Métamorphoses (Apulée)

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Les Métamorphoses
Image illustrative de l'article Métamorphoses (Apulée)
Mosaïque byzantine, Ve siècle, Istanbul

Auteur Apulée
Pays Empire romain
Genre roman
Version originale
Langue latin
Titre Metamorphoseon libri XI ou Asinus aureus
Date de parution vers le milieu du IIe siècle
Version française
Traducteur Pierre Grimal
Éditeur Gallimard
Collection bibliothèque de la Pléiade
Lieu de parution Paris
Date de parution 1958

Les Métamorphoses, également connu sous le titre L'Âne d'or (Asinus aureus), est un roman écrit par Apulée au IIe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Frontispice des Métamorphoses, Bohn's Libraries, 1902.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le héros, un aristocrate prénommé Lucius (comme l'auteur du livre, Lucius Apuleius), connaît différentes aventures, après que sa maîtresse, Photis, l'a transformé en âne par accident. Il apprend que, pour retrouver sa forme humaine, il doit manger des roses. Ses diverses aventures malheureuses et burlesques au cours de cette quête des roses sont l'occasion pour Lucius d'apprendre et de raconter au lecteur de nombreuses histoires (le mythe de Psyché et de Cupidon, « la marâtre empoisonneuse », « la bru sanglante », etc.), mêlant l'érotisme aux crimes sanglants et à la magie. Bien que la signification du récit puisse faire l'objet d'interprétations diverses, il semble que le voyage de Lucius soit aussi un voyage spirituel, une initiation à la magie en même temps qu'une mise à distance de la sorcellerie par le comique.

Détails[modifier | modifier le code]

Le titre original de ce roman[1] est « Onze livres de métamorphoses », en latin Metamorphoseon libri XI, ou brièvement les « Métamorphoses » (« transformations »). Il rappelle l'œuvre de même nom du poète Ovide, dont les Métamorphoses ont pour thèmes des transformations d'hommes en animaux comme chez Apulée. Le titre courant actuellement de « l'âne d'or » (Asinus aureus) n'est attesté que dans l'Antiquité tardive (par le Père de l'Église St Augustin[2]), et n'est donc pas considéré comme authentique, mais l'auteur a peut-être choisi un double titre[3].

Résumé livre par livre[modifier | modifier le code]

Livre I : Le narrateur qui prend le nom de Lucius est le héros du roman ; il rend compte à la première personne de son destin aventureux. Dans le prologue, il s'adresse directement au lecteur et se présente brièvement, la silhouette de l'auteur se mêlant avec celle du héros.

Pendant un voyage d'affaires en Thessalie, connue comme pays de la magie, il rencontre le marchand Aristomène, qui raconte en détail comment son vieil ami Socrate a été assassiné sous ses yeux par la magie de deux sorcières, les deux sœurs Méroé et Panthia. Le compagnon sceptique d'Aristomène ne veut rien savoir de tout cela et tient cette histoire pour une galéjade. Dans la ville d'Ypati Lucius est reçu par son hôte, l'usurier avare Milo.

Livre II : Lucius entend plusieurs fois dans les jours suivants de terribles choses sur le danger de sorcières ; en particulier, il reçoit un avertissement de la femme de Milo, Pamphile, qui fait partie des magiciennes de Thessalie. Ceci ne fait qu'aiguiser sa curiosité. Alors qu'un soir, il rentre ivre de chez des amis, il tombe devant la porte de la maison de Milo sur trois voleurs, qu'il tue avec son glaive.

Livre III : Le lendemain, Lucius est jeté en prison et accusé de meurtre. Il est surpris d'être l'objet de moqueries de tous. La délibération du tribunal a lieu publiquement au théâtre devant une foule immense. Le discours de défense de l'accusé, réussi, n'a pas d'effet. On le force à découvrir les trois cadavres portés sur des civières et recouverts. Il s'avère qu'il s'agit en réalité de trois outres[4]. Le public éclate en rires bruyants et se retire. Finalement, Lucius apprend que l'accusation n'était qu'un mauvais tour. L'occasion en était la « fête du rire », célébrée ce jour dans la ville.

Dans la maison de Milo, Lucius apprend de la servante Photis, qui partage ses nuits, que Pamphile avait animé les outres par magie, en sorte qu'elles ressemblent à des voleurs. Maintenant, il voudrait être témoin oculaire caché de la magie de Pamphile. Photis hésite à accepter, et laisse Lucius voir comment Pamphile prend la forme d'un grand-duc. Lucius veut maintenant expérimenter par lui-même une telle transformation. Mais comme Photis se trompe d'onguent magique avec lequel on doit s'enduire, Lucius ne se transforme pas en oiseau mais en âne. Sous la forme animale, sa raison humaine lui reste néanmoins sans altération. La servante lui promet de revenir sur cette métamorphose le lendemain matin, mais elle doit acheter les roses qu'il doit manger dans ce but. Jusque là, il doit rester à l'écurie comme âne. Or la nuit, des voleurs pénètrent dans la maison. Pour transporter leur butin, ils utilisent Lucius comme âne de bât. C'est ainsi que commencent les longues errances de l'âne. Il est lourdement chargé, et méchamment meurtri par les coups, sur des chemins difficiles à travers les montagnes.

