Les Vignerons libres

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cave coopérative Les Vignerons libres
Maraussan la cave cooperative.jpg

Façade de la cave coopérative

Présentation
Destination initiale
Cave coopérative
Construction
1905
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
311 avenue Jean-Jaurès
Coordonnées

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Point carte.svg

Géolocalisation sur la carte : Hérault

(Voir situation sur carte : Hérault)
Point carte.svg

Les Vignerons libres est la première[réf. nécessaire] cave coopérative viticole de France située à Maraussan.

Cette cave est célèbre grâce à la visite de Jean Jaurès et elle est inscrite aux monuments historiques.

La situation économique à la fin du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Vers 1800, au lendemain de la Révolution, les terres de Maraussan, commune de l’Hérault non loin de Béziers appartiennent principalement à quatre familles nobles : le comte de Perdiguier, monsieur de Rouvignac, monsieur d'Ulm possédant le tènement de la Treille et le comte de Nant vraisemblablement propriétaire du domaine de Lézigno. Le cépage dominant est le muscat. Des gens descendus de la montagne et travaillant au mois, d'où le terme de "mesadiers", vivent alors dans les dépendances des châteaux et effectuent les travaux de la vigne et du domaine. Mais vers 1840-1850, la création des compagnies de chemin de fer attire une main d'œuvre désireuse d'obtenir des salaires plus élevés. Parallèlement survient la crise du phylloxéra entraînant la disparition des cépages nobles et incitant les quatre propriétaires Maraussanais à vendre pour investir dans les grandes compagnies ferroviaires. Une nouvelle situation économique et sociale apparaît. Les plants américains sont introduits sur le marché et les terrains inondables des bords de l'Orb ayant résisté au phylloxéra, fournissent en quantité un vin issu du cépage aramon qui est loin d'égaler la finesse et le goût du muscat. Les quatre nobles vendent à une dizaine de gros propriétaires venus des villes voisines, mais les ouvriers agricoles des Domaines achètent aussi de petites parcelles qu'ils agrandissent par la suite. Ces derniers s'occupent de leurs terres après avoir effectué leur journée chez le patron et deviennent familiers des techniques de la taille et du greffage afin d'arrondir leur fin de mois. C'est avec l'apparition de ces propriétaires ouvriers que le projet coopératif allait apparaître au tournant du XIXe siècle.

1901 : La première coopérative vinicole de vente[modifier | modifier le code]

Dès 1901, 128 viticulteurs de Maraussan, (qui en compte officiellement 280) se regroupent. Le 23 décembre 1901 se crée ainsi la première coopérative viticole de France[réf. nécessaire] avec pour devise la consigne Dumasienne de ralliement, «TOUS POUR UN, UN POUR TOUS».

Aussitôt on[Qui ?] cherche les moyens nécessaires pour constituer un réseau de vente indépendant des négociants. Un magasin est loué à un coopérateur, cinq foudres et une pompe prêtés par des administrateurs et, aux premières réunions du conseil d'administration, la table est empruntée à un voisin, chacun amenant sa propre chaise.

Elie Cathala, militant syndicaliste de Béziers, socialiste et républicain devient la clé de voûte du système en intervenant comme «agent commercial». Rémunéré à la commission, il démarche et multiplie les contacts. La presse parisienne et régionale intéresse ses lecteurs à cette expérience. Parallèlement, les efforts publicitaires sous forme de prospectus, circulaires, buvards, cartes postales abondamment diffusés aident à sortir la Cave de l'anonymat. Une commission de dégustation définit les classes de qualités et fixe le prix de vente pour chacune d'entre elles. Elle classe les échantillons proposés d'après un vin «type», compte tenu des degrés, couleur, «bonté» et qualité de la vinification.

