Ligne de Portet-Saint-Simon à Puigcerda (frontière)

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Ligne du transpyrénéen oriental
de Portet-Saint-Simon à Puigcerda
Ligne de Portet-Saint-Simon à Puigcerda
image illustrative de l’article Ligne de Portet-Saint-Simon à Puigcerda (frontière)
Gare d'Ax-les-Thermes
Pays Drapeau de la France France,
Drapeau de l'Espagne Espagne
Villes desservies Toulouse, Pamiers, Foix, Tarascon-sur-Ariège, Ax-les-Thermes, Latour-de-Carol, Puigcerda
Historique
Mise en service 1861 – 1929
Électrification 1929 – 1930
Concessionnaires Cie du Midi (1857 – 1937)
SNCF (1938 – 1997)
RFF (1997 – 2014)
SNCF (depuis 2015)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 672 000
Longueur 155 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification 1500 V continu
Pente maximale 40 
Nombre de voies Voie unique
Signalisation BAPR-VB de Portet à Pamiers et d'Ax-les-Thermes à La Tour-de-Carol
BM-VU SNCF de Pamiers à Ax
Trafic
Propriétaire SNCF
Exploitant(s) SNCF
Trafic Intercités, TER et fret

La ligne de Portet-Saint-Simon à Puigcerda (frontière), parfois dénommée Transpyrénéen Oriental, est une voie ferrée secondaire du sud de la France. Elle relie Portet-sur-Garonne, situé au sud de Toulouse, sur la ligne de Toulouse à Bayonne, à Latour-de-Carol[1] et Puigcerda, villes situées de part et d'autre de la frontière espagnole, en Cerdagne. Elle constitue la ligne 672 000 du réseau ferré national français.

La traversée des Pyrénées par chemin de fer, pour établir des relations entre la France et l'Espagne, donne lieu en 1865 à la création d'une commission mixte franco-espagnole[2]. Elle va étudier douze projets, le onzième: « de (Toulouse) Ax-les-Thermes à Ripoll (Barcelone) par le col du Puymorens et la Cerdagne[2] » est l'un des trois retenus, appelé ensuite « itinéraire oriental » ou « Pyrénéen oriental », la ligne de Portet-Saint-Simon à Puigcerda (frontière) représente la partie française de cette relation internationale.

Elle est parcourue quotidiennement par un train Intercités de nuit reliant Paris à Latour-de-Carol et par des TER de Toulouse à Pamiers, Toulouse à Foix, Toulouse à Ax-les-Thermes et Toulouse à Latour-de-Carol. Le tronçon Latour-de-Carol - Puigcerda comporte deux voies : une voie à écartement standard et une voie à écartement espagnol, il est parcouru quotidiennement par les trains Rodalies R3 de la région Catalogne exploités par la RENFE.

Tracé[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Chronologie des ouvertures[modifier | modifier le code]

De Toulouse à Foix[modifier | modifier le code]

Passage en Gare de Pamiers

En 1846, les projets de chemins de fer abondent, T. Lebens dans son Mémoire sur les chemins de fer des Pyrénées présente un projet de tracé de la ligne de Toulouse à Foix et à Tarascon, commune avec la ligne de Toulouse à Bayonne jusqu'au Portet où elle bifurque en franchissant la Garonne pour se diriger vers Auterive. La ligne de Portet-Saint-Simon à Foix est déclarée d'utilité publique en même temps que la ligne de Toulouse à Bayonne sur laquelle elle s'embranche par un décret impérial le 23 octobre 1856[4]. La description initiale, proche du tracé définitif, trouve sa concrétisation dans la convention signée par le ministre de l'agriculture du commerce et des travaux publics avec la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne le 1er août 1857[5]. L'article premier comporte une liste de chemins de fer, la ligne de Toulouse à Bayonne et son embranchement sur Foix est le numéro un de cette liste[5]. La convention est approuvée par le décret impérial du 1er octobre 1857[5].

