Les Yeux sans visage

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Les Yeux sans visage
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Édith Scob dans Les Yeux sans visage par M-F Corlin

Réalisation Georges Franju
Scénario Pierre Boileau
Pierre Gascar
Thomas Narcejac
Claude Sautet
Acteurs principaux
Sociétés de production Champs-Elysées Productions (France)
Lux Film (Italie)
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre film d'horreur
Durée 88 minutes
Sortie 1960

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Yeux sans visage est un film d'horreur franco-italien, en noir et blanc, réalisé par Georges Franju, sorti en 1960, et adapté du roman de Jean Redon, publié en 1959 dans la collection « Angoisse » des éditions Fleuve noir.

Le film narre les tentatives désespérées d'un chirurgien pour réparer le visage de sa fille, défigurée suite à un accident. Tentant, par tous les moyens, de lui reconstituer un vrai visage, il n'hésite pas à enlever, opérer, puis tuer d'innocentes jeunes filles ressemblant à sa fille. Aidé dans cette entreprise par son assistante, femme totalement dévouée, l'homme, devenu criminel par nécessité, continue son activité coupable, jusqu'à ce que sa fille, dégoûtée par ses excès, mette définitivement fin à ces pratiques.

Le chirurgien et son assistante sont incarnés par Pierre Brasseur et Alida Valli, têtes d'affiche du film. La jeune femme sans visage est jouée par Édith Scob, la révélation du film, qui n'en est alors qu'à son deuxième long-métrage[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Résumé court[modifier | modifier le code]

Alors que son assistante Louise vient de jeter dans l'eau le corps d'une jeune femme, le docteur Génessier, un éminent chirurgien, donne une conférence sur les greffes de peaux. Son métier lui permet en réalité d'offrir un nouveau visage à sa fille Christiane, présumée morte dans un accident de voiture dont il est le responsable.

Il a installé un laboratoire dans sa grande propriété située en pleine campagne et où il pratique régulièrement des expériences sur des chiens qu’il garde captifs. C’est aussi le lieu dans lequel son assistante et complice attire des jeunes femmes pour prélever leur visage et les greffer sur celui de sa fille, Christiane. Cette dernière, recluse dans ce manoir, doit porter un masque blanc inexpressif pour dissimuler son visage meurtri. Les greffes se succèdent et échouent jusqu’au jour où une opération semble réussir. Christiane retrouve alors son visage.

Mais progressivement, les tissus de la peau se dégradent et les nécroses réapparaissent. Désespérée, seule, Christiane appelle au téléphone son ancien fiancé, Jacques, qui la croit morte. Il avertit alors la police qui entame une enquête sur la clinique et la disparition des jeunes femmes. Par manque de preuve, les policiers abandonnent leur enquête laissant une dernière malheureuse aux mains du chirurgien.

Découvrant la nouvelle victime, Christiane décide de mettre fin à ce cycle infernal. Elle délivre alors la jeune fille, tue l’assistante de son père, et ouvre les cages des chiens, qui se ruent sur son père et le défigurent. Enfin libérée, entourée de colombes qu'elle a également délivrées, elle s’enfonce dans une forêt sombre et mystérieuse.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Un 2CV similaire à celle du personnage de Louise

Une Citroën 2 CV roule dans la nuit sur une petite route de campagne. À son volant, une femme inquiète conduit en jetant des regards autour d'elle. Les rues des villages qu'elle traverse sont pourtant désertes. En ajustant son rétroviseur, on peut se rendre compte qu'elle vérifie que, d'une part, personne ne la suit, mais, que d'autre part, elle surveille un corps assis sur la banquette arrière de la voiture. Ce corps, apparemment inerte, est enveloppé dans un épais manteau et la tête couverte d'un chapeau, le visage étant dissimulé. Parvenue au barrage d'une rivière, la femme retire le corps du véhicule. Il s'agit d'une autre femme qu'elle transporte difficilement jusqu'à la berge, puis la jette dans la rivière (la Marne).

