Les Montils

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Les Montils
Les Montils
Vestiges de la tour des Montils.
Blason de Les Montils
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Loir-et-Cher
Arrondissement Blois
Canton Blois-3
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Blois
Maire
Mandat
Didier Coudert
2014-2020
Code postal 41120
Code commune 41147
Démographie
Gentilé Montilois
Population
municipale
1 992 hab. (2015 en augmentation de 11,04 % par rapport à 2010)
Densité 215 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 29′ 46″ nord, 1° 17′ 52″ est
Altitude Min. 62 m
Max. 101 m
Superficie 9,27 km2
Localisation

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Liens
Site web www.lesmontils.com

Les Montils est une commune française située dans le département de Loir-et-Cher en région Centre-Val de Loire.

Les habitants sont appelés Montilois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Les Montils est située au bord de la Sologne, au sud de Blois, dans le département de Loir-et-Cher. Elle fait partie du canton de Contres, et appartient également au Pays des Châteaux et à la communauté d'agglomération de Blois-Agglopolys qui comprend 43 communes.

Géologie, topographie et hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune se situe à une altitude de 80 m (env.). Elle est bordée par le Cosson au Nord, traversée par le Beuvron. À l'ouest du village, la Bièvre se jette dans le Beuvron. À cet endroit, les castors sont nombreux.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

La Chapelle-Rablais

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Les Montils
Candé-sur-Beuvron Chailles Seur
Candé-sur-Beuvron Les Montils Seur
Monthou-sur-Bièvre Monthou-sur-Bièvre Ouchamps

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

La Loire à vélo passe à proximité de la commune.

Climat[modifier | modifier le code]

Article connexe : Climat de Loir-et-Cher.

Seur possède un climat tempéré de type océanique dégradé se caractérisant par des hivers doux (6 °C) et pluvieux, et des étés frais (16 à 18 °C). La température moyenne est de 11 °C sur l'année. La ville profite de la douceur caractéristique du Val de Loire, et due au fleuve.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancienne ville fortifiée attenante et château fort construits au XIIe siècle par Thibaud le Grand, comte de Blois. En 1222, une chapelle est fondée par la comtesse Marguerite, femme de Gautier d'Avesnes, et en 1286, la femme de son petit-fils, Alix de Bretagne, crée une Maison-Dieu[1], comportant également une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste[2],[3]. L'église relevait de l'abbaye de Bourgmoyen ; ancien diocèse de Chartres.

L'affaire criminelle Liautey a lieu aux Montils. Le meurtrier de Angèle Cosson est condamné à la peine capitale le par la cour d'assises de Loir-et-Cher et exécuté à Blois[4].

En août 1944, à l'occasion d'un incendie dans le château de Frileuse, les autorités d'occupation exécutèrent quelques résistants et blessèrent le curé, l'abbé Habeau, qui mourut quelques jours après de ses blessures. Une stèle commémore l'événement à l'extrémité de l'allée du château de Frileuse.

Du nom et des racines des Montils[modifier | modifier le code]

Les Montils, débris mutilés d'une vieille habitation royale [5], sont nommés dans les chartes des XIIe et XIIe siècles : Monticii, villa quae dicitur Monticii (Halphen et Poupardin, Gesta Ambaziensium dominorum, p. 122) ou encore Castrum de Monticiis[6].

L’adjectif bas latin monticius = de petite hauteur fut pris substantivement en latin populaire, avec le sens de : motte de terre élevée (FEW, VI(3), 120b). Monticium aboutit régulièrement à monteil ; la forme pluriel monteils se transcrit le plus couramment montils. La forme latine icios de 1137 doit être la latinisation de la finale française ieux, pour eils.

Ils ont remplacé l'ancienne Thérouenne, « Tarpenna », localité gauloise située à quelque distance, vers l'ouest, appelée Vieux-Montils[7]. Ce nom de Thérouenne s'est conservé, depuis le Moyen Âge, dans le petit fief qui renferme le château moderne des Montils.