Livres IV à VI : Après l'entrée de Lucius dans le monde de la magie, sa curiosité dans ce domaine est satisfaite : maintenant, il est forcé de changer de perspective et considère le monde ordinaire des hommes du dehors. Comme les hommes le tiennent pour un animal normal, ils poursuivent sans scrupule en sa présence leurs occupations et conversations intimes. Lucius observe, écoute et comprend tout ; grâce à ses longues oreilles, il peut percevoir même de très loin. Son rôle lui donne un regard sur les abîmes du monde de tous les jours, qui dans sa perspective paraît au moins aussi affreux que le monde de la magie vu par l'homme ordinaire. Là dessus, il faut compter que Lucius, qui appartenait parmi les hommes aux couches supérieures, est livré comme animal de charge à des personnes qui se situent bien plus bas par leur niveau social, ou sont même exclues de la société.

Après de grandes fatigues, la troupe de brigands atteint avec Lucius la grotte qui sert de cachette à la bande. Un autre groupe arrive, et on se raconte ses aventures. Il s'avère que les criminels se comportent comme des fous avec le monde environnant, par leurs entreprises et leurs disputes, et en subissent des pertes.

D'une expédition nocturne, les voleurs ramènent une belle jeune fille nommée Charite, qu'ils ont enlevée pour exiger une rançon. Un essai de fuite de l'âne avec Charite échoue. Les brigands discutent d'une punition cruelle des fugitifs, et l'âne doit mourir.

Livre VII : Un espion des voleurs rapporte que dans l'intervalle, à Ypati, on recherche Lucius que l'on tient pour complice des voleurs ; on le recherche aussi pour cela dans la ville où il habite. Peu avant la mise à mort prévue de l'âne, survient le fiancé de Charite, Tleptolème. Il se présente comme un voleur nommé Hémus, et gagne la confiance des brigands. il arrive à duper les voleurs et à libérer Charite, en emmenant l'âne. Dès lors, l'âne appartient au jeune couple et est d'abord bien traité. Puis il tombe dans de grandes difficultés, est utilisé comme animal de transport et doit subir de l'ânier de nombreux mauvais traitements.

Livres VIII à X : Un esclave de Charite survient et rapporte qu'un rival de Tleptolème, repoussé par Charite, a été assassiné. Là dessus, Charite se suicide, après s'être vengée de l'assassin. Quand les esclaves des deux apprennent la situation, ils prennent la fuite. L'âne doit les suivre vers un avenir incertain, et subit en chemin à nouveau une aventure dangereuse. Finalement, il est vendu au marché. Son nouveau maître est un sectateur de la Déesse syrienne, un charlatan qui erre en mendiant avec ses collègues ; ils vivent des dons des personnes crédules auxquelles ils annoncent comme voyants le succès à venir. L'âne est à nouveau torturé, et risque sa vie.

Un jour, les menteurs sont arrêtés pour vol, et l'âne est à nouveau vendu au marché. L'acheteur est un meunier, qui l'utilise comme âne de meunier. Au moulin, il est témoin de cruautés à l'égard des esclaves et animaux qui y sont employés, et lui-même est harassé. À côté de cela, il s'aperçoit de l'adultère de la femme du meunier, dont il rend la découverte possible, en forçant l'amant à sortir de sa cachette. Là dessus, le meunier chasse sa femme. Elle se venge en le faisant mourir par sorcellerie. Ceci signifie pour l'âne un nouveau changement de propriétaire, suivi d'autres. Il souffre de faim et de froid, est témoin de destins terribles, et doit assister à la force brute et à ses suites. Il est aussi mêlé à des perversions sexuelles. Finalement, il réussit à s'enfuir vers Corinthe ; il se réfugie dans le port proche de Cenchrées.

Au début du onzième et dernier livre, arrive le tournant. L'âne se tourne vers la Déesse mère et la prie de l'aider. Révérée par tous les peuples sous divers noms, elle lui apparaît sous la forme d'Isis, et lui annonce son sauvetage pendant sa prochaine fête. Pendant la procession de la fête à Cenchrées, il aura l'occasion de manger les roses salvatrices. En remerciement, il devra après le retour à la forme humaine la servir pour le reste de sa vie. Et en réalité, Lucius se retransforme publiquement devant la foule étonnée. Après quelque temps, Isis le fait initier à ses mystères. Sur ses indications, il déménage pour Rome, où il continue à la servir. Là, il reçoit l'initiation aux mystères d'Isis, et à ceux de son époux Osiris. Il est appelé au collège des prêtres d'Isis et d'Osiris. Le service sacerdotal, qu'il exerce tondu à ras, le remplit de satisfaction. Il gagne sa vie comme avocat. C'est ainsi que ses aventures se terminent heureusement.

Récit d'Amour et Psyché[modifier | modifier le code]

Une série d'histoires introduites dans la trame du roman donnent au texte une structure enchevêtrée. La plus longue et de loin la plus célèbre en est le récit d'Amour et Psyché, qui remplit presque deux des onze livres (IV à VI). On n'en connaît pas de source grecque. En fait, il est vraisemblable que l'auteur se soit inspiré d'une tradition orale de Numidie, sa région native[5],[6]. Pour Hassan Banhakeia, anticipant les travaux d'Emmanuel et Nedjima Plantade, le récit d'Amour et Psyché est clairement adapté du conte berbère Tinaxda : on y trouve en effet le même enchaînement de faits [7].

