Les Isles-Bardel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Les Isles-Bardel
Image illustrative de l'article Les Isles-Bardel
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Calvados
Arrondissement Caen
Canton Falaise
Intercommunalité Communauté de communes du pays de Falaise
Maire
Mandat
Jacques Garigue
2016-2020
Code postal 14690
Code commune 14343
Démographie
Population
municipale
67 hab. (2014)
Densité 12 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 50′ 46″ nord, 0° 20′ 14″ ouest
Altitude Min. 54 m
Max. 194 m
Superficie 5,69 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Calvados

Voir sur la carte administrative du Calvados
City locator 14.svg
Les Isles-Bardel

Géolocalisation sur la carte : Calvados

Voir sur la carte topographique du Calvados
City locator 14.svg
Les Isles-Bardel

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Les Isles-Bardel

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Les Isles-Bardel

Les Isles-Bardel (prononcé [lezilbaʁdɛl] ou [lɛzilbaʁdɛl][1]) est une commune française, située dans le département du Calvados en région Normandie, peuplée de 67 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

  • Ce sont les très anciennes couches (au-delà de 500 millions d'années) du Précambrien - ère paléozoïque (ou ère primaire) du massif armoricain qui affleurent dans le secteur géographique des Isles-Bardel. Elles donnent aux paysages, aux murs des maisons des airs de Bretagne intérieure ou de Limousin.
  • Depuis des siècles, l'activité humaine principale a été tournée vers l'agriculture; les résultats ont été essentiellement tributaires des seules conditions physiques liées à la géologie, à la géographie et au climat. C'est encore le cas dans beaucoup de pays en développement. Ce fut le lot de l'agriculture française jusqu'au XIXe siècle avant l'utilisation de la sélection végétale et animale, l'analyse chimique des sols, l'emploi des engrais et le développement du machinisme agricole.. Qu'en était-il aux Isles-Bardel dans les années 1830 ?
  • 1828-1832 : Dans Statistique de l'arrondissement de Falaise, Frédéric Galleron observe déjà que le sous-sol de la commune est constitué de schiste ; par décomposition cette roche donne un sol peu fertile.
  • À cette époque, l'activité des habitants est essentiellement tournée vers l'agriculture : 2/3 des terres de la commune sont labourées.
  • Cependant on ne peut pratiquer l'assolement triennal traditionnel; il faut pratiquer la rotation sur quatre ans avec cultures successives de sarrasin/ puis de blé ou seigle/ ensuite d'avoine/ enfin de trèfle.
  • Les pommiers donnent un cidre qui se conserve peu; par contre les poiriers apportent un poiré de très bonne qualité.

(NB: Depuis les dernières décennies du XXe siècle, Bernard Langellier a effectué nombre d'études détaillées -consultables sur internet- sur la géologie du département de l'Orne avec ses multiples répercussions sur les paysages, les activités humaines...)

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Is Bardel en 1390 et Ils Bardel en 1454[2]. Le toponyme pourrait être issu d'un anthroponyme gaulois tel qu'Iccius[3], Icius ou Itius[2]. René Lepelley considère quant à lui qu'il s'agirait d'une déformation d'ifs[4]. Il y a convergence pour voir en Bardel un anthroponyme médiéval.

Histoire[modifier | modifier le code]

1 - Rattachements avant la Révolution française de 1789 :

2- Éléments de chronologie :

  • Les biens matériels de la majeure partie de la paroisse appartenaient à l'abbaye Saint-Étienne de Caen. (les biens temporels de ce monastère lui avaient été donnés au XIe siècle par le fondateur Guillaume le Conquérant ainsi que par des familles nobles soucieuses de leur salut après la mort). Seule échappait à l'abbaye une partie de la paroisse: le fief du château des Ils; il fut racheté vers 1472 par Jacques de la Pommeraye, à l'époque où le roi Louis XI de France entreprenait de mettre de l'ordre dans les titres de noblesse et de propriété, après la période très troublée de la guerre de Cent Ans.
  • au XIIe siècle, l'abbaye d'Ardenne de l'ordre des Prémontrés -proche de Caen- envoya quelques moines (conduits pense-t-on par un nommé « Bardel »), fonder un prieuré Saint-Nicolas au bord de la Baise, sur des terres données par Enguerrand de Vassy, seigneur de la Forest (Auvray).

