Les Roches-de-Condrieu

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Les Roches-de-Condrieu
Les Roches-de-Condrieu
Vue panoramique de Condrieu et des Roches-de-Condrieu.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
Arrondissement Arrondissement de Vienne
Canton Vienne-2
Intercommunalité Communauté de communes du Pays Roussillonnais
Maire
Mandat
Isabelle Dugua
2014-2020
Code postal 38370
Code commune 38340
Démographie
Gentilé Rochelois, Rocheloises
Population
municipale
2 030 hab. (2015 en augmentation de 3,73 % par rapport à 2010)
Densité 1 971 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 27′ 14″ nord, 4° 46′ 07″ est
Altitude 157 m
Min. 155 m
Max. 200 m
Superficie 1,03 km2
Localisation

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Liens
Site web www.lesrochesdecondrieu.com

Les Roches-de-Condrieu est une commune française située dans le département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Ses habitants sont appelés les Rochelois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune est située dans l'aire urbaine de Vienne et dans son unité urbaine, à 10 km au sud de Vienne sur le Rhône. La commune des Roches-de-Condrieu se situe dans la rive gauche d'un méandre du fleuve Rhône. Elle comprend des pieds de coteaux abrupts et boisés à l'Est, une plaine alluviale en direction de l'Ouest, et un éperon rocheux sur lequel vient buter le Rhône, au nord. Le territoire est caractérisé par un climat continental avec une légère influence climatique méditerranéenne remontant par la vallée du Rhône. La commune est soumise au mistral, vent à dominance Nord-Sud, accentué par le goulot d'étranglement formé par les collines du Pilat à hauteur de la commune[1].

La géologie des Roches-de-Condrieu est constituée, sur les deux tiers de la commune, principalement d'alluvions déposés par le Rhône, sur le tiers restant, de dépôts morainiques de la fonte des glaciers en place durant la dernière période glaciaire dite du Würm. Le nom du village rend compte de cette géologie particulière.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pont entre Condrieu et les Roches détruit le 20 juin 1940.

Quelques traces gallo-romaines ont été attestées sur la commune. Dès le Moyen-Age, alors que la batellerie sur le Rhône était florissante[2], les mariniers décidèrent de s'installer à l'abri des inondations sur ce rocher qui avançait formant un méandre. Le hameau qui apparut prospéra et devint un petit port vivant avec ses écuries pour les chevaux de halage, ses fabricants de cordages, ses charpentiers pour les réparations des navires.

Le hameau est alors rattaché à la paroisse de Saint Clair, paroisse rattachée à Condrieu sur l'autre berge du Rhône. La vie des mariniers qui vivaient sur le territoire de la commune des Roches-de-Condrieu était entièrement liée au Rhône. Des habitations sont construites à l'initiative des mariniers de l'époque, sur ces rochers avancés du Rhône, qui, s'ils leur sont apparus redoutables pendant les périodes de navigation, s'avéreront toutefois être de véritables remparts contre les inondations. Les bateliers ont forgé petit à petit ce village portuaire, fait de rues aux maisons alignées. De la persévérance et de la croyance dans les richesses du fleuve, lieu mythologique et organique puissant, ont été nécessaires aux pionniers du "Rocher" pour bâtir une cité prospère et un havre de paix[3].

A la révolution française, le village des Roches est intégré au département de l'Isère, à la commune de Saint-Clair-Les-Roches, commune officiellement créée en 1792. Le bourg des Roches est définitivement coupé de Condrieu, commune située de 1790 à 1793 dans le département du Rhône-et-Loire, qui deviendra par la suite le département du Rhône. Le toponyme de la commune conservera le souvenir de cette ancienne gouvernance.

Sous le consulat, en 1804, le village des Roches, peuplé d'artisans, commerçants et mariniers, fort d'environ 1500 habitants, se sépare de Saint-Clair. Deux nouvelles communes sont créées, Saint-Clair-du-Rhône et les Roches-de-Condrieu. En effet, Saint Clair n'était qu'une bourgade d'agriculteurs d'à peine 500 habitants entourée des terres cultivables sur lesquelles les mariniers des Roches ne voulaient plus payer de taxes. Les Rochelois gardèrent l'accès au fleuve, et, en contrepartie, on conservera le marché accessible aux agriculteurs de Saint-Clair et des environs. Les Halles des Roches, où se tiennent aujourd'hui le marché du mardi matin, furent édifiées en 1834.

La traversée du Rhône s'effectue sur la commune à l'aide d'un bac à traille, nommé localement la traille. Du fait de l'augmentation du trafic, un pont est construit en 1833 entre Condrieu et Les-Roches-de-Condrieu. Ce pont suspendu remplace la traille des Roches qui était déjà attestée au XVIe siècle[4]. La pile du bac à traille, similaire à celle que l'on peut voir encore aujourd'hui dans les environs de Vernaison, était encore visible au début du XXe siècle, comme peuvent en témoigner d'anciennes cartes postales... Cette traille cesse d’exister en 1833 après la mise en service du premier pont suspendu.

Avec la Révolution Industrielle, et l'avènement du bateau à vapeur, la batellerie et l'artisanat traditionnel vont péricliter. L'axe fluvial va être délaissé au profit de l'axe ferroviaire, établi sous le Second Empire, et qui ouvrira la commune à de nouveaux horizons. La gare de Saint-Clair-Les Roches, toujours en service, est une gare ferroviaire de la ligne de Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles située sur le territoire de la commune de Saint-Clair-du-Rhône. Elle s'appelait autrefois : gare des Roches-de-Condrieu.