Les Vignerons Libres de Maraussan trouvent leur premier gros client à Bercy et signent un engagement de représentation et de vente exclusive de ses produits avec un négociant de Bercy, Mr Collet. Ce dernier est très introduit dans les coopératives de consommation parisiennes et parmi celles-ci auprès de La Bellevilloise. Il propose frauduleusement par la suite d'autres produits vinicoles sous le couvert de ce même contrat.

Confondu par plusieurs membres du conseil de la Cave au cours d'un congrès, il verra son contrat résilié. Dès lors La Bellevilloise s'engage à traiter directement avec la Cave Coopérative de Maraussan, et en assure même la promotion auprès de la Fédération Coopérative de Paris qui regroupe 32 sociétés qui deviendront clientes à leur tour. Des dépôts sont créés à Charenton, La Rochelle et Toulouse. Ce réseau est étoffé par des coopératives de consommation en province, auxquelles s'ajoutent des clients particuliers.

Grâce à leur volonté émancipatrice, dès 1901, les viticulteurs de Maraussan ont compris les leçons du marketing moderne. Pour eux, il est primordial d'organiser la vente, de connaître et de s'adapter à leurs clients, de déterminer des critères de qualité pour les produits. Ils ont aussi parfaitement compris le contexte dans lequel se développe leur projet. Grâce au chemin de fer qui leur permet d'accéder au marché parisien, ils vendent dès 1905, huit fois plus à Paris que dans le reste de la France. Plus tard, ils achètent des wagons-foudre et installent la Cave de vinification près de la gare de Maraussan, aujourd'hui disparue.

Le mouvement coopératif ouvrier se développe alors en France et les Vignerons Libres s'y inscrivent tout naturellement. Ils privilégient la recherche de leurs clients dans ce milieu. La cave coopérative adhère en 1902 à la Bourse des Coopératives Socialistes qui regroupe déjà les coopératives de consommation et de production de produits autres que le vin (lait, fromage, etc.).

1901-1905 : Premiers résultats encourageants[modifier | modifier le code]

Les vignes de Maraussan et ses environs ont été dévastées pendant les années 1870 et en particulier en 1877. Depuis, elles ont été replantées avec des cépages très productifs, greffés sur plants américains. On[Qui ?] produisait alors un vin issu des cépages Aramon, Carignan, Alicante-Bouschet pour les vins rouges, et Terret Bourret pour les vins blancs. A la crise du phylloxéra, dont la conséquence essentielle fut la disparition des vignobles du Nord de la France, succède l'organisation d'une surproduction massive du Sud de la France, afin de répondre à la demande du marché national. Mais cela se fait au détriment des vins de qualité.

Chez Les Vignerons Libres l'arrivée de nouveaux coopérateurs chaque année et la confirmation des débouchés économiques, assurent une croissance soutenue. Dès 1902 le nombre d'adhérents passe de 128 à 187. De 1904 à 1905 les ventes passent de 2 208 000 litres à 3 678 000 litres. Les consommateurs-coopérateurs ne sont pas oubliés : outre le droit de regard qu'ils ont sur la comptabilité, ils se voient ristourner 25 % des bénéfices et leurs représentants sont invités à une fête annuelle organisée par la cave coopérative. 20 % de ces bénéfices sont réservés à la promotion du mouvement coopératif, comme ce fut le cas pour le démarrage de plusieurs coopératives vinicoles de la région.

1905-1907 : La construction de la cave de vinification[modifier | modifier le code]

Pour renforcer les principes de base, les coopérateurs se donnent les moyens nécessaires à l'expansion de la Cave. Durant l'année 1905, il aura fallu seulement quatre mois pour construire les bâtiments de la cave inaugurée le 22 août en présence de A. Anseele, député et dirigeant de la Fédération des Coopératives de Belgique. Le chantier avait été marqué par la visite de Jean Jaurès en mai de la même année, qui ne tarissait pas d'éloges1 pour cet exemple d'action collective. Il achète d'ailleurs une part sociale de la cave.

