Ligne 44 (Infrabel)

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Ligne
44
Ligne de Pepinster à Stavelot
via Spa
Image illustrative de l’article Ligne 44 (Infrabel)
Carte de la ligne
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Villes desservies Pepinster, Spa, Stavelot
Historique
Mise en service 1855 – 1867
Électrification 1971
Concessionnaires CF Pepinster à Spa (1855 – 1867)
GL (1867 – 1872)
État Belge (1872 – 2008)
Infrabel (depuis 2008)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 44
Longueur 36,8 km
Vitesse de référence 70 km/h
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification 3000 V continu
Nombre de voies 1/2 (déferré entre Géronstère et Stavelot)
Signalisation Latérale SNCB
Trafic
Propriétaire Infrabel
Exploitant(s) SNCB
Trafic Voyageurs
(Omnibus cadencé à l'heure)

La ligne 44 est une ligne ferroviaire construite à l'initiative des établissements thermaux de la commune de Spa, qui souhaitaient faire profiter les curistes d'un mode de transport performant.

Elle relie la ville thermale à Pepinster, sur le tracé de la ligne entre Liège et la Prusse. Cette ville a été préférée à Verviers car elle se trouve au confluent de la Vesdre et de la Hoëgne, ce qui permet de s'extirper de la vallée de la Vesdre sans ouvrage d'art trop coûteux. Entre Theux et Spa, la ligne suit le cours du Wayai.

Dans le cadre de l'interconnexion des réseaux ferrés belge et luxembourgeois, la ligne est ensuite prolongée, au Sud vers Stavelot et la vallée de la Salm (lignes 45 et 42) en présentant un profil fort accidenté malgré des courbes et détours fort amples.

Historique[modifier | modifier le code]

  • En 1854-55, la Compagnie du chemin de fer de Pepinster à Spa inaugure la ligne dont elle porte le nom par petites étapes successives.
  • En 1862, la Société royale grand-ducale des chemins de fer Guillaume-Luxembourg (qui fut mise en place pour construire les principales lignes ferrées du Grand Duché) inaugure le Tronçon Luxembourg - Ettelbruck de la « Ligne du Nord ». Cette compagnie obtint la même année l'autorisation de prolonger sa ligne vers Spa afin de s'interconnecter avec le réseau ferré Belge réalisant la ligne de Jonction Grand Ducale. L'opérateur Luxembourgeois reçoit également en concession le tronçon existant entre Spa et Pepinster.
  • En 1867, le tronçon Spa - Stavelot est inauguré simultanément avec son prolongement vers le Luxembourg, via Trois-Ponts et Gouvy. Soit avant l'inauguration de la ligne 42 reliant Trois-Ponts à Liège par la vallée de l'Amblève. Les trains de Liège à Luxembourg passent donc par cette ligne 44 pendant plus de 20 années.
  • Dès 1868, le concessionnaire transfère l'exploitation de la ligne à la Compagnie de l'Est française[réf. nécessaire], ce qui - à la veille de la guerre franco-prussienne - n'ira pas sans poser question aux autorités belges.
  • C'est pourquoi en 1870, l’État Belge reprend l'exploitation de plusieurs lignes en Belgique et interdit toute cession de ligne à des compagnies étrangères. En 1872, les Chemins de fer de l'Est perdent le contrôle du Chemin de fer Guillaume-Luxembourg dont les lignes belges passent alors sous le contrôle des Chemins de fer de l'État belge
  • La section Spa - Stavelot étant particulièrement accidentée, l’État fait le projet de poser une voie le long de l'Amblève, entre Rivage et Trois-Ponts. Ce tronçon sera inauguré en deux phases, en 1885 et 1890. La ligne 44 perdra alors rapidement son trafic de transit.
  • Au début du siècle dernier, la section Pepinster - Spa est tout de même portée à double voie.
  • En 1910, la section Spa - Hockai, est utilisée pour les essais des locomotives Type 36 et il est prévu d'affecter quelques-unes de ces immenses locomotives aux trains de marchandises entre Verviers et Trois-Ponts
  • Durant la Seconde Guerre mondiale, les matières premières manquent et l'occupant démonte la seconde voie afin de la réutiliser ailleurs.
  • Après la guerre, l'avènement de l'automobile fait chuter le trafic entre Spa et Stavelot. Malgré l'opposition des acteurs locaux, la SNCB remplace ses trains de voyageurs par des autobus de substitution en 1959.
  • L'infrastructure sera encore utilisée par un faible trafic de cabotage, ainsi qu'occasionnellement pour convoyer les spectateurs du circuit de Spa-Francorchamps. En 1969, le dernier caboteur s'aventure au sud de Spa-Géronstère.
  • En 1971, les 12 km du tronçon Pepinster - Spa (Géronstère) sont électrifiés en 3 Kv courant continu (la norme retenue en Belgique). La vitesse de référence reste faible : 70 km/h.
  • En 1973, la voie est démontée entre Géronstère et Stavelot. Elle a depuis été réhabilitée en un tronçon de voies lentes RAVeL.

