Les Mondes francs

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Les Mondes francs
Directeur de publication Gérard Klein
Ellen Herzfeld
Dominique Martel
Genre Recueil de nouvelles
Science-fiction
Éditeur Le Livre de poche
Lieu de parution Paris
Date de parution 1988
Chronologie

Les Mondes francs est un recueil de nouvelles francophones de science-fiction publié en 1988.

Il est le premier volume, sur six actuellement parus, de la série spéciale de La Grande Anthologie de la science-fiction.

Ce volume, consacré comme les autres ouvrages de la série spéciale aux auteurs francophones, réunit dix-huit nouvelles parues entre 1953 et 1973.

Publication[modifier | modifier le code]

Extrait de la préface[modifier | modifier le code]

«  (…) La sélection de nouvelles qui compose cette anthologie a été effectuée dans la seule perspective de la qualité et de l'originalité des textes. Elle n'a pas de dimension historique, en ce sens que les anthologistes n'ont pas cherché à reconstituer un état passé du genre, mais à réunir des textes qui ont conservé toute leur actualité et qui assurent au lecteur un même plaisir de lecture que lors de leur première parution. Il est remarquable d'y trouver des auteurs qui n'ont produit que quelques textes et parfois un seul comme Jean Porte, à côté d'écrivains confirmés comme Pierre Boulle, Philippe Curval, Jacques Sternberg ou André Ruellan.

Rétrospectivement, l'influence de la science-fiction américaine semble réduite. L'importance donnée à la forme littéraire est à peu près générale, mais la recherche stylistique ne conduit pas les auteurs à négliger le développement d'une idée forte. Il est difficile de dégager de cette anthologie une impression d'ensemble. Peut-être ces textes ont-ils en commun cependant à la fois un certain lyrisme et un penchant pour l'ironie, voire le scepticisme. Pas de messianisme ici, ni d'utopies galactiques. L'avenir y apparaît moins comme une frontière ouverte que comme un champ poétique ou que comme une source de réflexion et d'inquiétude. Jusque dans l'humour transparaît une certaine gravité (...). »

— Préface, p. 9 et 10

Liste des nouvelles[modifier | modifier le code]

Une nuit interminable[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Une nuit interminable.

Charles Reboisé-Cloison accuse[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Georges Blondeaux, dit « Gébé »
  • Publication : Ce qui vient des profondeurs, anthologie, avril 1977
  • Place dans l'anthologie : p. 55 à 65
  • Résumé : Le 13 août 1963, plusieurs rédacteurs en chef de journaux, revues et magazines français reçoivent un courrier signé d'un certain M. Charles Reboisé-Cloison, les priant de venir à son domicile près de Melun, afin d'entendre une importante communication. Le courrier prétend que l'auteur du courrier est traqué par des ennemis très puissants et que les journalistes qui décideraient de se rendre à la réunion pourraient être attaqués. Un seul journaliste se rend à l'invitation. Dès son approche de la demeure de Reboisé-Cloison, il prend en stop trois autres journalistes. Mais dès leur arrivée, ces journalistes s'avèrent être des tueurs qui tentent d'assassiner Charles Reboisé-Cloison, sans succès d'ailleurs. Charles Reboisé-Cloison accueille donc le journaliste et lui explique la grande découverte qu'il a faite : seuls les objets manufacturés que l'on peut « comprendre » par la pensée sont réels. Par exemple, une table, un couteau, un livre, une fenêtre, un appareil photo primitif, etc. Mais dès que l'objet sort de notre capacité de compréhension immédiate, cela signifie qu'il ne répond pas à quelque chose d'humain, et relève soit de la magie, soit de la parapsychologie, soit de technologie extraterrestres. Par exemple : un poste de radio, un ordinateur, une voiture, etc, ne peuvent pas fonctionner pour un esprit humain. Reboisé-Cloison accuse donc de nombreux fabricants d'objets manufacturés d'être des manipulateurs et des complices de… il ne sait pas trop de quoi ou de qui, d'ailleurs, mais il sait que ces objets manufacturés ne fonctionnent plus dès qu'on s'adresse à eux ou qu'on pense d'eux que « ce n'est pas possible, ça ne peut pas marcher ». Ainsi, les grenades envoyées par les tueurs peu de temps auparavant n'ont pas fonctionné car il suffit de penser qu'il est impossible que ce type d'engin fonctionne pour qu'il cesse effectivement de fonctionner. Le journaliste quitte Reboisé-Cloison en se demandant s'il a rêvé ou non, si cet homme est un fou mythomane et paranoïaque, ou au contraire un homme clairvoyant et génial. N'ayant plus la disposition de l'automobile avec laquelle il était venu, il se rend à la plus proche gare et achète un billet de train. Lorsque le train arrive, il prend place à son bord. Il laisse ses idées vagabonder, et se dit brusquement qu'un train est une machinerie si complexe qu'il ne sait pas comment cela fonctionne. Un train, d'ailleurs, cela ne peut pas fonctionner. À peine a-t-il eu cette idée en son esprit que le train s'arrête brutalement, victime d'une inexplicable avarie.

