Les Saints de la Vosge

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Les Saints de la Vosge (ou Les Saints des Vosges) est un tableau de grande taille (6,80 m. de long) du peintre vosgien Alphonse Monchablon (1835-1907) [1], conservé au Musée du Verre, du Bois et du Fer d'Hennezel-Clairey (Vosges).

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette toile fut commandée à Alphonse Monchablon par Maurice Aubry, financier, avocat au barreau de Mirecourt, et député des Vosges de 1871 à 1876. C'est lui qui mena à bien, en 1876, le projet initial de son beau-frère Alfred Irroy, maître de forges des usines de La Hutte, d'ouvrir une école libre pour les enfants des ouvriers des forges ; le tableau était destiné à la chapelle de cette école, Notre-Dame de la Hutte. Aubry aurait retenu Monchablon parce que celui-ci était originaire de la région, et que son style habituel était en accord avec les idées du mécène.

Selon la tradition, les traits de certains personnages du tableau seraient ceux de Maurice Aubry lui-même (Saint Valbert), de Paul Rodier, alors propriétaire des forges (Saint Stanislas), et de Marie Rodier, épouse du banquier Évrard, de Mirecourt (Sainte Hunne). Certains ouvriers auraient également pu poser pour le peintre

Le tableau fut soustrait à la chapelle durant la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, il fut entreposé dans le grenier de la cure de Saint-Antoine d'Épinal, avant d'être en 1986 confié en dépôt à l'Association Saône Lorraine, afin d'être présenté au public dans le musée. Ces vicissitudes expliquent que le tableau se trouve aujourd'hui passablement dégradé.

Le sujet[modifier | modifier le code]

Le tableau représente la Sainte Famille entourée de 36 saints lorrains ou assimilés, et de quelques autres personnages ; plus précisément, il se voulait « une vision de la Sainte Famille ouvrière apparaissant à d'illustres chrétiens et les invitant à venir civiliser les populations vosgiennes par le travail et par la vertu » [2]. L'inspiration en est donc chrétienne et sociale.

Les personnages représentés sont groupés selon un ordre historique et logique, à quelques libertés prise avec la vérité près. La présence de saints de Luxeuil (Saint Colomban, Saint Eustaise, Saint Valbert...) s'explique par la proximité de l'abbaye de Luxeuil, La Hutte se trouvant à la limite extrême du diocèse de Toul (le nom de Vosge, ou Vôge, fait référence au plateau gréseux à cheval sur les départements des Vosges et de la Haute-Saône).

L'arrière-plan laisse deviner un paysage montagneux.

Liste des personnages représentés[modifier | modifier le code]

Centre du tableau[modifier | modifier le code]

Au centre du tableau se tient le Christ, debout, un doigt tendu vers le ciel. Il est accompagné de Joseph, représenté au travail, une hache de charpentier à la main, et de Marie, assise, qui tient une quenouille. Au premier plan, un socle porte l'inscription in labore virtus (« La vertu est dans le travail »), et est environné d'outils.

Partie gauche du tableau[modifier | modifier le code]

Tout à gauche du tableau figurent divers personnages anonymes, l'un semblant malade ou mourant, représentant sans doute des Leuques évangélisés par Saint Mansuy qui s'adresse à eux.

Partie droite du tableau[modifier | modifier le code]

Les personnages de la partie droite sont survolés par un ange.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Les Saints de la Vosge, tableau de M. Alphonse Monchablon (1884) (fascicule explicatif)
  • Un musée en forêt de Vôge, Association Saône Lorraine, non daté (1986 ?) (plaquette de présentation)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alphonse Monchablon n'a pas de lien de parenté directe avec le peintre plus connu Jan Monchablon.
  2. Fascicule Les Saints de la Vosge, édité après l'installation initiale du tableau dans la chapelle-école des Forges de La Hutte, en 1884.
  3. VIIe s. ; né en Irlande, venu en Gaule à la suite de Saint Colomban
  4. Ou Gengoulf (VIIIe siècle).
  5. VIIe s. Parente du duc d'Alsace Adalric.
  6. Né à Ratisbonne (VIIe s.)
  7. Abbé du monastère de Hornach, 24e évêque de Toul (VIIIe s.)
  8. Petite-fille de Saint Romaric, sœur de Adelphe de Metz (VIIe s.).
  9. Sœur de Saint Élophe et de Saint Euchaire, martyrisée sous Julien.
  10. Ou Oda ; épouse de Saint Arnoald, mère de Saint Arnould (VIIe s.)
  11. Ce saint polonais semble figurer dans ce tableau au titre de patron de la paroisse d'Hennezel.