Ligne P (Espagne)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ligne P.

La ligne P ou Ligne Gutierrez, était une barrière défensive bâtie entre 1939 et 1948 sous Franco, pour éviter que, suivant les époques, le maquis, l'Allemagne nazie ou les Alliés pénètrent sur le territoire espagnol. Elle devait théoriquement se composer de quelque 10 000 bunkers, dont 6 000 ont été terminés. Vers 1980 ils ont été abandonnés définitivement.

Construction[modifier | modifier le code]

 Bunker en béton enterré
Bunker pour mitrailleuse à Camprodon

Il s'agissait de rendre la frontière imperméable. L'armée à cette époque pensait que ces ouvrages de fortification pourraient arrêter une armée qui entrerait par un des passages montagneux vers l'Espagne. Cependant, les Français, avec leur expérience de la ligne Maginot, la considéraient comme une ligne peu fortifiée.

Entre juin 1939 et juin 1940 fut construit un remarquable ensemble de fortifications, qui dans le cas des Pyrénées occidentales (Guipúzcoa et la Navarre) reçu la dénomination de "Fortification Vallespín", du nom du colonel qui les dessina. La construction fut stoppée en 1940, la fortification Vallespín fut partiellement intégrée à la Ligne P en 1944. La construction de la Ligne P débuta à l'automne 1944, mais les plans et autres documents étaient déjà prêts en 1943. Pour sa construction, on mobilisa une grande quantité de moyens et d'hommes (essentiellement des soldats réservistes). L'ouvrage fut confié aux anciennes régions militaires frontalières avec la France : la IV, V et VIème région militaire.

La ligne était divisée en secteurs, eux-mêmes divisés en centres de résistance ou C.R. (on les nomme aussi noyaux de résistance ou N.R.) qui englobaient une grande quantité d'installations. Il n’y eut pas moins de 100 noyaux de résistance en Catalogne et 56 en Navarre/Pays Basque.

Dans le cas de l'Aragon, il y eut 20 centres de résistance, du n° 101 au n° 120 qui couvraient toutes les Pyrénées aragonaises (de la vallée de Zuriza à la frontière avec Lérida). C'est la région qui possède la densité la plus faible de centres, probablement à cause du fait que les montagnes dépassent couramment les 2500 m ce qui les rend difficiles à franchir.

Pour réaliser ces travaux, un centre d'opérations était choisi au sein de chaque zone à fortifier. Dans le cas de la Vallée du río Aragon, c'est la gare ferroviaire de Canfranc qui fut choisie comme point central. Dans cette gare, on réalisait les travaux de charpente et le stockage du matériel de construction. Elle servait également de logement aux soldats qui travaillaient sur les chantiers. Depuis ce point, ils emportaient tout le matériel jusqu'aux lieux de construction, souvent à dos de mulets, ce qui pouvait prendre jusqu'à 6 heures, comme ce fut le cas par exemple au N.R. 114 La Raca.

Le plan original prévoyait que chaque lieu construit serait entouré de tranchées communiquant entre elles et disposant à chaque extrémité d'un poste de tir. L'ensemble devait être entouré de barbelés. Ni les postes de tir, ni les barbelés ne furent construits et ils ne dépassèrent pas le stade de projet dans les plans de chaque installation. Il faut dire que les barbelés et les portes blindées qui fermaient ces installations restèrent stockés à Figueras, Pampelune et Bidet.

Bien que cette œuvre n'était pas terminée, des inspections militaires se succédèrent durant plusieurs années pour vérifier l'état des installations car le commandement militaire considérait ces œuvres comme stratégiques pour la défense du territoire national. Les dernières inspections des fortifications dans la vallée du río Aragon datent de la fin des années 80.

Composition des centres de résistance[modifier | modifier le code]

 Poste de mitrailleuse dans la falaise
Poste de mitrailleuse du C.R. 76 à La Guingueta.

Chaque centre de résistance possédait une grande quantité d'installations groupées au sein de points d'appui, eux-mêmes divisés en éléments et sous-éléments. Les installations construites étaient conçues pour abriter les matériels suivants :

  • Fusils mitrailleurs
  • Mitrailleuses
  • Canons antichars
  • Canons d'infanterie
  • Mitrailleuses anti-aériennes
  • Mortiers de 81 mm
  • Mortiers de 50 mm

Des observatoires, des abris de section et des dépôts de munitions ou de vivres furent également construits.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]