Ligne de Lyon-Saint-Clair à Bourg-en-Bresse

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Ligne de
Lyon-Saint-Clair à Bourg-en-Bresse
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Carte de la ligne
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Un TGV Duplex empruntant la section commune avec la ligne Lyon - Bourg-en-Bresse entre Lyon et Sathonay
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Lyon, Sathonay-Camp, Saint-André-de-Corcy, Villars-les-Dombes, Saint-Paul-de-Varax, Bourg-en-Bresse
Historique
Mise en service 1866
Électrification 1981 (électrification partielle)
Concessionnaires Dombes (1864 – 1872)
DSE (1872 – 1881)
PLM (1881 – 1938)
SNCF (1938 – 1997)
RFF (depuis 1997)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 886 000
Longueur 58 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification

1500 V continu
de Lyon à Sathonay

Pente ou rampe maximale 20 ‰
Nombre de voies Double voie entre Lyon et Sathonay
et entre Les Échets et Villars-les-Dombes

Voie unique ailleurs
(Anciennement à double voie)
Signalisation BAL entre Lyon et Sathonay
et entre Les Échets et Villars-les-Dombes

BAPR-VB ailleurs
Trafic
Propriétaire RFF
Exploitant(s) SNCF
Trafic TER ; TGV jusqu'à Sathonay ; Fret
Schéma de la ligne

La ligne de Lyon-Saint-Clair à Bourg-en-Bresse, également connue sous l'appellation de ligne des Dombes, est une ligne ferroviaire française à écartement standard de la région Rhône-Alpes. Au départ de Lyon, elle dessert d'abord le nord-est de l’agglomération (zones urbanisées de Sathonay-Camp et de Rillieux-la-Pape). Elle traverse ensuite le plateau des Échets, gagne la Dombes, célèbre pour ses étangs, et atteint finalement Bourg-en-Bresse.

Elle constitue la ligne 886 000[1] du réseau ferré national.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

La ligne est créée par deux entrepreneurs lyonnais, les frères Lucien et Félix Mangini, afin d'offrir un itinéraire direct entre les préfectures du Rhône et de l'Ain, et de desservir la région marécageuse de la Dombes[2].

La construction d'une ligne de la Croix-Rousse au camp de Sathonay, situé à l'époque dans le département de l'Ain, en prolongement du funiculaire de la rue Terme, est autorisée par décret du 12 juin 1861. L'ouverture a lieu le [3]. La ligne est alors gérée par la Compagnie du Chemin de fer de Lyon Croix-Rousse à Sathonay[4].

Les frères Mangini fondent la Compagnie de la Dombes, et obtiennent d'établir leur tête de ligne en gare de la Croix-Rousse, en empruntant, moyennant péage, la courte ligne de la Croix-Rousse à Sathonay[2].

Le , la Compagnie inaugure la section de Sathonay à Bourg-en-Bresse.

En 1872, les frères Mangini fondent la Compagnie des Dombes et des chemins de Fer du Sud-Est (DSE), dont le nom évoque les ambitions d'expansion[2].

Suite à la faillite de la Compagnie du Chemin de fer de Lyon Croix-Rousse à Sathonay en 1872[4], la section de Lyon à Sathonay est rachetée par Compagnie des Chemins de Fer du Rhône. Elle obtient par décret du de la prolonger jusqu'à Trévoux. La Compagnie du Rhône est elle-même absorbée en 1879 par la Compagnie du chemin de fer de la Dombes[4].

Mais malgré leurs efforts pour développer un réseau, les frères sont contraints à la capitulation face à la puissante Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM)[2]. Mise en faillite, la DSE est achetée en 1883 par le PLM. Cette dernière construit une portion de voie entre la gare de Sathonay et celle de Lyon Saint-Clair, la gare de la Croix-Rousse étant devenue trop petite et trop peu pratique. Ce raccordement, réalisé via un tunnel et en rampe de 20 ‰, ouvre le à titre provisoire pour les marchandises, et définitivement à tous trafics le 8 novembre suivant[2].

Le tronçon de Lyon-Croix-Rousse à Sathonay est fermé au trafic le , son emprise étant en partie réemployé pour le prolongement de la ligne C du métro de Lyon, dont le tronçon Croix-Rousse - Cuire est ouvert le [5].

Exploitation[modifier | modifier le code]

La ligne est construite à voie unique : la seconde voie ne sera posée que plus tard.

À la fin de la Première Guerre mondiale, la seconde voie sera déposée sur ordre de l'Armée pour réutilisation des rails sur les lignes stratégiques situées près du front. Elle sera reposée dès le début des années 1920.