Tracé et infrastructure[modifier | modifier le code]

Gare de Spa à la belle époque
Viaduc de Spa

La première partie de la ligne entre Pepinster et Spa emprunte la vallée de la Hoëgne jusque Theux puis la vallée du Wayai. Entre Pepinster et Spa, la différence de niveau est de plus de cent mètres et la pente devient importante à partir de La Reid.

Entre Spa et Hockai, le profil est particulièrement mauvais et sinueux. Le faîte de la ligne, près de Hockai, se trouve à plus de 520 mètres d'altitude. La ligne redescend ensuite vers Francorchamps puis Stavelot (altitude de 325 mètres), à flanc de coteau. La suite de la ligne, désormais considérée comme une partie de la ligne 45, est en pente plus légère et suit la vallée de l'Amblève jusque Trois-Ponts (altitude de 262 mètres). La suite du trajet, vers Gouvy nécessitait une nouvelle ascension.

Entre Pepinster et la gare de Spa, la ligne ne possède pas d'ouvrages d'art majeurs en dehors de ponts, très courts, sur la Hoëgne et le Wayai qui ont été reconstruits lors de la seconde moitié du XXe siècle et d'un pont en biais à poutres métalliques de près de 40 mètres sur la route N62.

La traversée de Spa a nécessité la construction de deux viaducs en maçonnerie et de nombreux terrassements. Le reste de la ligne comporte quelques ponts de faible envergure ainsi que quelques tranchées et remblais mais est en revanche en pente très forte et comprenant de nombreuses courbes ou passages à flanc de coteau.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Train omnibus à La Reid (2017)

En 1870, une connexion avec des voitures directes entre Liège et Luxembourg via Spa était introduit. Avant la Première Guerre mondiale, il y avait des trains express avec des voitures directes entre Bruxelles et Luxembourg via Spa, et aussi entre Spa et Cologne. Pendant les années 1980 (après l'électrification) il y avait des derniers trains directs entre Bruxelles (Mons) et Spa.

À l’origine, cette ligne accueillait aussi des trains de marchandises entre le Grand Duché du Luxembourg et le bassin liégeois ou la région d'Aix-la-Chapelle. La ligne 44 étant très accidentée sur presque tout son parcours, ces trains se sont progressivement redirigés sur la ligne Trois-Ponts - Rivage, construite en 1890, ou sur la Vennbahn, construite de 1885 à 1889, qui se trouvait alors en territoire prussien.

La desserte des industries locales se maintint sur la ligne. L'eau de Spa était autrefois expédiée depuis l'usine de Spa Monopole qui possédait son propre embranchement ferroviaire, à proximité de la gare de Spa.

Aujourd'hui, la ligne 44, réduite à une courte antenne en cul-de-sac est uniquement utilisée en trafic voyageur.

  • Une relation voyageur "omnibus" (L) Spa (Géronstère) - Pepinster - Verviers - Welkenraedt - Aachen, cadencée toutes à l'heure (temps de parcours : 70 minutes) ;
  • Quelques trains d'heure de pointe (P) reliant en heure de pointe Spa à Verviers et Welkenraedt.

Projets futurs[modifier | modifier le code]

En 2009, les forces vives de la région forment le vœu que la ligne puisse servir de cadre à un projet pilote de tram-train, mais aucune décision concrète en ce sens n'a été prise[1]. La ligne ayant fait l'objet d'une rénovation et d'une électrification, il y a peu de projets en perspectives.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Un tram-train entre Spa, Verviers et Welkenraedt », sur lavenir.net (consulté le 9 janvier 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Accarain, Histoire de la Jonction Belge-Grand-Ducale : Le chemin de fer Spa-Gouvy. Ses métamorphoses et son impact sur la région (1863-1900), septième série-8, Presses universitaires de Louvain, 1999 (ISBN 978-2-87463-318-8), 207 pages

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]