Au fronton du bâtiment qui sera utilisé pour les vendanges de l'année même de son inauguration, les coopérateurs affichent désormais fièrement leur projet économique humaniste. L'ancienne devise historique des mousquetaires est transformée pour mieux rendre compte de l'idée d'engagement de l'individu dans une entreprise collective : «TOUS POUR CHACUN,CHACUN POUR TOUS».

Le projet est alors compatible avec la conjoncture favorable aux vins de grande consommation du Sud de la France. En outre la création de la cave devait permettre une qualité suivie d'une récolte à l'autre. En effet la vinification collective de la production de chaque coopérateur, permet d'obtenir une production homogène et de qualité qui échappe aux critiques fréquentes à l'époque de sucrage. Garantir la qualité exige de vinifier sur place une partie de la production et de posséder ses propres moyens de stockage. La Cave possède une capacité de stockage de 15 000 hl mais ne permet de vinifier que 5 000 hl par an. À l'époque la majorité des adhérents vinifient leur vin chez eux. La vinification coopérative intervient en fait pour réguler la qualité produite, en aidant les petits propriétaires. Ceux-ci peuvent alors porter tout ou partie de leurs raisins à la cave. Ainsi un seuil maximum est fixé : environ 70 coopérateurs peuvent amener 70 hl chacun, soit l'équivalent d'un hectare de vigne environ. Le stockage est réalisé grâce à 10 000 hl de cuves en béton et 5 000 hl de foudres en bois. Mais plus de 60 % du stockage s'effectue toujours chez le propriétaire En 1906 la coopérative commercialise 49 220 hl, et plus de 50 000 hl les années suivantes. La volonté de privilégier les modes de commercialisation moderne influence directement le choix du lieu d'implantation de la Cave. Celle-ci a été construite à 30 mètres de la voie ferrée en surplomb de façon à pouvoir remplir les wagons par gravitation sans pompage .Toute proche de la gare, une voie ferrée spéciale de livraison a été construite sur 90 mètres. Dès 1906, la Cave achète 5 wagons foudres et commercialise 80 % de son vin en région parisienne. Progressivement l'expédition en province augmente : dès 1908 elle représente 50 % des ventes. La nécessité de laisser reposer le vin après un long transport, oblige la coopérative à s'équiper sur le dépôt de Charenton de 10 foudres de 200 hl. C'est de ce point de réception que s'effectue la répartition vers les autres points de vente de la région parisienne. L'année 1906 verra l'acquisition d'un nouvel entrepôt situé au Mans. La Cave constitue également son stock de futailles complémentaires et sa propre cavalerie composée de chevaux de trait et d'un âne, la traction animale étant la seule source d'énergie accessible aux petits propriétaires.

Consolidation du projet coopératif[modifier | modifier le code]

Les vignerons reçoivent a la cave les délégations des sociétés Coopératives de Consommation.

1907 est l'année des grandes manifestations viticoles dans la région en réaction à une nouvelle crise de surproduction et à des chutes de prix importantes. L'autorisation de sucrage donnée au vin du Nord est sévèrement condamnée par les manifestants du midi. La cave coopérative des Vignerons Libres partage ce jugement... La campagne de 1908 enregistre tout de même une augmentation des ventes en volume : 1 500 hl.

