Ligne de Pamiers à Limoux

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Ligne de
Pamiers à Limoux
L'ancienne voie, près de Saint-Amadou.
L'ancienne voie, près de Saint-Amadou.
Pays Drapeau de la France France
Historique
Mise en service 1898
Fermeture 1939 – 1941
Concessionnaires Midi (1883 – 1937)
SNCF (1938 – 1975)
Déclassée (à partir de 1975)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 673 000
Longueur 63,1 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Pente maximale 15
Nombre de voies Anciennement à voie unique

La ligne de Pamiers à Limoux est une ancienne ligne ferroviaire française a écartement standard et à voie unique longue de 63,1 kilomètres, établie dans les départements de l'Aude et de l'Ariège. Elle a été mise en service par la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne en 1898 et la dernière section a été définitivement fermée en 1973. Elle se greffait sur la ligne de Portet-Saint-Simon à Puigcerda (frontière) en gare de Pamiers et rejoignait celle de Carcassonne à Rivesaltes en gare de Limoux.

Elle constituait la ligne 673 000 du réseau ferré national.

Historique[modifier | modifier le code]

La loi du 17 juillet 1879 (Plan Freycinet) portant classement de 181 lignes de chemin de fer dans le réseau des chemins de fer d’intérêt général retient en n° 163, une ligne « d'un point à déterminer entre Pamiers et Saint-Antoine-de-Foix à un autre point à déterminer entre Limoux et Quillan »[1]. Cette ligne a été déclarée d'utilité publique le 23 août 1881[2]. Elle est concédée à la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne par une convention signée le 9 juin 1883 entre le ministre des Travaux publics et la compagnie. Cette convention est approuvée par une loi le 20 novembre 1883[3].

Sa construction débute en 1892 et elle est ouverte le 1er janvier 1898 (de Mirepoix à Limoux), puis le 20 novembre 1898 (de Pamiers à Mirepoix).

L'histoire de cette ligne de chemin de fer est liée à deux autres lignes se trouvant aussi dans le massif du Plantaurel et le plateau du Razès. Il s'agit de la ligne de Bram à Belvèze et de la ligne de Moulin-Neuf à Lavelanet. En effet le projet initial, élaboré à l'échelle des deux départements vers 1870 proposait avant tout une liaison Bram–Pamiers avec une antenne Mirepoix–Lavelanet ; mais il fut ensuite repris dans le cadre des conventions Freycinet où les deux lignes apparurent sous les numéros de projet 563 (Limoux–Pamiers) et 564 (Bram–Lavelanet).

La transversale Limoux–Pamiers qui reliait directement les deux lignes des vallées de l'Aude (Quillan–Carcassonne) et de l'Ariège (Foix–Toulouse) était avant tout d'intérêt stratégique en permettant un itinéraire d'évitement de Toulouse, alors que la ligne Bram–Lavelanet répondait à des nécessités commerciales en offrant un débouché à la production du pays d'Olmes et de la haute vallée de l'Hers (bois, textile, peignes en corne, chapellerie...).

Mais la réalité de l'exploitation ferroviaire fut tout autre : aucun train direct ne circula entre Limoux et Pamiers. Aussi peut on parler d'une ligne (Bram–Lavelanet) et de deux antennes (Belvèze–Limoux et Moulin Neuf –Pamiers). À noter qu'au niveau du réseau ferré national, la numérotation des lignes est encore différente,il y a trois lignes : la ligne de Bram à Belvèze-du-Razès (675 000), la ligne de Pamiers à Limoux (673 000), la ligne de Moulin-Neuf à Lavelanet (674 000).

Ces lignes furent inscrites en 1933 à la seconde phase du programme d'électrification des lignes Midi du Languedoc ; ce projet ne connut pas de suite.

Les sections du Carlaret à Mirepoix et de Belvèze à Limoux ont été déclassées par une loi le 30 novembre 1941[4].

La section de Pamiers au Carlaret (PK 65,076 à 72,100) est déclassée par décret le 12 novembre 1954[5].

Dates de déclassement[modifier | modifier le code]

La ligne a été déclassée en plusieurs étapes :

  • Du Carlaret à Mirepoix (PK 72,100 à 89,363) et de Belvèze (Aude) à Limoux (PK 111,010 à 127,5xx) : 30 novembre 1941[6].
  • De Pamiers au Carlaret (PK 65,076 à 72,100) : 12 novembre 1954[7] (la voie avait été déposée par les Allemands en 1944).
  • De Mirepoix à Belvèze (Aude) (PK 89,363 à 111,010) : 24 février 1975[8]. Cette section a été ouverte au service fret jusqu'en 1973.

