Les Looney Tunes passent à l'action

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Les Looney Tunes passent à l'action
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Logo original du film.
Titre québécois Looney Tunes : les revoilà
Titre original Looney Tunes: Back in Action
Réalisation Joe Dante
Eric Goldberg
Scénario Larry Doyle
Glenn Ficarra
John Requa
Musique Jerry Goldsmith
John Debney
Acteurs principaux
Sociétés de production Warner Bros.
Baltimore/Spring Creek Pictures
Goldmann Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre comédie d'aventures
Durée 90 minutes
Sortie 2003


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Looney Tunes passent à l'action ou Looney Tunes : les revoilà au Québec (Looney Tunes: Back in Action) est un film américano-allemand réalisé par Joe Dante, sorti en 2003. Produit par Warner Bros., il mêle animation et prises de vue réelles.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Bugs Bunny et Daffy Duck travaillent pour Warner Bros.. Cependant, Daffy le canard est jaloux des traitements de faveur du studio envers le lapin et en a assez de ce duo comique. Il se fait renvoyer par la vice-présidente de la comédie, Kate Houghton, sous les ordres des frères Warner.

Daffy croise la route de D. J. Drake, un agent de sécurité apprenti-cascadeur. En voulant expulser Daffy, il commet une énorme bourde et est lui aussi licencié. Mais la Warner ne tarde pas à prendre conscience de son erreur, reconnaissant que la présence de Daffy aux côtés de Bugs Bunny était indispensable. Sous peine d'être à son tour licenciée, Kate est chargée par les frères Warner de ramener le canard vantard et colérique aux studios. Elle veut aussi rendre son travail à D. J. Drake qu'elle découvre être le fils d'un des acteurs les plus célèbres de la société, l'acteur de films d'espionnage Damian Drake. En rentrant chez son père, D. J. découvre que son père a été enlevé par le diabolique président d'ACME, une multinationale mondialement connue pour vendre du matériel de bas-étage. Damian Drake était informé de la localisation du mythique Diamant du Singe Bleu, ayant le pouvoir de changer en primate quiconque est touché par son éclat. Informé, l'apprenti-cascadeur se porte au secours de son père, épaulé, contre son gré, par l'insupportable Daffy. Leur périple les mène à Las Vegas, dans une mystérieuse base secrète gouvernementale, au musée du Louvre à Paris, dans la jungle et même dans l'espace.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Information icon with gradient background.svg Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

Distribution[modifier | modifier le code]

Voix des personnages[modifier | modifier le code]

Source V.F. : Voxofilm[3]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

Une suite de Space Jam est évoquée en 1997, un an après sa sortie. Le scénario prévoit alors un nouveau match de basketball entre les Looney Tunes et un nouveau méchant nommé Berserk-O!. Le dessinateur Bob Camp (en) est chargé de créer le personnage ainsi que ses hommes de main. Le retour de Joe Pytka, réalisateur du premier film, est alors annoncé, alors que Spike Brandt et Tony Cervone rejoignent le projet comme superviseurs de l'animation. Cependant, Michael Jordan n'est pas intéressé par ce projet de suite. Warner Bros. stoppe alors le projet Space Jam 2[4]. Le projet est plusieurs fois relancé avec différentes idées. Un script intitulé Spy Jam est développé autour de Jackie Chan ou encore Race Jam avec le pilote de NASCAR Jeff Gordon. Par ailleurs, Joe Pytka révèle qu'il avait quant à lui proposé une idée de suite avec le golfeur Tiger Woods, avec Michael Jordan dans un plus petit rôle[5],[6]. Ivan Reitman, producteur du premier film, préfère quant à lui faire un film avec Michael Jordan en tête d'affiche[7].