Cependant le mécontentement existait au sein même des coopérateurs. Certains contestent le principe fondateur du prix fixé à l'année. Ce mécanisme avait permis jusqu'à présent de sceller la communauté d'intérêt des Vignerons Libres. Mais il présente aussi ses inconvénients. Lorsque les cours montent pendant l'année et deviennent supérieurs au prix fixé, les vignerons estiment qu'il y a pour eux un manque à gagner. Ils sont alors tentés de vendre directement aux négociants puisqu'ils n'ont pas l'obligation d'apporter la totalité de la récolte à la cave. Lorsque les cours baissent influencés par la sur production, la Cave ne peut plus vendre aussi facilement, même à ses clients les plus fidèles, qui réclament une ristourne et décident parfois de se fournir ailleurs. Ce fut le cas en 1907. La crise interne à la Coopérative éclate au printemps 1907. Des critiques se manifestent dans ce sens et le Conseil d'Administration est obligé de solliciter un vote de confiance qu'il obtient à l'unanimité.Le développement de la Cave peut alors continuer. En 1908 est créé le journal "Le Vigneron Libre' pour promouvoir la structure coopérative encore peu répandue à cette époque, en expliquant son fonctionnement et en tenant au courant les lecteurs des évolutions. De nouveaux dépôts sont encore créés à St Junien (Haute Vienne), Chalus (Puy de.Dôme), Ste Florine et Lagny (Oise).

Maraussan avait une telle notoriété que le Ministère de l'Agriculture demande des graphiques du fonctionnement des différentes coopératives maraussanaises en vue d'une exposition.

Le développement du mouvement coopératif vinicole dans le sillage des Vignerons libres de Maraussan[modifier | modifier le code]

Les Vignerons libres ont créé la première coopérative vinicole de France. Mais en 1908 ils ne sont plus seuls : le mouvement coopératif s'est développé et structuré. Dans les quinze années qui suivent la fondation de la Cave de Maraussan, 79 caves coopératives vinicoles voient le jour, dont 27 en Languedoc-Roussillon. Entre 1920 et 1939, 750 coopératives vinicoles sont créées dont 350 en Languedoc-Roussillon. La structuration du mouvement coopératif se poursuit à l'échelle nationale, portée par la Fédération des Caves qui est créée en 1905. On privilégie le niveau départemental : les départements qui possédaient un nombre important de Caves Coopératives s'organisent en Fédération Départementale. En 1932, les Fédérations Départementales s'unissent dans la Confédération Nationale des Coopératives Vinicoles de France. L'objectif est de resserrer les liens entre les coopératives tout en défendant leurs intérêts économiques, sociaux et moraux. Les évolutions technologiques ont très souvent été anticipées par les Caves Coopératives dans les villages viticoles. La Confédération Nationale des Caves Coopératives devient l'interlocuteur privilégié des gouvernements successifs. Elle est également en mesure de fournir les renseignements d'ordre technique et juridique à ses adhérents.

L'organisation des statuts régissant toutes les coopératives ainsi que le règlement intérieur sont là pour éviter toute dérive. La discipline est la base du fonctionnement d'une coopérative, ce que les fondateurs de la Cave des Vignerons Libres de Maraussan avaient intégré dès le début.

1908-1914 Adaptations commerciales et organisatrices[modifier | modifier le code]

Les Foudres centenaires

Il fallut en priorité s'adapter à l'accentuation de la concurrence : en 1908, huit coopératives méridionales de production étaient adhérentes de la bourse des coopératives. Le magasin de gros parvint à détacher deux d'entre elles de la fédération des sociétés vinicoles du midi. Il obtint de ces deux dernières de meilleurs prix et créa une concurrence et une tension entre les coopératives. Un redéploiement commercial s'opère alors. Le relais parisien du dépôt de Charenton existe toujours mais désormais un contrat lie la Cave et les «Magasins de gros» qui s'engagent à écouler 30 000 hl par an sur Paris et sa région. La distribution parisienne est en baisse avec 28 393 en 1908 (face à 36 273 hl en 1907), mais l'expansion de la commercialisation en province permet une croissance continue des ventes. On exporte même vers la Suisse (750 hl). Les Vignerons Libres vendent désormais autant en province qu'à Paris.