NB : Au XVIe siècle, Jacques de Vassy seigneur de la Forest se convertit au Protestantisme et saccagea le prieuré (qui fut restauré par la suite). En 1647, le petit monastère fut transféré au bord de l'Orne sur la paroisse de Saint-Aubert (lieudit : Val Hulin). Puis, un des successeurs de Jean de Vassy -revenu au catholicisme- déplaça à nouveau le prieuré Saint-Nicolas à l'intérieur de son château de la Forest, sous la protection de ses hommes d'armes). Enfin, en 1718, l'évêque de Séez autorisa le prieur à transformer le prieuré Saint Nicolas en simple chapelle castrale dans une des tours du château .

  • 1577 : Louis de Vassy -seigneur protestant de La Forest (Auvray)- acheta les terres des Isles-Bardel, de Saint-Aubert et de Saint-Philbert aux moines de l'abbaye Saint-Étienne (qui estimaient trop faibles les revenus tirés de ces trois paroisses).
  • S'estimant lésée dans la transaction précédente, l'abbaye Saint-Étienne porta le différend devant la justice; s’ensuivront d'interminables procédures. Ce ne fut qu'au milieu du XVIIe siècle que l'abbé commendataire de Saint-Étienne : Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu - qui était également cardinal- archevêque de Lyon et frère du ministre du roi Louis XIII de France- retrouva la pleine possession des terres des Isles-Bardel.
  • 1656 : Jean de la Pommeraye seigneur des Ils-Bardel décéda et fut enseveli dans l'église. Jeanne –fille unique de celui-ci – ayant épousé en 1600 Constantin de Brossard, écuyer, seigneur de Saint-Martin, la famille seigneuriale des de Brossard prit possession du château.
  • 1865 : M. Frédéric fut instituteur et secrétaire de mairie.
  • 1874 : ouverture de la ligne de Falaise à Berjou. Cette voie de chemin de fer passait à proximité immédiate des Isles-Bardel (gare de Rapilly et de Le Mesnil-Villement); entre autres utilités, elle facilitait les déplacements vers les marchés et foires de Falaise, de Pont-d'Ouilly, Condé-sur-Noireau...
  • 1914-1918 : au cours de la Première Guerre mondiale, la commune paya un lourd tribut au conflit -compte tenu de sa population- : morts pour la France, les six hommes furent LANGE Émile, LEBAS Pierre, ONFROY Maurice, PAUTREL Pierre, SOYER Louis, VERRIER Léon.
  • 1938 : fermeture aux voyageurs de la ligne de chemin de fer de Falaise.
  • Août 1944: Lors de la Seconde Guerre mondiale, à la fin de la bataille de Normandie, la commune accueillit de nombreux réfugiés du Calvados et subit d'importantes destructions au moment des combats de la « poche de Falaise. »

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
 ? mars 2001 Marie-Josèphe Osouf    
mars 2001 septembre 2016 Jacques de Brossard[5] SE Cadre
septembre 2016[6] en cours Jacques Garigue SE Retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Le conseil municipal est composé de sept membres dont le maire et deux adjoints[5].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[8],[Note 2].

En 2014, la commune comptait 67 habitants, en augmentation de 4,69 % par rapport à 2009 (Calvados : 1,56 % , France hors Mayotte : 2,49 %) Vers 1830, la commune comptait 60 feux, soit environ 400 habitants (dont l'activité quasi exclusive était l'agriculture).

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
358 329 365 239 345 353 273 270 308
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
262 243 264 311 229 228 200 189 183
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
152 159 150 122 134 147 138 141 130
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
120 101 80 64 42 58 64 67 67
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Ouen[modifier | modifier le code]

  • elle surprend au premier abord par sa simplicité et par la longueur de son unique nef; cela rappelle que la paroisse a été beaucoup plus peuplée qu'actuellement.
  • l'encadrement des ouvertures -en calcaire ocre taillé, extrait hors de la paroisse- contraste avec la grisaille des murs. C'est le seul « luxe » qui distingue le lieu de culte paroissial des maisons paysannes construites avec la pierre sombre du sous-sol.
  • Elle porte surtout les marques des XVIIIe et XIXe siècles, avec quelques éléments antérieurs difficiles à dater.