Infrastructure et tracée[modifier | modifier le code]

La voie unique se forme à Pamiers, gare sur l’axe transpyrénéen de Toulouse à La Tour-de-Carol. Dès la sortie de la localité de Pamiers, le tracé pique plein est et traverse deux fois l'Estaud pour arriver au bout d'une longue ligne droite a la gare du Carlaret. Après le tracé de la ligne était marqué d'ondulation et desservait les gares de Saint-Amadou, Les Pujols, Rieucros et Coutens, tout en franchissant quelque cours d'eau comme la Douctouyre. Ensuite la ligne suivait l'Hers sur sa rive gauche par un profil en déclivité oscillant entre 3 et 8 mm/m, elle passait à Mirepoix et franchissait un pont sur l'Hers pour arriver en gare de Moulin-Neuf.

Après avoir laissé la bifurcation vers Lavelanet en gare de Moulin-Neuf, la voie change de département. Elle franchissait alors la limite de partage des eaux entre Méditerranée (bassin de l’Aude) et Atlantique (bassin de l’Ariège) par le tunnel de Rey[9]. À la sortie la voie avait alors une déclivité de 15 mm/m. Elle descend jusqu’à Belvèze-du-Razès où elle passe l'aiguillage de la ligne pour Bram au lieu dit Coume Cristo.

La voie s’abaisse alors progressivement en pente de 10 mm/m dans une zone au relief ondulé, pour rejoindre la vallée du Sou, qu’elle franchit à deux reprises de part et d’autre de St.Martin-de-Villeréglan. Prés de la gare de Cépie, elle retrouve la voie de Carcassonne à Rivesaltes qu'elle côtoie jusqu'à la gare de Limoux sans jamais la rejoindre. Effectivement les deux voies arrivaient bien de façon indépendante jusqu’à Limoux après avoir franchi un pont double sur l'Aude.

Exploitation[modifier | modifier le code]

L'exploitation de la ligne débuta le 1er janvier 1898, puis le 20 novembre 1898 pour la section Pamiers-Mirepoix. Le service voyageur fut fermé en 18 avril 1939 et le 15 mai 1939 pour la section Moulin-Neuf-Pamiers. Il y eut une réouverture temporaire du service voyageur du 5 mai 1941 au 6 mai 1946, effectivement la pénurie de transports routiers conduisit à ajouter une voiture au train de marchandises subsistant. Le service marchandise s’arrêta le 1er juin 1941 pour les sections Pamiers-Mirepoix et Belvèze-du-Razès-Limoux. Le service marchandise restant fut fermé le 16 décembre 1973 en même temps que la ligne. La voie a été déposée peu de temps après.

Machines et circulation des trains[modifier | modifier le code]

Au tout début, les lignes du Plantaurel et du Razès étaient parcourues par des trains omnibus et mixtes, ces derniers étaient remorqués par des locomotrices types 030, 130, 040 et Engerth 032T. Ces locomotives étaient alors basées dans les dépôts de Carcassonne et Foix. De nouvelles locomotives des 140 des séries 4000 et 4100 (ces dernières de construction américaine Alco) firent leur apparition pour desservir ces lignes dans les années 1930.

Le secours s’il était nécessaire, en gares et entre les gares de Moulin-Neuf et Belvèze-du-Razès aurait été demandé à la gare de Bram, qui aurait adressé une demande rédigée en conséquence à celle de Castelnaudary. S’il était nécessaire sur les autres points de la section Pamiers – Moulin-Neuf, il aurait été demandé en gare de Pamiers, qui aurait adressé une demande rédigée en conséquence à celle de Foix. S’il était nécessaire sur les autres points de la section Belvèze-du-Razès - Limoux, il aurait été demandé en gare de Limoux, qui aurait adressé une demande rédigée en conséquence à celle de Carcassonne.

En 1924 quatre trains (deux dans chaque sens) parcouraient la ligne en reliant Pamiers à Moulin-Neuf, dix trains Bram-Lavelanet (cinq dans chaque sens) desservaient la section de Moulin-Neuf à Belvèze-du-Razès, et enfin six trains (trois dans chaque sens) reliaient Belvèze-du-Razès à Limoux.