Les modes de distribution se diversifient. L'essentiel reste la vente en vrac mais on[Qui ?] s'attache une clientèle bourgeoise en province grâce à la «vente à la barrique». La vente directe en bouteilles capsulées et estampillées au nom des Vignerons Libres commence. Enfin, trois nouveaux dépôts sont créés : «/a Prolétarienne» à Romans, «L'Espérance» à Biarritz, «L'Aurore» à Oyonnax. Ces dispositions permettent le maintien des prix et sont conformes au caractère originel de la coopérative de vente. Une réforme interne vise alors à privilégier l'entrée des petits coopérateurs dont les vignes produisent moins de 125 hl (soit environ < 2 ha). Cette mesure s'ajoute aux dispositions qui depuis 1905 permettent aux adhérents de vinifier à la cave.

En 1909 alors que la capacité de la cuverie ne progresse pas, l'augmentation du nombre d'adhérents oblige à une nouvelle réduction de l'apport individuel de vendanges fraîches. À la création de la coopérative cet apport était de 70 hl. Il sera ramené à 60 hl, puis à 50 hl, pour être fixé alors à 40 hl. De plus, les nouveaux adhérents ne sont admis que s'ils récoltent moins de 125 hl. Cette dernière disposition va dans le sens de ce que souhaitent les coopératives de consommation. Ces limitations ont pour effet l'augmentation du nombre de «coopérateurs partiels».

Cette même année la hausse des cours ne va pas sans créer de nouveaux problèmes. Contre l'accord avec les clients avec qui avait été déterminé le prix de la campagne et qui refusent toute augmentation, certains adhérents passent outre leurs engagements moraux : oubliant les services rendus par la Cave, ils décident de traiter directement avec les négociants. Dans le Midi, la multiplication des caves coopératives se fait souvent sans grande préparation. Mais l'expérience et la qualité des produits de la Cave de Maraussan permettent de maintenir les prix à un niveau supérieur à celui du commerce en général. De nouveaux dépôts sont créés à Wignehies (Nord), Guise (frontière belge), Mahon (Ardennes), Marrigouse (Deux Sèvres), St Bert (Puy de Dôme). Les Vignerons Libres possèdent alors 32 entrepôts ou dépôts.

1914-1918 : La trop longue guerre[modifier | modifier le code]

Jusqu'au début de la Grande Guerre, la Cave des Vignerons Libres de Maraussan a tenu bon. Elle vit sur ses acquis et sur la force de mobilisation de ses adhérents. Cela lui permet de faire face aux aléas des crises externes (surproduction, concurrence déloyale d'autres exploitants) et internes (variation intempestive des cours, non-respect des règlements).

Lorsque survient la guerre de 1914-1918 la situation est donc satisfaisante. La récolte de 1914 est abondante et les vignerons du Midi font don de plus de 200 000 hectolitres de vin à l'armée pour «soutenir le moral de la troupe». Avec ce don, les vignerons font un «coup-marketing» avant la lettre, sans doute plus efficace qu'une coûteuse campagne publicitaire. Alexandre Millerand, alors ministre de la Guerre, prend peu après la décision d'en distribuer régulièrement aux soldats. Pour de nombreux militaires venus de régions non viticoles, c'est l'apprentissage d'une nouvelle boisson qui va vite remplacer le cidre ou la bière du repas ordinaire. Dès lors, la consommation de l'armée devient très importante : plus de 12 millions d'hectolitres. La mobilisation générale crée de nombreux vides dans les foyers de Maraussan et notamment parmi les adhérents de la Cave. Au gré des événements et avec beaucoup de dévouement, les membres restants assurent la continuité de la production. Les dépôts dans les zones de combat doivent fermer et les wagons-foudre sont réquisitionnés pour faire face aux besoins de transport civil et militaire.