De Foix à Ax-les-Thermes[modifier | modifier le code]

Passage en Gare de Foix

La section de Foix à Tarascon est concédée à la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne par une convention signée entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et la compagnie le 10 août 1868. La convention est approuvée par un décret impérial à la même date[6].

Le tronçon de ligne entre Tarascon-sur-Ariège et Ax-les-Thermes est déclarée d'utilité publique et concédée à la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne par une loi le 14 décembre 1875[7].

D'Ax-les-Thermes à la frontière d'Espagne[modifier | modifier le code]

La partie internationale de la ligne a fait l'objet d'une convention internationale entre la France et l'Espagne signée le 18 août 1904. Cette convention a été approuvée par une loi le 10 janvier 1907[8] et promulguée par un décret le 6 février 1907[9].

Le 12 avril 1907[10] l'avant projet pour un « chemin de fer d'Ax-les-Thermes à la frontière d'Espagne » est approuvé par décision ministérielle.

Le tronçon d'Ax-les-Thermes à la frontière espagnole a été concédé à la compagnie des chemins de fer du Midi par une convention signée avec le ministre des Travaux publics le 20 juin 1907. La convention a été approuvée et le tronçon de ligne d'Ax-les-Thermes à la frontière espagnole a été déclaré d'utilité publique par une loi le 2 août 1907[11].

Dès la ligne achevée, elle fut utilisée pour acheminer le minerai de fer de la mine de Puymorent exploitée dès le moyen-âge. Il était transporté par câble jusqu'à la gare de l'Hospitalet.

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Sur la plupart des bâtiments voyageurs, on peut lire encore l'indication de l'altitude, gravée dans un bloc de pierre (parfois est précisé: altitude du rail). Lors du passage aux arrêts non desservis, il est parfois difficile de relever l'altitude, le bloc de pierre peut être aussi caché par de la végétation. Ces altitudes sont inexactes aujourd'hui car le système de nivellement est maintenant différent (IGN-69).

On mentionnera comme curiosité le tunnel hélicoïdal de Saillens, voir schéma déroulant de la ligne.

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

Les liaisons TER sont actuellement assurées par les automotrices électriques Z 27500 (AGC électrique). qui elles-mêmes ont succédé, au courant des années 2000, aux automotrices électriques Z 7300 et aux RRR tractées ou poussées par des BB 8500. Depuis 2017, certaines liaisons sont assurées par des automotrices Z 54900 (Régiolis).

La liaison directe de Latour-de-Carol à Paris est assurée par les voitures Corail de nuit rebaptisées Lunéa à la fin des années 2000 puis Intercités début 2012.

Circulations[modifier | modifier le code]

Annonce sonore de la desserte TER Latour-de-Carol - Toulouse Matabiau.

Aujourd'hui, la desserte des trains français s'arrête à Latour-de-Carol. Le service entre Latour-de-Carol et Puigcerda est assuré par le chemin de fer espagnol (RENFE) dont l'écartement des rails est supérieur de 23,3 cm à celui en France. Les trains Rodalies catalans exploités par la RENFE (ligne R3) relient Latour-de-Carol au terminus L'Hospitalet de Llobregat 4 à 5 fois par jour en passant notamment par Ripoll, Vic, et Barcelone pour un plein tarif de 12€[12].

Problématiques[modifier | modifier le code]

Cette ligne constitue un tronçon d'une liaison entre Toulouse et Barcelone, mais un changement de train est nécessaire à Latour-de-Carol et le trajet dure 6 à 7 heures entre les deux villes. Son intérêt s'est fortement réduit avec la mise en service d'une relation TGV directe en 3h20 entre Toulouse et Barcelone par Perpignan fin 2013 (une liaison quotidienne).