M. le Baron de Fougères[8] se permet de penser que le mot latin Monticii est une corruption du terme Mons Isis, qui veut dire : le Mont d'Isis. Il prétend que le culte de la grande déesse a été pratiqué dans les Gaules par les Romains, et qu'il a existé aux Montils. Pour prouver cette assertion, le savant se fonde sur deux statuettes d'Isis, avec tous ses attributs, trouvées à Soings-en-Sologne, près de Contres, dans le champ des sépultures romaines.

La situation topographique explique mieux le nom des Montils. Monticii indique un emplacement sur les hauteurs. Les Montils s'élèvent en effet au sommet d'une rangée de hautes collines parallèles au Beuvron.

Quoi qu'il en soit du culte d'Isis aux Montils, il ne nous semble pas téméraire de penser que les Romains ont occupé cette position.

M. A. de Salies, dans son étude sur Foulques Nera [9], s'exprime ainsi : « C'est aujourd'hui pour nous une conviction arrêtée qu'une ancienne voie consulaire partait de Blois, allait aux Montils, pour de là se diriger sur Montrichard, en laissant Pontlevoy à l'est ; sa bifurcation, avec la voie de Bourré, se faisait aux Montils. »

André Félibien dit des Montils[10] : « Il y a bien de l'apparence que ce lieu était fort ancien, puisque les historiens qui ont fait Gélo, cousin de Rollon, premier duc de Normandie, premier comte de Blois, luis donnèrent les Montils en partage ».

Ce n'est qu'à partir du XIIe siècle que les Montils acquièrent une certaine importance, comme place de guerre, dans les longs démêlés des maisons de Champagne et d'Anjou. Il est souvent fait mention des Montils dans l'histoire des seigneurs d'Amboise et de Chaumont. Thibault IV fortifie sa résidence des Montils pour se défendre de ces voisins belliqueux. Les Montils devinrent de la sorte une petite ville fortifiée qui pouvait tenir longtemps contre l'ennemi, à une époque où l'artillerie n'était pas encore connue.

Tous les historiens qui ont écrit sur Blois et les environs parlent avantageusement des Montils.

  • Bernier s'exprime ainsi[11] : "Le Château des Montils était un bâtiment tout simple, et fort ancien ; mais le paysage d'alentour est si agréable que nos comtes y ont souvent séjourné".
  • « Le château des Montils, dit l'abbé d'Expilly [12], n'étoit pas d'une grande étendue ; mais la situation en étoit fort belle. Il étoit élevé sur le penchant d'une colline qui fait face au midi, au pied de laquelle coule la rivière du Beuvron qui arrose des prairies fort agréables ».
  • « Au Moyen Âge, la position des Montils au sommet d'une colline et au centre de forêts très vastes, offrant de grandes ressources pour la chasse, convenait admirablement à une demeure seigneuriale. Aussi les comtes de Blois y faisaient-ils de fréquents séjours, comme l'indiquent plusieurs chartes qui en sont datées » [13].

Au XIVe siècle, Les Montils étaient l'une des quatre forteresses qui gardaient le comté de Blois ; elles supportaient les chances diverses de la guerre. Touchard-Lafosse fixe ainsi les positions de chacune d'elles[13]:

  • Les Montils, au sud
  • Chaumont, à l'ouest
  • Montfrault-Chambord, à l'est
  • Bury, au nord

Des comtes de Blois, les Montils passèrent aux rois de France, dans la personne de Louis XI, fils de Charles d'Orléans, le dernier des hauts barons blésois. Devenue maison royale, cette place eut longtemps, même après qu'elle fut ruinée, des Commandants au titre de Capitaine des Montils pour le Roi.

La ville des Montils[modifier | modifier le code]

Ce nom de ville, donné aux Montils depuis plusieurs siècles, paraît bien prétentieux au regard de l'état de la localité avant 1950 ; cependant ce titre se retrouve souvent dans les actes publics des siècles passés.

