Levure de riz rouge

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Riz blanc fermenté avec Monascus pupureus

La levure de riz rouge est issue d'un champignon microscopique, Monascus purpureus, qui produit sur le riz un pigment rouge caractéristique.

Utilisation médicale[modifier | modifier le code]

Ce produit vendu comme complément alimentaire contient des monacolines, substances inhibitrices de la HMG-CoA réductase, dont la lovastatine naturelle, dénommée « monacoline K »[1]. La lovastatine, la plus ancienne des statines connues, n'est pas commercialisée en France.

Elle est utilisée en médecine non conventionnelle, en cas d'hypercholestérolémie, de dyslipidémie, de risque d'accident cardiovasculaire.

Effets indésirables[modifier | modifier le code]

Le Centre de pharmacovigilance de Marseille a rapporté un cas d'élévation des créatine kinases, chez une femme de 64 ans prenant de la levure de riz rouge depuis 1 mois. L'évolution de cet effet indésirable a été favorable après arrêt du complément alimentaire[2].

En 2007, la Food and Drug Administration a averti les firmes qui faisaient de la promotion sur Internet sur les propriétés anticholestérolémiantes de leurs suppléments composés de levure de riz rouge, qu'elles contrevenaient à la loi en commercialisant un médicament non approuvé[3] . Elle a aussi recommandé aux consommateurs d'éviter ces produits[4].

En 2009, une publication rapporte un cas d'atteinte hépatique chez une femme qui prenait de la levure de riz rouge après avoir développé ce même type d'effet indésirable sous lovastatine[5]. Les auteurs concluent ainsi : « Les médecins devraient garder à l'esprit que la médecine dite "alternative" n'est pas toujours l'alternative la plus sûre et parfois n'est pas une "alternative" du tout. »[Note 1]

Suite à des signalements d’effets indésirables susceptibles d’être liés à l’utilisation de compléments alimentaires à base de levure de riz rouge, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) s’est auto-saisie en France, en , de l’analyse des risques éventuels liés à leur consommation[6],[7].

Les signaux potentiels de sécurité des myopathies et des lésions hépatiques soulèvent l'hypothèse que le profil d'innocuité du RYR est semblable à celui des statines. La surveillance continue des compléments alimentaires doit être encouragée afin de caractériser enfin leur profil de risque, en soutenant ainsi les organismes de réglementation pour les actions appropriées.[8]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Physicians should keep in mind that "alternative" medicine is not always the safest alternative and sometimes it is not even "alternative."

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) European Food Safety Authority (EFSA). « Scientific Opinion on the substantiation of health claims related to monacolin K from red yeast rice and maintenance of normal blood LDL cholesterol concentrations (ID 1648, 1700) pursuant to Article 13(1) of Regulation (EC) No 1924/2006 » EFSA Journal 2011;9(7):2304. DOI:10.2903/j.efsa.2011.2304
  2. Isabelle Lacroix, « Levure de riz rouge, une statine cachée », Bulletin d'Information de Pharmacologie, vol. 18, no 2,‎ , p. 12-25 (lire en ligne [PDF])
  3. (en)FDA Warning letter
  4. (en)FDA Warns Consumers to Avoid Red Yeast Rice Products Promoted on Internet as Treatments for High Cholesterol Products found to contain unauthorized drug ()
  5. (en)Grieco A., Miele L., Pompili M., Biolato M., Vecchio F.M., Grattagliano I., Gasbarrini G., « Acute hepatitis caused by a natural lipid-lowering product: when "alternative" medicine is no "alternative" at all », Journal of hepatology, vol. 50, no 6,‎ , p. 1273-1277 (PMID 19398239, lire en ligne [html]) modifier
  6. « Compléments alimentaires à base de levure de riz rouge : mises en garde de l’ANSM - Point d'information »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  7. Isabelle Lacroix, Levure de riz rouge, une statine cachée, Dictionnaire Français du Médicament
  8. (en) Gabriela Mazzanti,Paola Angela Moro,Emanuel Raschi,Roberto Da Cas,Francesca Menniti-Ippolito., « Adverse reactions to dietary supplements containing red yeast rice: assessment of cases from the Italian surveillance system », Br J Clin Pharmacol. 1365-2125.,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]