Après le rapt de Charite, la vieille maîtresse de maison des brigands lui raconte pour la distraire de son chagrin l'histoire d'Amour et de la princesse Psyché, dont le nom est le mot grec pour âme. Psyché est la plus jeune et la plus belle des trois filles d'un roi. En raison de sa beauté extraordinaire, elle est honorée comme la déesse Vénus, et même considérée comme une incarnation de la déesse, ce qui suscite la jalousie de cette dernière. Vénus charge son fils Amour d'amouracher sa rivale mortelle pour le plus méprisable et le plus malheureux des hommes. En raison de sa beauté extraordinaire, personne n'ose prétendre à sa main ; contrairement à ses sœurs, elle reste seule. Le roi interroge à ce sujet l'oracle du dieu Apollon. Le dieu lui conseille d'orner la jeune fille de vêtements de noces, et de la déposer sur un rocher de la montagne ; un monstre horrible y viendra en volant, et la prendra pour femme. Les parents suivent avec tristesse l'oracle. Mais le monstre n'apparaît pas, et un doux vent emporte Psyché dans la vallée, où elle s'endort.

Quand elle se réveille, elle se retrouve devant un beau palais de structure surnaturelle, et y entre. Une voix sans corps la salue, des servantes invisibles remplissent ses désirs. Toutes les nuits, elle est visitée par un inconnu, qui dort avec elle, sans qu'elle ait le droit de voir son visage. Il n'apparaît que dans l'obscurité. Elle passe ainsi un long temps dans le palais. Un jour, elle demande au toujours inconnu, qui est pratiquement son mari, et désigné comme tel, de lui rendre possible de revoir ses sœurs. Il lui accorde avec hésitation, mais l'avertit de n'absolument pas céder à l'envie de ses sœurs de découvrir son identité. Elle lui promet. Les sœurs lui rendent visite et envient son style de vie luxueux. Bien que l'inconnu ait averti Psyché qu'elle le perdrait et ne le reverrait plus jamais si elle ne tenait pas sa promesse et voyait son visage, elle se laisse conduire par ses méchantes sœurs à se méfier de son mari. Elle le soupçonne alors d'être le monstre prophétisé jadis. Sur le conseil de ses sœurs, elle se procure une lampe à huile qu'elle cache, et ressort quand son mari est endormi. Dans la lumière de la lampe, elle voit le dieu Amour. Mais une goutte d'huile tombe de la lampe sur l'épaule d'Amour, sur quoi il se réveille et l'abandonne. Psyché reconnaît qu'elle a été entraînée dans le malheur par ses sœurs, et se venge mortellement sur elles. Quand Vénus apprend que son fils méprise son avis et s'est lié à Psyché, une colère violente contre tous deux la prend. Amour est condamné à la résidence surveillée.

Alors Psyché commence une longue recherche de son Amour perdu. Elle doit se livrer à Vénus, car les autres déesses n'osent pas l'aider. Vénus la fait alors torturer, et, pour la punir et l'humilier, lui donne quatre tâches apparemment infaisables. Psyché réussi trois d'entre elles par le recours à des animaux et plantes prêts à aider : les fourmis, le roseau et l'aigle. La quatrième tâche, la plus difficile, consiste à descendre dans le monde d'en-bas, le séjour des morts, pour en rapporter dans un récipient quelque chose de la beauté de Proserpine, l'épouse du dieu y régnant, Pluton. Psyché réussit aussi cette tâche, Proserpine lui confie la boîte fermée. Sur le chemin du retour, Psyché ouvre le couvercle par curiosité. Mais il n'y a rien de visible dans la boîte, aucune beauté, mais un lourd sommeil s'en dégage et entraîne Psyché.

Finalement, Amour peut échapper. Il trouve Psyché et la réveille ; il remet le sommeil dans la boîte. Alors Psyché peut livrer à Vénus le don de Proserpine. Amour se tourne vers Jupiter, en le priant de l'aider. Jupiter prend pitié et trouve la solution : il donne à Psyché une coupe d'ambroisie et lui annonce que par cette nourriture, elle parviendra à l'immortalité[8]. Ainsi promue parmi les immortels, Psyché a acquis un statut convenable, même pour Vénus, d'épouse acceptable pour Amour. Les deux fêtent leur mariage parmi les dieux. Le couple a une fille qui est nommée « Volupté ».

Sources du récit[modifier | modifier le code]

La matière du récit provient d'un modèle grec de même nom, que le savant byzantin Photios (IXe siècle) attribue à un auteur nommé Lukios de Patras. Ce roman grec est aujourd'hui perdu, mais on en a conservé un bref résumé rédigé par Photios. Un autre récit grec semblable, reposant sur le même modèle, « Lukios ou l'âne », dont le narrateur à la première personne se présente comme Lukios de Patras, et porte donc le même prénom que le héros des « Métamorphoses », a été transmis sous le nom de Lucien. Dans ses grands traits, l'action coïncide avec celle du roman d'Apulée, et certains passages du texte latin paraissent même traduits du grec. Cependant, il y a de nombreuses différences. Dans les deux écrits grecs, il manque le contenu du dernier livre, le récit possède une autre fin[9].