  • En 1296, Hugues de Châtillon, comte de Blois, par une charte sous son scel, veut que les restes de la table princière soient distribués aux pauvres de la Maison-Dieu des Montils, tant que lui-même ou l'un des siens résiderait en la ville des Montils[14].
  • En 1325, Guy de Châtillon, comte de Blois, fait un échange avec le prieur des Montils. L'acte commence ainsi : « Nos prédécesseurs ayant fondé (...) en la ville et paroisse des Montils ».
  • En 1369, dans une fondation faite par Jean de la Fontaine en faveur de l'hôtel Dieu des Montils, il est fait mention d'un pressoir et d'une maison « au bout de la ville des Montils »".
  • La chambre des comptes de Blois, gardienne des droits du compté et qui, par exemple, refuse à Molineuf le titre de Châtellenie[15], mentionne « les anciens fossés de la ville des Montils » [16].

Tous les anciens historiens : Bernier, Fournier, l'abbé d'Expilly, ont considéré les Montils comme un bourg fortifié, une ville close, ayant ses remparts, ses murs d'enceinte, tours, portes et ponts-levis.

Le château féodal des Montils[modifier | modifier le code]

Clément de Ris a fait un rapport sur les destinées du château des Montils, depuis Thibault de Champagne qui le fit construire vers 1140, jusqu'en 1682 où Bernier, l'historien de Blois, constatait son état de ruine[17]. De cette antique demeure, il ne reste plus actuellement (1911) qu'une grosse tour, quelques débris d'une triple enceinte et des fortifications extérieures, un donjon cylindrique de 16 mètres de diamètre et une porte monumentale qui annonçait dignement le manoir des seigneurs du pays[18]. Le château des Montils fut l'une des forteresses que la féodalité érigea sur notre sol blésois, trop exposé aux incursions ennemies. Le sommet escarpé d'une montagne, dont le Beuvron baigne le pied et protège les abords, convenait à cette disposition stratégique. La fondation de ce poste militaire remonte aux premiers comtes de Blois.

Les constructions[modifier | modifier le code]

Nous ne pouvons parler avec certitude du château des Montils qu'à partir du XIIe siècle. D'après l'auteur du Liber de Compositione castri Ambrasiae, le comte de Blois fit clore les fortifications des Montils. « c'était pour mettre à l'abri des déprédations de Sulpice de Chaumont une maison de campagne - villa - qu'il possédait à cet endroit ». Cet événement peut se rapporter aux environs de l'année 1144[19]. Depuis cette construction de Thibault IV, Les Montils, dans un grand nombre de chartes données par les Comtes de Blois, portent le nom de Castrum de Monticiis, donc véritablement Place-forte des Montils. Plusieurs de ces chartes attestent que ces princes féodaux y firent de fréquentes apparitions.

Place de guerre, le Castrum de Monticiis acquit de l'importance dans les longs démêlés des maisons de Campagne et d'Anjou. L'habitation où logeaient les Comtes de Blois, dans l'enceinte fortifiée, a dû s'agrandir vers la fin du XIIe siècle.

Pour entrer aux Montils, il y avait deux portes :

  • la porte blésoise, située au nord-est, sur le chemin de Blois, dont il ne reste que des vestiges. On a cependant pu en préciser la situation, lors des fouilles que M. Duchalais fit pratiquer en 1880 pour la construction d'une maison, à l'angle ouest de la place de la Croix-Rouge. Elle se trouvait à l'entrée nord de la route de Candé, et faisait face à la route de Blois.
  • la porte des Montils, assurément plus imposante, actuellement toujours visible, près de l'église neuve.

Il reste encore des vestiges des fortifications extérieures, dispersées çà et là dans les différentes propriétés du bourg.