Dans la séquence suivante, un téléphone sonne dans une grande bâtisse, le planton répond que le Pr Génessier (Pierre Brasseur), un éminent chirurgien, donne une conférence sur les greffes de peaux. Le public qui assiste à son exposé semble satisfait de son exposé et l'applaudit chaleureusement. À peine sortie de la salle de conférence, le planton lui explique que la morgue de Paris de Paris vient d'appeler que quelqu'un de ce service lui demande de s'y rendre sans attendre. Avant de quitter le bâtiment de la conférence, des personnes du public veulent féliciter le professeur mais celui-ci répond très sèchement. Une dame explique à son ami, debout près d'elle : « Comme il a changé depuis la disparition de sa fille... »

À la morgue, les policiers discutent entre eux à propos d'un cadavre découvert dans une rivière, celui qui a été précédemment jeté par la femme. Ils sont dubitatifs et se demandent s'il s'agit bien du corps de Christiane Généssier, la fille du professeur qui a disparu depuis quelques jours, ou bien celui d'une autre femme. Arrivé dans la salle des corps, le cadavre est formellement identifié par le Pr Génessier, malgré la présence à l'extérieur du père de la vraie victime et auquel il ne décochera, en sortant, qu'une phrase caustique et vexante.

Le plan suivant présente la rue Saint-Jacques à Paris. Une jeune étudiante qui sort de la Sorbonne est suivie par la femme qui a jeté le corps près du barrage au début du film. Puis, on assiste ensuite à l'enterrement de la fille du Pr Génessier dans un petit bourg de campagne. On découvre dés lors que la femme à la 2 CV n'est autre que Louise (Alida Valli), son assistante et sa secrétaire. On découvre également le Dr Jacques Vernon, le fiancé de la morte qui est lui même l'assistant du professeur. Après l'enterrement, alors qu'ils sont seuls, Louise déclare au professeur qu'elle n'en plus et semble à bout de nerfs. Il lui demande de se taire, de se reprendre, puis ils repartent pour le domaine des Génessier, grande demeure isolée entourée par un grand parc boisé.

Le professeur entre sa voiture dans son garage contigu à la maison. Il se dirige ensuite chez lui alors qu'on entend les aboiements d'un grand nombre de chiens. Il monte lentement un grand escalier, puis un autre, et retrouve, dans une petite chambre, sa fille, allongée sur le ventre sur son lit et qui, en fait, n'est pas morte. Celle-ci se rend compte qu'elle a été faussement enterrée et qu'une autre personne a pris sa place dans le caveau familial. Il lui explique que ce stratagème a pour but de la protéger. La jeune femme cache son visage car elle a été horriblement défigurée lors d'un accident dans la voiture que son père conduisait. Celui-ci, grand chirurgien, affecté et coupable de cette situation veut trouver une solution et lui trouver un « nouveau visage ». Louise, son assistance arrive sur les entrefaites et tente de la rassurer en attestant de la grande compétence de son père en matière de chirurgie faciale, car elle a pu en bénéficier. Louise lui remet son masque, un simple masque blanc et inexpressif qui couvre entièrement la face. Une fois seule dans sa chambre Christiane sort et descend l'escalier. Dans la maison, les miroirs sont peints en noir. Elle trouve le téléphone, appelle son fiancé, écoute sa voix, mais ne prononce aucun mot.

Louise, l'assistante du professeur, a pris contact avec la jeune étudiante suisse, dénommée Edna Gruberg, en lui offrant un billet de théâtre à l'occasion d'une rencontre qui pourrait apparaître comme fortuite. À la recherche d'une chambre pour se loger, l'étudiante accepte ensuite d'être hébergée dans la maison des Génessier. Le soir même les deux femmes arrivent dans la grande maison. Edna est quelque peu inquiète, mais Louise fait tout pour la rassurer et la présente au professeur qui peu de temps après, lui applique un mouchoir imbibé de chloroforme sur le visage. Inerte, la jeune femme est emportée par les deux complices dans une sorte de laboratoire. Christiane qui a entendu du bruit depuis sa chambre, décide de les suivre. Caché derrière la voiture de Louise, elle écoute le professeur discuter avec son assistante dans le garage. Elle comprend qu'il vont entreprendre le découpage du visage d'une jeune fille qu'elle ne connait pas. Ceux-ci s'éloignent. Christiane traverse alors un long couloir avant de découvrir à ce qui s'apparente à une salle de chirurgie. Une jeune fille est là, inanimée sur un brancard. Elle se rend ensuite dans une vaste salle qui s'apparente à un chenil et qui comprend un grand nombre de chiens, retenus là, en tant que cobayes. Après avoir caressé quelques animaux qu'elle semble bien connaître, elle retourner dans la salle d'intervention et y découvre un miroir. Elle ôte son masque pour se regarder. Le visage toujours découvert, elle s'approche de la jeune fille endormie, afin de toucher son visage, mais celle-ci se réveille soudainement et hurle de terreur en découvrant le visage de Christiane.

