Ligne de Lexos à Montauban-Ville-Bourbon

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Ligne de
Lexos à Montauban-Ville-Bourbon
Pays Drapeau de la France France
Historique
Mise en service 1858
Fermeture 1955 – 1987
Concessionnaires Grand-Central (1853 – 1857)
PO (1857 – 1937)
SNCF (1938 – 1990)
Ligne déclassée (à partir de 1990)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 739 000
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification

Non électrifiée

Nombre de voies Anciennement à voie unique
Trafic
Trafic Ligne déclassée

La ligne de Lexos à Montauban-Ville-Bourbon est une ligne ferroviaire française à écartement standard et à voie unique non électrifiée de la région Midi-Pyrénées. Elle reliait les gares de Lexos (commune de Varen) et de Montauban.

Aujourd'hui, la ligne est totalement déferrée. Une grande partie de la ligne a été utilisée pour la route départementale D115.

Tracé[modifier | modifier le code]

La ligne de Montauban à Lexos

Histoire[modifier | modifier le code]

La ligne de de Lexos à Montauban-Ville-Bourbon constitue un tronçon de l'itinéraire de Montauban au Lot concédé par décret impérial le 21 avril 1853 à Messieurs le comte de Morny, J. Masterman, le comte H. de Pourtalès-Gorgier, Matthiew Uzielli, Calvet-Rogniat, Samuel Laing, le marquis de Latour-Maubourg et Hutchinson[1].

Le 30 mars 1853 est constituée la Compagnie du chemin de fer Grand-Central de France. Cette compagnie est autorisée par un décret impérial du 30 juillet 1853 qui autorise aussi sa substitution aux concessionnaires initiaux de la ligne.

Les promoteurs de la compagnie avaient, entre autres ambitions, de désenclaver le bassin houiller d’Aubin.

Cette ligne répond moins d’une préoccupation de desserte locale que d’un besoin de transport minier et sidérurgique. L’ingénieur de la compagnie précise : « Vous savez comme moi que j’avais pour mission de tracer aux produits minéraux du bassin houiller de l’Aveyron et des grandes usines de Decazeville et d’Aubin, la voie la plus courte pour atteindre la vallée de la Garonne en un point qui leur permit de paraître avec un égal avantage sur les marchés de Toulouse, Agen et Bordeaux »[2].

Les travaux sont adjugés fin décembre 1853 à l’entrepreneur Lacroix pour un montant de 165 000 f/km. En janvier 1854 le matériel d’exploitation est commandé pour 28 locomotives et tenders, 19 voitures de première classe, 36 de deuxième, 76 de troisième classe, 19 fourgons à bagages, 4 wagon-écuries, 225 wagons couverts, 225 plates-formes et 200 wagon à houille et minerais.

Face à la pénurie de rails qui sévit à l’époque consécutive à l’expansion ferroviaire en France et du retard de l’administration à autoriser les compagnies d’importer des rails de Grande-Bretagne, la compagnie achète le domaine minier et industriel d’Aubin (y compris Bruniquel) pour assurer la sécurité de ses approvisionnements.

À la fin de 1855, les travaux, menés trop à la hâte et la compagnie mettant en place une surveillance accrue, sont confiés à un autre entrepreneur, Calley Saint Paul.

À la suite de la déconfiture financière de la Compagnie du chemin de fer Grand-Central de France, son démantèlement est organisé en 1857 au profit de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans et de la constitution de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée. La Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans récupère notamment la concession de la ligne « de Montauban au Lot » par la convention signée le 11 avril 1857 avec le ministre des Travaux publics. Cette convention est approuvée par décret le 19 juin 1857[3].

La ligne est ouverte au service commercial le 30 août 1858 entre Montauban et Saint-Christophe, près de Marcillac.

Dès son ouverture la ligne capte l’essentiel du trafic sidérurgique et minier d’Aubin et Decazeville. En 1859, elle transporte 33 000 tonnes de charbon entre Capdenac et Montauban. Elle précipite le déclin de la navigation sur le Lot et du roulage.

En 1862, l’ouverture de la ligne Capdenac - Brive par Figeac donne une nouvelle vigueur au trafic de Montauban au Lot. Désormais, il est possible de se rendre de Toulouse à Paris par Montauban, Lexos, Figeac, Brive et Périgueux où on prend la correspondance pour Paris.

Cet âge d’or est de courte durée, car en 1864 est ouverte la ligne Toulouse - Lexos par Saint-Sulpice et Tessonnières. La ligne de Montauban au Lot voit son trafic péricliter, pour être finalement marginalisée à la suite de l’ouverture de la ligne de Montauban à Brive par Cahors et Souillac sur la radiale Paris-Toulouse actuelle.

La ligne est fermée (puis déferrée) en 1955.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « N° 400 - Décret impérial portant concession des chemins de fer de Clermont-Ferrand à Lempdes, de Montauban à la rivière Lot et de Coutras à Périgueux : 21 avril 1853 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 1, no 45,‎ , p. 690 - 713 (lire en ligne).
  2. Claude HARMELLE & Gabrielle ELIAS
  3. « N° 4796 - Décret impérial qui approuve la convention passée le 11 avril 1857 entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, et la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans : 19 juin 1857 », Bulletin des lois du l'Empire Français, Paris, Imprimerie impériale, série XI, vol. 10, no 522,‎ , p. 244 - 274.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude HARMELLE, Gabrielle ELIAS, Les piqués de l'aigle. Saint-Antonin et sa région (1850-1940) - révolutions des transports et changement social, in revue Recherche n° 47/48, Paris, 1982 (1re partie, suite et fin).
  • François et maguy PALAU, Le rail en France - Le Second Empire, tome 2 (1858 - 1863), Paris, chez les auteurs, 2001, (ISBN 2-950-94212-1).

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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