C'est finalement un autre projet autour des Looney Tunes qui est développé. Après avoir contacté sans succès Robert Zemeckis ou encore Joel Schumacher[8], Warner Bros. fait appel au réalisateur Joe Dante, connu pour ses comédies fantastiques et science-fiction à succès comme Gremlins (1984) ou encore L'Aventure intérieure (1987). Joe Dante avouera plus tard en interview avoir accepté ce film principalement pour rendre hommage à Chuck Jones, réalisateur et créateur de nombreux personnages des Looney Tunes. Il était apparu dans plusieurs films de Joe Dante. Ce dernier avait également tenté de réaliser Termite Terrace, un film inspiré des mémoires de Chuck Jones[9].

Joe Dante surnomme ironiquement ce projet « the anti-Space Jam movie ». Space Jam, sorti en 1996, est le précédent film de Warner Bros. mettant en scène les Looney Tunes dans un film animation et prises de vue réelles. Le réalisateur avoue détester ce film qui selon lui a ruiné les personnalités des personnages animés[8]. Grand fan des cartoons, Joe Dante est cependant confronté aux choix du studio et n'a que peu de liberté créative[8].

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

Joe Dante a laissé libre cours à Steve Martin pour composer son personnage, de l'attitude à la tenue vestimentaire[10].

Brendan Fraser est le premier à avoir été choisi pour le rôle de l'agent de sécurité D. J. Drake. Il incarne également son propre rôle en caméo. Par ailleurs, après avoir imité Taz, la production lui offre la possibilité de réellement doubler le personnage dans le film[8]. Pour le rôle de D. J. Drake, plusieurs noms avaient été évoqués comme Leonardo DiCaprio, Will Ferrell, Michael J. Fox, George Clooney ou encore Sylvester Stallone[8].

Alan Rickman, James Gandolfini, William Fichtner, Seth MacFarlane, Tim Allen, Robin Williams et David Koechner ont été envisagés pour le rôle de M. Chairman. Quant au rôle de Kate, Rene Russo, Renée Zellweger, Sally Field, Shannon Elizabeth ou encore Jennifer Aniston ont été pressenties. Kevin Spacey, Robert De Niro, Alec Baldwin, Tommy Lee Jones et Bryan Cranston ont été considérés pour camper Damien Drake[8].

John Cleese a été engagé mais sa scène, se déroulant à Paris, a été coupée au montage.

Il s'agit du dernier rôle au cinéma de Peter Graves, notamment connu pour la série télévisée Mission impossible. C'est également la dernière apparition à l'écran de Marc Lawrence et Joe Alaskey.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage a lieu dans les studios Universal d'Universal City, dans les Warner Bros. Studios de Burbank, dans les studios Warner Bros. Animation de Sherman Oaks, ainsi qu'à Las Vegas et Paris[11].

Musique[modifier | modifier le code]

Fidèle collaborateur de Joe Dante, le compositeur Jerry Goldsmith signe avec ce film sa dernière œuvre. Il meurt en 2004. Il avait composé une partition pour le film Prisonniers du temps, mais elle ne fut pas utilisée. Déjà affaibli au moment du tournage, Jerry Goldsmith n'a pas pu composer pour tout le film. John Debney l'a remplacé pour certaines scènes[8].

Accueil[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

Les critiques de la presse française sont mitigées. Le Monde évoque « une sensation d'euphorie mélangée d'épuisement », TéléCinéObs salue les « clins d'œil cinéphiles ». Télérama déplore un « scénario [qui] vire au marathon hystérique même pas drôle »[12]. le film obtient une note moyenne de 3,65 sur le site AlloCiné, qui recense 16 titres de presse[12].

Sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, il récolte 56% d'opinions favorables pour 138 critiques et une note moyenne de 6,0110[13]. Sur Metacritic, il obtient une note moyenne de 64100 pour 32 critiques[14].