La scène suivante nous montre le Pr Génessier s'habillant en tenue de chirurgien. Ensuite, il commence, avec l'aide de Louise son intervention. Les corps des deux jeunes femmes (la « donneuse » et la receveuse) sont étendus, l'un à côté de l'autre. Celle-ci, filmée en intégralité, est longue et pénible. Quelque temps plus tard, Christiane est remontée dans sa chambre dans l'attente du résultat en espérant qu'il n'y ait pas de rejet de greffe. Edna, retenue prisonnière, est toujours vivante. Louise lui apporte à manger dans le lieu où elle séquestrée, mais l'étudiante parvient à l'assommer puis à s'enfuir. Louise prévient le professeur qui se lance à sa poursuite, mais l'étudiante se perd dans la maison, et elle est retrouvée morte à la suite d'une chute depuis le second étage par le professeur. Le corps de la jeune femme est ensuite déposé dans le caveau familial par le chirurgien, toujours avec l'aide de Louise.

Au poste de police, l'amie d'Edna vient témoigner de la disparition de la jeune femme et donne à l'enquêteur, l'inspecteur Parot, le signalement de Louise, repérée par cette amie, mais sa description reste floue (elle évoque son simple collier de chien en perle). La police se rend compte dés lors qu'une série disparition de jeunes femmes au yeux bleus a bien lieu dans Paris, mais sans avoir le moindre indice.

Chez les Génessier, Christiane semble avoir retrouvé son visage, mais reste contrariée de ne pas pouvoir retrouver le Dr Jacques Vernon, son fiancé. Le professeur est embarrassé, mais il doit cependant laisser sa fille afin de se rendre dans sa clinique. Avant de partir, il semble déceler de minuscules problèmes sur le visage de sa fille. Le soir même, il avoue à son assistante que l'intervention est ratée et le temps confirme son pronostic, la greffe n'a pas pris et Christiane retrouve son masque. Désespérée, Christiane décide de téléphoner à son fiancé à l'insu de son père et de Louise, mais cette fois-ci, elle prononce son prénom, avant de raccrocher et Jacques est sidéré de découvrir que sa fiancée n'est pas morte. Il rapporte de ce fait auprès de l'inspecteur Parot qui est dubitatif de son témoignage un peu léger et évoque un autre témoignage tout aussi léger à ses yeux et qui évoque une suspecte avec un large collier de chien en perle. Jacques pense aussitôt à Louise.

La police décide dés lors de trouver une « chèvre », une jeune fille, prénommée Paulette, qui a commis un acte de petite délinquance mais qui ne peut pas refuser d'offrir son aide pour tendre un piège au Pr Génessier et à son assistante. Jacques qui est médecin et travaille dans le service du professeur décide de faire hospitaliser Paulette afin que son patron la remarque, ce qui ne rate pas. Cependant, tout ne sa passe pas comme prévu : à la demande du professeur, Paulette, fausse malade, quitte la clinique le soir même. Devant la porte même de l'établissement, une 2CV la prend à son bord. Il s'agit, en fait, de Louise. La police décide de rendre visite à Génessier dans sa clinique pour retrouver la jeune fille disparue. Les explications données par le chirurgien semblent tout de même satisfaisantes et Jacques son assistant n'a rien vu. Les policiers repartent sans insister.

Prisonnière dans le laboratoire de la maison des Génessier et déjà attachée sur une table d'opération, Paulette est libérée par Christiane qui semble en avoir assez. Alertée par les cris, Louise tente de s'interposer mais elle est tuée d'un coup de scalpel par Christiane. La jeune Paulette s'enfuit et la fille du professeur en profite pour également libérer les chiens de leurs cages. Arrivé sur les entrefaites depuis sa clinique, le professeur est attaqué par les animaux qui le blessent grièvement au visage et le défigurent. Christiane libèrent également ses colombes de leur cage et s'enfonce, en pleine nuit, dans la forêt, entourée de ses chers oiseaux qui volent autour d'elle.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Pierre Brasseur en 1961

Production[modifier | modifier le code]

Droits et financement[modifier | modifier le code]

Le producteur de cinéma Jules Borkon acheta les droits sur le roman de Jean Redon, écrit peu de temps auparavant, et entrepris d'en proposer la réalisation à Georges Franju. Le film sera distribué en France et en Italie, pays où se situent les deux sociétéq de production : Champs-Élysées Productions, pour la France et Lux Film, pour l'Italie. Le film sera également distribué aux États-Unis sous le titre anglais « Eyes Without a Face ».

