Leucaena leucocephala

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Boutons floraux
Arbres avec gousses
Gousses

Leucaena leucocephala (le faux mimosa) est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Fabaceae, sous-famille des Mimosoideae, originaire du Mexique et d'Amérique centrale[1].

C'est un petit arbre tropical à croissance rapide, utilisé pour diverses applications : légume, bois de chauffage, fibres, fourrage pour le bétail. Cette espèce envahissante s'est naturalisée dans toutes les régions tropicales du monde.

Dénominations[modifier | modifier le code]

Leucaena leucocephala - Muséum de Toulouse

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom générique , « Leucaena », vient du grec leukos qui signifie blanc, tandis que l'épithète spécifique, « leucocephala » a la même origine grecque, formée des racines leukos et kephalê, qui désigne la tête, faisant référence aux gros glomérules blancs qui en couvrent le sommet.

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

Faux acacia, Faux mimosa, Graines de lin, Cassie blanc, Leucaene à têtes blanches, Monval, Bois Bourro, tamarin sauvage, anciennement «hoaxin» au Mexique puis «guaje» en espagnol [2].

Synonymes[modifier | modifier le code]

Selon Catalogue of Life (13 septembre 2016)[3] :

  • Acacia frondosa Willd.
  • Acacia leucocephala (Lamark) Link 1822
  • Leucaena glabrata Rose 1897
  • Leucaena glauca (L.) Benth. 1842
  • Mimosa glauca sensu L.1763
  • Mimosa leucocephala Lamark 1783

Description[modifier | modifier le code]

Dimensions[modifier | modifier le code]

Son port arbustif peut aller jusqu'à 10 m de haut, son écorce est gris brun légèrement verruqueuse[4],[2].

Feuilles[modifier | modifier le code]

Ses longues feuilles alternes et bipennées mesurent 15 à 25 cm. Elles sont composées de 3 à 7 paires de pennes opposées paripennées de 4 à 8 cm de long ayant 10 à 20 paires de foliolules linéaires-oblongues à sommet aigu et à base dissymétrique[4].

Fleurs[modifier | modifier le code]

Il fleurit de la fin du printemps à l'automne (juin à septembre) et donne des glomérules axillaires blanc crème ou blanc verdâtre de 2 à 3 cm de diamètre, portés par un pédoncule de 2 à 5 cm de long. Ces inflorescences ont une forme de pompon[4].

Fruits[modifier | modifier le code]

Ses fruits sont de longues gousses plates de 8 à 20 cm de long pour 2 cm de large et pendantes. Elles sont vert translucide virant au brun à maturité. Elles contiennent 8 à 18 graines elliptiques de 8 mm de long et 4 mm de large, de couleur marron orange[4].

Culture[modifier | modifier le code]

Cette espèce supporte tout type de sol, apprécie le soleil et est parfaitement adapté à la sécheresse.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Cette plante mellifère est utilisée à des fins diverses : jeunes pousses utilisées crues ou cuites comme légume[2], bois de chauffage ou de clôture, alimentation du bétail (la mimosine n'étant pas toxique pour les animaux ruminants[5]) et surtout production de biomasse car son rendement de feuillage correspond à une masse sèche de 2 000 à 20 000 kg / ha / an, et 30-40 m³ / ha / an de bois, avec jusqu'à deux fois ces chiffres sous de bons climats.

Il est également particulièrement efficace dans la fixation de l'azote, avec plus de 500 kg / ha / an. Il est ainsi utile comme engrais vert mais aussi pour ombrager les plantations et lutter contre l'érosion.

Les graines séchées servent à faire des colliers aux Antilles et diverses parties ont des utilisations médicinales en Amérique latine[2].

Au cours des années 1970 et 1980, il a été considéré comme un « arbre miracle » pour ses multiples utilisations[6].

L'un des inconvénients de cette espèce est sa sensibilité aux infestations d'insectes. Dans les années 1980, on a constaté de grosses pertes en Asie du Sud-Est en raison d'attaque par des ravageurs de la famille des psyllides[7].

Caractère invasif[modifier | modifier le code]

Cette espèce est désignée comme une « plante envahissante ». Son potentiel de dissémination est tel que, dans certains endroits, il peut former des peuplements monospécifiques sur des surperficies importantes[4],[8],[9]. Introduite comme plante fourragère au XIXe siècle en Nouvelle-Calédonie, de nos jours elle met en péril la subsistance des forêts sèches. Elle prolifère en particulier sur la côte ouest, dans les prairies abandonnées et dans les zones en forte pente[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hughes, Colin E. (1998). Monograph of Leucaena (Leguminosae-Mimosoideae), Systematic botany monographs v. 55. (ISBN 0-912861-55-X).
  2. a b c et d Michel Chauvet, Encyclopédie des plantes alimentaires, Belin, , 878 p. (ISBN 978-2-7011-5971-3), « Leguminosae-Mimosoideae »
  3. Catalogue of Life, consulté le 13 septembre 2016
  4. a b c d e et f GEE (Groupe Espèces Envahissantes), Plantes envahissantes pour les milieux naturels de Nouvelle-Calédonie, Nouméa, APICAN (Agence pour la Prévention et l'Indemnisation des Calamités Agricoles ou Naturelles), , 224 p., page 180
  5. « Leucaena leucocephala (Lam.) de Wit - FABACEAE - Dicotylédone », sur http://idao.cirad.fr (consulté le 16 février 2019)
  6. Gutteridge, Ross C., and H. Max Shelton. 1998. Forage Tree Legumes in Tropical Agriculture. Tropical Grassland Society of Australia, Inc., 2.1 « Leucaena leucocephala - the Most Widely Used Forage Tree Legume »
  7. ODI - Alley Farming
  8. (en) Lowe S., Browne M., Boudjelas S., De Poorter M. (The Invasive Species Specialist Group (ISSG), a specialist group of the Species Survival Commission (SSC) of the World Conservation Union (IUCN)), « 100 of the World’s Worst Invasive Alien Species, A selection from the Global Invasive Species Database », Aliens 12,‎ , p. 6 (lire en ligne)
  9. The Global Invasive Species Database, « Leucaena leucocephala (tree) »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références externes[modifier | modifier le code]

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