Les Sorcières de Salem (pièce de théâtre)

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Les Sorcières de Salem (The Crucible[1]) est une pièce de théâtre écrite par Arthur Miller en 1953.

Synopsis[modifier | modifier le code]

La pièce est fondée sur les événements entourant le procès en sorcellerie en 1692 à Salem, dans le Massachusetts.

Miller décrit l'événement comme une allégorie du maccarthysme. Il sera lui-même mis en cause par le Comité sur les activités anti-américaines en 1956. Ce livre lui permet de critiquer le maccarthysme indirectement car beaucoup de membres de son entourage ont été censurés et soupçonnés d'être communistes. Le Comité sur les activités anti-américaines n'avait aucune preuve contre les accusés et c'est ici que l'on voit les similarités entre les années 1950 et 1692.

Les sorcières elles aussi ont été accusées sans preuve. Arthur Miller pense que les gens répètent les mêmes erreurs tout le temps et l'a donc dénoncé dans sa pièce.

Liste des personnages[2][modifier | modifier le code]

Par ordre d'apparition :

  • Révérend Samuel Parris : révérend de la ville de Salem (Massachusetts, États-Unis). Père de Betty Parris et oncle de Abigaïl Williams. Il fait appel au révérend Parris pour lui venir en aide concernant la présence du Démon à Salem.
  • Betty Parris (10 ans) : fille du révérend. Betty est malade depuis la nuit dans la forêt avec les autres jeunes filles.
  • Tituba (50 ans) : esclave du révérend Parris. Originaire de la Barbade, Tituba est accusée de sorcellerie par Abigaïl. Elle est la seule à avouer avoir eu un contact avec le diable. C’est Tituba qui aurait initié les jeunes filles au rituels d’invocation des morts. C’est elle qui a préparé le philtre bu par Abigaïl.  Elle sera emprisonnée mais finalement acquittée à la fin de la pièce. Elle souhaite retrouver son pays natal : la Barbade.
  • Abigaïl Williams (17 ans) : nièce du révérend Parris. Elle a travaillé comme servante chez les Proctor mais elle a été renvoyée. Elle a eu une liaison avec John Proctor. Elle est à l’origine de la cérémonie nocturne avec les autres jeunes filles durant laquelle elle a bu un philtre à base de sang afin de provoquer la mort d’Elisabeth Proctor, qu’elle perçoit comme sa rivale. Au lieu d’avouer avoir pris part à une cérémonie, Abigaïl préfère accuser d’autres femmes de sorcellerie. Abigaïl et les autres jeunes serviront de “preuves” durant les procès des sorcières.
  • Susanna Walcotts (16 ans) : jeune fille qui aurait, elle aussi, participé au rituel nocturne avec Abigaïl. 
  • Mme Ann Putnam (45 ans) : Elle est l’épouse de M. Putnam. Elle a perdu 7 enfants à la naissance. Elle est persuadée que le Diable a tué ses enfants et que certaines femmes à Salem sont des sorcières. Elle est la mère de Cathy (qui n'apparaît pas sur scène) qui souffre du même mal que Betty. Cathy aussi a pris part au rituel nocturne.
  • Thomas Putnam (50 ans) : fermier. Époux de Mme Putnam. Père de Cathy.
  • Mercy Lewis (18 ans) : servante des Putnam.
  • Mary Waren (17 ans): servante des Proctor. Mary a, elle aussi, pris part au rituel nocturne. Elle assiste aux jugements des sorcières de Salem et elle participe aux accusations. John Proctor la forcera à avouer devant le juge que ses accusations étaient en réalité des mensonges. La parole de Abigaïl est donc mise en doute par Mary et à partir de ce moment-là les autres jeunes filles vont se retourner contre elle et l’accuser de sorcellerie.
  • John Proctor (35 ans) : fermier. Il est l’époux d’Elisabeth Proctor et il a eu 3 enfants avec elle. Il a eu une relation avec Abigaïl mais Elisabeth l’a découvert et John s’est séparé d'Abigail. John Proctor est un homme rationnel qui tente de montrer que les jeunes filles sont des menteuses. Lorsque Élisabeth est accusée de sorcellerie, il tente de prouver son innocence. Cependant, son acharnement le fera finalement accuser de vouloir renverser le tribunal et il sera envoyé en prison. A la fin de la pièce, John Proctor est emmené à l’échafaud. 
  • Rebecca Nurse (72 ans) : vieille femme accusée de sorcellerie. Épouse de Francis Nurse. Elle est accusée par Mme Putnam d’avoir tué ses 7 enfants.
  • Gilles Corey (83 ans) : vieil homme encore plein de vigueur. A la fin de la pièce, on apprend de la bouche d’Elisabeth que Gilles Corey est mort étouffé par des pierres. Il a été torturé car il a refusé de répondre par oui ou par non aux accusations portées contre lui. 
  • Révérend John Hale : révérend de la ville de Beverley. Il est appelé en renfort par le révérend Parris car il a déjà eu affaire à un cas similaire de sorcellerie.
  • Elisabeth Proctor : elle est l’épouse de John Proctor et a eu 3 enfants de lui. A la fin de la pièce, elle attend son quatrième enfant. Abigaïl veut sa mort car elle la considère comme une rivale. Elle est accusée de sorcellerie par le tribunal de Salem. Une poupée offerte par Mary Waren viendra prouver sa culpabilité
  • Willard : prévôt.
  • Hathorne : juge du tribunal de Salem. Il croit dur comme fer au récit des jeunes filles.
  • Danforth (60 ans ) : député gouverneur.
  • Hopkins : gardien de prison.
  • Ezéchiel Cheever : clerc de la cour.
  • Francis Nurse : époux de Rebecca Nurse. Tout comme John Proctor, il tente de venir en aide à sa femme qui est accusée de sorcellerie.

Production à Broadway[modifier | modifier le code]

La première a été jouée à Broadway le (décors : Boris Aronson). Les critiques de la première production étaient hostiles, mais un an plus tard, une nouvelle production remporta un grand succès et la pièce est devenue un classique. Aujourd'hui cette œuvre est souvent étudiée dans les lycées et universités.

Traduction et représentations en France[modifier | modifier le code]

Traduite et adaptée en français par Marcel Aymé, elle a été représentée en France pour la première fois à Paris au Théâtre Sarah Bernhardt en 1955, dans une mise en scène de Raymond Rouleau, avec Yves Montand, Simone Signoret, Pierre Mondy, Maurice Chevit, Jean d'Yd, Marc Valbel, Jean Violette et Darling Légitimus.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Elle a été adaptée au cinéma deux fois, par Jean-Paul Sartre en 1957 et presque quarante ans après par Miller lui-même, en 1996. Dans l'adaptation de Jean-Paul Sartre, le rôle de pasteur incarné par Pierre Mondy dans la pièce est supprimé, car il conférait à l'image du personnage puritain un rôle trop sympathique. L’adaptation de Miller a remporté une nomination aux Oscars. La pièce a également été adaptée en 1961 par Robert Ward sous la forme d’un opéra qui a reçu le Prix Pulitzer.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le creuset » en français
  2. Arthur Miller, Les sorcières de Salem, Robert Laffont, (ISBN 978-2-221-19145-3)
  3. (en) Tony Awards 1953, site officiel des Tony Awards.

Lien externe[modifier | modifier le code]