Lesieur (entreprise)

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Lesieur
logo de Lesieur (entreprise)

Création 1908
Fondateurs Georges Lesieur
Forme juridique Société anonyme
Siège social Asnières-sur-Seine
Drapeau de France France
Direction Yves Delaine, President, Romain Nouffert, Directeur Général
Actionnaires SaipolVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité Agroalimentaire
Produits Huiles végétales (Cœur de Tournesol, Fleur de Colza, Frial, Isio 4…) et sauces (Mayonnaise Fine et Douce, gamme Sauces Salade Lesieur, Isio ActiStérol…)
Société mère Avril
Effectif 720 en France (2012)
Site web www.lesieur.fr

Chiffre d’affaires 732 millions d'euros (2012)[1]

Lesieur est une entreprise agroalimentaire française créée en 1908 et aujourd’hui acteur majeur de la production et de la commercialisation d’huiles et de sauces alimentaires. Les produits de cette marque sont commercialisés par l'entreprise du même nom, qui appartient au groupe Saipol. Le groupe Saipol-Lesieur est contrôlé par Avril (anciennement Sofiprotéol), l'Établissement financier de la filière des huiles et protéines végétales, en partenariat avec le groupe international Bunge, leader mondial de la transformation des graines oléagineuses.

Historique[modifier | modifier le code]


L'entreprise voit le jour en 1908 à Coudekerque-Branche dans l'agglomération de Dunkerque, avec la construction de sa première usine de production d'huile, sous le nom d'« Huileries Georges Lesieur ». Son fondateur, Georges Lesieur, la crée avec ses trois fils et avec trois anciens collaborateurs de l'entreprise où il travaillait précédemment. Le logo aux quatre losanges rouges date de 1909 et a très peu évolué depuis. Il symboliserait l’union de Georges Lesieur et de ses 3 fils[2].

En 1924 est introduite la bouteille en verre consignée pour le conditionnement du produit, à la place des traditionnels tonneaux de bois. À l'occasion de ce changement, la marque « Lesieur » est déposée et vient identifier l'huile vendue. « Lesieur » devient progressivement dans l'image des Français un branduit[2].

Dates marquantes[3] :