  • Autour du donjon, à la distance de 2,80 m du côté du midi et du soleil levant, il se trouve une partie de muraille longue de 21 mètres, et d'une hauteur moyenne de 6 mètres.
  • Des restes de mur dans les jardins de la propriété adjacente, à 6,60 m de la tour. Les fondations d'une petite tour, à l'angle Nord de la maison de M. Duchalais, sur la place de la Croix-Rouge. Dans les servitudes de cette habitation, le long du chemin de Candé, une épaisse muraille longue de 7 mètres.
  • De l'autre côté, au midi, le mur d'enceinte se voit encore sur une longueur de 31 mètres, avec une interruption de 6 mètres et un reprise de 5. Là, les murs se confondaient avec les constructions de l'Hôtel-Dieu, longeaient les jardins de cet établissement, et se rapprochaient du château, près du kiosque actuel.

La tour du château fut construite au XIIe siècle. D'après M. de Fougères[20], en 1356, le prince Noir, Edouard, retournant du Limousin en Angleterre, trouva les passages de la Loire si bien gardés qu'il fut obligé de revenir sur ses pas. Dans sa fureur, il ravagea toute la Sologne, et par conséquent le Blésois méridional. Il détruisit ou démantela tous les châteaux fortifiés qui se trouvaient dans le canton de Contres, tels que ceux des Montils, Candé, Fougères. Cette relation porte débat, car on sait que les détachements anglais ne restèrent que quatre jours entre Romorantin et Montlouis, près de Tours. Il est donc improbable qu'ils eurent le temps de démolir ces fortifications eux-mêmes. Il est donc probable que les défenseurs eux-mêmes, ne voulant ou ne pouvant tenir la place, la démantelèrent.

Gui de Châtillon fit restaurer la tour au XIVe siècle.

M. Dupré, le savant bibliothécaire de la ville de Blois, nous décrit la tour des Montils par ces mots[21] : « Ce monument du XIe ou XIIe siècle est isolé entre deux tranchés profonde ; au-dessous règnent des souterrains creusés, dit-on, dans un but stratégique… L'eau d'un puits très profond, creusé au centre de la tour, était tiré du premier étage par un conduit cylindrique en forme de colonne, qui existe encore. On retrouve la même disposition dans plusieurs donjons du Blésois, notamment à Marchenoir. Il ne faut pas s'en étonner ; car le rez-de-chaussée étaient réservé aux troupes de la garnison, aux approvisionnements et aux engins de guerre. (...) Les fantaisistes ont voulu voir, dans ces excavations inoffensives, le sombre appareil de prétendues oubliettes ; mais un examen attentif des lieux réduit à néant les hypothèses romanesques émises en haine du passé ou par amour du merveilleux. Les usages domestiques donnent une explication plus naturelle de la chose. Le sommet de la tour a perdu sa couronne de créneaux. Malgré les mutilations successives, le vieux géant de pierre domine fièrement la contrée environnante, comme pour rappeler aux passants la pouvoir de la féodalité au Moyen Âge. C'est aussi le point culminant d'un paysage remarquable où les aspérités d'une côte à pic, les eaux du Beuvron, les zig-zag du pont et le moulin de Rouillon forment un harmonieux ensemble. »

Séjours des princes de France au château des Montils[modifier | modifier le code]

De très nombreux documents nous relatent les transformations de la place-forte des Montils durant les séjours de princes ou personnes royales aux Montils.