Interprétations[modifier | modifier le code]

Un roman divertissant et/ou didactique ?[modifier | modifier le code]

L'arrière plan philosophico-religieux de l'œuvre permet au lecteur de rechercher et de trouver un sens plus profond sous les histoires étranges, parfois grotesques qui sont racontées. Mais le roman peut aussi être lu sans égard pour cette dimension profonde et servir de simple divertissement ; dans ce sens, le lecteur est averti dans le prologue : « Tu vas prendre ton plaisir » (laetaberis). Depuis longtemps la question du rapport entre les traits divertissants, parfois ironiquement distanciés et l'aspect d'un effort sérieux de rédemption religieuse est débattue dans la recherche. Bien des chercheurs pensent que le roman est principalement, voire exclusivement conçu comme littérature de distraction satirique, d'autres sont convaincus que le propos de l'auteur est aussi, ou en première ligne, une confession religieuse ou philosophique et la promotion d'une voie de connaissance et de rédemption. Mais parmi les partisans de ce dernier point de vue subsistent des diversités d'opinion ; selon une des hypothèses, Apulée favorise le culte d'Isis comme la voie d'un dévouement religieux rédempteur[10], selon d'autres il s'agit là avant tout de la métaphysique et de l'enseignement sur l'Éros de Platon[11]. John J. Winkler a choisi une tout autre approche narratologique ; son travail est pionnier sur la voie de la recherche sous cet angle. Selon la conception de Winkler, l'auteur veut déstabiliser le lecteur, le priver d'une « vraie » signification, et ainsi le motiver pour trouver sa propre interprétation[12]. Cette vision "postmoderne" est cependant contestable. Luca Graverini, par exemple, a tenté de la dépasser[13].

Le thème de la curiosité[modifier | modifier le code]

Le leitmotiv est le thème du besoin de savoir, et son ambiguïté entre curiosités : l'innocente et la fatale, curiosité pleine d'orgueil et de prétention (curiositas)[14]. Dans les trois premiers livres, où Lucius apparaît encore sous forme humaine, sa curiosité innée le conduit vers les sorcières dont la vie est pleine de cruauté et de terreur, et exerce sur lui cependant une forte fascination. Après la métamorphose, dans les livres IV à X, il a l'occasion de connaître à fond comme âne l'horreur de la vie des gens normaux. Il entend tout le temps parler de crimes, et de perversions, et doit parfois y participer, tandis que l'issue est souvent la mort pour une partie des participants. Finalement, dans le dernier livre, après le retour de l'âne à la forme humaine de Lucius, il apprend le sens de aventures et de la souffrance de son être animal : il se révèle comme une punition pour sa curiosité déplacée.

Au début, la curiosité le pousse à fuir sa vie normale de tous les jours. Elle le conduit dans le monde de la magie, où il pénètre énergiquement et sans réfléchir. Mais la magie ne se montre pas comme une vraie alternative à la vie ordinaire, elle ne fait que dévoiler les abîmes de la nature humaine « normale », dont il n'a découvert les plus sombres aspects justement que par la magie. Ce n'est que par l'initiation aux mystères que sa curiosité et sa nostalgie du magique atteignent leur but légitime. C'est ainsi qu'il atteint enfin ce qu'il a recherché depuis le début : l'accès à une réalité cachée derrière le monde ordinaire visible. Cette fois, il ne se fourvoie pas comme quand il a pénétré la sphère de la magie dans un domaine de misère et de détresse, mais il atteint la certitude de sa rédemption. Le contenu du savoir des mystères reste certes caché au lecteur du roman[15], et même dans la partie finale, on trouve des traits comiques, à côté du sérieux religieux et de l'élévation de la rédemption. Ceci montre l'art du récit ambigu et raffiné d'Apulée.

Le onzième livre, acte rédempteur ou parodique ?[modifier | modifier le code]

On discute largement dans la recherche la signification de l'initiation aux mystères esquissée dans le onzième livre, et le rapport entre la religiosité égyptienne qui y est présentée, avec le concept grec de la religion, marqué par la philosophie du platonicien Apulée. Alors que le onzième livre, avec son thème de rédemption, avait été jugé naguère comme un corps étranger irritant dans le roman, la recherche récente adopte une conception de l'œuvre unifiée de bout en bout[16]. Un autre thème souvent abordé est la question de la mesure où l'auteur s'identifie avec Lucius, et où le roman comporte ainsi des traits autobiographiques, au moins ponctuellement. Il s'agit là surtout du onzième livre, le « livre d'Isis », où le héros du roman est initié aux mystères d'Isis et d'Osiris et accepté dans le collège des prêtres. La propre participation d'Apulée aux mystères, et peut-être sa dignité de prêtre pourraient jouer un rôle, mais on ne sait pas si ces expériences personnelles avaient à voir avec le culte d'Isis. Le fait que les initiations de Lucius sont liées pour lui à des dépenses substantielles, doit être compris comme une critique d'Apulée envers le comportement financier des collèges de prêtres[17]. Jean-Claude Fredouille voit d'ailleurs dans ce dernier livre, au lieu d'une célébration du culte d'Isis, plutôt une parodie à travers notamment le rasage de tête dont le personnage Lucius est si fier. Jean-Claude Fredouille rappelle en effet que dans des épisodes antérieurs du roman (V, 9, 8 ; VIII, 24, 2), conformément à la satire romaine, Apulée raille la calvitie et il se pourrait donc très bien que cette conversion soit décrite ironiquement[18].