  • 1931 : À la mort de Georges Lesieur, Jacques Lemaigre Dubreuil devient président directeur général de la société
  • 1951 : Lesieur crée un régime d’allocation vieillesse et d’assurance décès pour ses employés, ainsi qu'un restaurant d’entreprise et des mesures d’intéressement aux résultats.
  • 1958 : Lesieur est le premier huilier du marché français, avec 125 millions de litres d’huile vendus
  • 1960 : Lesieur crée la première mayonnaise en tube qui concurrence la mayonnaise Bénédictin[4]
  • 1963 : Lesieur lance la margarine Leusieur, ainsi que sa première bouteille d'huile non consignée en plastique à base de PVC
  • 1965 : Lesieur crée la société Sidel, chargée du développement des machine de fabrication des bouteilles plastique.
  • 1967 : Début de la diversification : Lesieur prend le contrôle de Garbit, société qui produit des plats préparés, pizzas, paëllas, couscous, et se rapproche de Cotelle et Foucher, qui détient les marques de lessive Mir, Comète et Super Croix, d'eau de javel La Croix, et de poudre à récurer Bref. Une filiale commune, Lesieur-Cotelle, est créée en 1968.
  • 1969 : Lesieur lance sa première huile de tournesol sous la marque Auréa
  • 1970 : la holding « Georges Lesieur et ses fils » devient la « Compagnie financière Lesieur »
  • 1971 : Mir est revendue au groupe allemand Henkel
  • 1972 : Lesieur se dote d’un Service Consommateurs. Le groupe familial Lesieur fait appel a la BNP qui, par sa banque d'affaires BANEXI, prend une participation de 25% dans la « Compagnie financière Lesieur »
    Lesieur cède Sidel au sidérurgiste Pont-à-Mousson
  • 1973 : Garbit, qui a fusionné en 1970 avec la société Bretagne-Provence pour former la Sapal (Société anonyme des produits Alimentaires), est cédé à Panzani.
  • 1974 : Lesieur lance la mayonnaise Lesieur Tournesol.
  • 1976 : Lesieur lance deux nouvelles huiles : Lesieur Maïs et Lesieur Olive
  • 1978 : Lesieur lance un nouveau concept d'utilisation des détergents, le pistolet pulvérisateur qui devient nettoyant pour vitre
  • 1979 : Lesieur rachète William Saurin à la famille fondatrice
  • 1981 : Acquisition de la Société Française Alimentaire, qui détenait entre autres Végétaline, auprès d'Unipol (Union des Industries de Produits Oléagineux)[5]. L'agence Dupuy et Saatchi signe le fameux slogan publicitaire « Pas d'erreur, c'est Lesieur ».
  • 1985 : Lesieur s'allie avec l'entreprise sucrière Saint-Louis et, ensemble, rachètent le groupe Royal Champignon, premier producteur au monde de champignons. La même année, Lesieur lance une bouteille d’huile en PET.
  • 1986 : le groupe agroalimentaire italien Ferruzzi, qui, via le conglomérat Montedison, possède notamment Béghin-Say et Eridania, souhaite s'emparer de Lesieur par une OPA. Pour contrer cette tentative, Saint-Louis rachète son associé. Lesieur lance les premières vinaigrettes prêtes à consommer.
  • 1987 : Colgate-Palmolive et Henkel acquièrent les activités de Lesieur-Cotelle dans le domaine des produits d'entretien[6]. Henkel récupère les marques de poudre à récurer Bref, les lessives Mir et Super Croix, tandis que Colgate obtient l'eau de javel La Croix.
  • 1988 : Saint Louis décide de démanteler le groupe Lesieur. Il revend sa branche corps gras (huiles, mayonnaises et sauces, margarine Excel et la filiale espagnole) à Béghin-Say, filiale de Montedison, pour se mettre à l'abri d'une prise de contrôle du groupe italien, qui avait acheté l'année précédente un pourcentage non négligeables de ses actions[7]. Lesieur ne possède plus alors qu'une activité d'huilerie, Saint Louis ayant conservé William Saurin et Royal Champignon.
  • 1989 : Lesieur lance une gamme de sauces allégées
  • 1990 : Lesieur lance Isio 4
  • 1995 : L'activité sauces et mayonnaise de Lesieur, nommée Générale Condimentaire, est revendue par Béghin-Say à Corn Product Company (CPC). La marque Lesieur est alors partagée entre deux entreprises.
  • 1997 : Lesieur crée la première bouteille avec un bouchon bec verseur
  • 2000 : La filiale alimentaire de CPC, Bestfoods, est rachetée par Unilever, qui se voit obligé par la commission européenne de revendre une partie de ses activités. Les sauces et mayonnaise Lesieur sont cédées à Campbell un an plus tard[8];
Photographie de silos de stockage de l'usine Lesieur de Bordeaux Bacalan en 2014.
L'usine Lesieur de Bordeaux Bacalan en 2014.
  • 2001 : la filiale alimentaire du groupe Montedison est démantelée et scindée en quatre unités. Lesieur est alors séparée de Béghin-Say et intègre Céréol[9].
  • 2003 : Alors que Céréol est en passe d'être racheté par l'américain Bunge, les huiles Lesieur sont rachetées par Saipol[10]. Lancement de l’huile de Noisette. La vitamine D est introduite dans Isio 4
  • 2004 : Lancement de la nouvelle huile Fleur de Colza. Nouveau slogan de Lesieur : « Un peu de Lesieur, un peu de vous, ça fait tout. »
  • 2005 : Lancement de la nouvelle huile Isio Protect et d’Epi d’Or Céréales et Fruits. Lancement de : Frit’O Clean, un solidifiant pour bain de friture. Le site internet « Le Fait-Main Revient » propose aux internautes des vidéos sur les gestes quotidiens de la cuisine.
  • 2006 : Isio Protect devient Isio 4 Olive. Lesieur lance Andeleña.
  • 2007 : Lancement d’Isio Mémo.
  • 2008 : Lesieur fête ses 100 ans. Saipol rachète à Campbell les sauces et mayonnaises Lesieur[11], qui se retrouvent de nouveau regroupées avec les huiles. Parallèlement, Lesieur lance Lesieur Cœur de Tournesol Torréfié. Lesieur affirme également son intérêt pour l’environnement avec sa Charte de Développement Durable.
  • 2009 : Lesieur lance une gamme d’huiles Bio et Isio ActiStérol.
  • 2017 : Le site historique de Lesieur à Coudekerque-Branche (Nord), va bénéficier d’un investissement de 21,4 millions d’euros sur trois ans pour son unité de raffinage (2,4 millions d’euros), son unité de conditionnement d’huiles alimentaires (17 millions d’euros) ainsi que son centre de recherche, innovation et développement (2 millions d’euros) entièrement dédié aux huiles de table et condiments[12].

