Les Pâquis

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Quai du Mont-Blanc

Les Pâquis (en arpitan : Los Paquiérs) sont un quartier de Genève (Suisse) édifié à partir de 1855.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le mot pâquis est d'origine arpitane : paquiér (prononcé [paˈki ] dans le dialecte genevois) signifie pâturage. D'une manière similaire il existe un parc à Annecy dénommé Le Pâquier, et de nombreuses autres communes dans la zone de langue arpitane (cf. l'article Pâquier).

À l'origine, les Pâquis sont des pâturages situés hors des fortifications entourant Genève, descendant jusqu'au lac Léman, qui font partie de la commune du Petit-Saconnex.

Hôtel Beau-Rivage

La première partie construite est située au nord du quartier actuel (le long du tracé de la rue de Lausanne)[1]. Ses habitants continuent un temps à mener leurs bêtes aux « pâquis ».

Les fortifications sont démantelées à partir de 1850 et plusieurs nouveaux quartiers se développent au-delà des terrains occupés par les fortifications (à l'emplacement des anciens faubourgs) : Les Eaux-Vives, Plainpalais, La Jonction et Les Pâquis. Les hôteliers construisent des établissements de luxe le long du lac — Hôtel de Russie, Hôtel de la Paix, Hôtel Richemond (1875), Hôtel Beau-Rivage ou encore Hôtel d'Angleterre — dont la plupart existent encore aujourd'hui, l'Hôtel National devenant plus tard le Palais Wilson.

Les anciens pâturages se couvrent également de belles maisons entourées de jardins. Un quartier moderne aux rues se coupant à angles droits est bâti entre la rue du Mont-Blanc et le parc Mon Repos et entre la rue de Lausanne, la gare de Cornavin et les quais du Mont-Blanc et Wilson. On donne à ces nouvelles rues les noms de villes de Suisse : rues de Neuchâtel, de Fribourg, de Berne, de Bâle ou encore de Zurich)[1]. Dès le début du XXe siècle, le nord des Pâquis, où voisinent petits commerces et lieux de plaisirs, voit se multiplier les bistrots, cabarets, dancings, music-halls et — faisant pendant aux grands hôtels — les maisons closes, puis les hôtels de passe. Un kursaal (casino) s'installe également sur le quai du Mont-Blanc (à l'emplacement actuel de l'Hôtel Kempinski).

De la rue de Lausanne au lac, le cœur de ce quartier populaire se prolonge par des immeubles de luxe. "Quartier chaud" de Genève où travaillent certaines prostituées, les Pâquis en est aussi le quartier le plus cosmopolite : toutes les nationalités, toutes les couleurs, tous les costumes et les coutumes ainsi que toutes les cuisines s'y côtoient.

Monument Brunswick

Le quai du Mont-Blanc est aménagé en 1857 mais ce n'est qu'en 1894, avec l'approche de l'exposition nationale de 1896 devant se tenir à Genève, qu'il est réaménagés selon sa disposition actuelle. Le quai Wilson ne sera élargi et aménagé qu'en 1915[2]. Entre 1958 et 1960, l'idée d'établir une voie expresse sur les quais, destinée à absorber le trafic de la future autoroute Genève-Lausanne, voit le jour[2]. Toutefois, l'idée suscita de nombreuses oppositions et fut rapidement abandonnée.

C'est sur le quai du Mont-Blanc qu'est inauguré, le , le monument Brunswick qui est un mausolée en hommage au duc Charles II de Brunswick qui légua à la ville 24 millions de francs à condition de lui élever ce monument[3].

Entre 1924 et 1930, un groupe de peintres élèves de l'École des Beaux-Arts de Genève partage un atelier dans le quartier et prend le nom d'École des Pâquis[4].

Caractère actuel[modifier | modifier le code]

Au XXIe siècle, les Pâquis ont conservé en partie leur caractère populaire et cosmopolite traditionnel. Malheureusement, le développement préoccupant de la délinquance et des problèmes sociaux, dont la presse locale se fait régulièrement l'écho, a quelque peu terni l'image du quartier[5]. En raison de cette insécurité, le , 23 caméras haute définition sont mises en fonction pour surveiller la partie du quartier la plus problématique. Six autres caméras viennent s'y ajouter en fin d'année, ce qui portent le dispositif à 29 caméras. Huit policiers sont chargés de visionner les images en se relayant, et ceci durant 20 heures sur 24. Les images sont conservées durant 7 jours, mais en cas d'une enquête, elles peuvent être conservées plus longtemps. Il s'agit là d'un projet pilote en Suisse de par son ampleur, prévu sur une phase test de deux ans et d'un coût de 1 million de franc suisse. Ce dispositif a été mis en place, sous l'impulsion du conseiller d'État genevois Pierre Maudet[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Claude Mayor, Genève. Passé et présent sous le même angle, éd. Slatkine, Genève, 1984, p. 18
  2. a et b Jean-Claude Mayor, op. cit., p. 38
  3. Jean-Claude Mayor, op. cit., p. 36
  4. Voir par exemple l'Article Chavaz, Albert du SIKART en ligne.
  5. Dossier consacré au développement de la délinquance au Pâquis, La Tribune de Genève, août 2008
  6. Le quartier des Pâquis placé sous vidéosurveillance à Genève, 15 octobre 2014, Radio télévision suisse

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

46° 12′ 50″ N 6° 09′ 03″ E / 46.213753, 6.150799