Les sens possibles du double-titre[modifier | modifier le code]

Le titre original de l'ouvrage, Asinus Aureus, a fait couler beaucoup d'encre : si le protagoniste est effectivement transformé en âne, il n'est à aucun moment fait mention dans l'ouvrage d'un pelage doré ou d'une allusion qui expliquerait ce qualificatif[19].

On a pu avancer que c'est en fait un sens plus rare mais avéré de l'adjectif aureus qui est utilisé : « roux ». En effet, la fin de l'ouvrage prouve qu'Apulée a dû fréquenter les cercles des Mystères d'Isis ou que, du moins, il en connaissait bien les rites et arcanes. Or, le dieu égyptien Seth, associé au Mal et dont la place est primordiale dans la légende d'Isis et d'Osiris qui structurait ce culte, avait pour animal sacré l'âne et comme symbole la couleur rousse. Il est souvent représenté avec un corps d'homme et ce qui semble être une tête d'âne (à relier au statut humain et animal du protagoniste). Plus encore, la superstition égyptienne conduisait souvent à tuer et maltraiter les animaux de couleur rousse, vus comme des envoyés de Seth (transformé en âne, le protagoniste subit des mésaventures plus humiliantes les unes que les autres).

Cette symbolique possible n'a été détectée qu'assez tard, lorsque les progrès de l'égyptologie ont permis de préciser les détails de la légende d'Isis et d'Osiris. Il n'y a néanmoins aucune preuve déterminante de la nécessité de cette théorie.

Une interprétation grammaticale reprise par Jean-Louis Bory invite à considérer le titre Asinus aureus (L'Âne d'or) sous l'angle de la valeur promotionnelle :

"Dans Asinus aureus, l'épithète aureus, si l’on en croit les grammairiens, s’applique à l’"âne" en tant qu’ouvrage d’Apulée, non en tant qu’animal. C’est une épithète pour catalogue de libraires ; cela signifie que cet âne-là est "extra", qu'Apulée y parle d'or[20]."

Réception du récit d'Amour et Psyché[modifier | modifier le code]

Sculpture de deux personnes s'embrassant et échangeant des baisers
Amour et Psyché, copie romaine d'une sculpture hellénistique, musées du Capitole, Rome

La matière du récit d'Amour et Psyché, et d'autres histoires insérées, a été intensément étudiée avant tout sous l'aspect des sciences des religions et de l'ethnologie. Les chercheurs ont établi des comparaisons avec des histoires comparables de diverses cultures, et abordé la question de l'origine probable du sujet. On pense notamment à un vieux conte de tradition orale, que les folkloristes répertorient comme ATU 425, point de départ d'un développement au bout duquel se trouve la forme littéraire actuelle[21]. Depuis Richard August Reitzenstein, on discute l'hypothèse d'une origine orientale, où Psyché dans le mythe originel serait une divinité. Reitzenstein pensait à un mythe de création iranien ; en outre il supposait un récit indien à l'origine du motif central de l'union d'un dieu et d'un homme[22]. Mais l'hypothèse, récemment défendue, d'une source locale est plus convaincante[5],[6]. Pour la compréhension, il est important de voir le rapport avec la description du destin de l'âme dans le dialogue de Platon, Phèdre, mais le récit d'Apulée diffère fortement, par ses traits frivoles, burlesques et amusants de l'approche de Platon au thème de son dialogue. Dans le récit, on trouve également des motifs de la littérature romanesque grecque, et d'œuvres d'autres genres (comédie, élégie)[23]

Motifs culturels berbères des Métamorphoses ou l'Âne d'or[modifier | modifier le code]

On note ces derniers temps une remarquable réactualisation d’Apulée par les cercles littéraires maghrébins. Son nom désigne par exemple un prix littéraire algérien créé en 2007 et de nombreuses études sont consacrées à son sujet.

Sur le plan fictionnel, il est à noter que la personne même d’Apulée a été l’objet d’un roman de l’écrivain français d’origine marocaine Kebir M. Ammi intitulé Apulée, mon éditrice et moi[24]. Dans ce roman, Kebir M. Ammi raconte comment il essaye de mener à bien un projet soumis par son éditrice qui consiste précisément à rédiger une biographie d’Apulée.