Après la Grande Guerre : la normalisation progressive du projet coopératif[modifier | modifier le code]

Malgré les pertes subies dans divers entrepôts et les conditions de travail toujours plus difficiles, la poignée de coopérateurs restants était parvenue pendant cette trop longue guerre à équilibrer les comptes. Mais une fois le conflit mondial terminé, la réorganisation du fonctionnement de la Cave intervient dans des conditions très différentes de celles qui président au projet pionnier de 1901. Les Vignerons Libres font désormais partie du mouvement national des Caves Coopératives. La Cave doit s'identifier à ce mouvement, avec sa particularité d'être avant tout une coopérative de vente plutôt qu'une coopérative de vinification. De fait sa capacité initiale de vinification -5 000 hl/an- est restée inchangée. La mise en conformité des statuts avec les dispositions de la loi sur les coopératives s'impose. Le Conseil d'Administration, qui était en place depuis la fondation, est renouvelé. Il comprendra désormais 12 administrateurs au lieu de 9, et 5 membres à la Commission de contrôle au lieu de 3. Ces représentants sont élus pour 3 ans et renouvelables par tiers tous les ans, le tiers sortant étant rééligible.

Dans le climat fervent de l'immédiate après-guerre, il est décidé que tout français ou étranger ayant eu un fils combattant, pourra adhérer à la Cave sans tenir compte de critères particuliers ou confessionnels. Le droit d'entrée est fixé à 1 franc l'hectolitre pendant 5 ans, sur la totalité de la récolte pour tous les nouveaux adhérents. Ces droits sont acquis par la coopérative et donc perdus pour les adhérents, et portés sur un compte de réserves. Les aménagements matériels se font par la suite en fonction des évolutions de conjoncture du marché viticole.

En 1920 on installe une distillerie coopérative ouverte à tous, adhérents ou non de la cave coopérative. Elle s'avère non rentable et sera fermée en 1941. En 1937 la «cavalerie», dont le coût de revient est trop élevé, est supprimée. Les transports de vins sont depuis confiés à un camionneur rémunéré au forfait. Les bâtiments seront agrandis à plusieurs reprises : 1951 pour permettre une capacité de stockage de 13 000 hl ; en 1959 pour installer une cuverie nouvelle, un égouttoir et un pressoir continu.

Avec les années qui passent, le nombre d'adhérents augmente malgré l'évolution en dents de scie du cours du vin. Depuis 1959 la décision est prise de ne plus accepter d"'adhérents partiels" suspects de ne pas apporter à la coopérative la meilleure qualité de leur production. Tous les coopérateurs doivent désormais amener la totalité de leurs vendanges.

Bref, avec l'extension de l'activité par le développement de la capacité de stockage, la Cave devient une coopérative moyenne. Cette normalisation progressive fait que l'histoire de la Cave des Vignerons Libres se conjugue désormais avec celle des coopératives languedociennes. Il y aura des moments de doute : l'apparition de surplus liés au développement du vignoble algérien dans les années 30 ; la montée en puissance de la production d'autres pays sud européens à partir de la fin des années 60 ; la mise en application des mesures d'arrachage promues dans le cadre de la Politique Agricole Communautaire. Mais aussi des épisodes de lutte (1954,1975), et des initiatives de renouveau. Ainsi à partir de la seconde moitié des années 70, la Cave se lance dans plusieurs opérations d'amélioration de sa capacité de production : rénovation des quais avec l'installation de systèmes électroniques de pesage et de mesure du degré des apports ; création d'un atelier de vinification des vins rouges avec des cuves auto-vidantes ; encouragement à la plantation de cépages teinturiers (Alicante Henri Bouchet) et améliorateurs (Syrah), par l'attribution de primes. Ces initiatives sont le résultat de la création en 1973 de l’Union des Caves Coopératives du Haut Biterrois, CEPRO (Centre d'Expansion et de Promotion des Vins du Haut Biterrois)

1973 : Le CEPRO[modifier | modifier le code]

L'Union coopérative CEPRO a été créée par les caves coopératives de CAZOULS-LES-BEZIERS et de MAUREILHAN. Celles de CAPESTANG, LESPIGNAN, MARAUSSAN, MONTADY, NISSAN et POILHES rejoignent le groupe fondateur entre 1977 et 1979. La reconnaissance en tant que «groupement de producteurs» date du 5 juillet 1976.