Le château des Ils[modifier | modifier le code]

Les bâtiments actuels sont du XIXe siècle, date à laquelle ils ont remplacé une construction plus ancienne. (privé).

NB :* avant 1789, deux moulins ont été exploités par les moines : un moulin à farine sur la Baise, un moulin à drap (voir moulin à foulon) sur l'Orne (moulin de Donnet ?).(les dates et causes de la cessation de ces activités ne sont pas connues).

  • au XIXe siècle, trois petits fours à chaux -dont un près de la ferme de la Courbe- permettaient aux cultivateurs de recourir au chaulage des terres -peu fertiles d'origine-.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

    • plusieurs membres de la famille de BROSSARD (depuis le XVIIe siècle) dont :
  • la comtesse d'Auvilliers, de Brossard (1761-1820) :

Le corps de la comtesse de Brossard repose dans un caveau entretenu par la famille du comte de Brossard. Sur sa tombe est indiqué « Ci-git le corps de Marie Périne Étiennette d'Auvilliers, épouse de François Constantin, comte de Brossard, né à Paris le 7 juillet 1761, décédée le 11 juin 1820 aux Ils-Bardel ». Mademoiselle d'Auvilliers, dite mademoiselle de Villemomble, est la fille de Mademoiselle Le marquis (Madame de Villemomble) et de Louis-Philippe de Bourbon, duc d'Orléans, premier prince du sang (1725-1785). Baptisée le 7 juillet 1761 à Charenton, sœur jumelle de Louis-Philippe de Saint-Albin, qui suivra son frère Louis-Étienne de Saint-Farre dans les ordres.

  • G de Brossard, maire en 1826.
    • Autres "personnalités"
  • Me LECOIS vicaire des Isles-Bardel en 1788.
  • Me ("messire" sic) Benoist curé des Isles-Bardel vers 1789.
  • Jean Lehugeur, « officier public », maire en l'an I du calendrier républicain (1792).
  • Jacques Gigon adjoint « officier municipal » en l'an XII.
  • Louis Debaize adjoint officier de l'état-civil vers 1820.
  • Philippe Maline maire en 1822.
  • Claude Maline, adjoint officier de l'état-civil pendant de nombreuses années vers 1838.
  • Victor Macé, adjoint officier de l'état-civil vers 1828-1829 - journalier.
  • Gilles Vincent prêtre décédé curé des Isles-Bardel en 1843.
  • Jean Jacques Lange prêtre décédé curé des Isles Bardel en 1845.
  • Hughes des Rotours de Chaulieu, maire en 1849.
  • Alfred Letourneur adjoint officier de l'état-civil vers 1860.
  • Pierre Ponel -curé de la paroisse- décédé au presbytère en 1861, à l'âge de 47 ans.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2014.
  2. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  • Altitudes, coordonnées, superficie : IGN[11].
  • Cahiers Léopold Delisle 1989, édités par la Société parisienne d'histoire et d'archéologie normandes (à propos du prieuré Saint-Nicolas fondé par le moine Bardel).
  1. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Condé-sur-Noireau, Éd. Charles Corlet, (ISBN 2-905461-80-2), p. 153
  2. a et b Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Larousse,
  3. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, t. 1 : Formations préceltique, celtiques, romanes, Genève, (lire en ligne), p. 227
  4. René Lepelley, Noms de lieux de Normandie et des îles Anglo-Normandes, Paris, Bonneton, (ISBN 2-86253-247-9), p. 107
  5. a et b Réélection 2014 : « Les Isles-Bardel (14690) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 9 juin 2014)
  6. « Jacques Garigue est le nouveau maire des Isles-Bardel », sur lesnouvellesdefalaise.fr, Les Nouvelles de Falaise (consulté le 12 octobre 2016)
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  11. « Les Isles-Bardel sur le site de l'Institut géographique national » (archive Wikiwix)