L’auteur ne cache pas son appréhension à l’idée d’une telle entreprise : « Où trouverai-je des éléments biographiques sur un homme qui a vécu il y a près de…deux millénaires ! ». Il entreprend cependant de suivre les traces d’Apulée en se rendant en Afrique du Nord dans le but de visiter les villes que ce dernier a fréquentées. Mais la déception l’attend : Madaure, la ville natale d’Apulée, n’est plus que ruines, et Carthage, ville où l’auteur des Métamorphoses a exploité ses talents de conférencier, ne lui apprend rien. Kebir M. Ammi décide alors de s’installer à San Francisco, où il espère trouver des renseignements intéressants sur Apulée à la bibliothèque de Berkeley. Les dernières lignes du livre expriment la volonté farouche de l’auteur de mener à bien son projet quoi qu’il arrive : « On frappe à la porte, mais je n’ouvrirai pas. Je n’ouvrirai plus. J’écris maintenant que ce livre trouve sa route, que ce destin s’accomplit. » Cet ouvrage est l’occasion pour Kebir M. Ammi d’exprimer son admiration à l’égard d’Apulée : « L’Âne d’or est un chef-d’œuvre. Je vais plus loin. Le premier ouvrage du genre. ». Il en fait même un frère, un complice de la revendication berbère : « Apulée. Frère de cette complexité, née Algérie, qui se cherche, ce pays souterrain qui aimerait bien dire non aux simplifications et à ceux qui le tuent à moindre frais. ». Ainsi l’arrière-plan historique de la revendication berbère, qui est présent tout au long du roman, rappelle la tâche ardue de proposer à une Algérie qui se considère arabe et musulmane la biographie d’un individu berbère et païen qui se révèle être cependant un de leurs ancêtres les plus prestigieux.

Une lecture d'inspiration militante[modifier | modifier le code]

Comme on le voit avec le roman de Kebir M. Ammi Apulée, mon éditrice et moi, la réactualisation d’Apulée est intimement liée à la revendication de la culture berbère comme faisant partie intégrante de l’identité algérienne. L’enjeu du prix littéraire Apulée, comme l’écrit Samira B., journaliste au quotidien algérien L’Expression,  à propos de la deuxième édition de ce prix en 2008, est d’ailleurs le suivant :

"[...] organiser des concours ou créer des prix dans divers domaines littéraires et artistiques, tels que le roman, la poésie, le dessin, la bande dessinée, la nouvelle, la caricature, la musique et bien d’autres domaines encore, afin de pousser les gens à écrire, d’encourager les artistes à créer et de permettre à notre culture de voir le jour, de prospérer[25]". 

De même, sur une page d'un forum de discussion tunisien consacrée à Apulée, intitulé « Un célèbre écrivain berbère : Apulée », l’auteur Admin Banned By précise d’entrée sa véritable intention : « montrer à nos lecteurs [...] que la littérature berbère n’est pas née hier comme le prétendent certains auteurs mal intentionnés, que des intellectuels berbères ont existé à travers tous les temps, et pour certains écrit des choses sublimes quoique dans la langue des autres[26].».

Les pistes en faveur d'une lecture berbère des Métamorphoses ou l'Âne d'or[modifier | modifier le code]

Parmi tous les indices de la présence d’une conscience berbère (ou tamazigh) dans Les Métamorphoses ou l’Âne d’or d’Apulée égrenés ici où là sur différents forums et sites internet littéraires d’Afrique du Nord, se dégage l’article d’Hassan Banhakeia, de l’université d’Oujda, intitulé « Apulée, l’écrivain amazigh[27]», seule argumentation clairement structurée qui propose nombre de pistes de lecture. Hassan Banhakeia dégage en effet selon lui différents aspects culturels berbères dans cette œuvre d'Apulée. Nous ne mentionnerons ici que les aspects les plus dignes d'attention.

L’acte d’écrire dans une langue étrangère manifestant inéluctablement pour Hassan Banhakeia des éléments propres à la culture maternelle de manière inconsciente, il en arrive alors à noter « que des références à la culture amazighe (nord-africaine) abondent dans le texte final L’Âne d’or : "Des éléments propres aux règnes animal (âne, hibou), aquatique (puits...) et abstrait (rêve, référence identitaire) apparaissent dans le texte, munis de significations symboliques, culturelles et humaines où la portée principale reste celle investie par la culture maternelle". Par exemple chez les Berbères, il est admis selon Hassan Banhakeia que ce que l’on peut rêver se produit dans la réalité de manière contraire. Or les propos suivants tirés des Métamorphoses ou l’Âne d’or avec lesquels Banhakeia illustre son propos témoignent en effet de cette opposition berbère entre le rêve et le réel :

"Ne te laisse pas terrifier par les vaines images des songes. Car, non seulement l’on considère comme mensongères les images qui viennent pendant un sommeil de jour, mais encore les rêves nocturnes annoncent bien souvent le contraire de ce qu’ils représentent. Ainsi, pleurer, être battue, parfois même être égorgée présagent gains et heureux profits ; au contraire, rire, s’emplir le ventre de bonbons et de douceurs ou s’unir à quelqu’un pour goûter le plaisir de la chair signifierons que la tristesse, la maladie et autres maux vont vous tourmenter."

Ensuite, ce que Banhakeia indique de plus intéressant, c’est l’adaptation, pour le fameux conte d’Amour et Psyché que l’on trouve au milieu du roman d’Apulée, de la trame d’un conte amazigh du nom de Tinaxda. Le résumé de ce conte berbère qu’effectue Hassan Banhakeia nous montre en effet le même enchaînement de fait qu’avec le conte d’Apulée :

"C’est l’histoire d’une jeune mariée qui n’a jamais vu le visage de son mystérieux époux nommé « Tinaxda ». Il rentrait la nuit et partait à l’aube, prohibant à sa femme de le voir. En contrepartie, amoureux de sa femme, il la comblait de cadeaux et d’amour. Ses sœurs ainées, jalouses qu’elles étaient du bonheur de leur petite sœur, vont lui conseiller d’essayer de percevoir la forme de l’époux. Une nuit, assurée du sommeil profond de Tinaxda, elle se penche sur lui pour voir sa physionomie. La lampe découvrit des peaux que la jeune commença à déplier tout en chantant, les larmes aux yeux. Arrivée à la dernière (la septième) peau, elle laissa tomber une larme qui brûla le mari endormi. Furieux, il quittera la jeune femme qui doit, afin de récupérer la confiance et l’amour de son époux, accomplir une série d’épreuves dictées par la mère de Tinaxda. À la fin, ils vivront ensemble et auront beaucoup d’enfants."