Le réalisateur Joe Dante a expliqué au site internet ÉcranLarge.com qu'il garde un très mauvais souvenir de ce film :

« Il y avait beaucoup d'argent en jeu, et la technologie était incroyable, très intéressante, plus sophistiquée que sur Qui veut la peau de Roger Rabbit. C'était excitant. Mais tout le déroulement a été parasité par les décisions du studio, qui n'avait aucune confiance dans le film, qui ne savait pas si ça allait être drôle ou non, qui continuait de modifier le début, le milieu, la fin. Finalement, le film est sorti, mais il était très éloigné du script sur lequel j'avais accepté de travailler"[15]. »

À Rockyrama, le réalisateur déclare : « Je pense qu'il y a de bonnes choses dans le film. Mais c'est tout de même un peu le foutoir et si c'était à refaire, je ne le ferais pas[10] ». Au sujet de la prestation de Steve Martin, qui a divisé la critique, Joe Dante ajoute dans la même interview : « Certaines personnes n'ont pas apprécié sa performance, qu'ils ont jugée assez peu subtile. Mais selon moi, c'est précisément ce qu'il fallait pour ce film-là. En tout cas, travailler avec lui constitue l'un des moments forts de ma carrière »[10].

Box-office[modifier | modifier le code]

Le film est un échec au box-office. Il n'enregistre que 68 millions de dollars de recettes mondiales, pour un budget de 80 millions de dollars[1]. C'est une énorme déception pour Warner Bros. qui souhaitait alors relancer une franchise autour des Looney Tunes[8].

Pays ou région Box-office Date d'arrêt du box-office Nombre de semaines
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Canada Canada
20 991 364 $[1] [16] 11[16]
Drapeau de la France France 800 064 entrées[17] - -

Monde Total mondial 68 514 844 $[1] - -

Clins d’œil[modifier | modifier le code]

Comme dans plusieurs précédentes longs métrages de Joe Dante, Les Looney Tunes passent à l'action contient de nombreuses allusions et une multitude de clins d’œil :

  • Le film semble s'inspirer d'Austin Powers dans Goldmember (Austin Powers 3 : Goldmember) : la scène à Las Vegas avec Heather Locklear évoque la première apparition de Beyoncé Knowles. De plus, le président d'ACME joué par Steve Martin, rappelle le diabolique Dr. Denfer.
  • Les personnages animés Sammy et Scooby-Doo apparaissent dans la scène à la cafétéria des studios Warner Bros. Sammy reproche son interprétation à l'acteur Matthew Lillard, qui l'avait incarné un an plus tôt dans Scooby-Doo de Raja Gosnell.
  • Dans la salle de réunion de la Warner, on peut voir une affiche de Lethal Weapon Babies soit Les Bébés de L'Arme fatale, une version plus familiale de la saga L'Arme fatale, également produit par la Warner.
  • En plus d'incarner le personnage humain principal, Brendan Fraser fait un caméo dans son propre rôle. En effet, le héros du film, cascadeur, fait ouvertement allusion à la série de longs métrages La Momie, disant qu'il a été le cascadeur du film et regrette le fait que le « véritable » Brendan Fraser ait prétendu avoir tourné seul les scènes d'actions. Cette étrange situation se conclut d'ailleurs par une rencontre entre les deux protagonistes.
  • Timothy Dalton joue le rôle de Damian Drake, une star de cinéma rappelant James Bond. Il a lui-même incarné ce personnage dans Tuer n'est pas jouer (1987) et Permis de tuer (1989). Dans sa maison, on peut voir de nombreuses affiches de films de Damian Drake dont certains titres rappelles des films de James Bond : Licenso to Spy rappelle le titre original de Permis de tuer (Licence to Kill) ou encore More is Not Enought pour Le monde ne suffit pas (The World Is Not Enough). On peut également voir une TVR Tuscan bourrée de gadgets qui rappelle les nombreuses voitures de l'agent 007.
  • Quand Kate se rend chez Damian Drake, elle trouve Bugs Bunny sous la douche. C'est un hommage à la célèbre scène de la douche de Psychose. Alors qu'Alfred Hitchcock avait utilisé du chocolat pour imiter le sang en noir et blanc, Bugs Bunny fait quant à lui couler du sirop au chocolat Hershey's[8].
  • Le personnage de « Mother », incarné par Joan Cusack, rappelle la série télévisée Chapeau melon et bottes de cuir et le personnage incarné par Patrick Newell.
  • Une référence à Star Wars est également présente : lorsque Bugs Bunny se protège des tirs de Marvin avec sa carotte sabre-laser.
  • Lorsque Daffy Duck et Brendan Fraser montent dans la voiture de ce dernier, on entend le thème de Gremlins, film aussi réalisé par Joe Dante.
  • Daffy Duck emprunte brièvement la Batmobile utilisée dans Batman (1989)[18].
  • À l'intérieur de la zone 52 (parodie de la zone 51), nous pouvons apercevoir un Dalek de la série Doctor Who, et lorsque « ce jour arrive », nous pouvons l'entendre dire la plus célèbre de ses répliques : « Exterminer ! ». On peut aussi apercevoir Robert le robot qui fait référence à Robby le robot, le célèbre robot de nombreux films comme Planète interdite (1956) et déjà présent dans un autre film de Joe Dante, Gremlins. Toujours dans la zone 52, on aperçoit le célèbre monstre Ro-Man/Le guide suprême qui joue dans Robot Monster, un classique de la science-fiction de Phil Tucker sorti en 1953. De plus, un message de Peter Graves est présent et rappelle sa série télévisée Mission impossible des années 1960-1970.
Dans la séquence au musée du Louvre, des personnages « entrent » dans plusieurs tableaux dont Le Cri

