Liberté d'opinion

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La liberté d'opinion est un principe de liberté fondamentale apparu à la fin du XVIIIe siècle au cours de la Révolution française, dès le 26 août 1789 dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, et à la suite de la Déclaration d'indépendance des États-Unis, où il a été proposé le 25 septembre 1789 et ratifié le 15 décembre 1791. Plus précisément, aux États-Unis, l'expression qui apparaît dans le premier amendement de la constitution américaine est « liberté de parole » (freedom of speech), qui relève plus généralement de la liberté d'expression.

La liberté d'opinion fait l'objet de l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée en 1948 à Paris.

Origine[modifier | modifier le code]

On peut trouver l'origine de la liberté d'opinion, ou si l'on préfère de la liberté de penser, dans la contestation qui vit le jour au siècle des Lumières contre les abus d'autorité de l'Église catholique, plus particulièrement en ce qui concerne les méthodes de l'Inquisition. Au sujet de celle-ci, d'Alembert écrivit dans le Discours préliminaire de l'Encyclopédie :

« Un tribunal devenu puissant dans le midi de l'Europe, dans les Indes, dans le Nouveau Monde, mais que la foi n'ordonne point de croire, ni la charité d'approuver, ou plutôt que la religion réprouve, quoique occupé par ses ministres, et dont la France n'a pu s'accoutumer encore à prononcer le nom sans effroi, condamna un célèbre astronome pour avoir soutenu le mouvement de la terre, et le déclara hérétique (...). C'est ainsi que l'abus de l'autorité spirituelle réunie à la temporelle forçait la raison au silence ; et peu s'en fallut qu'on ne défendit au genre humain de penser. »[1]

En France[modifier | modifier le code]

Signification[modifier | modifier le code]

La liberté d'opinion a été affirmée solennellement dès la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789. Elle fait l'objet de l'article 10. Elle signifie que toute personne est libre de penser comme elle l'entend ou d'avoir des opinions contraires à celle de la majorité (son corollaire est la liberté d'expression). La Déclaration de 1789 précise d'ailleurs que cette liberté d'opinion s'étend à la liberté religieuse, chacun étant libre d'adopter le culte de son choix, ou de n'en adopter aucun.

Applications[modifier | modifier le code]

Cette affirmation de principe, solennelle, n'a pas empêché de nombreuses atteintes à cette liberté (ex en France, sous la Restauration ou le régime de Vichy).

Afin d'être effective, la liberté d'opinion doit s'accompagner du respect d'autres libertés :

  • la liberté d'expression : elle permet à chacun d'exprimer librement ses idées par tous les moyens qu'il juge appropriés (ex : livre, film). Elle implique donc la liberté de la presse et, aujourd'hui, la liberté de la communication audiovisuelle. Cependant, cette liberté implique également le respect d'autrui. Ainsi les propos discriminatoires sont-ils punis par la loi ;
  • la liberté d'association : affirmée solennellement en France par la loi du 1er juillet 1901, elle permet aux personnes partageant les mêmes opinions de s'associer au sein d'une même organisation (comme un parti politique) ;
  • la liberté de réunion : elle permet à plusieurs personnes de se réunir pour partager des idées ou soutenir une cause ;
  • la liberté de manifestation : elle autorise des personnes soutenant une cause ou une opinion de l'exprimer dans la rue. Cette liberté s'accompagne nécessairement de limites afin de protéger l'ordre public.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

La liberté de parole fait partie du premier amendement de la constitution américaine, qui fait partie du bill of rights proposé le 25 septembre 1789 et ratifié définitivement le 15 décembre 1791.

Aux États-Unis, c'est un principe important, puisqu'il fonde l'autorité des agences de notation financière.

Au Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

La liberté de parole fait l'objet de l'article 8 de la déclaration des droits britannique (1689).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Colette Le Lay, sous la direction de Jacques Gapaillard, Les articles d’astronomie dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, Mémoire de D.E.A. d’Histoire des Sciences et des Techniques, Faculté des Sciences et des Techniques de Nantes Centre François Viète, 1997, lire en ligne, p. 21-22

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]