Les Petits Débrouillards

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Les Petits Débrouillards
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi 1901
But Appropriation sociale des sciences et techniques
Zone d’influence Éducation populaire, culture scientifique et technique
Fondation
Fondation 1986
Origine Québec, Les Débrouillards
Identité
Siège 82, avenue Denfert-Rochereau - 75014 Paris
Structure Réseau
Personnages clés Félix Maltais
Président Francis Rol-tanguy
Affiliation internationale Fédération Internationale des Petits Débrouillards
Méthode Actions culturelles et éducatives
Financement Public et privé
Employés environ 200
Slogan ?=+
Site web lespetitsdebrouillards.org

Les Petits Débrouillards existent dans de nombreux pays à travers le monde. Ils ont été créés pour la première fois au Canada[1]. Ce mouvement regroupe de nombreuses structures, la plupart du temps associatives, dont le but commun est de faire partager la curiosité scientifique au plus grand nombre.

Ainsi, ces associations s'adressent à tous les publics (adultes et enfants). Historiquement, elles s'adressaient aux enfants de 6 à 12 ans en leur proposant de réaliser des expériences ludiques, façon science amusante[1]. Aujourd'hui, ces associations produisent des expositions, des expositions interactives, des livres, des CD-ROM ; elles participent également à la formation professionnelle continue, proposent une expertise didactique et réalisent des outils pédagogiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'idée initiale de ce concept revient à un professionnel de la presse, Félix Maltais, qui, en 1978, était devenu le premier directeur d'une toute nouvelle agence de presse à Montréal, nommée Agence Science-Presse.

Cette agence éditait et publiait un petit bulletin de quatre pages destiné aux journaux locaux et régionaux. Ces journaux étaient très lus sur le territoire du Québec car ils étaient riches en informations locales, mais ne traitaient pratiquement pas de science. L'Association des communicateurs scientifiques, (ACS) ayant pour mission la vulgarisation scientifique, avait fait le pari d'intéresser les lecteurs en offrant aux journaux ce nouveau service : un bulletin, chaque semaine, offrant des articles journalistiques, des nouvelles et des chroniques sur tous les aspects de la science : la recherche, les applications dans la vie de tous les jours, la santé

Cette expérience vit donc le jour à lʼautomne 1978. Félix Maltais, qui était à cette époque l'homme à tout faire de ce bulletin intitulé Hebdo science (éditeur, rédacteur, journaliste, critique…), eut l'idée de faire une enquête auprès des rédactions qui avaient accepté de s'abonner à cet Hebdo science, leur demandant notamment quelles étaient les attentes de leurs lecteurs. C'est ainsi que quelques-uns lui suggèrent de rédiger des articles scientifiques pour les enfants.

Poursuivant sa démarche, il prend contact avec l'Ontario Science Centre de Toronto et apprend que depuis environ trois ans ce musée des sciences publie dans le quotidien Toronto Star une chronique hebdomadaire, dans laquelle est décrite une manipulation très simple et réalisable à la maison. Cette chronique était signée par un Professeur Oscar (abréviation formée à partir du terme Ontario Science Centre) qui bien vite, grâce à Félix Maltais, travaillera en étroite relation avec le Professeur Scientifix, un mystérieux chercheur véritable auteur des futures chroniques Petits Débrouillards (en fait, c'est le pseudonyme de Félix Maltais lorsqu'il écrit des chroniques).

Enfin, quelques mois auparavant, un journaliste avait rédigé un article sur le gagnant de l'Exposcience pan-québécoise et l'avait intitulé Un Jeune Débrouillard…. Ce terme fut retenu comme titre de la nouvelle chronique d'Hebdo science.

C'est ainsi que naquit à l'automne 1979 la chronique hebdomadaire Le Petit Débrouillard sous la signature du Professeur Scientifix. Devant le succès de cette rubrique, il est décidé, en septembre 1980, d'éditer un livre reprenant les articles déjà parus. L'illustration en fut confiée à Jacques Goldstyn qui créa les cinq premiers personnages du livre intitulé Le Petit Débrouillard. Ce premier livre de couleur bleue parut en mars 1981, grâce à Jean-Marc Gagnon, directeur éditorial aux Presses de l'Université du Québec. Le succès est immédiat et inattendu (les 5 000 exemplaires sont épuisés en cinq mois).

Fort de ce succès, Félix prend alors contact avec le CDLS (Conseil du Développement du Loisir Scientifique) et de cette rencontre naît le tout premier Club des Petits Débrouillards :

À cette époque, le CDLS n'intervenait qu'au niveau des jeunes du secondaire (de 13 ans et plus) mais pas au niveau des jeunes du primaire qui étaient la chasse gardée des Cercles des jeunes naturalistes (CJN) initiés, quelques dizaines dʼannées auparavant, par un ecclésiastique féru de botanique (frère Marie-Victorin très connu au Québec) et animés par des curés bénévoles. Ceux-ci avaient leur propre magazine intitulé Le naturaliste, depuis environ 1963[2]. Ces activités tombant un peu en désuétude, Félix Maltais propose, à l'automne 1981, une collaboration plus axée sur la physique, la chimie et surtout les expériences.