Point de lendemain[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Jean-Paul Török
  • Publication : inédit (la première publication est faite dans cette anthologie)
  • Remarque : Ne pas confondre cette nouvelle avec Point de lendemain, roman de Vivant Denon
  • Place dans l'anthologie : p. 66 à 85
  • Résumé : Dans un futur lointain, au moment où l'Être humain aura tellement évolué qu'on aura du mal à différencier les hommes des hommes-robots, les femmes des femmes-robots, restera-t-il autre chose que la recherche du plaisir sexuel ? L'amour peut-être ? Ce n'est pas sûr. En voici pour preuve l'histoire de Wilno, qui hésite entre deux femmes, Aurora (robot) et Diana (humaine). En fin de compte il choisit Diana mais se fait rejeter par elle, car elle préfère son homme-robot.

C'est du billard ![modifier | modifier le code]

  • Auteur : Philippe Curval
  • Publication : La première anthologie de la science-fiction française, anthologie (dir. : Alain Dorémieux), mai 1959
  • Place dans l'anthologie : p. 86 à 100
  • Résumé : Brève tranche de vie d'un « As du Flipper », qui joue très bien du Gottlieb dans un futur lointain et onirique.

La Rose des énervents[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Daniel Drode
  • Place dans l'anthologie : p. 101 à 133
Article détaillé : La Rose des énervents.

Si loin du monde…[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Jacques Sternberg
  • Publication : Futurs sans avenir, recueil de nouvelles de Jacques Sternberg, 1971
  • Remarque : c'est la nouvelle la plus longue du recueil (66 pages)
  • Place dans l'anthologie : p. 134 à 201
Article détaillé : Si loin du monde….

Journal d'une ménagère inversée[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Juliette Raabe
  • Publication : Fiction, n°120, novembre 1963
  • Remarque : la nouvelle fait partie du genre fantastique et non pas de la science-fiction.
  • Place dans l'anthologie : p. 202 à 213
  • Résumé : Dans cette nouvelle a priori déroutante, rédigée sous la forme d'un journal intime, une femme, dont on ne connaît ni le prénom ni l'âge, vit sa vie à l'envers. La nouvelle débute ainsi le samedi 28 janvier à 11 h 57, puis régresse dans le temps, heure par heure, jusqu'au mercredi 25 janvier, alors même que l'héroïne de la nouvelle vit son existence de manière linéaire. À titre d'exemple, une rougeur apparaît sur sa main, puis grossit, puis devient une cloque, avant qu'on découvre qu'elle s'est brûlée à la cuisinière, puis sa main reprend un aspect normal avant la brûlure. Autre exemple : elle met le linge propre dans la machine à laver et le ressort sale. Dernier exemple : quand elle fait sa toilette dans la douche, l'eau sale sort du goulot d'évacuation des eaux et remonte le long de son corps. Lorsque par un coup du sort, le mercredi 25 janvier vers 20 h 34 - 20 h 35, le temps se met à prendre un cours chronologique normal, elle est complètement déboussolée et se dit que « tout est si absurde d'un seul coup » (dernière phrase de la nouvelle).

Le Suicide[modifier | modifier le code]

Nouvelle uchronique de Claude-François Cheinisse.

Article détaillé : Le Suicide.

Mission à Versailles[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Marcel Battin [1].
  • Publication : Fiction, n°61, décembre 1958
  • Place dans l'anthologie : p. 223 à 229
  • Remarque : cette nouvelle est la plus courte du recueil (sept pages)
  • Résumé : Dans cette uchronie censée se dérouler dans une année 1997 dystopique, le lecteur suit le rapport administratif rédigé par Paul Carlier au sujet d'une épidémie surgie dans le Camp iroquois de Versailles. Le lecteur ignorera néanmoins de quelle épidémie il s'agit et pourquoi il y a des indiens d'Amérique en France. On peut aussi être désarçonné par l'instruction selon laquelle il ne faut pas « parler aux adultes », si ce n'est qu'il s'agit d'une civilisation dans laquelle ce sont les enfants et adolescents qui commandent les adultes.

