Lettre d'une inconnue

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir L'Inconnue.
Lettre d'une inconnue
Auteur Stefan Zweig
Pays Drapeau de l'Autriche Autriche
Genre Nouvelle
Version originale
Langue Allemand
Titre Brief einer Unbekannten
Date de parution 1922
Version française
Éditeur Payot
Date de parution 1927
Lieu de parution Paris
Nombre de pages 144
ISBN 9782228908900
Série Petite Bibliothèque Payot

Lettre d'une inconnue (en allemand Brief einer Unbekannten) est une nouvelle de l'écrivain autrichien Stefan Zweig publiée en 1922, et traduite pour la première fois en français en 1927.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • L'écrivain R. : il est riche, il a un serviteur. Il a deux personnalités : l'une bouillonnante, optimiste, dédiée corps et âme au jeu et à l'aventure, accumulant les conquêtes ; l'autre cultivée, sérieuse, austère et lettrée.
  • Johann, le serviteur : contrairement à son maître, il n'a pas oublié la jeune fille depuis sa première rencontre ; il est fidèle à son maître, calme, sobre et dédaigneux.
  • La jeune fille : l'inconnue qui rédige la lettre.
  • La mère de la jeune fille : elle est pauvre et veuve, se marie par la suite avec un homme du nom de Ferdinand, riche et veuf aussi.
  • L'enfant : il meurt à l'âge de 11 ans d'une grippe. Fils de l'inconnue et de R. l'écrivain. Il est intelligent, élégant et plaisant. Il ressemble beaucoup à son père et c'est pourquoi sa mère est très attachée à lui.

Résumé[modifier | modifier le code]

À son retour de Vienne d'une excursion de trois jours dans la montagne, le célèbre écrivain R. reçoit une lettre d'une inconnue.

L'inconnue lui raconte son histoire : elle habitait avec sa mère dans un petit appartement à Vienne. Un jour, leurs voisins, dont le père a été arrêté par la police, furent obligés de quitter les lieux et l'écrivain prend l'appartement alors que la jeune fille est âgée de 13 ans. Elle admire les affaires que l'on apporte dans l'appartement voisin : les nombreux livres couverts de dorure, les chandeliers, les meubles, des statues hindous, sculptures italiennes et de nombreuses peintures. Elle attend en bas de l'immeuble et l'épie plusieurs années, attendant des heures derrière sa porte pour le voir quelques secondes. Elle remarque de nombreuses femmes très élégantes qui lui rendent visite. Une fois seulement il la croise, alors qu'elle lui ouvre la porte. Il la remercie et elle tombe à cet instant définitivement amoureuse de lui.

Puis la mère se marie à un cousin riche et part vivre à Innsbruck ; elle déménage donc avec sa fille. Celle-ci ne cesse de penser à l'écrivain. À dix-huit ans, elle quitte Innsbruck pour retourner dans sa ville natale et y travailler en tant que fleuriste ; l'écrivain vit toujours à la même adresse. Elle croise plusieurs fois « l'aimé », qui ne la reconnaît pas ; elle passe trois nuits avec lui et tombe enceinte. Puis l'écrivain part en voyage ; elle attend qu'il la contacte, ce qu'il ne fait pas. Souhaitant élever son enfant dans les meilleures conditions possibles, elle sort avec des hommes riches ; elle s'aide beaucoup de sa grande beauté. Mais elle refuse leurs demandes en mariage, car elle aime toujours cet homme sans cœur, qui l'a si rapidement oubliée, et veut être disponible pour lui si le hasard faisait se recroiser leurs chemins. Elle le lui rappelle en lui envoyant, tous les ans et de manière anonyme, des roses blanches pour son anniversaire.

Un soir qu'elle est avec un de ses courtisans, elle le revoit : il lui propose de passer la nuit ensemble. Là encore, elle accepte sans hériter, espérant qu'il va la reconnaître. Mais à l'aube, alors qu'elle s'apprête à partir, il glisse quelques billets dans son manchon. Elle part, folle de colère et déçue qu'il ne l'aie pas reconnue et lui fasse la honte de la payer. En sortant, il lui semble tout de même que Johann l'a reconnue, elle lui donne les billets.

Elle va élever son fils sans dire à l'auteur que c'est aussi le sien, car elle ne veut rien lui infliger, ni être considérée avec agacement par lui. Cependant, l'enfant meurt de la grippe et l'inconnue sait qu'elle ne pourra pas y survivre ; elle adresse donc une lettre à son amant pour lui révéler comment, sans qu'il en ait jamais rien su, elle a consacré et brûlé sa vie à son amour pour lui. L'écrivain constate alors que, pour la première fois depuis des années, le vase qui contenait les fleurs blanches est vide et en ressent un trouble profond. Il ne parvient cependant pas à se souvenir clairement d'elle.

Autour du livre[modifier | modifier le code]

À l'origine, cette nouvelle est publiée dans un recueil avec Amok ou le Fou de Malaisie en 1922. C'est le premier best-seller de Zweig avec plus de 70 000 exemplaires vendus en 8 ans[1].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Au théâtre[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Isabelle Hausser dans Stefan Zweig et le monde d'hier dans l'appendice de Stefan Zweig, Amok, Le Livre de poche, 2010, p. 207-208 (ISBN 978-2-253-05754-3)

Lien externe[modifier | modifier le code]