Pour La Semaine des sciences au Québec, édition 1980, Hebdo Science traduit une collection d'expériences venant de l'Ontario Science Centre et le publie sous forme de cahier d'activités du nom de La science c'est pour tout l'monde ! (couverture blanche+verte). Celui-ci est illustré par Jacques Goldstyn et contient quelques personnages anonymes qui n'interagissent pas entre eux, mais dont certains ressemblent aux personnages subséquents. Il fut réédité en 1982 (à ne pas confondre avec le volume 1982 ci-bas).

Ensuite sont parus les livres « Le petit débrouillard » (1981), « 66 expériences du professeur Scientifix » (1982), « Jardinez avec le professeur Scientifix » (1982), chez Québec Science Éditeur. Puis à partir de ces livres (et de quelques autres), on forma la compilation La Science, c'est pour tout le monde 1982 (couverture bleue+grise) qui, contrairement à l'autre du même nom, est écrit par des Québécois directement en français, et avec des personnages plus similaires à ceux du magazine qui est démarré en même temps.

En janvier 1982 paraît le no 1 du nouveau magazine Je me petit-débrouille (alias JMPD) et son club, Le club des petits débrouillards, est créé à environ la même époque. C'est dans les premières années du magazine que Beppo la grenouille, mascotte de l'association, voit le jour. On rajoute aussi trois personnages enfants supplémentaires pour un total de huit enfants (Simon, Robert, Catherine, Caroline, Kim, Mathieu, Van, Nadia). Les neuf personnages (et parfois un dixième, Scientifix, dont on ne voit jamais le visage) interagissent ensemble pour agrémenter les textes, mais aussi sous forme de bandes dessinées.

Cette revue acquiert très rapidement ses lettres de noblesse. Les publications se diversifient avec l'apparition des livres thématiques tels Les voyages fantastiques de Globulo, l'Animalerie…, en plus des expériences scientifiques qui sont le fondement même de cette association. Il y a réédition de certains livres[3]. Les petits débrouillards se font également connaître par les articles, toujours publiés dans les petits journaux régionaux, mais aussi dans des grands quotidiens comme La Presse ou Le Journal de Montréal. Le magazine change de nom en 1990, pour s'appeler plus simplement Les Débrouillards, et une émission de télé du même nom est lancée en 1989 à la SRC, mettant en vedette Marie-Soleil Tougas, Grégory Charles, Sébastien Tougas et Johanne McKay.

En 1992, Le groupe Bayard, implanté au Canada et qui cherche à compléter sa gamme de produits pour enfants (J'aime lire, Pomme d'Api) prend contact avec l'Agence Science-Presse pour créer une société indépendante (Publications BLD).

Le mouvement poursuit ensuite son élan, et crée même un nouveau magazine au tournant du siècle, pour les 6-9 ans cette fois : Les Explorateurs. Ainsi que, plus récemment, des numéros hors série et des suppléments sur les sports et les arts.

C'est en 1984 que l'idée était arrivée en France[1]. Elle a depuis essaimé dans de nombreux pays : Tunisie, Algérie, Maroc, Liban, République tchèque, République slovaque, Belgique, Allemagne, Russie, Mexique et Chili.

En 2014, BLD lance un troisième magazine au Québec, Curium', visant une tranche d'âge immédiatement au-dessus de celle des Débrouillards.

Le 12 décembre 2014, le gouvernement du Québec annonce une coupure de 175 000 $/année de subvention à BLD[4].

Projet[modifier | modifier le code]

  • Permettre l'accès à tous à la culture scientifique.
  • Favoriser le développement de la curiosité, de l'esprit critique et de la démarche expérimentale et scientifique.
  • L'association des Petits Débrouillards s'adresse à tous les publics, adultes et enfants.
  • Par des ouvrages, des CD-ROM, des activités de loisirs ou des animations en association avec le milieu scolaire, les Petits Débrouillards proposent aux enfants une science amusante, le plaisir de la découverte et de la compréhension des phénomènes naturels.
  • Elle s'adresse aux adultes sous la forme de cafés des sciences, d'expositions, d'ateliers d'exploration de controverses scientifiques et de formations.

Démarche pédagogique[modifier | modifier le code]

La démarche pédagogique des Petits Débrouillards se veut expérimentale[1]. Les phénomènes scientifiques ne sont pas abordés de manière théorique mais par le biais d'un questionnement qui conduit à l'expérimentation. Quelques expériences-phares des Petits Débrouillards : le Ludion, le ballon percé, le poivre sauteur…

Les animations des Petits Débrouillards ne nécessitent pas de matériel complexe ou onéreux mais du matériel de la vie quotidienne ou de récupération. Ainsi, les expériences sont reproductibles dans de nombreux contextes (à la maison, à l'école…) pour un coût modique et une appropriation rapide. Il n'y a pas besoin d'expliquer comment fonctionne un pic à brochette, une paire de ciseaux, une paille…).

