Gare de Rai - Aube) 146 TER Haute-Normandie et TER Basse-Normandie
Sainte-Gauburge Orne (61) 48° 43′ 02″ Nord 0° 25′ 45″ Est / 48.717302, 0.429067 (Gare de Sainte-Gauburge) 156 TER Haute-Normandie et TER Basse-Normandie
Le Merlerault Orne (61) 48° 42′ 08″ Nord 0° 17′ 00″ Est / 48.702353, 0.283262 (Gare du Merlerault) 167 TER Haute-Normandie et TER Basse-Normandie
Nonant-le-Pin Orne (61) 48° 42′ 14″ Nord 0° 13′ 11″ Est / 48.7039, 0.219734 (Gare de Nonant-le-Pin) 172 TER Haute-Normandie et TER Basse-Normandie
Surdon Orne (61) 48° 39′ 53″ Nord 0° 08′ 04″ Est / 48.664758, 0.134453 (Gare de Surdon) 182 Intercités Normandie, TER Pays de la Loire, TER Haute-Normandie et TER Basse-Normandie

À la suite de la mise sur route du trafic TER, certaines gares énumérées dans le schéma de ligne ne sont plus desservies par des trains de voyageurs en service normal. Les gares ci-dessous ne sont plus desservies par des trains mais peuvent être desservies par des autocars TER ou bien par un service de transport à la demande.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire chronologique des chemins de fer européens et russes.
  2. « Convention relative à la fusion des chemins de fer normands et bretons », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 5, no 292,‎ , p. 818 - 828 (lire en ligne).
  3. « N° 2877 - Décret impérial qui approuve la convention passée, les 2 février et 6 avril 1855, entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, et les Compagnies du chemin de fer de Paris à Saint-Germain, de Paris à Rouen, etc : 7 avril 1855 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 6, no 313,‎ , p. 57 - 58 (lire en ligne).
  4. a et b François et Maguy Palau, Le rail en France - Tome III, 1864 - 1870, p. 12.
  5. Ibid., p. 83.
  6. a et b Ibid. p. 118.
  7. Ibid., p. 211.
  8. Renseignements techniques SNCF/RFF - RT 3401 Paris-Montparnasse à Dreux et Mantes-la-Jolie et RT 3403 Dreux - Argentan

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François et Maguy Palau, Le rail en France - Tome III, 1864 - 1870, 2004, 239 p. (ISBN 9782950942135).
  • Bruno Carrière, Les trains de banlieue, tome I, Éd. La Vie du Rail, 1997, 303 p. (ISBN 2902808666).
  • Bernard Collardey, Les trains de banlieue, tome II, Éd. La Vie du Rail, 1999, 335 p. (ISBN 2902808763).

Liens externes[modifier | modifier le code]