Le rôle premier de l'Union a été de restructurer le vignoble et de moderniser l'équipement des caves coopératives.

Au cours de la campagne 1984-1985, les administrateurs du CEPRO décident de vendre en commun la totalité des vins produits par leurs caves. De 1985 à 1992 la commercialisation permet de consolider le travail entrepris en commun sur tous les secteurs : amélioration du vignoble, vinification, procédures administratives et comptables.

C'est donc tout naturellement qu'au cours de l'exercice 1992/1993, le Conseil d'Administration décide de franchir une nouvelle étape visant la fusion de l'ensemble des caves au sein du CEPRO.

2001 : Les Vignerons du Pays d'Ensérune adhèrent aux Vignobles de Foncalieu[modifier | modifier le code]

En 1995, les « Vignerons libres » sont devenus les « Vignerons du Pays d’Ensérune » avec l’adhésion de 11 villages sur un vignoble de plus de 3500 hectares : Cazouls les Béziers, Maureilhan, Cazedarnes, Montady, Capestang, Colombiers, Poilhes, Nissan lez Ensérune, Lespignan, Puisserguier.

Les vignes de la ville de CAZOULS-LES-BEZIERS

Les vins des Vignerons du Pays d’Ensérune sont à l’image de cette mosaïque de terroirs. Des vignes poussent dans les « grès à reptiles et argiles calcaires » sur le terroir du chainon de Saint Chinian, d’autres au travers des silos creusés par les Romains dans la roche tendre de molasses de l’Oppidum d’Ensérune.[style trop lyrique ou dithyrambique]

En 2001, les Vignerons du pays d’Ensérune adhèrent à l’Union coopérative des Vignobles de Foncalieu afin de valoriser leur patrimoine viticole. Ils sont associés dans cette démarche à d’autres caves du Grand Sud, des Corbières, du Minervois et des Cotes du Rhône. Les vignobles de Foncalieu sont représentés par 1 200 familles de propriétaires récoltants sur le Grand Sud.

En 2005, la gamme Enséduna est créée. Elle est le reflet d’une diversité de cépages dans un terroir, autour de l’Oppidum d’Ensérune, site archéologique comprenant les vestiges du village antique, l’étang asséché de Montady, et le Canal du Midi. Sur cette terre de soleil des Coteaux d’Ensérune, Muscat sec, Petit Verdot, Cabernet Franc côtoient Marselan, Malbec et Marsanne.

En 2012, la revue des vins de France récompense les Vignobles de Foncalieu en les nommant « Cave Coopérative de l’année ». Les vins sont régulièrement distingués par des concours renommés : Vinalies Internationales, Concours de Bruxelles, Chardonnay du Monde, Syrah du Monde, et Concours Général Agricole. Les vins sont exportés dans le monde entier. Les Vignerons du Pays d’Ensérune se sont engagés depuis une décennie sur la préservation de l’environnement.[non neutre] Les premières cuvées Bio sont produites en 2012. En 2013, une démarche de préservation de la bio diversité et de l’eau sont engagées par les vignerons.

En 2014, les grands vins Foncalieu des Vignerons du Pays d’Ensérune sont mentionnés dans l’une des revues les plus influentes au Monde, The Wine Advocate (en) de Robert Parker avec quatre vins récompensés. La cuvée « Les Illustres 2012 – IGP Coteaux d’Ensérune » a été classée dans la catégorie « excellents » avec la note de 92 sur 100.

Sources[modifier | modifier le code]

D’après un document réalisé par une équipe composée d’habitants, d’enseignants et d’un ancien maire de Maraussan, ainsi que d’un viticulteur ex-administrateur et du directeur de la cave qui ont eu accès aux archives de la cave et de la présidente de l’association Art, Histoire, Nature et du soutien des vignerons du pays d’Enserune.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]