Ligne de Longuyon à Mont-Saint-Martin (vers Athus)

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Ligne de
Longuyon à Mont-Saint-Martin
(vers Athus)
Image illustrative de l'article Ligne de Longuyon à Mont-Saint-Martin (vers Athus)
Train Paris-Est - Luxembourg
en gare de Longwy (1989).
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Longuyon, Longwy, Mont-Saint-Martin
Historique
Mise en service 1863
Concessionnaires Ardennes (1857 – 1863)
Est (1863 – 1937)
SNCF (1938 – 1997)
RFF (1997 – 2014)
SNCF (depuis 2015)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 202 000
Longueur 21 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification 25 kV – 50 Hz
Nombre de voies Double voie
Trafic
Propriétaire SNCF
Exploitant(s) SNCF
Schéma de la ligne

La Ligne de Longuyon à Mont-Saint-Martin (vers Athus) est une ligne ferroviaire française qui relie la ville de Longuyon dans le département de Meurthe-et-Moselle au bassin industriel de Longwy. Prolongée vers Athus en Belgique d'une part et vers Rodange au Luxembourg d'autre part, c'est une ligne internationale qui a été longtemps parcourue par les trains Paris-Est - Luxembourg (via Reims et Sedan).

Elle constitue la ligne 202 000[1] du réseau ferré national.

Histoire[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

La Compagnie du chemin de fer des Ardennes et de l'Oise présente le 6 février 1857 une soumission pour obtenir la concession de plusieurs chemins de fer dont l'un « de Sedan à la ligne de Metz à Thionville, avec embranchement sur la frontière belge par Longwy ». Elle signe le 10 juin 1857 une convention avec le ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics pour une concession, sans subvention ni garantie d'intérêt, pour entre autres un chemin de fer « de Sedan à un point à déterminer de la ligne de Metz à Thionville, avec embranchement sur la frontière belge, dans la direction d'Arlon, ledit embranchement passant par ou près Longwy ». Il est également prévu que la compagnie s'engage à exécuter cet embranchement dans les six années suivant la ratification de la convention à passer avec le gouvernement belge. Cette convention est approuvée par le décret impérial du 29 juillet 1857[3].

Discussions et convention internationale[modifier | modifier le code]

Les discussions sur le tracé de la ligne et l'emplacement de la gare de Longwy trainent en longueur, notamment du fait de l'importance de la place-forte de Longwy et du fait qu'il s'agit d'une ligne internationale entre la France et la Belgique. Néanmoins les autorités militaires françaises s'activent pour que le projet aboutisse, ils incitent le gouvernement à négocier une convention internationale pour le raccordement avec le réseau belge[4]. La convention, ratifiée le 20 septembre 1860[2] à Paris et promulguée par le décret impérial du 29 novembre 1860, prévoit dans le détail : le point de jonction du raccordement, les délais d'exécution et l'exploitation de la première section à réaliser entre la frontière et la gare de Longwy[5].

En Belgique, c'est la Grande compagnie du Luxembourg (société belge) qui a la charge de réaliser la ligne de la gare d'Arlon à la frontière française. Le point de jonction prévu se situe sur la limite de séparation de la commune française de Mont-Saint-Martin et de la commune belge d'Aubange, des précisions techniques sont ajoutées pour le raccordement de la voie. Par contre chacune des deux compagnies est libre d'apprécier les modifications à apporter sur la partie du tracé située sur le territoire de son pays. Les ingénieurs sont invités à échanger pour qu'ensuite l'exploitation soit possible avec des trains parcourant l'ensemble du tracé. Il s'agit d'une voie unique à écartement normal. Il est demandé d'activer les chantiers afin que la première section d'Arlon à Longwy soit mise en exploitation le 1er janvier 1862 et que la deuxième section de Longwy à un point à déterminer sur la ligne de Sedan à Thionville puisse être exploitée à partir du 1er janvier 1864, au plus tard. La convention précise également les conditions d'exploitation de la première section, qui comprend deux tronçons, l'un belge et l'autre français. Elle sera réalisée par la compagnie du Luxembourg avec son matériel, mais la compagnie des Ardennes doit lui mettre à disposition une remise pour deux locomotives dans la gare de Longwy, les conditions financières des échanges entre les deux compagnies sont détaillés. Il est prévu qu'une nouvelle convention entre les deux gouvernements intervienne pour la traversée de la frontière après la mise en service de la totalité de la ligne[5].

Ligne internationale de Longwy à Arlon[modifier | modifier le code]

Comme prévu les compagnies ouvrent les chantiers pendant la campagne 1861[2]. En Belgique la compagnie du Luxembourg réussit à mettre en service le 1er avril 1862 les huit kilomètres entre l'embranchement, situé quelques kilomètres après Arlon à Autelbas sur la ligne de Namur à la frontière du Luxembourg, et la gare d'Athus[6]. En France la compagnie des Ardennes, qui a bien compris que la nouvelle voie permettra aux entreprises métallurgiques d'avoir des prix compétitifs ce qui sera favorable au trafic de la ligne, active également ses chantiers. Mais le tracé traverse des sites très industrialisés avec de nombreuses voies de communications ce qui retarde l'avancement de sa section. Les deux compagnies coordonnent leur action et finalement le dernier tronçon belge entre Athus et la frontière et la section française sont livrés le même jour ce qui permet une ouverture de l'exploitation le 12 février 1863. Comme le prévoit la convention c'est la compagnie du Luxembourg qui exploite la ligne jusqu'à la gare de Longwy où la compagnie des Ardennes lui a préparé une remise pour deux machines, une plaque tournante et des installations pour alimenter les locomotives en eau et en combustible[2].