Tournage[modifier | modifier le code]

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

La totalité des scènes tournées en extérieur furent effectuée à Paris et en banlieue parisienne[2].

Paris[modifier | modifier le code]
En sortant de l'institut médico-légal le Pr Genessier rencontre furtivement le père d'une de ses victimes
5e arrondissement de Paris
  • Rue Saint-Jacques, scène tournée devant la Sorbonne, durant laquelle l'étudiante suisse Edna se fait repérer par Louise.
12e arrondissement de Paris
16e arrondissement de Paris
Banlieue parisienne[modifier | modifier le code]
Barrage de la Marne à Noisiel où Louise jette le corps d'une jeune fille après l'avoir transporté dans sa voiture
Hauts-de-Seine
  • Le château de Marnes à Marnes-la-Coquette, présenté comme la villa du Pr Genessier, et où ont été tournées les scènes finales présentant l'attaque des chiens contre le chirurgien.
  • Viaduc de Meudon, plan de quelques secondes tourné durant l'enlèvement d'Edna par Louise qui l'emmène à la maison du Professeur.
Yvelines
  • Le parc de bel Air au Chesnay abrite la clinique du Pr Génessier avec une courte scène entre les policier et le Dr Vernon
Seine et Marne
  • Noisiel et son barrage sur la Marne, scène se situant au début du film et où l'on voit Louise se débarrassant du corps d'une jeune femme, victime supposée des agissements du professeur.

Bande originale[modifier | modifier le code]

Une compilation des différentes musiques de films, composées par Maurice Jarre durant sa « période française », entre 1951 et 1962, a été conçue par Stéphane Lerouge. Selon le compositeur français, il s'agit d'une photographie musicale de la période qui précède son départ pour Hollywood[3]

Le CD, intitulé « Ma période française », est sorti en février 2005. Celui-ci comprend les bandes musicales de onze autre films, composé par Maurice Jarre, dont, notamment, La tête contre les murs, Thérèse Desqueyroux, Les Dragueurs, Week-end à Zuydcoote ainsi que Les Yeux sans visage, dont les pièces musicales correspondent aux pistes 4 à 9 du disque (Label: Play Time – PL 050287).

Liste des titres de l'album « Ma période française » de Maurice Jarre (pistes 4 à 9)
No Titre Durée
4. Générique du film les yeux sans visage 2:05
5. Thème romantique 2:50
6. Filature 1:23
7. Des phares dans la nuit 3:32
8. Valse poursuite 1:45
9. Final 1:01

Date de sortie[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Édith Scob en 2016

Autour des acteurs[modifier | modifier le code]

  • l'actrice Édith Scob, qui avait déjà tourné sous la direction du cinéaste dans La Tête contre les murs (1959), retournera par la suite avec ce dernier dans Thérèse Desqueyroux (1962), Judex (1963) et Le Dernier mélodrame (1979).
  • l'actrice Édith Scob fera un clin d’œil aux Yeux sans visage en reportant le même masque plus de cinquante ans plus tard dans Holy Motors.
  • le film constitue la deuxième des trois collaborations de l’acteur Pierre Brasseur avec le réalisateur Georges Franju, après La tête contre les murs, et Pleins feux sur l'assassin
  • l'acteur Claude Brasseur, fils de l'acteur Pierre Brasseur, joue le rôle d'une jeune inspecteur qui assiste l'inspecteur Parot, comme l'indique une des photos de la présentation du film, publié sur un site web consacré au cinéma français[4]. Les deux acteurs, père et fils, se retrouvent d'ailleurs un court instant dans la même prise de vue.

Autour des costumes et des effets spéciaux[modifier | modifier le code]

  • le masque que porte l'actrice Édith Scob a été conçu par Henri Assola et Georges Klein, chargés des effets spéciaux. Ces deux hommes avaient déjà créé le masque du personnage de Quasimodo porté par Anthony Quinn dans le film Notre-Dame de Paris, en 1956. Ce masque est en latex, véritable nouveauté dans un film et qui donnera au masque un aspect plus réaliste[5]
  • selon la biographe Marie-Ève Lacasse, auteur d'un livre (Les yeux dans les phares), consacré à la styliste Peggy Roche et à Françoise Sagan, les robes portées par l'actrice Edith Scob qui joue le personnage de Christiane sont l'œuvre du couturier Hubert de Givenchy[6]

Réception[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

Sorti dans les salles de cinéma au début de l'année 1960, le film connaît un succès public assez mitigé, mais il reçoit un accueil critique plutôt favorable de la part des spécialistes des films fantastiques. Ceux-ci remarquent sa particularité, ce qui n'empêchera certains exploitants de salles d'arrêter sa projection par crainte de réactions de certains spectateurs trop « sensibles »[7].