En 1943, les Allemands décident de supprimer (donc une seconde fois) l'une des deux voies. Celle-ci ne sera cependant déposée qu'entre Sathonay et Bourg qu'après 1945. Les rails récupérés seront réutilisés pour réparer d'autres lignes de chemin de fer dégradées lors de la Libération du pays.

L'utilisation de la gare de Lyon-Croix-Rousse pour le service des voyageurs cesse en 1953 à l'issue des travaux d'électrification du secteur Lyonnais (achèvement des sauts-de-mouton situés entre Lyon-Saint-Clair et Lyon-Brotteaux). Les trains Lyon - Bourg sont alors détournée via Ambérieu et la ligne de Lyon-Perrache à Genève (frontière), selon un itinéraire plus long de seize kilomètres, mais intégralement électrifié[2].

De nos jours, les travaux de doublement de la voie sur 20 km entre Les Échets et Villars-les-Dombes (avec création d'un terminus partiel pour les TER) sont terminés. La ligne est ouverte à nouveau en totalité depuis le vendredi 29 août 2008 à 22 h 00.

Au début des années 2000, il avait été envisagé de rétablir la 2e voie entre Sathonay et Les Échets, cependant, si le pont-rail qui traverse la LGV Rhone-Alpes est prévu pour cette éventualité, il n'en est pas de même pour celui franchissant l'autoroute A 46[6].

Cantonnement[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, le PLM équipe la ligne du Block enclenché (Block PLM n°3).

De Sathonay à Bourg, il est remplacé vers la fin des années 1940 par le cantonnement téléphonique, le Block PLM ayant été entre temps adapté pour la voie unique.

Le BM-VU est installé à la fin des années 1980 puis est très vite automatisé en BAPR-VB.

Le BAL à cantons longs (2,400 m) est installé depuis fin août 2008 sur les 20 km remis à double voie entre Les Échets et Villars-les-Dombes.

Gares (exploitation en voie unique)[modifier | modifier le code]

Par économie, le nombre de gares de croisement est réduit dans les années 1960. Il ne subsiste dans les années 1970 que celles de Saint-André-de-Corcy et de Villars-les-Dombes.

En raison de l'augmentation du trafic, la voie de croisement de Saint-Paul-de-Varax a été rétablie au début des années 1990.

La gare de croisement de Saint-André-de-Corcy n'existe plus depuis fin août 2008 car située sur le tronçon remis à double voie.

Électrification[modifier | modifier le code]

Entre Lyon-Saint-Clair et Sathonay, la ligne est électrifiée en 1500 V continu en 1981 pour permettre le passage des TGV en provenance de Paris[2]. L'électrification du reste de la ligne n'est cependant toujours pas à l'ordre du jour ; elle reste exploitée sous traction thermique (TER diesel, BGC 81000). Un projet avait été évoqué au début des années 2000, mais resté sans suite, car le choix de la tension n'a pas pu être décidé (25 kV, ou 1500 V continu). Le coût avait été étudié et était sensiblement le même entre les 2 systèmes. Avec l'usage généralisé des BGC 81000, le changement de mode est envisageable à terme, aux alentours de Sathonay, lorsque l'EMT de Lyon-Vaise qui gère ces engins, aura autorisé ce mode d'exploitation, ce qui nécessite une signalisation spéciale sur la voie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Livre : Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau ferré français, édité par La Vie du Rail en août 2011, ISBN 978-2-918758-44-0, volume 2, page 168.
  2. a, b, c, d, e, f et g José Banaudo, Sur les rails du Lyonnais, p. 36
  3. Rapports et délibérations - Conseil général du Rhône, année 1864/1865, page 18.
  4. a, b et c José Banaudo, Ibid, p. 44
  5. José Banaudo, Ibid, p. 45
  6. Bulletin Officiel de RFF n°12, mars 2006. Déclaration de projet pour les travaux d'amélioration de la ligne Lyon-Bourg-en-Bresse.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • José Banaudo, Sur les rails du Lyonnais, tome I, de Marc Seguin au TGV, Les éditions du Cabri, 2001, 159p.
  • Jean Chaintreau, Jean Cuynet et Georges Mathieu, Les chemins de fer : Paris-Lyon-Méditerranée.
  • Olivier Carmelle et Véronique Pont-Carmelle, La ligne du Haut-Bugey : de “l'intérêt local” au Paris-Genève, La Roche-Blanche, La Regordane,‎ octobre 2010, 2e éd. (1re éd. 2006), 208 p. (ISBN 2906984663 et 978-2-906984-90-5)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]