A la fin du XIXe siècle, la commune des Roches de Condrieu développe une activité de sparterie [5]. Sur l’initiative de M. Rogemont, ingénieur chimiste, une petite unité de production vit le jour dans l’ancienne Sparterie, fabrique de cordes et de tapis. Ce furent les prémices de l’industrie chimique qui dut se déplacer ensuite sur le site de St Clair pour devenir la Compagnie Française de Produits Chimiques et de Matières Colorantes ou Francolor. En juillet 1916 le « bulletin paroissial des Roches » dit que « l’ancienne sparterie appartenant à M. le Vicomte Maurice De Goÿs, utilisée pendant quelque temps par M. Miribel, vient d’être achetée par M. Jean Rogemond, conseiller du gouvernement pour les produits chimiques. ». La main d'oeuvre locale se mit à la fabrication d’objets nécessaires à l’effort de guerre.

Dans l'Entre-deux guerres, le pont suspendu est remplacé en 1935 par un nouveau pont en béton armé. La construction est réalisée par l'entreprise Basile Baudin et Cie[6].

Tout juste reconstruit, le pont est coupé en juin 1940 par fait de guerre. Un siècle après avoir été abandonné, le bac à traille est remis en service pour rétablir le franchissement du fleuve. En septembre 1944, lors de la retraite allemande, alors qu'il ne reste qu'une dizaine de mètres à édifier pour remettre l'ouvrage en service, le pont en reconstruction est épargné[7].

La période des Trente Glorieuses voit l'urbanisation progressive des plaines alluviales en bord du Rhône et la construction de nombreux lotissements. Dans les années 1970 et 1980, la Compagnie Nationale du Rhône lance des travaux de modernisation du trafic fluvial en procédant à l'élargissement du fleuve en de nombreux endroits de toute la vallée du Rhône. La commune des Roches-de-Condrieu a été concernée par ces travaux qui provoquèrent une disparition d'une partie de ses terres, en aval de commune. En contrepartie, l'ancien cours du Rhône situé en amont des Roches-de-Condrieu est reconfiguré en port de plaisance et base nautique.

De nos jours, la commune s'ouvre progressivement au tourisme, avec la requalification progressive de son port fluvial et de son centre-bourg[8].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Roches de Condrieu (Les) Blason "D'azur au pont à trois arches d'argent maçonné de sable, mouvant à senestre d'un rocher de sable soutenu d'une rivière ondée d'argent et surmonté à dextre d'une fleur de lis d'or et à senestre d'un dauphin du même"[9].
Détails
Blason modèle fr Armes parlantes.svg Armes parlantes.
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1989 mars 1995 Jean Guillon    
mars 1995 mars 2001 Josette Forest Valla    
mars 2001 mars 2008 Manuel Belmonte    
mars 2008 en cours Isabelle Dugua   Maire
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population

effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[11].

En 2015, la commune comptait 2 030 habitants[Note 1], en augmentation de 3,73 % par rapport à 2010 (Isère : +3,7 %, France hors Mayotte : +2,44 %).
Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 4811 2071 5321 4361 4581 4221 4281 3791 358
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 2361 2171 1711 0541 014873856876851
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
9408738128681 0531 0511 1251 1321 239
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
1 2971 5341 5761 7281 8361 8191 9121 9241 994
2015 - - - - - - - -
2 030--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

  • Port de plaisance sur le Rhône, second port fluvial de France, comptant 220 anneaux.
  • Médecins, professions libérales, artisan boulanger, pharmacie, restauration rapide et restaurant, salons de coiffure et institut de beauté, associations et artistes.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Halle, Place Charles de Gaulle, ex Place de la Liberté, construite en 1834.
  • L'église des Roches, dite de Saint Nicolas, porte le nom du patron des mariniers. Cette église auquel toute l'histoire de la petite commune est liée, abrite une Croix des Mariniers de 1830, ainsi que les fresques de Maurice Der Markarian, peintre d'origine arménienne et rochelois pendant quarante ans.
  • Base de loisirs avec plage, téléski nautique, hébergements en chalets.
  • Pont suspendu de Condrieu édifié en 1935 reliant la commune du même nom et Les Roches-de-Condrieu.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

La commune est jumelée avec :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Urbanisme – Voirie - lesrochesdecondrieu.com », sur lesrochesdecondrieu.com (consulté le 24 octobre 2018)
  2. « La batellerie sur le Rhône à travers les siècles », sur http://www.linflux.com, (consulté le 24 octobre 2018)
  3. « Naissance et renaissances des Roches-de-Condrieu », Isère Magazine,‎
  4. COGOLUENHE Henri, Histoire des bacs pour traverser le Rhône. Recherches historiques et sociologiques., Lyon : Facultés catholiques de Lyon, 1980., Thèse de doctorat, Institut de Recherche et d'Enseignement Philosophiques, Département Sociologie. Lyon : Facultés catholiques de Lyon, , 3 volumes p., livre 1, p. 49
  5. Michel Guironnet, « La sparterie des Roches-de-Condrieu », sur https://www.histoire-genealogie.com, (consulté le 24 octobre 2018)
  6. Dossier de B. Baudin, Chateauneuf-sur-Loire, sur la réfection du pont suspendu de Condrieu, 1934, extrait de : Archives Départementales de l'Isère, référence 7119W 15
  7. « Pont routier de Condrieu », sur https://www.patrimoine.rhonealpes.fr, (consulté le 24 octobre 2018)
  8. Le Dauphiné Libéré, « D’importants chantiers à mener en 2017 », Le Dauphiné Libéré,‎ (lire en ligne)
  9. Roches-de-Condrieu
  10. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  14. Annuaire des Villes Jumelées > Pays : _ > Région : RHONE-ALPES > Collectivité : ISERE, sur le site de l'AFCCRE, consulté le 15 novembre 2014.