Faits marquants[modifier | modifier le code]

Lancement d'ISIO 4[modifier | modifier le code]

En 1990, Lesieur lance ISIO 4, présentée comme une huile santé avec une combinaison de 4 huiles complémentaires : huiles de tournesol, de colza, d'Oléisol (huile de tournesol issue de graines dites oléiques riches en oméga 9) et de pépins de raisin. Source de vitamine D et de vitamine E, ISIO 4 apporte également des acides gras essentiels oméga 6 et oméga 3, dans un rapport optimal de 5 (conformément aux recommandations de l'AFSSA[13]. La gamme ISIO 4 a été complétée depuis par ISIO Actistérol, ISIO 4 Olive et les vinaigrettes ISIO 4.

Huiles contaminées en 2008[modifier | modifier le code]

Le 26 avril 2008, la Commission européenne lance une alerte concernant la contamination d'une cargaison d'huile de tournesol[14]. La contamination, signalée par les autorités françaises, concerne un lot arrivé d'Ukraine en France le 23 février. L'ensemble des États membres est prévenu et neuf containers d'huile contaminée sont découverts dans cinq d'entre eux (France, Espagne, Italie, Pays-Bas et Royaume-Uni).

Selon le Canard enchaîné, une partie des produits fabriqués par le groupe Saipol (Lesieur) entre fin février et fin mars 2008 contiendraient de l'huile moteur[15],[16],[17]. Le Canard enchaîné affirme que tous les produits concernés n'auraient pas été retirés de la vente, la commission européenne et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ayant donné l'autorisation de commercialiser les plats préparés contenant moins de 10 % d'huile de tournesol frelatée en arguant de l'absence de toxicité aiguë des produits en cause (toutefois le rapport de l'AFSSA[18] donne des données de contaminations légèrement supérieures aux normes pour l'enfant fort consommateur de plus de trois ans, et aucune donnée de contamination pour les femmes enceintes et les enfants de moins de trois ans).

Selon le communiqué de presse de la DGCCRF du 15 mai 2008, ayant été informé de la fraude le lundi 7 avril 2008, l'importateur (Saipol-Lesieur) n'aurait retiré les stocks incriminés chez les distributeurs et n'aurait informé la DGCCRF que le mardi 22 avril 2008[19]. Le directeur général de Lesieur, Romain Nouffert, a pris la parole au sujet de cette affaire sur un blog dédié : Lesieur-info.fr [20]

Marché[modifier | modifier le code]

En 1996, les consommateurs utilisaient 1,7 variété d’huile en moyenne. En 2007, ils en utilisaient 2,4[21]. Avec un chiffre d'affaires de 829 millions d'euros en 2008, Lesieur est le leader du marché des huiles en France. Lesieur représente :

  • en part de marché en volume[22] : 33,7 % ;
  • en part de marché en valeur[22] : 38,5 %.

Lesieur exporte dans plus de 70 pays.

Annexe[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lesieur, chiffres de Sofiprotéol
  2. a et b David Dauba, « Lesieur », émission À vos marques sur BFM Business Radio, 31 mars 2013
  3. « Saga Lesieur », sur Revue des marques,
  4. Mayonnaise Lesieur
  5. Fiche d'Unipol sur Scriponet
  6. Colgate will get a part of Cotelle, NY Times
  7. Saint Louis fragilisé par la mort de Dumon, sur liberation.fr
  8. La réorganisation d'Unilever France s'intensifie, le groupe cède une nouvelle série de marques, sur l'Usine Nouvelle
  9. Eridania Béghin-Say: en avant la scission!, l'Express, 7 juin 2001
  10. Lesieur passe sous contrôle du monde agricole, Les Echos, 29 novembre 2002
  11. Saipol sur le site du groupe Sofiprotéol
  12. http://www.lejournaldesentreprises.com/regionale/Nord/nord-lesieur-investit-21-millions-d-euros-13-01-2017-314134.php
  13. [1]
  14. « Alerte européenne sur de l'huile de tournesol contaminée », Europe 1, 26 avril 2008.
  15. « De l'huile de moteur dans la mayo ! », Le Canard enchaîné, 14 mai 2008.
  16. « Dans la sauce moutarde aussi... », Le Canard enchaîné, 21 mai 2008.
  17. « Ça baigne toujours », Le Canard enchaîné, 28 mai 2008.
  18. rapport de l'AFSSA du 7 mai 2008
  19. [PDF] Communiqué de presse de la DGCCRF publié le 15 mai 2008
  20. Article « Mettre fin aux rumeurs », Lesieur-info.fr, 20 juin 2008
  21. Le livre des Grandes Marques Volume 3. Diffusion : Geodif. Paru le 15/11/2007. 1re édition,108 pages
  22. a et b Source panel distributeurs Nielsen - Annuel 2011