Hassan Banhakeia affirme d’ailleurs que plusieurs récits adventices du roman d’Apulée, comme l’histoire de Barbarus berné ou celle du foulon cocu, s’inspirent de contes nord-africains.

Enfin, pour Hassan Banhakeia, les tribulations que subit l’âne Lucius amènent à une vision critique de la Rome impériale qui ne peut être que le fait d’un Berbère : « Il y a là précisément des thèmes qui peuvent résumer la désorientation de l’être amazigh ou plutôt sa désintégration au sein des remous de l’époque décrite (des brigands, des chevaliers, des montagnards violents...) ».

L’article d’Hassan Banhakeia indique donc un nombre important de correspondances entre différents éléments constitutifs des Métamorphoses ou l’Âne d’or d’Apulée et des éléments culturels berbères. Les passages cités du roman d'Apulée frappent en effet par leurs similitudes avec les modèles et les symboliques berbères indiqués par Banhakeia. On pourrait alors considérer Apulée comme un véritable "métis culturel" : Mourad Yelles affirme d'ailleurs que ce dernier, « d’origine berbère, [...] était le produit de la synthèse des cultures numide, latine et grecque"[28]".

Hassan Banhakeia conclut son article en estimant qu'il "s’avère, pour montrer l’amazighité du texte romanesque, indispensable d’analyser l’entourage socio-politique qui a été derrière l’engendrement de cette littérature". On note que le sujet a été entre autres à l'ordre du jour d'un récent colloque international organisé par le Haut commissariat à l'Amazighité, intitulé "Regards croisés sur Apulée" : ce colloque s'est déroulé à Souk Ahras (région natale d'Apulée) du 30 mai au 1er juin 2015, avec la participation d'Hassan Banhakeia lui-même[29].


Références[modifier | modifier le code]