Près de cinquante ans après sa sortie, le film bénéficie encore de critiques favorables. Le site web Inrocks considère, sous la plume du critique de cinéma Olivier Père, directeur de la section « cinéma » sur Arte, depuis 2012, que :

«  Les yeux sans visage compte parmi les rares incursions géniales, du moins marquantes, du cinéma français dans le registre du fantastique, et plus précisément de l'épouvante. »

Analyse[modifier | modifier le code]

Pour le réalisateur Georges Franju, il s'agit clairement d'un film d'épouvante avec des passages de nature fantastique, telle que la scène du cimetière où est caché le corps de la jeune Edna. Il la considère d'ailleurs comme une scène typique se rattachant à ce type de film. La violence du « spectacle opératoire » filmé dans sa quasi totalité est un spectacle éprouvant pour le spectateur, les autres scènes, hormis l'attaque des chiens, cependant moins longue et située à la fin du film, n'étant pas aussi éprouvantes[8].

Le film marque surtout le long calvaire d'une jeune femme isolée et désemparée par ce qu'elle subit et certaines scènes mettent en avant sa détresse face un père qui refuse d'abandonner sa quête. La présence des animaux et notamment des chiens intensifie cette impression qui consiste à penser que cette jeune fille est une victime, un cobaye face à un père tout puissant, à la limite de l'obsession et non une personne qui peut maîtriser son destin au travers d'une bienveillance paternelle. La fin est d'ailleurs caractéristique de cet état de fait : la jeune fille libère les chiens qui vont la débarrasser de leur bourreau commun, au travers d'un élan poétique (avec la présence des colombes, elles aussi libérées) autant déconcertant qu'inattendu[9].

Influence dans les arts[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

  • Pedro Almodóvar a cité le film comme influence majeure pour La piel que habito. Il dit par exemple dans une interview[11] : « J’avais en tête Les yeux sans visage de Georges Franju pendant que j’écrivais le film et aussi quand j’ai commencé à penser au tournage. Je crois que, probablement, si on veut parler de référence à un autre film, l’unique référence claire et concrète était précisément ce film, Les yeux sans visage, que je connais par cœur ».

Remake[modifier | modifier le code]

En 1962, l'Espagnol Jesús Franco réalisera un premier remake des Yeux sans visage sous le titre L'Horrible Docteur Orlof, qui sera suivi de ce que qu'on peut considérer comme une sorte de suite en 1988, avec Les Prédateurs de la nuit.

Dans la chanson[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Édith Scob », sur festival@itinerances.org (consulté le 29 juillet 2018).
  2. « Les yeux sans visage (1960) », sur spotern.com (consulté le 29 juillet 2018).
  3. « Maurice Jarre "Ma période française" », sur www.cinezik.org (consulté le 30 juillet 2018).
  4. « Les yeux sans visage », sur le site Cinéma français (consulté le 29 juillet 2018)
  5. « Édith Scob », sur Les yeux sans visager (consulté le 30 juillet 2018).
  6. Google Livre "Peggy dans le phares", chapitre 20, consulté le 2907/2018]
  7. « Les yeux sans visage », sur http://seriousmovies.com (consulté le 29 juillet 2018).
  8. Livre google « Georges Franju » de Marie-Magdeleine Brumagne, consulté le 29/07/2018
  9. « Les yeux sans visage », sur site des lycéens et apprentis au cinéma en Pays de la Loire (consulté le 29 juillet 2018).
  10. (en) J. A. Kerswell, The Slasher Movie Book, Chicago, Illinois, Chicago Review Press, 2010, 2012, 2e éd., 208 p. (ISBN 9781556520105), p. 19.
  11. H. Dayez, « Cannes : Pedro Almodovar s'essaie au thriller », sur rtbf.be, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Elie Fovez, Téléciné no 89, F.L.E.C.C., Paris, mai-juin 1960
  • Pascale Risterucci, Les Yeux sans visage de Georges Franju, éditions yellow now, 112 pages, 2011, (ISBN 978-2-87340-288-4)

Lien externe[modifier | modifier le code]