Au-delà des animations pour enfants, la pédagogie active des petits débrouillards se traduit par l'organisation de temps d'échanges, de rencontres avec des scientifiques ou des ingénieurs et l'organisation de débats « Sciences et société » (contribution au Forum mondial Science et démocratie, organisation de cafés des sciences, etc.)

Types d'action[modifier | modifier le code]

Les Petits Débrouillards choisissent différents modes d'actions pour permettre au maximum de personnes d'avoir accès à la culture scientifique et la formation de l'esprit critique :

  • animation d'ateliers (scolaire, loisirs, manifestations grand public…) pour les enfants ;
  • formation de nombreuses personnes (animateurs, scientifiques, professeurs, éducateurs, parents et tous ceux que la démarche expérimentale intéresse) ;
  • élaboration et conception d'outils pédagogiques (Expositions, malles pédagogiques, fiche d'expérience, maquette…) ;
  • organisation et animation de cafés des sciences ;
  • Séminaires d'exploration de controverse ;
  • festival des explorateurs ;
  • réalisation de sites web (bricocité, Le Portail des Explorateurs : site de la culture scientifique du quotidien, Wikidébrouillard : encyclopédie de sciences expérimentales…) ;
  • édition de livres (encyclopédie pratique des petits Débrouillards chez Albin Michel) ;
  • émissions de télévision (au Québec : les débrouillards, en France : dans la défunte émission Archimède sur Arte) ;
  • Concours (Rafan chez les Petits Débrouillards tchèques).

Logo en France[modifier | modifier le code]

En France, ces associations sont organisées en réseau dont le but est de favoriser une appropriation sociale des sciences et techniques.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.


Le premier logo des Petits Débrouillards français représentait deux enfants accrochés à un avion en papier qui traversait un ruban de Moebius.

À l'occasion de la publication de l'encyclopédie pratique des petits débrouillards chez Albin Michel, le logo de l'association a évolué représentant trois enfants dans une sorte de fenêtre en forme de rapporteur.

En 2007, devant une diversification des activités vers des publics de tous les âges, le logo évolue à nouveau.

Longtemps, en France, la mascotte des Petits Débrouillards a été la tortue Zigo.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Canada[modifier | modifier le code]

Algérie[modifier | modifier le code]

Présidée par Prof. Noureddine BENFARHI, l'association des Petits Débrouillards Algériens (APDA Batna) a été fondée en 1995. Elle a organisé et a participé à de nombreuses Expo-Sciences nationales et internationales (Koweït ESI-1995, Portugal ESI-1998, Mexique ESI-1999, Algérie Expo-Med 2000, France ESI-2001 et Belgique ESI-2015 et de nombreuses autres).

Tunisie[modifier | modifier le code]

« Association Tunisienne des Petits Débrouillards »

Belgique[modifier | modifier le code]

Le Club des Petits Débrouillards a été fondé en 1996. (numéro d'identification au Moniteur belge 24871/96 du 14/11/96 sous le numéro 458972821)

France[modifier | modifier le code]

En France, l’association des Petits Débrouillards fait partie du mouvement d’éducation populaire.

Des associations régionales des Petits Débrouillards sont réparties sur le territoire et sont présentes sur 20 régions. Il existe également une association au niveau national.

Maroc[modifier | modifier le code]

Au Maroc, Les Petits Débrouillards existent depuis une vingtaine d'années et développent des activités sur le même principe que les autres Petits Débrouillards. Ils sont membres de la Fédération Internationale des Petits Débrouillards et assurent la présidence depuis l'assemblée générale de juin 2010 tenue au Québec.

La fédération internationale des Petits Débrouillards[modifier | modifier le code]

Elle regroupe en son sein toutes les structures Petits Débrouillards du monde, et se réunit en général à l'occasion des expo-sciences internationales.

Autres liens[modifier | modifier le code]

  • Wikidébrouillard : encyclopédie participative des sciences expérimentales du quotidien, retrouvez des expériences filmées des Petits Débrouillards pour le grand public.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Jean-Marie Mignon, Une histoire de l'éducation populaire, La découverte, , 258 p. (ISBN 978-2-7071-4905-3), p. 220.
  2. Une reliure de plusieurs numéros du Naturaliste est identifiée Volume IX 1971-72, ce qui suggère que le volume I date de 1963-64.
  3. Une recherche web sur Jardinez… dit qu'il a été publié en 1990, ce qui contredit ce qui est écrit dans la compilation datant de 1982.
  4. http://www.ledevoir.com/societe/medias/426561/magazines-quebec-coupe-les-vivres-aux-debrouillards.