Les Raboteurs de parquet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Les Raboteurs de parquet
Gustave Caillebotte - The Floor Planers - Google Art Project.jpg
Artiste
Date
Type
Huile sur toile
Dimensions (H × L)
102 × 145,5 cm
Localisation
Numéro d’inventaire
974rpzVoir et modifier les données sur Wikidata

Les Raboteurs de parquet est un tableau du peintre français Gustave Caillebotte réalisé en 1875. Cette peinture à l'huile sur toile est conservée au Musée d'Orsay, à Paris.

Une seconde version, d'une composition picturale très différente, est conservée au Danemark.

Version 1876 du même sujet.

Ce tableau constitue une des premières représentations du prolétariat urbain. Si les paysans (depuis Des glaneuses de Jean-François Millet) ou les ouvriers des campagnes (depuis Les Casseurs de pierres de Gustave Courbet) ont souvent été montrés, les ouvriers de la ville ont très rarement fait l'objet de tableaux. Contrairement à Courbet ou Millet, Caillebotte, bourgeois aisé, n'introduit aucun discours social, moralisateur ou politique dans son œuvre. L'étude documentaire (gestes, outils, accessoires) le place parmi les réalistes les plus chevronnés[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Refusé par le jury du Salon officiel, le tableau obtient un grand succès à la deuxième exposition des peintres refusés de 1876.

À la mort du peintre, la toile est ajoutée par Jean Renoir et son frère Martial Caillebotte à une donation du peintre à l'État. Elle fait alors son entrée au musée du Louvre, puis à la Galerie nationale du Jeu de Paume avant de rejoindre le musée d'Orsay[2].

L’œuvre[modifier | modifier le code]

Le sujet est inspiré à Caillebotte par la réfection de son parquet rendue nécessaire par l'humidité de son domicile[réf. souhaitée]. Le sujet, jugé trivial par la critique de l'époque, fut comparé aux repasseuses et aux blanchisseuses de Degas. Arthur Baignières dira d'ailleurs : « Les Raboteurs de M. Caillebotte, pourtant hideux, ne valent pas Les Blanchisseuses de Degas ...»[3]. Plus tard, le critique Gustave Geffroy lui reconnaît « les qualités d'un observateur dans le modelé des torses et la vérité du mouvement... »[4].

La composition très photographique de l'œuvre (lignes fuyantes, cadrage déséquilibré, éclairage à contre-jour, perspective inhabituelle malgré son exactitude, donnant l'impression que le parquet est incliné et que les bras des raboteurs sont rallongés) est l'une des principales raisons de son rapide succès[réf. souhaitée].

Raboteur et racleur, analyse du regard du peintre sur ces métiers manuels[modifier | modifier le code]

Le métier et l'ouvrage sont ici décrits avec précision : l'ouvrier de droite est le seul à travailler au rabot. Et il passe en premier pour raboter les joints de lames de parquet qui ont toujours tendance à se relever aux jointures. Le marteau lui appartient, il s'en sert pour régler son rabot avec des petits coups sur le cul de l'outil pour dégager les fers vers l'arrière quand les copeaux se bloquent dans la lumière de l'outil ; ainsi que des petits coups à l'arrière du fer et du contre-fer pour les amener à la position idéale. Les deux autres ouvriers travaillent au racloir, sorte de fer plat rectangulaire mais avec des droites légèrement arrondies ; la qualité du travail au racloir est liée à celle de son affutage. Pour cela les ouvriers se servent de l'affiloir. L'ouvrier de gauche est en train de s'en saisir de sa main droite et celui de l'ouvrier central est au premier plan devant lui. L'affiloir à section triangulaire, sert à rabattre les arètes du racloir pour y créer un morfil après le passage sur la pierre à affuter. C'est ce morfil qui attaque le bois. À l'inverse du raboteur qui pousse son outil vers l'avant, le racleur tire l'outil vers lui en lui donnant la bonne inclinaison d'attaque. Pour cela il tient fermement l'outil de ses deux mains et avec ses pouces placés à l'arrière donne une légère courbure au racloir. Le racleur passe après le raboteur pour racler la partie médiane des lames. C'est un travail très physique, ce qui explique les torses nus et la présence d'une bouteille de vin, supposée désaltérante. Caillebotte est un des rares peintres qui ont pensé à prendre comme sujet le monde des métiers manuels attachés à la grande ville.

Représentations culturelles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Analyse du tableau, musée d'Orsay.
  2. Notice no 000PE003717, base Joconde, ministère français de la Culture
  3. Arthur Baignières, L'Écho universel, 13 avril 1876.
  4. A. Grenier et al., Chefs-d’œuvre des impressionnistes, Editions Atlas, 1997.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie Berhaut, Gustave Caillebotte. Catalogue raisonné des peintures et des pastels, Paris, éd. Bibliothèque des arts, 1994

Liens externes[modifier | modifier le code]