  • 1108-1152 : Thibault IV, dit le Grand, comte de Champagne, de Blois et de Chartres. Bâtisseur de la place-fort des Montils.
  • 1152-1191 : Thibault V, dit le Bon, comte de Blois, sénéchal de France. Le peuple, dit Bernier[22], l'appela le Bon, parce qu'il remit à tous ses sujets plusieurs des droits particuliers aux habitants de Blois et à ceux des Montils, ce qui se vérifie par une infinité de titres.
  • 1218 - : Gauthier d'Avesne et Marguerite, comte et comtesse de Blois. Après avoir racheté la ville en 1218 à Élisabeth d'Amboise, créent en 1222 la chapelle[23].
  • Jean I de Châtillon, comte de Blois. Octroie, en 1246, une charte de privilèges aux habitants des Montils[24]. Épousa Alix, fille de Jean, duc de Bretagne, qui fut la plus insigne bienfaitrice des Montils
  • Alix de Bretagne, épouse de Jean de Châtillon, comte de Blois. Est restée dans la tradition populaire sous le titre de la bonne Princesse. Elle fit construire, près de sa résidence, une Maison-Dieu et la dota de ses propres biens. À sa mort en Terre Sainte, en 1288, son cœur fut, selon ses désirs, déposé dans la chapelle de la Maison-Dieu des Montils.
  • Jeanne de Châtillon, épouse de Pierre de France, cinquième fils de Saint Louis. Couvrit la Maison-Dieu des Montils de sa fortune. On raconte que Louis IX vient aux Montils, visiter sa bru.
  • 1295 : Hugues II de Châtillon, comte de Blois. Rattache les Montils au comté de Blois, d'un point de vue administratif et financier.
  • 1301 : Philippe le Bel, roi de France, couche le 9 août au château des Montils.
  • Gui I de Châtillon, comte de Blois. Effectue les travaux d'aménagement d'une cuisine dans le château de Blois. Les documents relatifs à ces travaux permettent d'estimer la taille de la place-forte des Montils à environ 12 maisons, dans l'enceinte des murailles.
  • Le Bienheureux Charles de Blois, duc de Bretagne, né vers 1320, passa son enfance aux Montils.
  • 1392 : Louis d'Orléans, frère puîné de Charles VI qui vient d'acquérir la nue propriété du Blésois, prend possession du château des Montils.
  • 1411-1465 : Charles d'Orléans, père de Louis XII, réside par intermittence aux Montils. L'époque troublée de la guerre de Cent ans vide les caisses de la Maison de France. Les villes de France sont plusieurs fois mises à contribution, mais les Montils restent prospères grâce à la protection de Charles d'Orléans.
  • Marie de Clèves, duchesse d'Orléans, mère de Louis XII. Fit ajouter quatre chambres à cheminée au château des Montils, en 1467. Son peintre, Pierre André, réalise une grande table d'autel pour la chapelle des Montils, en 1472.
  • Louis XI, roi de France, séjourne aux Montils en 1463[25].
  • Jeanne de France, duchesse d'Orléans, ayant reçu les Montils par lettres patentes de 1489, fit d'importantes rénovations à la place-forte en prévision de la venue de Charles VIII. Celui-ci ne vient jamais, étant mort d'une attaque d'apoplexie à Amboise, quelques jours avant le déplacement prévu. Le duc d'Orléans devenu Louis XII, annula son mariage avec Jeanne de France. Il séjourna au château des Montils en avril 1499 et en 1505, où, malade, il fut soigné par Anne de Bretagne, appelée la bonne Duchesse. Claude de France, fille de Louis XII, fit également quelques séjours aux Montils[26].
  • Claude, reine de France, fille de Louis XII et épouse de François Ier, accorda, en 1519, permission de « muer et travestir une roue à fouler draps, dépendante du Moulin de Rouillon, près des Montils, en une roue à moudre grains. »

La fin du domaine royal des Montils[modifier | modifier le code]

Jusqu'ici, le château des Montils, bien que moins habité par la cour qui finit par lui préférer de plus confortables demeures, nous paraît en bon état. Les guerres de religion allaient lui porter un coup fatal. Felibien nous l'apprend [27] : « Tout le bourg a été ruiné par les Huguenots et il ne reste du château que les murailles, presque toutes abattues ; car, comme le reste des édifices tombait dans une entière ruine, l'on a depuis deux ans (soit 1679) achevé de les démolir. »

L'état de ruine, aboutissant à la démolition du château des Montils, remontait à une date ancienne. Le 21 mai 1614, Arnaud de Johanne, surintendant des bâtiments du comté, se transportait aux Montils pour constater « les usurpations et démolitions » qui étaient faites aux murailles de la ville et au château[28].