  1. Helm, Metamorphoseon libri XI. dans (en) Stephen J. Harrison, Apuleius. A Latin Sophist., Oxford, Oxford University Press , (ISBN 0-19-814053-3) .
  2. (la) St Augustin, De civitate dei, , p. 18,18.
  3. À ce sujet, voir (en) Anton P. Bitel, « Quis ille Asinus aureus ? The Metamorphoses of Apuleius’ Title », Ancient Narrative,‎ 2000–2001, p. 208–244, ici 208–218 ; (de) Hans Münstermann, Apuleius. Metamorphosen literarischer Vorlagen, Stuttgart, , p. 46–56 ; Winkler 1985, p. 292–320.
  4. (de) Werner Riess, Apuleius und die Räuber, Stuttgart, , p. 337 et al
  5. a et b Emmanuel et Nedjima Plantade, « Du conte berbère au mythe grec: le cas d'Éros et Psyché », Revue des Études Berbères, no 9,‎ , p. 533-563
  6. a et b (en) Emmanuel et Nedjima Plantade, « Libyca Psyche: Apuleius and the Berber Folktales », B.T. Lee, E.Finkelpearl and L. Graverini, Apuleius and Africa,‎ , p. 174-202 (ISBN 978-0415533096)
  7. Hassan Banhakeia, « Apulée, l'écrivain Amazigh », Le Café littéraire,‎ (lire en ligne)
  8. Sur cette scène, voir (en+la)Maaike Zimmerman, « Livres IV 28–35, V, et VI 1–24 : The Tale of Cupid and Psyche », dans Maaike Zimmerman, Apulei metamorphoseon libri XI., Oxford, Oxford University Press, (ISBN 90-6980-146-9).
  9. Les rapports entre les différentes versions sont explorés par (de) Helmut van Thiel, Der Eselsroman, t. 1 : Untersuchungen, Munich, .
  10. (de) Reinhold Merkelbach, Roman und Mysterium in der Antike, Munich, , p. 1–90.
  11. Roger Thibau, « Les Métamorphoses d’Apulée et la théorie platonicienne de l’Éros », Studia Philosophica Gandensia, vol. 3,‎ , p. 89–144, ici 141 ; (en) Maeve C. O’Brien, Apuleius’ Debt to Plato in the Metamorphoses, Lewiston, . (de) Ulrike Egelhaaf-Gaiser, Kulträume im römischen Alltag, Stuttgart, , p. 30–37, 74–76 propose un survol des controverses de cette recherche ; elle-même se décide après une recherche approfondie pour une « lecture sérieusement unifiée comme texte philosophique et biographie spirituelle » (p. 478).
  12. Winkler 1985
  13. (en) Luca Graverini, Literature and Identity in the Golden Ass of Apuleius, Columbus,
  14. V. à ce sujet Serge Lancel, « « Curiositas » et préoccupations spirituelles chez Apulée », Revue de l’Histoire des Religions, vol. 160,‎ , p. 25–46 ; (it) Claudio Moreschini, Apuleio e il platonismo, Florence, , p. 34–37, 43–50 ; Schlam et Finkelpearl 2000, p. 169–171.
  15. (de) Michaela Schmale, « Lector asinus est. Zum Verhältnis von Erzähler und Leser in Apuleius’ Metamorphosen », Würzburger Jahrbücher für die Altertumswissenschaft, vol. 28a « nouv. série »,‎ , p. 125–139
  16. Sur l'histoire de cette recherche, v. Schlam et Finkelpearl 2000, p. 45–78.
  17. (en) Carl C. Schlam, The Metamorphoses of Apuleius. On making an Ass of Oneself, Londres, , p. 121.
  18. Jean-Claude Fredouille, « Apulée Métamorphoses Liber XI », PUF Collection "Erasme",‎ 1975.
  19. René Martin, « Le sens de l’expression Asinus Aureus et la signification du roman d’Apulée », Revue des études latines, no 48,‎ , p. 332-354
  20. Apulée, L'Âne d'or ou les Métamorphoses, Paris, Gallimard Folio, , Jean-Louis Bory, "Préface".
  21. (en) Jan-Öjvind Swahn, The Tale of Cupid and Psyche, Lund, , p. 373–380 ;(it) Teresa Mantero, Amore e Psiche. Struttura di una « fiaba di magia », Gênes,  ; Schlam et Finkelpearl 2000, p. 42–45, 135–140. Une série d'études novatrices a été rassemblée par Binder et Merkelbach 1968.
  22. Voir (de) Richard Reitzenstein, Das Märchen von Amor und Psyche bei Apuleius, Leipzig, , p. 16–28 ; (de) Richard Reitzenstein, Die Göttin Psyche in der hellenistischen und frühchristlichen Literatur, Heidelberg,  ; Noch einmal Eros und Psyche dans Binder et Merkelbach 1968, p. 235–292.
  23. (de) Judith Hindermann, Der elegische Esel. Apuleius’ Metamorphosen und Ovids Ars Amatoria., Frankfurt a.M., Peter Lang, .
  24. Kebir M. Ammi, Apulée, mon éditrice et moi, La Tour d'Aigues, Éditions de l'Aube, 2006.
  25. Samira N, « 2E Édition du prix Apulée à la Bibliothèque nationale d'Alger », L'Expression,‎ (lire en ligne)
  26. « Un célèbre écrivain berbère : Apulée », sur Marhba.tn,‎ (consulté le 25 novembre 2015)
  27. Hassan Banhakeia, « Apulée, l'écrivain amazigh », Coin Littéraire,‎ 2005. (lire en ligne)
  28. Yelles Mourad, « De l'écrit métis et autres "macaqueries" », Littérature, no 117,‎ , pp. 85-95. (lire en ligne)
  29. Yacine Omar, « Colloque international sur Apulée/ Thagaste se réapproprie Apulée », AlgérieFocus,‎ 2015. (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

  • Eros et Psyché, trad. par Nicolas Waquet, avec une préface de Carlo Ossola (trad. par Nadine Le Lirzin), Payot & Rivages, coll. « Rivages poche / Petite Bibliothèque », Paris, 2006 [éd. bilingue français-latin] (ISBN 2-7436-1554-0).
  • (la) Augustin d'Hippone, De civitate dei.
  • (de) Gerhard Binder et Reinhold Merkelbach, Amor und Psyche, Darmstadt, .
  • Marie-Louise von Franz, L'Âne d'or : interprétation du conte d'Apulée, Paris, La Fontaine de Pierre, 1997 (3e éd.) (ISBN 2902707304).
  • Jean-François Froger, La voie du désir, essai d'interprétation du mythe d'Eros et Psyché dans les Métamorphoses d'Apulée, trad. par Bernard Verten. Éditions DésIris, 1997 [éd. bilingue français-latin] (ISBN 2-907653-41-5).
  • Véronique Gély, L'Invention d'un mythe: Psyché. Allégorie et fiction du siècle de Platon au temps de La Fontaine, Paris, Honoré Champion, 2006
  • (en) Stephen J. Harrison, Apuleius. A Latin Sophist, Oxford, Oxford University Press , (ISBN 0-19-814053-3)
  • (en) Carl Schlam et Ellen Finkelpearl, « A Review of Scholarship on Apuleius’ Metamorphoses 1970–1998 », Lustrum (Revue), vol. 42,‎
  • Maria Tasinato, La curiosité. Apulée et Augustin, trad. par Jean-Paul Manganaro, avec un préambule d'Alonso Tordesillas, Lagrasse, Verdier, 1989 (ISBN 2-86432-308-7).
  • (en) John J. Winkler, Auctor and actor, Berkeley, .

Adaptations[modifier | modifier le code]

  • Georges Pichard a partiellement adapté les Métamorphoses en bande dessinée sous le titre les Sorcières de Thessalie ;
  • Milo Manara a réalisé une interprétation érotique des Métamorphoses en bande dessinée, L'Asino d'Oro, 1999 (traduction française La métamorphose de Lucius puis L'Ane d'Or, Humanoïdes Associés, ISBN 978-2731623185.) Le fil principal du roman est suivi, en retenant les prétextes de nudité érotique.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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