Section de Longuyon à Longwy[modifier | modifier le code]

Rachat par la compagnie de l'Est[modifier | modifier le code]

La Compagnie des chemins de fer des Ardennes est rachetée par la Compagnie des chemins de fer de l'Est selon les termes d'un traité signé le 12 mai 1857. Ce traité est approuvé par deux décrets impériaux le 11 juin 1859[7],[8]. Toutefois la convention ne prévoit que le rachat ne sera effectif que deux ans après la mise en service du réseau de la Compagnie des chemins de fer des Ardennes. Cette clause est modifiée selon les termes d'une convention signée le 15 mars 1863 entre les deux compagnies, qui fixe la date de la fusion au 1er janvier 1864. Cette convention est approuvée par un décret impérial le 11 juin suivant[9].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Tracé[modifier | modifier le code]

Tracé de la ligne.

C'est une ligne au profil convenable, les déclivités ne dépassent pas 8‰. Établie dans l'étroite vallée de la Chiers, elle est toutefois sinueuse.

Voie[modifier | modifier le code]

A double voie jusqu'à Mont-Saint-Martin elle est ensuite à voie unique sur ses derniers kilomètres.

Électrification[modifier | modifier le code]

La ligne a été électrifiée en courant 25 kV - 50 Hz entre Longuyon et Mont-Saint-Martin le 16 septembre 1955 et de Mont-Saint-Martin à la frontière vers Athus le 18 juin 1988. Cette dernière installation a été déposée le 25 septembre 1993 avant l'abandon de la partie terminale de la ligne. Ce tronçon vers la Belgique a été reconstruit depuis, mais au lieu de se diriger vers Athus, il se raccorde à la ligne 165 (Infrabel) en direction d'Aubange et de Libramont. Il a été électrifié (voie unique) le 12 décembre 2004.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Document RFF.
  2. a, b, c, d, e, f et g Palau, 2001, p. 183
  3. « 10 juin - 29 juillet 1857 : Décret impérial qui approuve la convention passée, le 10 juin 1857, entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics, et la compagnie des chemins de fer des Ardennes et de l'Oise (XI, Bull. 523, no 4807) », Bulletin annoté des lois et décrets, Paris, Société anonyme des publications périodiques de l'imprimerie Paul Dupont, vol. (A1857,T10),‎ , p. 335-336 (lire en ligne).
  4. Dumont, 2004, p. 85
  5. a et b France, Bulletin annoté des lois et décrets, t. 14 (texte,publication en série imprimée), Paris, Société anonyme des publications périodiques de l'imprimerie Paul Dupont, (ISSN 0007-411X, lire en ligne), « 24-29 novembre 1860 = Décret impérial portant promulgation de la convention conclue, entre la France et la Belgique pour le raccordement du chemin de fer des Ardennes avec le chemin de fer de Luxembourg (XI, Bull. 875, no 8424) », p. 38-39.
  6. P. Pastiels, « Les origines des chemins de fer en Lorraine Belge (I) », sur http://rixke.tassignon.be/, (consulté le 31 décembre 2014)
  7. « N° 6707 - Décret impérial qui approuve la convention passée, les 24 juillet 1858 et 11 juin 1859, entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, et la Compagnie des chemins de fer de l'Est : 11 juin 1859 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 14, no 709,‎ , p. 59 - 87.
  8. « N° 6708 - Décret impérial qui approuve la convention passée, les 24 juillet 1858 et 11 juin 1859, entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, et la Compagnie des chemins de fer des Ardennes : 11 juin 1859 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 14, no 709,‎ , p. 87 - 93.
  9. « N° 11549 - Décret impérial qui approuve la convention passée, le 1er mai 1863, entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, et la Compagnie des chemins de fer de l'Est : 11 juin 1863 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 22, no 1141,‎ , p. 138 - 146 (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François et Maguy Palau, Le rail en France : Le Second Empire, t. 2 (1858-1863), Palau, , 221 p. (ISBN 2-950-942-12-1, présentation en ligne), « 6.2 Longwy Bas-Frontière belge : 12 février 1863 et 6.20 Longuyon-Longwy :3 septembre 1863 », p. 183 et 207.
  • Pascal Dumont et Olivier Geerinck, Sur les rails d'Ardennes et de Gaume, Éditions de Borée, coll. « Images Ferroviaires », , 175 p. (ISBN 9782844942692, lire en ligne), « La ligne Longuyon - Mont Saint-Martin - Athus », p. 85-90.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]