Vitesses limites[modifier | modifier le code]

En mai 1930 les vitesses limites que les trains ne devaient pas dépasser sont exposées dans le tableau suivant[10].

Vitesses limites des trains sur la ligne de Pamiers à Limoux
Sections de la ligne Vitesse limites (km/h)
Trains de voyageurs Trains mixtes Trains de marchandises
Pamiers à Moulin-Neuf 90 65 ou 60 50
Moulin-Neuf à Limoux 85 65 ou 60 45

Horaires de 1924[modifier | modifier le code]

Fac-similé horaires des lignes en août 1924 (Source CHAIX Midi)
14 BRAM A LAVELANET
Dist. STATIONS 3921 MIXTE 1re.2e.3e. 979 T.L. MIXTE 1re.2e.3e. 3923 MIXTE 1re.2e.3e. 975 T.L. OMNIBUS 1re.2e.3e. 3925 T.L OMNIBUS 1re.2e.3e. Dist. STATIONS 3920 OMNIBUS 1re.2e.3e. 970 T.L OMNIBUS 1re.2e.3e. 3922 T.L MIXTE 1re.2e.3e. 978 T.L MIXTE 1re.2e.3e. 3924 MIXTE 1re.2e.3e.
0 Bram dép 7 53 10 03 15 07 16 07 20 08 0 Lavelanet dép 5 27 Départ Pamiers 11 43 Départ Mirepoix 15 16
7 Montréal-Aude 8 03 10 13 15 17 16 17 20 18 4 Laroque d'Olmes 5 33 11 50 15 23
12 Cailhau 8 12 10 22 15 26 16 25 20 26 7 Le Peyrat-La Bastide 5 41 11 58 15 32
16 Belvèze-Aude arr 8 18 10 28 15 32 16 31 20 32 11 Ste-Colombe-sur-l'Hers 5 48 12 05 15 39
dép 8 30 10 32 15 37 16 37 20 34
22 Bellegarde-Aude 8 42 10 44 15 49 16 52 20 43 14 Rivel-Montbel 5 55 12 12 15 46
27 Lignairolles-Aude (halte) 8 53 10 55 16 00 17 00 20 51 18 Chalabre 6 05 12 21 15 55
31 Moulin-Neuf arr 9 00 11 02 16 07 17 06 20 57 24 Camon 6 14 12 30 16 04
dép 9 08 11 11 16 23 17 30 21 10 28 Lagarde 6 21 12 37 16 11
35 Lagarde 9 16 Vers Mirepoix 16 31 Vers Pamiers 21 18 32 Moulin-Neuf arr 6 28 7 51 12 44 15 48 16 18
39 Camon 9 23 16 38 21 25 dép 6 31 8 00 12 54 16 10 16 35
45 Chalabre 9 35 16 50 21 37 36 Lignairolles-Aude (halte) 6 38 8 07 13 01 16 17 16 42
49 Rivel-Montbel 9 42 16 57 21 44 41 Bellegarde-Aude 6 46 8 15 13 10 16 27 16 51
52 Ste-Colombe-sur-l'Hers 9 49 17 04 21 51 47 Belvèze-Aude arr 6 53 8 23 13 18 16 36 16 59
dép 6 55 8 34 13 24 16 41 17 04
56 Le Peyrat-La Bastide 9 56 17 13 21 59 51 Cailhau 7 01 8 40 13 30 16 50 17 10
59 Laroque d'Olmes 10 03 17 20 22 05 56 Montréal-Aude 7 09 8 48 13 39 16 59 17 19
63 Lavelanet arr 10 10 17 27 22 10 63 Bram arr 7 17 8 57 13 48 17 09 17 28
15 BELVEZE-AUDE A LIMOUX
Dist. STATIONS 3941 T.L. MIXTE 1re.2e.3e. 3943 T.L. MIXTE 1re.2e.3e. 3945 T.L. MIXTE 1re.2e.3e. Dist. STATIONS 3940 T.L. MIXTE 1re.2e.3e. 3942 T.L OMNIBUS 1re.2e.3e. 3944 T.L MIXTE 1re.2e.3e.
0 Belvèze-Aude dép 8 40 17 26 20 40 0 Limoux dép 7 36 15 55 19 35
6 Routier-Brugairolles 9 02 17 48 20 51 6 St-Martin-de-Villeréglan 7 52 16 04 19 45
9 Malviès-Lauraguel (halte) 9 09 17 55 20 58 8 Malviès-Lauraguel (halte) 7 58 16 09 19 51
11 St-Martin-de-Villeréglan 9 21 18 07 21 04 11 Routier-Brugairolles 8 15 16 14 19 57
17 Limoux arr 9 33 18 19 21 16 17 Belvèze-Aude arr 8 24 16 22 20 06
16 MOULIN-NEUF A PAMIERS
Dist. STATIONS 971 T.L. OMNIBUS 1re.2e.3e. 973 T.L. OMNIBUS 1re.2e.3e. 979 T.L. MIXTE 1re.2e.3e. 975 MIXTE 1re.2e.3e. Dist. STATIONS 970 T.L. OMNIBUS 1re.2e.3e. 978 T.L MIXTE 1re.2e.3e. 974 MIXTE 1re.2e.3e. 976 T.L. MIXTE 1re.2e.3e.
0 Moulin-Neuf dép 5 36 9 10 11 11 17 30 0 Pamiers dép 6 55 Départ Mirepoix 14 50 20 10
7 Mirepoix 5 50 9 23 11 21 17 55 8 Le Carlaret 7 05 15 04 20 20
12 Coutens (halte) nd 9 30 Terminus Mirepoix 18 03 11 St-Amadou (halte) 7 12 15 11 20 26
16 Rieucros 6 01 9 37 18 15 14 Les Pujols-Ariège 7 17 15 20 20 3
19 Les Pujols-Ariège 6 08 9 44 18 29 17 Rieucros 7 24 15 32 20 38
22 St-Amadou (halte) 6 13 9 49 18 35 21 Coutens (halte) 7 31 15 40 20 45
25 Le Carlaret 6 19 9 55 18 49 26 Mirepoix 7 42 15 38 15 59 20 52
33 Pamiers arr 6 29 10 05 19 00 33 Moulin-Neuf arr 7 51 15 48 16 13 21 00

