Ligne 40 (Infrabel)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Ligne 40
Ligne de Liège à Maastricht
via Visé
Image illustrative de l’article Ligne 40 (Infrabel)
Carte de la ligne
Pays Drapeau de la Belgique Belgique,
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Villes desservies Liège, Visé, Maastricht
Historique
Mise en service 1851 – 1861
Électrification 1982
Concessionnaires Cie du CdF de Liège à Maastricht (1851 – 1899)
État Belge / Infrabel (depuis 1899)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 40
Longueur 19,1 km
Écartement standard (1,435 m)
Électrification 3000 V continu
En Belgique
1500 V continu
Aux Pays-Bas
Nombre de voies Double voie
Signalisation Signalisation lumineuse SNCB
Trafic
Propriétaire Infrabel
Exploitant(s) SNCB
Trafic Voyageurs (S43 cadencé HasseltLiègeMaastricht)

La ligne 40 est une ligne de chemin de fer belge reliant Liège-Guillemins (Y Val-Benoît) et Visé. La ligne se prolonge aux Pays-Bas jusqu'à Maastricht. Elle est électrifiée en courant continu, à la tension « belge » de 3 kV jusqu'à un point situé entre Eijsden (nl) (Pays-Bas) et Maastricht-Randwyck, et ensuite à la tension « néerlandaise » de 1,5 kV, ce qui n'empêche pas les automotrices belges unicourant de la parcourir jusqu'à Maestricht, en effectuant les quelques derniers kilomètres à puissance réduite il est vrai. Les trains néerlandais du service intérieur, quant à eux, ne peuvent au contraire pas desservir la gare néerlandaise d'Eijsden car ils ne sont pas conçus pour des tensions dépassant 1,5 kV.

Aujourd'hui, cette ligne est desservie toutes les heures, le trajet entre Liège et Maastricht se fait en 33 minutes. Tous les jours de la semaine et du week-end, un train S roule selon un horaire cadencé à l'heure, entre Hasselt et Maastricht via Liège en semaine, entre Liège et Maastricht le week-end.

La ligne est également utilisée entre Liège (gare de triage de Kinkempois) et Visé (vers Aix-la-Chapelle-Ouest via la ligne 24) pour le trafic fret de transit, ainsi qu'en trafic plus local depuis plusieurs industries sidérurgiques et métallurgiques raccordées.

Historique[modifier | modifier le code]

  • La compagnie du Nord - Belge inaugure tout d'abord une courte liaison, en prolongement de ce qui deviendra la ligne 125A, en direction de la gare en impasse de Liège-Longdoz, sur la rive droite de la Meuse.
  • 10 ans plus tard, la Compagnie du chemin de fer de Liège à Maastricht, qui a obtenu la concession de construction de la ligne, livre la jonction Liège-Longdoz - Maastricht, posée à double voie et longeant la Meuse. À l'époque, une remise en tête est nécessaire dans la gare en impasse de Longdoz. La compagnie des chemins de fer de l'État belge assure l'exploitation dès le début.[réf. nécessaire]
  • En 1905, à l'occasion de l'exposition universelle, une halte temporaire est organisée à Vennes. Après la fermeture de l'exposition, la halte est déplacée de 400 mètres vers l'Ourthe.
  • En 1917, l'occupant perce un court tunnel à Froidmont et pose une courbe de raccordement qui permet d'éviter la remise en tête à Longdoz.
  • La gare de Longdoz perd sa desserte voyageur après la seconde guerre mondiale, en 1956. C'est également le cas de toutes les gares intermédiaires, à l'exception de Bressoux et Visé. La ligne doit sa survie au trafic marchandise.
La gare de Bressoux. Cette gare a longtemps été réservée au chargement des trains auto.
  • L'électrification débute avec la courte section entre l'origine officielle de la ligne (la bifurcation du Val Benoit), dans le quadrilatère qui permet d'aller vers la gare de Liège-Guillemins, la gare de triage de Kinkempois et la gare d'Angleur en 1977. En 1982, la SNCB inaugure quasi simultanément l'électrification du tronçon Bressoux - Visé, son prolongement vers Tongres par la ligne 24 et la ligne 34 entre Liers, Tongres et Hasselt. Enfin, en 1985, la section transfrontalière et l'accès à la gare de Maastricht peuvent être exploités en traction électrique, ce qui sonne le glas de la présence des autorails diesel néerlandais en région Liégeoise.
  • En 1988, les dernières activités marchandises se terminent à la gare de Longdoz qui est désaffectée, le déferrement survient deux ans plus tard.
  • C'est également à la fin des années 1980 qu'un des trafics de marchandises importants de la ligne disparaît : durant de nombreuses années, des trains de coke partant de la cokerie d'Alsdorf à destination des hauts-fourneaux Arbed au Luxembourg via la ligne 42. Arbed remplaça ces hauts fourneaux par une aciérie électrique.
  • La mise "sous cocon" du complexe sidérurgique Arcelor de Chertal a fortement réduit la desserte marchandises locale mais de nouvelles entreprises se développent autour du site et une reconversion est envisagée[1].
  • En revanche, c'est sur cette ligne qu'a lieu une expérience pilote pour la remise en service de petits trains de marchandises en concurrence de la route. La brasserie Jupiler, à Jupille, expédie désormais, trois fois par semaine; un train jusqu'au grand dépôt de Delhaize établi à Ninove, ce qui devrait permettre de supprimer 5000 trajets en camion par an[2].