Les Bulles[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Julia Verlanger (pseudonyme de Gilles Thomas)
  • Publications :[2]
    • Publications en France :
      • Fiction, n°35, octobre 1956
      • Le Grandiose Avenir, anthologie, 1975
      • La Terre sauvage, anthologie, 2008
    • Publications à l'étranger :
      • Espagne : Las burbujas (1971)
      • Grande-Bretagne : The Bubbles (1977)
      • Allemagne : Die Bläschen (1979)
      • URSS : Пузыри (1993)
  • Place dans l'anthologie : p. 230 à 252
  • Résumé : Sur une planète Terre post-apocalyptique, les humains non contaminés se sont protégés. Ceux qui n'ont pas pu ont été contaminés, et sont devenus « les Autres », des sortes de zombies repoussants. Monica, 16 ans, a eu la chance d'être une protégée. Maintenant que son père est mort, elle rédige son journal intime. C'est ce journal que lit le lecteur de la nouvelle. Monica confie ses craintes des Autres, ses regrets de ne pas avoir plus connu son père, ses interrogations sur ce qu'était le « monde d'avant ». Elle fait la rencontre d'Éric et de Frank, deux jeunes hommes très sympathiques. Mais comme elle a 16 ans et a pu être contaminée sans qu'elle le sache, ils sont chargés d'une sinistre besogne, celle de la tuer avec leur Brûleur…

Point de tangence[modifier | modifier le code]

  • Auteur : André Ruellan
  • Publication : Fiction Spécial n°4 : Anthologie de la science-fiction française, 1963
  • Place dans l'anthologie : p. 253 à 263
  • Résumé : Un homme, dont on ne connaîtra pas le nom, est apparemment atteint de psychose : il agit d'une manière très bizarre ; il entend une voix qui lui donne des ordres ou des conseils. Placé en hôpital psychiatrique et quitté par sa femme Laura, l'homme entend que la voix lui explique qu'il est au « point de tangence » entre le monde humain, dans l'univers que nous connaissons, et un autre univers peuplé de créatures qui vont venir dans notre univers pour y vivre et le coloniser. Cette voix est-elle le fruit de sa psychose, ou au contraire l'annonce d'une future guerre des humains contre des extraterrestres très sûrs d'eux ?

Premier Empire[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Francis Carsac
  • Publication : Fiction, n°74, janvier 1960
  • Place dans l'anthologie : p. 264 à 278
Article détaillé : Premier Empire.

Nocturne pour démons[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Michel Demuth
  • Publication : Fiction, n°125, avril 1964
  • Place dans l'anthologie : p. 279 à 309
  • Résumé : Benjad Arglider est chargé par l'Homme en Rouge, représentant de la Ligue de la Nuit, de tuer un Démon, créature servant à l'Omnipotent pour maintenir son pouvoir sur ses sujets. Après une quête initiatique semée d'embûches, Benjad Arglider découvrira avec stupéfaction qu'il était lui-même un Démon, sans même le savoir, et que l'Homme en Rouge était l'Omnipotent lui-même…

Le Grandiose Avenir[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Jean Porte [3]
  • Publication : Satellite, n°4, avril 1958
  • Remarque : Nouvelle humoristique
  • Place dans l'anthologie : p. 310 à 317
  • Résumé : Le narrateur évoque sur un ton alerte et humoristique le projet de l’ONU d'envoyer des scientifiques dans le futur afin de connaître le développement des sciences dans l'avenir. Les scientifiques, une fois revenus au XXe siècle, permettront ainsi un nouveau développement des connaissances. Après d'interminables palabres stériles au sein de l'ONU, où chaque État tente de faire prévaloir son point de vue et où, en fait, aucun accord ne peut être trouvé, les Français décident de développer leur propre programme temporel. Au bout de 15 ans de travail, le projet aboutit enfin, et l'on envoie des scientifiques (dont le narrateur) vingt siècles dans le futur. Les voyageurs temporels débarquent dans un monde qui n'a pas extraordinairement changé, même si des difficultés naissent en raison de l'évolution de la langue. Un traducteur, qui parle un Français imagé et populaire, les reçoit. Les voyageurs temporels, qui s'enquièrent de l'état des diverses sciences, apprennent qu'aucune évolution n'a eu lieu en vingt siècles, dans la mesure où les esprits les plus brillants du XXe siècle et des siècles ultérieurs sont tous partis dans le futur pour connaître l'évolution des sciences. Et en réalité, ce sont les habitants du quarantième siècle qui leur demandent (à eux !) de leur transmettre des connaissances scientifiques vitales pour leur développement, dont certaines au quarantième siècle sont oubliées depuis longtemps !