nd = non desservi

État actuel[modifier | modifier le code]

Actuellement la plateforme est une piste cyclable de Mirepoix à Moulin-Neuf[11].

Le conseil général de l'Aude a pour projet de prolonger cette voie verte jusqu’à Bram[12] sur la plateforme de l'ancienne voie ferrée, afin de réaliser une piste cyclable de Bram à Montségur, relié à la piste cyclable du canal du Midi.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « N° 8168 - Loi qui classe 181 lignes de chemin de fer dans le réseau des chemins de fer d'intérêt général : 17 juillet 1879 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 19, no 456,‎ , p. 6 - 12 (lire en ligne).
  2. Collection complète des lois, décrets, ordonnances, réglements, et avis du Conseil d'état, année 1881, page 468.
  3. « N° 14215 - Loi qui approuve la convention passée, le 9 juin 1883, entre le ministre des Travaux publics et la Compagnie des chemins de fer du Midi : 20 novembre 1883 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 28, no 834,‎ , p. 340 - 345 (lire en ligne).
  4. « N° 5023 - Loi du 30 novembre 1941 prononçant le déclassement de certaines lignes d'intérêt général (zone non-occupée) », Journal officiel de l'État Français, Paris, Imprimerie Nationale, no 326,‎ , p. 5226 - 5227 (lire en ligne).
  5. « Décret no 54-1099 du 12 novembre 1954 portant déclassement de certaines lignes et sections de lignes de chemin de fer d’intérêt général », Journal officiel de la République Française,‎ , p. 10676-10677 (ISSN 0373-0425, lire en ligne).
  6. Journal Officiel de la République française du 4 décembre 1941, page 5 226.
  7. Journal Officiel de la République française du 12 novembre 1954, page 10 676.
  8. Journal Officiel de la République française du 8 mars 1975, page 2 620.
  9. Fiche tunnel réalisé par le site des tunnels ferroviaires de France, Tunnel de Rey.
  10. Graphique N°04 Fascicule N°06 de la compagnie du midi du 15 mai 1930.
  11. Fiche de la voie verte en Pyrénées Cathares, le chemin des Filatiers de l'AF3V.
  12. Journal La Dépêche du 9 avril 2012 - Voies vertes et vélos en vue.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sur les rails de la région Midi-Pyrénées, volume 2 : Entre Garonne et Pyrénées de J. Banaudo – Éditions du Cabri (2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]