Les Complexes personnels

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Les complexes personnels est un ouvrage du psycho-sociologue et psychopédagogue français Roger Mucchielli qui traite des contours de cette notion, de ses difficultés d'approche, des moyens de traitement existant et paru aux éditions ESF en 1999 dans la collection Éducation permanente.

Introduction[modifier | modifier le code]

Le terme « complexe » qui provient de la psychanalyse, a bien sûr subi de nombreuses déformations en passant dans le langage courant ; d'où les difficultés pour aborder cette notion.

En effet, au-delà du sens général couramment admis, il s'agit de cerner les types de difficultés ou de problèmes qu'il engendre, d'aborder la psychologie de la personnalité et de ses déviances.

Psychanalyse et théorie des complexes[modifier | modifier le code]

Pour Jung le complexe est un phénomène parasite dont on doit se débarrasser[1]. Pour Freud il existe un complexe moteur, le complexe d'Œdipe, dont la résolution conditionne le développement de la personnalité. Mais il est assez rare que cette résolution soit complète comme en témoigne Stendhal dans son autobiographie La vie de Henri Brulard. Freud cite aussi les cas de jalousie excessive[2] ou le traumatisme de la naissance[3]. Adler, autre disciple de Freud, privilégie aussi un complexe qu'il considère comme expliquant tous les autres : le complexe d'infériorité.

La structure de la personnalité[modifier | modifier le code]

Au-delà de ces différentes approches, ce qui est certain, c'est que les complexes sont des centres de tendances et de souvenirs inconscients où, dans les cas les plus graves, le « Moi » s'investit totalement. Ces éléments de la personnalité sont le produit d'un vécu intériorisé par l'individu, intégré à ses croyances, à sa « carte de vie ». C'est l'école « culturaliste » de Ralph Linton et Margaret Mead qui a mis en lumière les facteurs socio-culturels de la personnalité. Le milieu culturel et naturel induit des « schèmes » de comportement, la vie insulaire ou nomade déterminant également la mentalité de telle ou telle personne.

Pour éviter une tension destructrice, « névrogène », le Moi est capable de se défendre en recherchant un nouvel équilibre puis de le maintenir. Il dispose de mécanismes de défense[4],[5] dont Freud dit que « le Moi se sert des sensations d'angoisse[6] comme d'un signal d'alarme menaçant son intégrité[7]. »

Le traitement des complexes[modifier | modifier le code]

Les complexes peuvent évoluer favorablement (par compensation et sublimation), se stabiliser en manifestations particulières (phobies, manies...) ou s'aggraver par des processus névrotiques.

Pour les traiter, il existe trois grands types de moyens : les techniques de déconditionnement, les psychothérapies et la prise de conscience. L'automatisme de la réaction d'un complexe est une réponse à un stimulus qu'il est possible d'isoler et ainsi de reconnaître. À partir de ce constat, est née l'idée d'un « déconditionnement dirigé » pour éradiquer le conditionnement initial appris et lui substituer une nouvelle réponse mieux adaptée à l'événement générateur de ce comportement[8].

En matière de psychothérapie, c’est surtout « la méthode non-directive » de Carl Rogers qui est utilisée[9]. Selon Rogers, les sentiments authentiques niés par le Moi provoquent une scission intérieure. (ou déficience de congruence) La personne doit peu à peu accepter ses sentiments négatifs (peur, colère...) en s'écoutant et en s'acceptant, en les « apprivoisant » et en diminuant la propension à se juger. Le thérapeute doit lui-même éviter tout jugement, toute attitude négative. (« Être en congruence avec son interlocuteur » dit Rogers), accepter l'autre tel qu'il est et favoriser son expression[10].

Les thérapies de groupe, et en particulier le psychodrame basé sur l'exploitation du jeu dramatique avec un public et une distribution des rôles, reposent sur des procédés dont les plus simples sont « l'effet miroir » avec un tiers qui renvoie les questionnements, le « changement forcé de rôle » qui oblige à épouser le raisonnement d'autrui[11]... Toutes ces méthodes reposent finalement sur une prise de conscience du changement de sens par le sujet avec le rôle critique de la conscience de soi, dans une situation perçue différemment par une personne dont le comportement peut alors évoluer dans un sens favorable.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Caractère et personnalité, Gaston Berger, éditions PUF, 1954
  • Le conditionnement, JF. Le Ny, éditions PUF, 1969
  • Introduction à la psychologie structurale, Roger Mucchielli, éditions Dessart, 1968
  • Les dimensions de la personnalité, HJ. Eysenck, éditions PUF, 1959
  • L'entretien d'aide et la psychothérapie, Carl Rogers, éditions EST, collection Horizons de la psychologie, 1969

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ch. Baudouin, L'œuvre de Jung, éditions Payot, 1963.
  2. Voir Un souvenir d'enfance de Goëthe analysé par Freud.
  3. Voir les travaux d'Otto Rank.
  4. Voir Anna Freud, Le Moi et les mécanismes de défense, éditions PUF, 1975.
  5. Voir Alex Mucchielli, Les réactions de défense, éditions ESF, 1965.
  6. Voir J. Boutonier, L'angoisse, éditions PUF, 1945.
  7. Sigmud Freud, Abrégé de psychanalyse page 74, éditions PUF.
  8. On utilise en particulier des techniques thérapeutiques comme la « pratique négative » et « l'aversion conditionnée ».
  9. Voir une application de cette méthode dans L'Entretien de face à face dans la relation d'aide de Roger Mucchelli, éditions ESF.
  10. Voir Carl Rogers, Le développement de la personne, éditions Dunod, 1967.
  11. Voir JL. Moreno Le psychodrame.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]