Sous Louis XIV, il fut abandonné définitivement. La démolition fut faite par deux entrepreneurs de Blois.

En 1663, Charles de la Vallée, inscrit dans les registres paroissiaux comme « escuier, seigneur de Terrouenne et des Montils, gentilhomme de feue son Altesse Royale, Monsieur, frère unique du roi », acheta les Montils au Roi, avec ses dépendances. Cet achat se fit aux enchères, au château du Louvre, le 17 juin 1697. Le château cessa, dès lors, d'être domaine royal.

Le pont des Montils[modifier | modifier le code]

À côté du château, une construction de grande importance dans la vie civile et seigneuriale est le pont. En effet, au Moyen Âge, le bourg est sur la grande route qui fait communiquer le centre de la France avec le sud du royaume, et l'Espagne.

Le pont sur le Beuvron est mentionné dès le XIIIe siècle, à propos d'un contrat assez curieux, où se trouve le nom de celui qui possède la rivière. En 1289, les religieux de Saint-Lomer de Blois possédaient de longue date (« de si lonc temps dequel mémoire n'est pas ») une partie du Moulin de Rouillon, dépendance de leur prieuré de Candé ; ils jouissaient aussi du cours « du fleuve » de Beuvron, depuis l'endroit où l'eau sortait du pont des Montils jusqu'au moulin. Ce fut l'objet d'un échange avec Renaud d'Aguzon, bailli de Blois, qui leur céda des biens plus proches de Candé[29]. Renaud d'Aguzon devint ainsi propriétaire du Beuvron.

L'intérêt général que ce pont offrait pour la province se manifeste au XVIe siècle par diverses mesures adoptées soit par la cour des comptes de Blois, soit par le pouvoir Royal, pour en assurer l'entretien. En 1554, le 15 mars, on se plaignait des grandes inondations. C'est pour cela sans doute, en raison de la difficulté de communication, que Jacques Coqueau, maître maçon du château de Chambord, maître des ouvrages de la région de Blois, allait visiter les divers ponts de la contrée, et entre autres celui des Montils. Le 2 avril, rapport était fait à la chambre des comptes par cet officier, que des réparations urgentes étaient nécessaires. « Ils sont ruinés et tellement démolis qu'il est difficile de passer par-dessus sans grand danger » [30].

En 1572, alors que les guerres religieuses inquiétaient le pays, les nécessités stratégiques se joignaient au souci de bien administrer la voirie. Le roi Charles IX lui-même commandera alors au Maître de la Chambre des comptes de Blois, de bien vouloir procéder aux réparations nécessaires[31].

L'église des Montils[modifier | modifier le code]

« L'église paroissiale des Montils, dit M. le baron de Fougères, a été sûrement reconstituée sur l'emplacement d'une ancienne qui aura été détruite, soit par le temps, soit par d'autres causes dont on a perdu la mémoire. Il ne reste rien de l'ancien édifice, si ce n'est, peut-être, les deux colonnes qui supportent l'arcade en pierres séparant le chœur et la nef. Ces colonnes, engagées dans la maçonnerie, ont des chapiteaux dont la sculpture doit remonter à des temps très reculés »[32].

Dans la démolition de 1873, on a remarqué que beaucoup de pierres avaient été noircies par le feu, ce qui donnerait à penser que l'église des Montils a eu beaucoup à souffrir, soit de la part des Anglais, soit pendant les guerres de religion, ou encore de quelque foudre ou incendie accidentel.

L'ancienne église avait une nef de 100 pieds de long et de 40 pieds de large. Elle était lambrissée. Il n'y avait qu'un autel surmonté d'un retable qui était couronné d'un bloc de pierre de Bourré. Le clocher était assez grand pour contenir quatre cloches. Ce qu'il en restait s'élevait au-dessus du chœur.