La ligne pâtit aussi du manque de coopération entre la SNCF et les régions autonomes espagnoles, l'exploitant français affiche les horaires des trains et vend des titres de transports pour les liaisons nationales espagnoles mais pas pour les liaisons régionales pilotées comme en France par les régions autonomes. Il n'est donc ni possible pour un voyageur français de réserver ses billets pour Barcelone par ce tronçon, ni de consulter les horaires des trains espagnols en correspondance à Latour-de-Carol (bien que ce trajet soit moins coûteux que la liaison rapide par Perpignan).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'orthographe « La-Tour-de-Carol », nom de la commune au XIXe siècle, est maintenue par la SNCF dans le nom de la gare.
  2. a et b Site pyrenees-pireneus.com, Les transpyrénéens : Historique, extrait de l'ouvrage : Géographie des chemins de fer français de H. Lartilleux, Imprimerie Chaix, 1950, extrait (consulté le 11 novembre 2011).
  3. a, b, c, d et e Dossier de Presse, Plan Rail Midi-Pyrénées 2007-2013, La ligne Portet-Tarascon : historique et caractéristiques de la ligne, avril 2011, p. 11 lire (consulté le 11 novembre 2011).
  4. « N° 4100 - Décret impérial qui déclare d'utilité publique l'établissement des lignes de chemins de fer de Toulouse à Bayonne, d'Agen à Tarbes et de Mont-de-Marsan à ou près Rabastens : 23 octobre 1856 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 8, no 438,‎ , p. 839 - 840.
  5. a, b et c France, Collection complète des lois, décrets d'intérêt général, traités internationaux, arrêtés, circulaires, instructions, etc, volume 57, Recueil Sirey, 1857, p. 498 intégral (consulté le 12 novembre 2011).
  6. « N° 16363 - Décret impérial qui approuve la convention passée, le 10 août 1868, entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne : 10 août 1863 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 32, no 1642,‎ , p. 640 - 648.
  7. « N° 4890 - Loi qui déclare d'utilité publique l'établissement de divers chemins de fer et approuve la convention passée avec la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne, pour le concession de ces chemins de fer : 14 décembre 1875 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 11, no 285,‎ , p. 1276 - 1281 (lire en ligne).
  8. « N°48723 - Loi portant approbation de la convention et du protocole additionnel signés, les 18 août 1904 et 8 mars 1905, entre la France et l'Espagne, au sujet de l'établissement de communications par voies ferrées à travers les Pyrénées centrales : 10 janvier 1907 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 74, no 2811,‎ , p. 1368 - 1369 (lire en ligne).
  9. « N° 48983 - Décret portant promulgation de la convention et du protocole additionnel signés, les 18 août 1904 et 8 mars 1905, entre la France et l'Espagne, au sujet de l'établissement de communications par voies ferrées à travers les Pyrénées centrales : 6 février 1907 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 74, no 2827,‎ , p. 2074 - 2078 (lire en ligne).
  10. Site gallica.bnf.fr, « Chemin de fer d'Ax-les-Termes à la frontière d'Espagne : situation des études et travaux de cette ligne », dans Rapports et délibérations - Pyrénées-Orientales, Conseil général, 1916, p. 29 intégral (consulté le 11 novembre 2011).
  11. « N° 49858 - Loi concernant : 1° La déclaration d'utilité publique des chemins de fer de Saint-Paul-Saint-Antoine à Lavelanet et à Bélesta, de Condom à Castéra-Verdazan, d'Ax-les-Termes (Ariège) et de Bedous (Basses-Pyrénées) à la frontière espagnole; 2° La concession éventuelle du chemin de fer d'Oust (Ariège) à la frontière espagnole : 2 août 1907 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 76, no 2884,‎ , p. 13 - 20 (lire en ligne).
  12. « Site des chemins de fer catalans »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • T Lebens, « Ligne de Toulouse à Foix et à Tarascon », dans Mémoire sur les chemins de fer des Pyrénées et spécialement sur un projet de chemin de fer de Toulouse à Bayonne, E. Devroye et cie., 1846. pp. 10-12 (intégral)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]