Au pilote aveugle[modifier | modifier le code]

  • Auteurs : Nathalie et Charles Henneberg
  • Publication : Le Grandiose Avenir, anthologie (distincte de la nouvelle de Jean Porte citée supra), septembre 1975
  • Place dans l'anthologie : p. 318 à 340
  • Résumé : Un officier spatial qui a un besoin urgent d'argent dépose chez North, un usurier aveugle, un étrange animal ramené d'une planète lointaine. Plus tard, l'homme est retrouvé mort. North garde donc l'animal, qui s'avère être une « sirène d'Alpha Hydre ». Une lutte va s'engager entre l'aveugle et l'étrange animal extraterrestre. Ce dernier parvient à tuer North, mais sera à son tour tué quand la police spatiale va arriver dans l'immeuble.

Ceux d'Argos[modifier | modifier le code]

  • Auteurs : Martine Thomé [4] et Pierre Versins
  • Publication : Fiction, n°62, janvier 1959
  • Place dans l'anthologie : p. 341 à 362
  • Résumé : Le narrateur est un scientifique qui, lors d'expéditions spatiales, est chargé avec ses collègues d'entrer en contact avec des peuples extraterrestres découverts par des expéditions précédentes. Et justement, les membres du vaisseau doivent aborder la planète Argos. Ils font connaissance avec les Argiens, et le narrateur tombe amoureux d'une jeune et belle argienne prénommée Vrâ. Au bout de quelques mois, il découvrira la terrible malédiction attachée à cette race extraterrestre : à chaque hiver, les Argiens dépérissent, se flétrissent, avant de mourir, puis de renaître l'année suivante sous une autre forme. C'est ainsi que Vrâ va, en quelques jours, devenir vieille puis mourir, au grand désespoir du narrateur.

La Planète aux sept masques[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Gérard Klein
  • Publication : 24 passionnants récits d'anticipation, anthologie, juin 1960
  • Remarque : Nouvelle onirique et mystérieuse
  • Place dans l'anthologie : p. 363 à 381
  • Résumé : Stello vient d'arriver sur une planète. Il quitte son vaisseau spatial et se rend à la ville la plus proche. Il découvre que les habitants portent tous des masques, de différentes couleurs : masques pourpres, d'or, d'émeraude, de nacre, etc. Doit-il lui aussi porter un masque ? de quelle couleur, de quelle forme ? quelle est la signification profonde du port de masques dans cette planète étrange ? Il fera la rencontre d'une autochtone qui l'aidera à se trouver.

Comme un oiseau blessé[modifier | modifier le code]

  • Auteur : Gilbert Michel
  • Remarque : Nouvelle sarcastique
  • Place dans l'anthologie : p. 382 à 397
Article détaillé : Comme un oiseau blessé.

Dictionnaire des auteurs[modifier | modifier le code]

Pages 399 à 411.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La notice biographique des auteurs en fin d'ouvrage indique (p. 399) que Marcel Battin, né le 20 décembre 1921 à Rehon (54), a été tour à tour apprenti métallurgiste, magasinier, comptable, caissier, dessinateur, etc, ainsi que membre des Forces navales françaises libres en 1940-1945. Il a écrit quelques nouvelles à partir de 1958 et durant les années 1960, difficilement accessibles car dispersées dans des revues et fanzines aujourd'hui disparus et difficilement trouvables. Il est aussi connu pour son talent de traduction de romans et nouvelles de romanciers américains de science-fiction, tels Robert Sheckley, Thomas Disch, Alfred Bester, etc.
  2. Source : iSFdb.
  3. La notice biographique des auteurs en fin d'ouvrage indique (p. 406) que Jean Porte, né le 16 octobre 1916 à Toulouse, est un docteur ès sciences, professeur de mathématiques, statisticien et administrateur à l'Insee. Il a été auteur de plusieurs dizaines d'articles techniques et fin connaisseur de la science-fiction. Il est l'auteur d'une seule nouvelle dans ce genre, qui est présentée dans l'anthologie.
  4. La notice biographique des auteurs en fin d'ouvrage indique (p. 409) que Martine Thomé, née le 13 mai 1922 à Paris, a émigré en Suisse en 1948, et y a rencontré son mari, Pierre Versins. Elle a été cofondatrice du club Futopia, dans lequel elle a écrit de nombreux textes critiques. Elle a collaboré à la Radio suisse romande. Elle a aussi eu une longue carrière de journaliste.


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