Dans la construction de la nouvelle église, on a conservé :

  • La porte latérale nord, remarquable par son architecture de l'époque de transition du roman au gothique.
  • Les statues en pierre de la Sainte Vierge, de sainte Marie-Madeleine, patronne de la paroisse, et de saint André.
  • Un tableau représentant la descente de la croix, d'une grande dimension. C'est une copie.
  • Une plaque commémorative de la sépulture d'un capitaine du château des Montils au XVe siècle, dont l'inscription est gravée en lettres gothiques.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1809   Honoré François Lambert du Rozai    
1888   Thirault    
19 mai 1935 13 mai 1945 Abel Louis Debard   médecin
mars 1989 mars 2014 Pierre Lescure SE notaire
mars 2014 en cours Didier Couderc SE Retraité

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[33]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[34].

En 2015, la commune comptait 1 992 habitants[Note 1], en augmentation de 11,04 % par rapport à 2010 (Loir-et-Cher : +0,9 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
594553610803874838896905937
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
918965987963991923874955925
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
890878840775770750687701692
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
7077178081 0461 1961 4361 6181 6441 670
2013 2015 - - - - - - -
1 9051 992-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[35] puis Insee à partir de 2006[36].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (20,7 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (26,3 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (51 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 49 % d’hommes (0 à 14 ans = 22,1 %, 15 à 29 ans = 13,1 %, 30 à 44 ans = 23,5 %, 45 à 59 ans = 21,4 %, plus de 60 ans = 19,9 %) ;
  • 51 % de femmes (0 à 14 ans = 20,7 %, 15 à 29 ans = 13,5 %, 30 à 44 ans = 23,1 %, 45 à 59 ans = 21,2 %, plus de 60 ans = 21,5 %).
Pyramide des âges à Les Montils en 2007 en pourcentage[37]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,5 
90  ans ou +
0,7 
6,8 
75 à 89 ans
8,7 
12,6 
60 à 74 ans
12,1 
21,4 
45 à 59 ans
21,2 
23,5 
30 à 44 ans
23,1 
13,1 
15 à 29 ans
13,5 
22,1 
0 à 14 ans
20,7 
Pyramide des âges du département de Loir-et-Cher en 2007 en pourcentage[38]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,6 
90  ans ou +
1,6 
8,3 
75 à 89 ans
11,5 
14,8 
60 à 74 ans
15,7 
21,4 
45 à 59 ans
20,6 
20,3 
30 à 44 ans
19,2 
16,2 
15 à 29 ans
14,7 
18,5 
0 à 14 ans
16,7 

Enseignement[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

  • Basket : USCF Les Montils
  • Tennis

Médias[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Productions agricoles[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

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Depuis 50 ans, les Montils ont leur propre harmonie de musique composée d'une cinquantaine de musiciens. Elle est également classée au niveau national. Elle donne plusieurs concerts durant toute l'année et participe à plusieurs manifestations culturelles organisées dans la région. Le 30 mai 2010, l'harmonie des Montils a été maintenu au niveau supérieur en remportant le 2e prix à Niort.

La chorale « Ars Nova » regroupe environ quarante choristes, sous la direction de Bernard Dutronc, de 1981 à 2002, puis de Raphaël Terreau depuis 2002. Le programme abordé est composé exclusivement de musique chorale a cappella, puisée aussi bien dans les différentes époques de l'histoire de la musique que dans le répertoire des arrangements de chants traditionnels.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr montils (loir-et-cher).svg

Les armoiries des Montils se blasonnent ainsi :

De gueules à la tour d'or maçonnée de sable et à la bordure de vair.