Utilisation[modifier | modifier le code]

La gare de Visé, avec en arrière fond, la ligne 24 en surplomb.

La ligne peut être parcourue à 120 km/h. Le trafic voyageur est composé :

Le trafic fret est composé, en banlieue liégeoise, de desserte locale de l'industrie sidérurgique (Wandre, Chertal, etc.) ainsi que d'un trafic de transit, entre les bassins industriels liégeois (voire carolorégien) et l'Allemagne.

Ouvrages d'art[modifier | modifier le code]

La ligne suit le cours de la Meuse, on compte quelques ouvrages d'art pour se faufiler entre cours d'eau et habitations à Liège : le tunnel de Froidmont et plusieurs ponts à Liège, dont le plus connu est le Pont de Namur sur l'Ourthe.

On notera également la courbe à 270° permettant de relier les lignes 40 et 24 entre Visé et la frontière, en rachetant un dénivelé de plusieurs dizaines de mètres.

Projets[modifier | modifier le code]

Une automotrice classique de la SNCB en gare de Maastricht

Un important lobbying existe au niveau de la municipalité de Maastricht afin d'améliorer la desserte vers la Belgique, dans le cadre de l'Euregio Meuse-Rhin et des liens historiques entre Limbourg Hollandais et Limbourg Belge. Ceci a déjà permis la mise en place de l'IC-o, et la décision, côté flamand, de rouvrir une relation de "light rail" entre Maastricht et Hasselt. La prochaine étape serait de voir quelques Thalys assurer une relation Paris - Bruxelles - Maastricht. Celle-ci irait de pair avec une remise à niveau de la ligne, permettant une vitesse commerciale plus élevée.

À propos de l'IC-O, (train Intercity Bruxelles - Liège (sans arrêt intermédiaire) Maastricht). La relation fut rendue possible grâce à l'augmentation de capacité entre Bruxelles et Liège après la fin des travaux de la LGV 2 et de la mise à quatre voies entre Bruxelles et Louvain. La desserte est introduite avec l'horaire de [3] et fut limitée en au trajet belge (Bruxelles - Visé, à quelques kilomètres de Maastricht, juste sud de la frontière Néerlandaise). Plusieurs raisons expliquent cette interruption : d'une part la marge disponible pour remise en tête à Maastricht était assez réduite, et les retards faisaient boule de neige. D'autre part, les chemins de fer néerlandais considéraient également que la connaissance fonctionnelle de la langue néerlandaise des conducteurs belges francophones était insuffisante par rapport à leurs standards.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Liège : le port autonome va bien... et lorgne sur Chertal ! », sur www.dhnet.be, DH.be (consulté le 15 décembre 2018)
  2. Boelen, « AB InBev et Delhaize testent le train-bières », sur www.gondola.be, (consulté le 15 décembre 2018)
  3. http://www.belrail.be/F/relations/natl/icir/index.php?type=ic_oa

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]