En plus de ces clins d’œil et allusions, le réalisateur Joe Dante s'amuse à critiquer gentiment le fonctionnement des grands studios comme la Warner face aux baisses d'audience. Une chose qui, ironiquement, s'est retournée contre le réalisateur qui ne devrait pas avoir de contrat avec le studio d'ici quelque temps vu l'échec financier du film. En France, les 710 000 entrées restent « correctes ».

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

Un jeu vidéo adapté du film sort en 2003.

Commentaires[modifier | modifier le code]

Lors de la séquence à Paris, on peut voir de nombreuses fautes d'orthographe sur les écriteaux et panneaux d'information en français.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) « Looney Tunes: Back in Action », sur Box Office Mojo (consulté le 3 juin 2020)
  2. (en) Release info sur l’Internet Movie Database
  3. Les Looney Tunes passent à l'action sur Voxofilm
  4. (en) « Artist Bob Camp recalls the ill-fated "Space Jam 2" », sur Animated Views, (consulté le 7 août 2019)
  5. (en) « "Space Jam" Director Reveals Spike Lee Almost Wrote the Film, Scrapped Tiger Woods Sequel », Mr. Wavvy,
  6. (en) « The Space Jam 2 You Never Saw Almost Featured Tiger Woods », sur Denofgeek (consulté le 7 août 2019)
  7. (en) « Ivan Reitman confirms Twins sequel still in the works with Eddie Murphy », sur Consequence of Sound,
  8. a b c d e f g h i j et k (en) Trivia sur l’Internet Movie Database
  9. « Panic sur Florida Beach - critique DVD », sur DVD Classik (consulté le 3 juin 2020)
  10. a b et c « Le Paradis de Dante : une interview carrière exclusive de Joe Dante », sur rockyrama.com (consulté le 22 avril 2019)
  11. (en) Locations sur l’Internet Movie Database
  12. a et b « Les Looney Tunes passent à l'action - critiques presse », sur Allociné (consulté le 3 juin 2020)
  13. (en) « Looney Tunes: Back in Action (année) », sur Rotten Tomatoes, Fandango Media (consulté le 3 juin 2020)
  14. (en) « Looney Tunes: Back in Action Reviews », sur Metacritic, CBS Interactive (consulté le 3 juin 2020)
  15. Aude Boutillon, « Joe Dante : l'interview carrière (3ème partie) », sur Ecranlarge.com,
  16. a et b (en) « Looney Tunes: Back in Action - weekly », sur Box Office Mojo (consulté le 3 juin 2020)
  17. « Les Looney Tunes passent à l'action », sur JP's Box-office (consulté le 3 juin 2020)
  18. Secrets de tournage - Allociné

Liens externes[modifier | modifier le code]