Création J.P Fernon adoptée par délibération municipale du 23 octobre 1992.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Le peintre Antonio de La Gandara (1861-1917) [41] avait une famille maternelle originaire de Loir-et-Cher. Sa fille Antonia se retira aux Montils. Mlle Marcelle Le Laurain dont les parents demeurèrent au château de Frileuse fut une des modèles de l'artiste. Un tableau la représentant fut léguée par Mme Jean Angelo née Le Laurain au musée des beaux-arts de Blois. Il la représente dans une élégante robe en soie rose.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La Maison-Dieu des Montils est supprimée en 1697, au profit de l'Hôtel-Dieu de Blois (fondé par Thibault le Bon
  2. Frédéric Lesueur, Les Églises de Loir-et-Cher, A. et J. Picard, 1969, 516 pages, page 248
  3. Les Églises de Loir-et-Cher (suite de la p. 248)
  4. Pascal Nourrisson, Les Grandes Affaires criminelles de Loir-et-Cher, Éditions de Borée, coll. « Les Grandes Affaires criminelles », , 331 p. (ISBN 9782844944283, OCLC 76245687), « La mort au nord du Beuvron », p. 131-144
  5. Louis de la Saussaye, Blois et ses environs, Blois, 1860
  6. Voir, pour l'ensemble des textes ci-après, l'excellent ouvrage de l'Abbé Pierre Boureille, ancien curé des Montils, Histoire générale des Montils, Blois, Migault, 1912
  7. M. de la Saussaye, loc. cit.
  8. M. le baron René de Fougères, Étude sur les communes du canton de Contres, 1840
  9. Alexandre de Salies, Étude sur Foulques Nera, Paris, Dumoulin, 1874, p. 156
  10. M. de Montaiglon, professeur à l'école des Chartes, Mémoires pour servir à l'histoire des maisons royales et bastiments de France, 1874
  11. Bernier, loc. cit.
  12. Abbé d'Expilly, loc. cit.
  13. a et b Georges Touchard-Lafosse, La Loire historique, Roanne, 1975 (ISBN 271710058X)
  14. Voir la charte, p.70
  15. Archives nationales, KK898, f° 104 r°
  16. Archives nationales, P2881, f° 1, v°, 21 novembre 1549
  17. Clément de Ris, Revue des sociétés savantes, Ve série, t. III, p. 429-430
  18. M. de Beaucorps, Les Montils, ses ruines, Orléans, 1868
  19. Henri d'Arbois de Jubainville, Histoire des Ducs et des Comtes de Champagne, Paris, 1870, t.II, p. 384
  20. Baron de Fougères, Renseignements sur le canton de Contres
  21. Alexandre Dupré, Renseignements historiques sur les Montils, 1887
  22. Bernier, Histoire de Blois, p.300
  23. Archives nationales, L 982, n°16
  24. Archives nationales, registre KK. 896 ; Bibliothèque nationale de France, collection Clairambault, 968, f°344 ; Charte publiée depuis (1894) dans le cartulaire de la Ville de Blois.
  25. Jean-Baptiste Souchet, Histoire du diocèse et de la ville de Chartres, Chartres, Garnier, tome III, 1869, p. 406
  26. René de Maulde-La Clavière, Jeanne de France, Paris, H. Champion, 1883, p. 240-241
  27. André Félibien, Mémoires pour servir à l'histoire des Maisons Royales et bastiments de France, Paris, J. Baur, 1874, p. 26
  28. Archives nationales, Q 473
  29. La charte originale du 28 avril 1289 est conservée dans les archives du château de Candé
  30. Archives nationales, P. 2881, f° 116 r°
  31. Archives nationales, P. 28821, f° 172 r°.
  32. Baron de Fougères, loc. cit., 1912. Depuis, les chapiteaux ainsi qu'un vieux bénitier de pierre, ont été déposés dans le parc du château moderne des Montils.
  33. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  34. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  35. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  36. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  37. « Évolution et structure de la population à Les Montils en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 6 octobre 2010)
  38. « Résultats du recensement de la population de Loir-et-Cher en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 6 octobre 2010)
  39. Notice no PA00098501, base Mérimée, ministère français de la Culture
  40. Notice no PA00098502, base Mérimée, ministère français de la Culture
  41. http://www.lagandara.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]